Chieftain

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Char Chieftain
Un ancien Chieftain Mk. 5/5 jordanien en démonstration au musée des blindés de Lešany.
Un ancien Chieftain Mk. 5/5 jordanien en démonstration au musée des blindés de Lešany.
Caractéristiques de service
Service 1966–1995 (dans la British Army)
Utilisateurs Royaume-Uni, Iran, Irak, Jordanie, Koweït et Oman
Conflits Guerre Iran-Irak et durant l'invasion du Koweït
Production
Concepteur Leyland
Année de conception 1956-1961
Constructeur Vickers Defence Systems Ltd.
Production plus de 1 500 exemplaires (produit jusqu'en 1978)
Caractéristiques générales
Équipage Quatre hommes : conducteur, canonnier, chargeur, chef de char
Longueur 7,5 m (9,99 m avec canon)
Largeur 3,5 m
Hauteur 2,9 m
Masse au combat De 53 t à 55 t
Blindage et armement
Blindage De 16 à 195 mm
Armement principal Un canon rayé de 120 mm modèle L11 (62 obus)
Armement secondaire Deux mitrailleuses L7 de 7,62 mm (6 000 coups embarqué)

Mk. 1 & 2 : une arme de pointage L21A1 de 12,7 mm (300 coups)

Mobilité
Moteur Moteur diesel polycarburant Leyland L60
Puissance 750 ch (551,6 kW), 2 100 tours par minute
Transmission David Brown TN12
Suspension Six bogies à ressorts horizontaux modèle Horstmann
Vitesse sur route 48 km/h (32 km/h en tout-terrain)
Puissance massique 13,6 ch/t
Réservoir 950 ℓ
Autonomie 500 km

Le FV4201 Chieftain est un char de combat principal britannique de deuxième génération conçu par la Royal Ordnance Factory dans les années 1960, qui resta en service dans les forces britanniques de 1966 à 1995. Lors de son apparition, le Chieftain était considéré comme le char le mieux armé et le mieux blindé en service dans les rangs de l'OTAN.

Développement[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

L'arrangement général du véhicule est classique et est similaire aux précédents chars britanniques, outre le fait que le conducteur soit dans une position semi-allongée. Sa tourelle profilée abrite le chargeur, assis à gauche du canon, tandis qu'à sa droite se trouve le tireur, le chef de char étant installé derrière lui, légèrement en hauteur. L'arrière de l'engin est occupé par le moteur polycarburant Leyland et sa transmission. L'armement est constitué d'un canon de 120 mm et de deux mitrailleuses de 7,62 mm. Durant son service dans l'armée de terre britannique, onze modèles de Chieftain se sont succédé.

Histoire opérationnelle[modifier | modifier le code]

Il a servi au cours de la guerre Iran-Irak dans les forces iraniennes et lors de l'invasion du Koweït en 1990.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Armement principal[modifier | modifier le code]

Le Chieftain est armé d'un canon à âme rayée L11 d'une longueur de 55 calibres (6,6 m) et d'un calibre de 120 mm. Il est dérivé du canon américain du même calibre, le M58 équipant précédemment les chars lourds Conqueror britannique et M103 américain, mais contrairement au M58 (désigné « L1 gun » sur le Conqueror) qui utilise des douilles en laiton, le L11 utilise des charges ensachées, plus communément appelées « gargousses. » Le L11 est capable d'engager des cibles à une distance supérieure à 2 500 m.

Un manchon thermique L6A3 enveloppe le canon, permettant de garder le tube à température constante, peu importe les conditions climatiques. Le dispositif de frein de tir est assuré par deux cylindres à fonctionnement hydraulique, la pièce retournant à sa position initiale à l'aide d'un vérin pneumatique.

Armement secondaire[modifier | modifier le code]

La tourelle dispose d'une mitrailleuse L8A1 de 7,62 mm coaxiale tandis qu'une mitrailleuse L37A1 du même calibre est montée sur la coupole rotative No. 32 du chef de char, elle est commandée à distance depuis l'intérieur de la tourelle, la visée s'effectuant à l'aide d'un gros épiscope NNo. 37 (agrandissement de × 1 à × 10).

