Henschel (usines)

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51° 19′ 55″ N 9° 29′ 04″ E / 51.332, 9.4845 ()

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Plaque de locomotive construite par Henschel
Le pont Teufelsbrücke réalisé en 1826 par la fonderie Henschel (dans le parc Wilhelmshöhe à Kassel)

La société des usines Henschel (Werke Henschel) est fondée le 28 juin 1810[1] par Georg Christian Carl Henschel (de) (né en 1759, décédé en 1835) à Cassel (Allemagne).

Au départ une simple fonderie, cette société produisit ensuite des machines à vapeur dès 1816, puis plus tard des locomotives, des camions, des blindés et des aéronefs. Le logo (lettre H inscrite dans une étoile à 6 branches), créé en 1930, fut utilisé jusqu’à la fin des années soixante.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Henschel avait fabriqué l'une des premières locomotives à vapeur en Allemagne et était devenu pendant un temps l'un des plus importants fabricants de locomotives en Europe. Son fils Carl Anton Henschel (né en 1780 décédé en 1861) construisit un deuxième site de production en 1837 sur l'emplacement actuel de l'université de Kassel (Holländischer Platz). C'est là que le 29 juillet 1848, la première locomotive à vapeur produite par Henschel fut livrée à la société de chemin de fer Friedrich-Wilhelms-Nordbahn (en) fondée en 1844. Le 18 août 1848, la locomotive Drache (Dragon) atteignant 45 km/h fut présentée au public.

Première moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les usines Henschel comptaient, au début du XXe siècle, (avec Borsig), parmi les plus importants fabricants de locomotives en Allemagne. En 1905, Henschel avait fabriqué la première locomotive électrique et en 1910 la première avec moteur à carburateur.

Le département Henschel Antriebstechnik commença à produire des démultiplicateurs (boîtes de vitesse) en 1918 dans l’usine de Mittelfeld.

Henschel fut transformé en une société à responsabilité limitée (de droit allemand, "GmbH") en 1920.

Lorsque la crise économique mondiale se profila à l’horizon en 1929, les usines Henschel imaginèrent d’investir dans une autre branche pour ne plus dépendre uniquement de la fabrication de locomotives.

Ce fut le début de la fabrication de véhicules utilitaires qui étaient alors en pleine expansion. En 1924, commença la fabrication de camions et d’autocars déjà très modernes de 3 et 5 tonnes avec une transmission par chaîne et, un an plus tard, c'est une transmission classique qui fut ajoutée. Et sur la base d’une licence du fabricant Suisse, FBW (environ 300 véhicules).

En 1928, l'entreprise introduisit ses propres moteurs diesel. En 1930, la gamme de camions comprenait des modèles de 2,5 tonnes à 16 tonnes de charge utile, en porteur trois essieux et en tracteur pour des charges de 16 tonnes.

Au cours de ces années, Henschel reprit la production de locomotives de plusieurs autres sociétés :

La fabrication des premiers engrenages à vis sans fin sous licence David Brown Ltd. commença en 1933.

Au cours des années qui suivirent, Henschel développa ses propres véhicules (camions et autocars) et moteurs (à diesel et à essence). Vers la fin des années 1920, on expérimenta des camions à moteur à vapeur (jusqu'en 1936) et des autocars à moteur gazogène mais en très petites quantités.

Au début des années 1930, la gamme Henschel couvrait des véhicules de 2 à 16 tonnes. En 1932, les premiers moteurs diesel de type Henschel-Lanova (du nom du technicien Franz Lang) qui assurait une combustion beaucoup plus « douce » que les moteurs précédents, furent introduits. Ces moteurs furent aussi utilisés parfois pour motoriser des autocars et des locomotives. Le procédé Lanova est resté en vigueur sur les camions Henschel jusqu'au début des années 1960. Au cours des années 1930, Henschel fabriqua surtout des châssis de camions et autocars lourds. En 1936, la firme offrit un nouveau moteur diesel de 12 cylindres à pistons opposés et de 300 chevaux, pour des véhicules de chantier.

De 1933 à 1945, Henschel produisit à Kassel les célèbres char d'assaut Panzer Tiger et, à Berlin, des avions militaires et des missiles (voir ci-dessous).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Henschel continua à fabriquer des camions en plus des chars et des aéronefs. Henschel avait déjà produit du matériel de guerre au cours de la Première Guerre mondiale. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Henschel était devenu l’un des plus importants fabricants du complexe militaro-industriel allemand et donc une cible privilégiée des bombardements alliés. Les usines furent pratiquement entièrement détruites.

