DUKW

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Photo d'un DUCK prise de côté.
Photo d'un DUCK prise de l'avant.

Le DUKW 353 est un véhicule amphibie destiné à décharger les cargos en l’absence de ports. Il fut conçu en 1941 par la firme Sparkman and Stevens Inc. pour le compte de l'armée américaine sur la base du GMC AFKWX 353 6x6. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, 21 247 unités furent produites.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie militaire de l'époque, DUKW signifiait :

  • D : année 1942 (première fabrication)
  • U : véhicule amphibie
  • K : toutes les roues sont motrices
  • W : un train de roues doubles à l’arrière

Très vite, il prit le surnom de duck (canard). Le premier essai eut lieu le 3 juin 1942 à Milford dans le Michigan.

Bien qu'il existe plusieurs tentatives d'explication du nom comme acronyme (Dual Utility Kargo Waterborne ou Duplex Universal Karrier, Wheeled), celles-ci ont été inventées a posteriori[1].

Le DUKW est la version amphibie du camion Chevrolet GMC double essieu moteur utilisé par l'US Army, la conversion fut étudiée et réalisée en quelques semaines par le fameux cabinet d'architectes navals Sparkman et Stephens, plus connu pour ses voiliers de plaisance très performants qui remportèrent à plusieurs reprises la Coupe de l'America.

Les frères Rod et Olin Stephens, excellents régatiers eux mêmes, ainsi que Denis Puleston, plaisancier et aventurier connu pour diverses traversées océaniques audacieuses testèrent et améliorèrent le prototype, et parvinrent à le rendre relativement "marin" , ce qui n'était en général pas le cas avec les engins amphibies développés au cours de la seconde guerre mondiale, en particulier les tanks Sherman DD.

Mais le DUKW faillit ne jamais être utilisé par l’armée. C’est lorsqu’un patrouilleur des gardes-côte américain s’échoua près de Princetown dans le Massachusetts et qu’un DUKW en démonstration à proximité parvient à sauver les 7 gardes-côte dans une mer démontée où les navires conventionnels ne pouvaient intervenir, que l’armée reconnut l’utilité du DUKW. Suite à cela, le secrétaire d’État à la guerre annonça au président Roosevelt : « Il y a deux nuits, un camion de l’Army a sauvé l’équipage d’un bateau de la Navy en perdition ».

L’intendance générale de l’armée américaine en commanda 2 000 pour le 31 décembre 1942.

En novembre 1942, la War Production Board mit le DUKW dans les priorités des programmes de fabrications de guerre.

Après la livraison des 2 000 premiers exemplaires, un système permettant de modifier la pression des pneus fut ajouté, offrant ainsi au DUKW la possibilité de s’adapter au terrain.

On ajouta par la suite des projecteurs, un pare-brise, la capote et une plaque de blindage frontale repliable.

Le premier usage militaire du DUKW fut en 1943 lors de l’opération Husky en Sicile.

Par la suite, les DUKW furent utilisés en Afrique du Nord, en Europe lors du débarquement et dans le Pacifique (notamment à la Bataille d'Iwo Jima). Ils aidèrent à franchir le Rhin.

Des DUKW furent utilisés lors de l'assaut sur la Pointe du Hoc.

De nombreux pays utilisèrent par la suite le DUKW. Il ne fut réformé en France qu'en 1990 (une centaine d'exemplaires étaient alors utilisés).

Unités produites[modifier | modifier le code]

1942 2 000
1943 4 053
1944 11 316
1945 21 247

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Propulsion 6 roues motrices
Boîte de vitesses 5 vitesses + marche arrière
Longueur 9,45 mètres
Largeur 2,50 mètres
Hauteur 2,70 mètres
Garde au sol 0,30 mètre
Poids à vide 6,560 tonnes
Poids en charge 9,450 tonnes
Charge utile 2,5 tonnes sur terre et 5 tonnes sur l'eau
Vitesse maximum sur route 70 km/h
Vitesse maximum sur l'eau 10 km/h (5,5 nœuds)
Consommation 38 litres / 100 km et 180 l / 100 km sur l'eau
Autonomie 385 kilomètres
Autonomie sur l'eau 80 kilomètres
Armement Possibilité d'une mitrailleuse de 12,7 sur affût M36 ou canon 105 mm HM2
Équipage minimum deux hommes, maximum 25

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Plusieurs DUKW sont toujours en état et sont utilisés pour faire des parcours touristiques dans les villes de Londres, Boston, Philadelphie, Pittsburgh, Baltimore, Wisconsin Dells, Seattle, San Francisco, Santa Barbara, Halifax, Liverpool, Dublin, Coxyde et Blankenberge en Belgique et Kobe.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Guégan, « Les canards sont toujours vivants », dans Pays de Normandie, no 53, été 2006
  1. (en) Harold A. Skaarup, Ironsides : Canadian Armoured Fighting Vehicle Museums and Monuments, iUniverse,‎ 2011 (ISBN 1462034640, lire en ligne), p. 109

Annexes[modifier | modifier le code]

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