Une arme de pointage L21A1 est accolée à gauche du canon, elle n'est présente que sur les premiers modèles de Chieftain (Mark 1 & 2 respectivement). Tirant des balles traçantes en rafale de trois coups à 240 coups par minute, elle est alimentée par une bande de 98 cartouches (300 coups au total), sa portée pratique est de 2 400 m.

Six lance-grenades fumigènes de 66 mm à déclenchement électrique sont installés de chaque côté de la tourelle, chacun ayant une couverture de 100 °.

Optiques et conduite de tir[modifier | modifier le code]

Le tireur dispose du viseur télescopique AV, No. 1, Mk 2 plus communément appelé TLS (Tank Laser Sight).

Blindage[modifier | modifier le code]

La caisse et la tourelle sont en acier laminé, les différents éléments sont moulés d'une seule pièce avant d'être assemblés entre-eux par soudure[1]. À l'instar du Centurion, son prédécesseur, le blindage du Chieftain est très incliné, augmentant l'épaisseur du blindage à traverser tout en améliorant les chances de faire ricocher les obus. Lors de sa conception, le Chieftain devait être en mesure de résister sur l'arc frontal à un obus-flèche en acier BM-6 de 115 mm tiré depuis un T-62 à une distance de 1 000 mètres seulement.

Au tout début des années 1980, les Chieftain Mark 9 & 10 reçurent le blindage additionnel Stillbrew, conçu par le colonel Still et John Brewer, tous deux membres du Military Vehicles and Engineering Establishment (MVEE). Son développement a été influencé par la guerre Iran-Irak où les Chieftain iraniens se sont montrés vulnérables face aux nouveaux obus-flèches du T-62 ainsi qu'aux charges creuses de gros calibre[2].

Le blindage Stillbrew se compose d'une demi-douzaine de feuilles de caoutchouc recouvertes d'une carapace faite de plusieurs plaques arrondies réalisées avec un alliage d'acier et de titane. Lors de leur fixation, des tiges en acier inoxydable sont attachées sur la face avant de la tourelle, les plaques (munies de trous prévus à cet effet) peuvent alors coulisser jusqu'aux couches de caoutchouc. Une fois bien ajustées, les plaques sont serrées à l'aide de boulons et les tiges en inox protubérantes sont coupées. Deux blocs métalliques supplémentaires sont installés de part et d'autre de l'épiscope du conducteur. Deux plaques déflectrices sont installées derrière les deux grands coffres avants qui surplombent les déports de caisse. Ce blindage additionnel fonctionne aussi bien à la manière d'un blindage espacé qu'un blindage réactif non explosif et non énergétique (NERA).

Ce tableau répertorie l'épaisseur réelle du blindage ainsi que l'augmentation de l'épaisseur horizontale offerte par le blindage incliné sur le Chieftain Mark 1.

Zone concernée épaisseur réelle angle d'inclinaison par rapport à l'horizontale épaisseur à l'horizontale
Manteau du canon de 125 à 140 mm 30 ° de 250 à 280 mm
Face avant de la tourelle 195 mm 30 ° 390 mm
Flanc gauche de la tourelle de 120 à 196 mm 55 ° de 146 à 239 mm
Flanc droit de la tourelle de 120 à 196 mm 65 ° de 132 à 216 mm
Arrière de la tourelle 35 mm
Toit de la tourelle (avant) 45 mm 5 ° 516 mm
Toit (milieu) 25 mm
Toit de la tourelle (arrière) 25 mm 10 ° 143 mm
Glacis avant 85 mm 18 ° 275 mm
Avant de la caisse 76 mm 45 ° 107 mm
Côtés de la caisse 38 mm 80 ° 40 mm
Arrière de la caisse 35 mm 84 ° 37 mm
Plage arrière du compartiment moteur 20 mm
Plancher 16 mm 85 ° 18 mm
Déports de caisse 50 mm 60 ° 57 mm

Motorisation[modifier | modifier le code]

Tous les Chieftain furent motorisés par le moteur à deux temps à pistons opposés Leyland L60 Sundance. D'une conception relativement similaire au moteur d'avion Junkers Jumo 205, le L60 est un moteur comprenant douze pistons répartis dans six cylindres pour une cylindrée de 19 litres ; il est turbocompressé à l'aide d'un compresseur Roots. À l'origine, le L60 a été conçu pour assurer la même tâche que le moteur à pistons opposés Napier Deltic : faire fonctionner les groupes électrogènes ou propulser des locomotives et les bateaux.