Deuxième moitié du XXe siècle (après la Seconde Guerre mondiale)[2][modifier | modifier le code]

En raison de son engagement dans l’appareil militaire nazi, Henschel ne put reprendre la production qu’en 1946 et ne fut autorisé à fabriquer que de petites locomotives à usage industriel et à réparer les camions encore existants. Henschel ne reconstruisit de grosses locomotives qu’à partir de 1948.

Le nom de Henschel lié de trop près à la fabrication de matériel de guerre fut tout d’abord interdit par les alliés de sorte que la société s’appela pendant un temps « Hessia », nom dérivé du Land de Hesse où se trouve la ville de Cassel. Henschel ne recouvra son nom qu’en 1948.

Après que l’autorisation fut accordée en 1946, la société réalisa des trolleybus en nombre important. Les camions à moteur à essence de l’armée américaine furent rééquipés avec des moteurs diesel. Par la suite, des châssis d’autobus, dérivés de ceux des camions, furent carrossés par d'autres sociétés.

Ce n’est qu’en 1950, donc bien après les principaux concurrents, que la fabrication de camions reprit à nouveau. Le premier modèle fut le camion lourd HS 140 pouvant transporter une charge utile de 6,5 tonnes. Il tirait sa désignation de son moteur de 140 ch et possédait des phares placés à l’extérieur de son capot moteur long et étroit. Des modèles plus puissants suivirent dont le HS 170 (170 ch). Henschel introduisit également une gamme de camions à cabine avancée.

En 1951, un tracteur en configuration de 6x4 avec un moteur de 5.4 litres, dénommé HS 190S Bimot, fut mis en production. En 1953, un camion de chantier, nommé HS100 AK, fut commercialisé, avec quatre roues motrices, un moteur diesel Lanova de 6 cylindres, une transmission à 5 rapports, des freins pneumatiques, de 9,5 tonnes à 10,5 tonnes de poids total autorisé en charge. Ce véhicule fut produit jusqu'en 1962 en 16660 exemplaires.

L’ancienne société Henschel & Sohn GmbH changea son nom en 1957 pour devenir Henschel-Werke GmbH puis se transforma en société anonyme (Aktiengesellschaft, AG) en 1962.

En 1961, Henschel reprit en partie la fabrication de locomotives diesel de la société Maschinenfabrik Esslingen. Aussi la firme signa un accord commercial pour que Saviem distribue en France ses modèles de camions, mais cette entente prit fin 2 ans plus tard. En 1963, la production d'autocars fut arrêtée, ensuite c'est avec Commer que Henschel eut un accord de distribution de camions mais qui prit fin en 1967.

La société métallurgique Rheinstahl (Rheinische Stahlwerke) acquit en 1964 les actions de Henschel AG qui changea à nouveau de nom en 1965 et s'appela désormais Rheinstahl-Henschel AG.

En 1967, la firme développa un fourgon-pompe d'une capacité de 1500 litres/minutes équipé d'un réservoir d'eau de 2 000 litres, avec un moteur diesel, quatre roues motrices ; ce véhicule de pompier porta le nom de série HS100.

En 1969, Henschel reprit la production des locomotives à moteur diesel de la société Klöckner-Humboldt-Deutz AG (KHD) située à Cologne (Köln-Deutz). En 1967, la fabrication des camions de Henschel fusionna avec celle de la société Hanomag sous l’appellation Hanomag-Henschel. La division camions de Hanomag-Henschel fut cédée en 1970 à Daimler-Benz qui mit fin au nom de la marque en 1974.

Rheinstahl AG fut reprise en 1976 par le groupe ThyssenKrupp AG (August Thyssen-Hütte AG), moment à partir duquel les usines de locomotives de Kassel s’appelèrent Thyssen Henschel. Le nom de Henschel, riche en tradition, continua de vivre sur les locomotives.

La fusion avec la société ABB (successeur de BBC de Mannheim) donna naissance en 1990 à ABB Henschel AG sise à Mannheim. En 1995, ABB et Mercedes-Benz convinrent de fusionner leur branches respectives de moyens de transport sous la désignation ABB Daimler Benz Transportation Adtranz. Ceci mit définitivement fin à l’existence du nom de Henschel le 1er janvier 1996 en tant que fabricant de véhicules.

Adtranz, responsable de la construction de véhicules sur rail, est une filiale à 100 % de DaimlerChrysler-AG. ADTranz fut ensuite cédée en 2001 à Bombardier Transport. L’usine de Kassel continue à produire et moderniser des locomotives électriques et à moteur diesel. Les séries de locomotives électriques 101, 145, 146 et 185 ont été fabriquées pour les chemins de fer allemands (Deutsche Bahn AG).

