Schnorchel

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Le schnorchel du U-3008.

Un schnorchel (orthographe allemande), snorkel ou tube d'air est un tube hissable à l'immersion périscopique, permettant à un sous-marin de faire fonctionner ses moteurs diesel, alimentant ces derniers en air sans avoir à faire surface. En effet, sur les sous-marins diesel-electriques, il est indispensable de faire des appels d'air périodiquement afin de recharger les batteries.

Historique[modifier | modifier le code]

Le schnorchel a été inventé par Jan Jacob Wichers[1], commandant des sous-marins de la marine hollandaise et appliqué secrètement dès 1936.
Lors de l'invasion des Pays-Bas en 1940, plusieurs tubes sont capturés par les Allemands, mais personne n'y trouve grand intérêt, puisqu'il n'est alors pas besoin de naviguer en permanence sous l'eau.
Toutefois la situation change vite et la meilleure solution pour échapper à la détection des radars et à l'aviation de patrouille maritime à long rayon d'action est de naviguer en plongée. Mais l'autonomie des moteurs électriques est très limitée, la vitesse des sous marins sous l'eau est réduite et il est nécessaire de recharger les batteries avec les moteurs diesel, donc en surface, car il faut bien évacuer les gaz d'échappement et trouver de l'air frais pour les faire tourner.
Les Allemands vont donc chercher un moyen de faire tourner les moteurs diesel lorsque le sous marin est submergé.
En 1942, les ingénieurs Ulrich Gabler[2] et Heep, reprennent l'invention de Jan Jacob Wichers, la modifient en ajoutant un clapet, permettant ainsi la navigation par tous les temps.
Il faudra attendre la fin de 1943 pour que les premiers U-Boote en soient équipés. Ce retard sera providentiel pour les Alliés pour obtenir la victoire dans la Bataille de l'Atlantique.

Depuis, il est également utilisé sur des véhicules terrestres tout-terrains comme des chars de combat afin d'alimenter le moteur en air lors de passages dans les cours d'eau.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Noter sur cette photographie du massif du sous-marin français Doris, le tube d'échappement à l'arrière et la tête du tube d'air juste devant le pavillon.

La tête du schnorchel aspire l'air juste au-dessus (environ 1 mètre) de la surface de l'eau. Elle est équipée d'un clapet qui se ferme automatiquement afin d'éviter toute entrée d'eau dans les moteurs. Cet automatisme est commandé par des électrodes détectant l'arrivée de l'eau à leur niveau.

Le char russe T-90 en démonstration avec un schnorchel.

L'échappement des moteurs s'effectue dans l'eau, la pression des gaz d'échappement étant suffisante pour compenser celle existant sous quelques mètres d'eau. Une dérivation du tube d'échappement à l'arrière de la partie supérieure du massif du sous-marin est activée lorsque celui-ci marche au schnorchel, réduisant ainsi l'immersion de l'échappement.

Tous les sous-marins disposent aujourd'hui d'un tel système. Les sous-marins nucléaires en sont également équipés, car ils possèdent un moteur diesel comme source d'énergie de secours. Par ailleurs le schnorchel permet de se réapprovisionner en air comprimé, indispensable aux opérations des ballasts et pour certains modèles de tubes lance-torpilles.

La marche au schnorchel est particulièrement délicate, surtout par mauvaise mer, car lorsque le clapet se ferme, les moteurs diesel aspirent l'air à l'intérieur du sous-marin et le mettent ainsi en dépression, entraînant chez l'équipage de fortes douleurs aux tympans (voire leur rupture). De nos jours un capteur permet de couper automatiquement les moteurs. Par ailleurs, une avarie de clapet, si elle n'est pas détectée à temps, peut entraîner une voie d'eau susceptible de mettre en péril le sous-marin.

En marche au schnorchel, la sécurité de navigation est assurée par une veille optique au périscope et éventuellement par une veille radar, l'antenne du radar étant portée par un mât hissable. Il faut toutefois souligner qu'un sous-marin naviguant de la sorte est particulièrement bruyant. Par conséquent sa furtivité est totalement compromise, et il devient quasiment sourd. Par ailleurs sa vitesse reste limitée à moins d'une dizaine de nœuds, les mâts étant trop fragiles pour aller au delà. Il est ainsi facile de comprendre pourquoi il a fallu attendre l'avènement de la propulsion nucléaire pour que les sous-marins deviennent une plate-forme crédible de dissuasion atomique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]