Le Chieftain devait être théoriquement propulsé par un moteur V12 de chez Rolls-Royce, mais deux années supplémentaires étaient nécessaires pour son développements. Les concepteurs du Chieftain ont vu dans le L60 un moteur idéal pour propulser le successeur du Centurion. Outre son aspect relativement compact combiné à une cylindrée réduite, le L60 offrait la possibilité de faire varier le rapport de compression en changeant la synchronisation des deux vilebrequins, lui permettant de fonctionner avec plusieurs types de carburants. Le moteur polycarburant était une exigence décrétée à l'époque par l'OTAN pour les futurs chars de l'Ouest. Il est accouplé à la boîte de mécanisme TN-12 Hot Shift à six rapports avant et deux arrières.

Au cours de sa carrière, le Chieftain a souffert d'un grande nombre de problèmes techniques liés à sa motorisation. En effet, le L60 avait été conçu pour fonctionner à un régime constant dans une atmosphère relativement saine, ces facteurs n'étaient pas du tout rencontrés sur un char de combat principal, les secousses, les brusques accélérations et la poussières ont vite fait de pousser le L60 à ses limites. Très vite des fissures sont apparues au niveau des chemises de cylindres, et les fuites de liquide de refroidissement ou ruptures du joint de culasse ont réduit la durée de vie de certains moteurs jusqu'à ne pas excéder les 100 km.

Sur les premiers modèles tels les Chieftain Mark I, la puissance développée ne dépasse pas les 585 chevaux. À partir du Mark II, le moteur sous la désignation de L60 Mark 6A a été gonflé pour atteindre les 650 chevaux. Plus tard, la puissance du L60 Mark 7A atteint 720 chevaux, puis 750 chevaux avec le Mark 8A sur le Chieftain Mark V, pour un régime à 2 100 tours par minute .

Un deuxième moteur, plus petit, un Coventry-Climax H-30 à trois cylindres développant 37 chevaux pour une cylindrée d'un litre, sert de groupe auxiliaire de puissance en alimentant la génératrice et la pompe hydraulique. Il permet la rotation de la tourelle et le pointage du canon lorsque le moteur est coupé. Il actionne aussi le démarreur hydraulique.

Versions[modifier | modifier le code]