Des parties des anciennes usines Henschel est cédée à TKTR (Thyssen-Krupp Transrapid et Henschel Recycling Technik) et la branche Matériel Militaire appartient depuis fin 1999 à Rheinmetall-DeTec AG.

En 2003, le musée Henschel (ouvert au public) a été installé sur l’emplacement de l’ancienne usine de Kassel-Rothenditmold (dans la rue Wolfhager Strasse).

En mars de la même année, Akros reprend les actifs d'Henschel Recycling Technik et fusionne pour devenir Akros Henschel. Le nouveau groupe ainsi créé devient l'un des leaders de la construction d'équipements pour le traitement des déchets métalliques : presses à paqueter, cisailles hydraulique et broyeurs.

Les produits[modifier | modifier le code]

Equipements pour le recyclage des ferrailles et métaux[modifier | modifier le code]

Locomotives[modifier | modifier le code]

Camions[modifier | modifier le code]

Construction aéronautique[modifier | modifier le code]

En mars 1933, les usines "Henschel Flugzeug-Werke AG" de Berlin-Schönefeld et Berlin-Johannisthal se lancèrent dans la fabrication d'avions, puis de missiles.

Les principaux avions réalisés par Henschel ont été :

  • le Hs 123, chasseur et bombardier en piqué (Stuka),
  • le Hs 126, avion de reconnaissance tactique,
  • le Hs 129, bimoteur d'assaut tactique.

Un certain nombre de prototypes et d’avions expérimentaux (Henschel Hs 132, ...) ont aussi été développés mais ne furent pas produits en série. En plus, des appareils d'autres sociétés furent fabriqués sous licence.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Henschel fabriqua en outre des engins comme la bombe volante Hs 293 ou le missile antiaérien Hs 117 Schmetterling (papillon) (en).

Véhicules blindés[modifier | modifier le code]

Henschel participa largement à l’armement de la Wehrmacht dans la seconde moitié des années 1930. Elle devint l’un des premiers fournisseurs allemands de chars de combats et de véhicules blindés. Les usines Henschel de Kassel ont produit entre autres les chars des types suivants: Panther, Tiger I, Tiger II, Jagdpanzer Elefant et Panzerkampfwagen VI Königstiger.

La capitulation mit fin aux activités d’armement mais la production reprit lors du réarmement de l’Allemagne pendant la Guerre froide (Bundeswehr). Henschel a participé à divers programmes d’armement comme le prototype de char d'assaut Kanonenjagdpanzer armé d'un canon de 90 mm, le blindé de reconnaissance (Spähpanzer) Luchs (en) (lynx) et le blindé léger (Schützenpanzer) Marder (martre). La Division armement de Henschel fut reprise en 1999 par le groupe Rheinmetall.

Henschel aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Il existe encore des sociétés portant le nom de Henschel. Suite à la reprise des départements Mélangeurs, Manutention et Engrenages de ThyssenKrupp par KERO en 2003, trois entreprises distinctes naquirent qui continuent de porter le nom de Henschel et utilisent son logo.

  • Le spectre de Reimelt-Henschel Mischsysteme[3] consist en differents types de mixeurs-mélangeurs aussi bien la technloogie du procès de faire une bonne mélange.
  • Henschel Industrietechnik GmbH[4] crée des produits pour des fonderies, forges et bien d'autre branches de manutention du fer chaud. Un produit cléf est le manipulator (Robotique industrielle). Avec plus de 600 systèmes installés, l'entreprise est le leader en cette branche.
  • La date de naissance de Henschel Antriebstechnik GmbH[5] se réfère au début de la fabrication des réducteurs Henschel en 1918 à Kassel. Le département des engrenages devient économiquement et juridiquement indépendant par management buy-out des deux dirigeants en 2006. Encore sous le nom Henschel les premiers reducteurs à vis sans fin sont produits sous licence de David Brown Ltd. Les nom d'entreprise changaient de Rheinstahl Henschel (1964), Thyssen Henschel (1976) et TGW (Thyssen Getriebe- und Kupplungswerke) (1981), mais la tradition de production de réducteurs et engrenages continu comme:
  1. (de) Carl-Friedrich Baumann, 175 Jahre Henschel : der ständige Weg in die Zukunft 1810-1985 : sechs Beiträge zur Firmengeschichte, Steiger,‎ 1985, p. 14
  2. L'Encyclopédie Mondiale Des Camions, Manise, Une Marque Des Éditions Minerva
  3. Reimelt-Henschel-Group
  4. Henschel Industrietechnik GmbH
  5. Henschel Antriebstechnik

Liens[modifier | modifier le code]

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D'autres photos des camions Henschel :