Versions originelles 
  • Chieftain Mark 1 : Moteur développant 585 chevaux, coupole du chef de char No. 11 Mk 1 dont l'ouverture s'effectue via deux panneaux d'écoutille jumeaux. Ils furent uniquement utilisés comme char d'écolage pour les futurs équipages de Chieftain. Le Mark 1 est produit à quarante exemplaires entre juin 1965 et février 1966 (26 à ROF Leeds et 14 à Vickers-Armstrong), le premier exemplaire est de présérie, les trente-neuf autres sont assemblés en production initiale à faible cadence (PIFC).
    • Mark 1/1 : Améliorations au niveau du pot d'échappement et aux niveaux des indices d'usure des filtres à air du moteur.
    • Mark 1/2 : La coupole du chef de char No. 11 Mk 1 est remplacée par la coupole No. 15 Mk 1, amélioration des lances-pots fumigènes, améliorations au niveau du pot d'échappement et aux niveaux des indices d'usure des filtres à air du moteur. Les galets de roulement sont équipés avec des joints flottants, ajout de quatre feux de croisement composés de deux phares à lumière blanche et de deux phares infrarouges. Tous ces changements ont été réalisé lorsque les chars étaient en révision.
    • Mark 1/3 : Mark 1 transformé en Mark 1/1 et ayant reçu l'amélioration Totem Pole au niveau de la motorisation.
    • Mark 1/4 : Mark 1/2 ayant bénéficié d'améliorations au niveau de la motorisation dans le cadre du programme Totem Pole. Onze exemplaires transformés en char-pont Mark 6 « AVLB » à partir de 1986.
  • Chieftain Mark 2 : Modèle original du Chieftain, le moteur L60 délivre maintenant une puissance de 650 chevaux, nouvelle tourelle avec un blindage plus épais, nouvelle coupole No. 15 Mk 2, meilleure étanchéité au niveau de l'échappement et des joints des panneaux du compartiment moteur permettant la traversée en gué profond. Les persiennes aérant le compartiment moteur sont élargies et redessinées pour obtenir une meilleure ventilation de la boîte de vitesse tout en en facilitant son accès au mécanicien. Les Mark 2 incorporent les modifications des Chieftain Mark 1/2 avant leur sortie de l'usine. Le Mark 2 est le premier modèle de Chieftain à entrer en service de manière pleinement opérationnelle dans la British Army. Le premier exemplaire est livré le 18 avril 1966 par l'usine ROF de Leeds.
    • Mark 2 (X) : Mark 2 ayant bénéficié d'améliorations au niveau de la motorisation dans le cadre de la variante X du programme Totem Pole.
    • Mark 2 (Y) : Mark 2 ayant bénéficié d'améliorations au niveau de la motorisation dans le cadre de la variante Y du programme Totem Pole.
    • Mark 2 (Y) / L : Mark 2 équipé du kit L pour recevoir le viseur équipé du télémètre laser TLS (Tank Laser Sight) C No. 1 Mk 1.
    • Mark 2 (Y) / 1 : Mark 2 équipé du viseur doté du télémètre laser TLS No. 1 Mk 2 ou sa version améliorée, le No. 3 Mk 1 ainsi que du miroir de volée Stage 1 placé au bout du canon L11.
    • Mark 2 (Y) / 2 : Mark 2 ayant reçu le viseur TLS No. 1 Mk 2 et le miroir de volée Stage 1.
  • Chieftain Mark 3 : Essentiellement un Mark 2 équipé de suspensions plus solides, les axes des essieux étant amortis par un mécanisme à bain d'huile, nouveau système de réglage de la tension des chenilles et nouveaux galets de support des chenilles. Le moteur L60 Mark 6A développe maintenant 650 chevaux et affiche une meilleure durée de vie que ses précédentes versions, modifications au niveau des courroies actionnant les ventilateurs et du système d'extraction de poussière. L'unité auxiliaire de puissance H30 Mark 10A GUE affiche des meilleure performances. Meilleures capacités de démarrage à froid. Râtelier à munition optimisés, consolidation des dents des chenilles. Nouvelle coupole No. 15 Mk 2 équipée de la mitrailleuse L37A1, elle possède de nouveaux épiscopes inclinés pour limiter la réflexion su soleil suite au conclusion tirée lors des essais en Israël. La boîte de mécanisme (boîte de vitesse) possède un frein de stationnement amélioré avec un ratio de 12/1. Réaménagement de l'arrière de la tourelle pour y faciliter son accès en cas de remplacement du canon de 120 mm. Quatre feux de croisement composés de deux phares à lumière blanche et de deux phares infrarouges.
    • Mark 3 (X) : Mark 3 ayant bénéficié d'améliorations au niveau de la motorisation dans le cadre de la variante X du programme Totem Pole.
    • Mark 3 (Y) : Mark 3 ayant bénéficié d'améliorations au niveau de la motorisation dans le cadre de la variante Y du programme Totem Pole.
    • Mark 3 (Y) / L : Mark 3 équipé du kit L pour recevoir le viseur équipé du télémètre laser TLS (Tank Laser Sight) C No. 1 Mk 1.
    • Mark 3 (Y) / 1 : Mark 3 avec le viseur doté du télémètre laser TLS No. 1 Mk 2 ou sa version améliorée, le No. 3 Mk 1 ainsi que du miroir de volée Stage 1 placé au bout du canon L11.
    • Mark 3 (Y) / 2 : Mark 3 ayant reçu le viseur TLS No. 1 Mk 2 et le miroir de volée Stage 1.
    • Mark 3/G : Initialement dénommé sous le nom de Mark 3/1, le char possède une prise d'air sur la tourelle permettant de fournir de l'air par aspiration forcée au moteur, le système d'aspiration naturelle étant supprimé. Seuls six chars commandés par l'Iran sont construits en octobre 1969 à la ROF (Royal Ordnance Factories) de Leeds, les Mark 3/G sont finalement livrés à la British Army.
    • Mark 3/G (X) : Autre appellation des Mark 3 (X).
    • Mark 3/G (Y)/2 : Autre appellation des Mark 3 (Y)/2.
    • Mark 3/2 : Mark 3/G modifié pour réaliser des tests sur les différentes méthodes d'apport d'air au moteur L60, par aspiration naturelle ou forcée. Le chef de char dispose d'un interrupteur d'urgence permettant de couper le moteur à n'importe quel moment. Le palonnier du chef de char dispose aussi de sa propre détente. Le Mark 3/G accueille aussi un prototype de télémètre laser ainsi que la câblage qui va avec. Seuls dix-sept Mark 3/2 sont construits à la ROF de Leeds entre décembre 1969 et mai 1970 pour le compte de la British Army.
    • Mark 3/2 (X) : Autre appellation des Mark 3 (X).
    • Mark 3/2 (Y)/2 : Autre appellation des Mark 3 (Y)/2.
    • Mark 3/S « Sandman » : Mark 3/G produit en grande série, le moteur fonctionne aussi bien en aspiration naturelle que forcée, la dernière permettant le passage en gué profond. Amélioration des principaux filtres à air du moteur, nouveau réservoir d'huile plus petit, l'agencement des tuyaux transportant le lubrifiant est modifié pour faciliter l'installation des nouveaux filtres à air. Le chef de char dispose d'un interrupteur d'urgence permettant de couper le moteur à n'importe quel moment. Le tireur possède un nouveau palonnier équipé d'une nouvelle détente plus ergonomique. Le chargeur dispose d'un bloc d'ancrage ainsi que d'outils nécessaires à l'extraction de la chambre d'un obus HESH défectueux. Quarante exemplaires construits à la ROF de Leeds entre janvier et décembre 1971 pour le compte de la British Army.
    • Mark 3/S (X) : Autre appellation des Mark 3 (X).
    • Mark 3/2 (Y)/2 : Autre appellation des Mark 3 (Y)/2.
    • Mark 3/3 : Mark 3/S « Sandman » avec un compartiment moteur modifié pour accueillir la version Mark 7A du moteur L60 qui développe cette fois 720 chevaux. Le moteur L60 Mark 7A reprend les améliorations au niveau des filtres à air, du réservoir d'huile et du système de lubrification effectuées sur le Mark 3/S « Sandman ». Les deux silencieux fixés à l'échappement du moteur sont remplacés par une seule chambre d'expansion, ajout d'une valve d'isolation au niveau des réservoirs de carburant. Les persiennes aérant la transmission sont redessinées et recouvertes d'un filet grillagé pour limiter l'intrusion de corps étrangers. Le viseur de jour No. 59 du tireur affiche un nouveau réticule permettant d'utiliser à meilleur escient les nouvelles balles traçantes de l'arme de pointage qui portent désormais plus loin. Le support du viseur ainsi que son câblage sont ajustés en vue d'accueillir un futur dispositif de télémétrie laser. Les moteurs électriques de type Metadyne sont améliorés et sont installés dans un compartiment séparé de l'équipage. Nouveau système de traitement et de filtration de l'air pour l'équipage, ce système NBC (nucléaire, bactériologique et chimique) est désigné No. 6 Mark 1. Le système de verrouillage de l'écoutille du conducteur est retravaillé, le système de boudin gonflable faisant office de joint sur l'anneau de la tourelle est supprimé. Ajout d'un système de chauffage pour les batteries afin de limiter les déperditions par temps froid. Le Chieftain Mark 3/3 est construit à cinquante-six exemplaires à la ROF de Leeds entre mai 1971 et février 1972 pour le compte de la British Army.
    • Mark 3/3P « Persia » : Chieftain Mark 3/3 vendu à l'Iran, quarante-quatre exemplaires construits à la ROF de Leeds en même temps que les Mark 3/3.
  • Chieftain Mark 4 : Deux chars sont construits (numéros d'immatriculation 02SP95 et 02SP96) en juin 1970 à la ROF de Leeds suivant des spécifications exigées par les Israéliens. Étant donné que le contrat est rompu en décembre 1969, les deux Chieftain Mark 4 sont expédiés au terrain d'essai de Yuma (Yuma Proving Ground) dans le désert de Yuma en Arizona pour évaluation en coopération avec l'US Army de ses performances en milieu désertique entre mai et septembre 1971. Le deuxième exemplaire (02SP96) a plus tard été équipé d'une suspension hydropneumatique dans le cadre de la mise au point du futur char anglais, le FV4030 Challenger 1.
  • Chieftain Mark 5 : Modèle définitif produit en grande série pour la British Army, développé à partir du Mark 3/3. La boîte de vitesse TN12 est renforcée et est équipée d'un nouveau carter tandis que le moteur se voit équiper d'un système d'échappement à faible restriction. La conception des filtres à air de l'unité auxiliaire de puissance H30 Mark 10A est entièrement révisée. Le démarrage s'effectue plus rapidement notamment par temps froid grâce a l'installation d'un système de chauffage pour les batteries. Le support du viseur télescopique No. 43 du tireur a été ré-ajusté tandis que son réticule et celui du collimateur du chef de char est modifié pour s'accommoder aux nouvelles balles traçantes L13 tirées par l'arme de pointage L21A1 dont l'approvisionnement en munitions a été réduite à 150 balles suite à l'abandon des munitions L11. La dotation maximale en obus de 120 mm passe à 64 projectiles en raison d'une modification au niveau des caissons à gargousses. Remplacement du manchon thermique/anti-arcure L6A3 par le modèle L6A4. Nouveau viseur No. 37 Mark 4 pour le chef de char avec capacité de pointer la mitrailleuse L37A1 en site jusqu'à un angle de 90°. Le système de traitement et de filtration de l'air pour l'équipage est mis au standard No. 6 Mark 2. La conception de la pince servant à immobiliser le canon est entièrement revu. Installation d'un système de détection infrarouge No. 6 conçu pour émettre un signal sonore si il est éclairé par le phare infrarouge d'un char adverse. Le premier Chieftain Mk. 5 sort de la ROF de Leeds en mars 1972.
    • Mark 5/P « Persia » : identique en tout point au chieftain Mk. 5 mais vendu à l'Iran.
    • Mark 5/L : Mark 5 équipé du kit L pour recevoir le viseur équipé du télémètre laser TLS (Tank Laser Sight) C No. 1 Mk 1.
    • Mark 5/1 : Mark 5 avec le viseur doté du télémètre laser TLS No. 1 Mk 2 ou sa version améliorée, le No. 3 Mk 1 ainsi que du miroir de volée Stage 1 placé au bout du canon L11.
    • Mark 5/2K « Kuwait » : appelé aussi Mark 5/2 son viseur est doté du télémètre laser TLS No. 1 Mk 2 ou sa version améliorée, le No. 3 Mk 1 ainsi que du miroir de volée Stage 1 placé au bout du canon L11. Cent soixante-cinq exemplaires vendu au Koweït, ils furent construits à la ROF de Leeds à partir de mai 1976.
    • Mark 5/3 : Mark 5 doté d'un télémètre laser, d'un miroir de volée et de la nouvelle conduite de tir IFCS (Improved Fire Control System). Modifications mineures au niveau de la coupole du chef de char.
    • FV4030/1 Mark 5/3P : Première étape du projet FV4030 réalisé pour l'Iran : il s'agit d'un Mark 5/P amélioré, avec un blindage ventral plus épais pour améliorer sa résistance face aux mines. Des amortisseurs de choc sont fixés sur les premiers et les troisième bogies. Installation d'une boîte de vitesse entièrement automatique. Sa capacité en carburant est accrue. Cent nonante-trois construits à la ROF de Leeds à partir de juillet 1976.
    • Mark 5/4 : Mark 5 capable de tirer des obus-flèche L23 en raison de modifications au niveau des râteliers à munitions. Le réticule du viseur du tireur a été ré-ajusté pour être compatible avec ce nouveau genre de projectiles.
  • Chieftain Mark 6 :
  • Chieftain Mark 8 : Mark 3/3 ayant bénéficié d'améliorations au niveau de la motorisation dans le cadre des variantes X, Y et Z du programme Totem Pole.
  • Chieftain Mark 9 : Concerne tous les Chieftain Mark 5/4, Mark 6/4, Mark 7/4 et Mark 8/4 ayant reçu des modifications au niveau des râteliers à munitions en vue de recevoir des obus-flèche L23.
  • Chieftain Mark 10 : Mark 9 équipé du blindage supplémentaire Stillbrew ainsi que du système de filtration NBC No. 11 Mk. 1.
  • Chieftain Mark 11 : Mark 10 équipé du viseur thermique TOGS à la place du phare halogène/infrarouge No. 2 Mk 3. C'est le tout dernier modèle de Chieftain à être entré en dotation dans la British Army.
  • Chieftain Mark 12 :
  • Chieftain Mark 13 :
  • Chieftain Mark 15 : Appellation donnée aux chars Chieftain vendu à l'Oman.


Autres modèles :

  • FV4211 « Aluminum Chieftain » : Prototype assemblé grâce à la technique de mécanosoudure des plaques d'acier, lui donnant une apparence plus anguleuse. Des modules de blindage composite Burlington à base de céramique sont montés sur le glacis de la caisse, sur la face avant de la tourelle ainsi que sur ses flancs. Pour limiter la masse de l'engin, la structure de la tourelle est faite en aluminium.
  • FV4030/2 Shir Iran « Lion de Perse » : FV4030/1 Mark 5/3P dont les parois du compartiment moteur ont été ré-haussées pour recevoir le moteur à 12 cylindres Rolls-Royce CV12 de 1200 chevaux. Nouvelle boîte de mécanisme David Brown TN37 incorporant une transmission automatique. Trois prototypes construit en 1977.
  • FV4030/3 Shir 2 : Char basé sur le FV4211 « Aluminum Chieftain » mais doté du moteur Rolls-Royce CV12 de 1200 chevaux ainsi que d'une suspension hydropneumatique conçue par Dunlop.
  • Chieftain 800 : équipé d'un blindage composite de type « Chobham » sur l'arc frontal ainsi que du viseur jour/nuit Condor de chez Pilkington Optronics. Il est propulsé par le moteur Rolls-Royce CV-12 dont la puissance est réduite à 800 chevaux.
  • Chieftain 900 : Chieftain 800 équipé d'une tourelle expérimentale conçue par Marconi. La tourelle possède un viseur jour/nuit SFCS-600 et incorpore la conduite de tir « Centaur » assistée par un calculateur balistique EC600, ils sont tous deux conçus par la firme Marconi. Son nom provient du fait que le moteur possède une puissance de 900 chevaux. Il a été testé à Bovington en janvier 1991.
  • Chieftain 1000 :
  • Chieftain 2000 : Chieftain équipé de la tourelle expérimentale conçue par la firme Marconi.
  • Mobarez : version améliorée des Chieftain Mk. 3 & 5 iraniens, avec de nouvelles jupes latérales et un nouveau moteur de 850 ch entré en service en 2006.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • FV4204 ARV :
  • FV4205 AVLB :
  • Chieftain AVRE :
  • Chieftain Marksman : variante antiaérienne équipée de la tourelle Marksman.
  • Chieftain Sabre :

Utilisateurs et nombre d'exemplaires reçus[modifier | modifier le code]

Chars Chieftain Stillbrew du 14th/20th King’s Hussars défilant dans la Straße des 17. Juni à Berlin-Ouest le 18 juin 1989.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  • [1] Diagramme montrant l'épaisseur du blindage du Chieftain