M8 Howitzer Motor Carriage

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M8 Howitzer Motor Carriage (HMC)
Motor Carriage M8 au Musée des Blindés à Saumur
Motor Carriage M8 au Musée des Blindés à Saumur
Production
Production Cadillac Motor Car division
Unités produites 1776 entre septembre 1942 et janvier 1944
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes (chef de char; tireur; pilote;copilote)
Longueur 4.34 m
Largeur 2.24 m
Hauteur 2.29 m
Masse au combat 15 695 kg
Armement
Armement principal 1 obusier M1A1 de 75mm (46 obus)
Armement secondaire 1 mitrailleuse M2 de Cal .50 (400 coups)
Mobilité
Moteur Cadillac séries 1942
Puissance 295 chevaux
Vitesse sur route 58 km/h sur route (24 en tout-terrain)
Puissance massique
Autonomie 161 km

Le M8 Howitzer Motor Carriage répondait à la demande, faite à la fin de l'année 1941 par l'armée américaine, d'un véhicule blindé de support pour les unités mécanisées. Certains modèles avaient déjà été étudiés entre 1939 et 1941 aboutissant à des véhicules tels que le T3 Howitzer Motor Carriage sur châssis de char M1, ou encore le T18 Howitzer Motor Carriage sur châssis de M3 Stuart, mais aucun de ces prototypes ne convint aux forces armées, principalement à cause du manque de place pour l'équipage, ou parce que le châssis était déjà dépassé.

Le prototype T47[modifier | modifier le code]

Le nom du prototype fut T47. Basé d'abord sur le même châssis M3 que le T18, il adopta rapidement le châssis du nouveau Stuart : le M5. Ce premier jet sortit de l'usine au début de l'année 1942. Il fut testé sur le terrain de manœuvre d'Aberdeen, puis dans le désert de Californie, peu de changements furent appliqués alors. Il adopta son nom définitif pendant l'automne 1942 et on confia sa production aux usines Cadillac qui en produisirent 1778 exemplaires avant son remplacement en février 1944 (373 en 1942; 1330 en 1943 et 75 en 1944).

M8 HMC sur le terrain de test d'Aberdeen

Profil du blindé[modifier | modifier le code]

Seule la tourelle pouvait différencier le char léger de sa version modifiée. En effet, la tourelle fut légèrement élargie pour permettre l'installation de l'obusier de 75mm et pour l'aisance de l'équipage. Le toit de la tourelle fut supprimé, permettant une plus grande visibilité, mais exposant davantage les membres d'équipage. Cependant le rôle de soutien du véhicule ne devait pas le placer en première ligne. Deux trappes furent ajoutés pour les deux conducteurs sur le glacis même, remplaçant celle que l'on avait dû supprimer sur la tourelle pour faire de la place dans le compartiment. On ajouta aussi une mitrailleuse de calibre .50 sur un anneau à l'arrière de la tourelle pour la protection rapprochée et antiaérienne.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Le nouveau M8 était propulsé par deux moteurs Cadillac refroidis par air, produisant une puissance de 295 chevaux, ce qui donnait à cette bête une vitesse de 58 km/h pleinement chargée sur route, pour un poids dépassant les 15 tonnes. Son réservoir de 337 litres lui assurait une autonomie moyenne de 161 kilomètres. Ces caractéristiques étaient donc légèrement meilleures que celles de son châssis d'origine. L'armement du blindé était donc composé d'un obusier de 75mm de modèle M1A1, remplaçant le canon de 37mm d'origine, ainsi que d'une mitrailleuse M2 de calibre .50 (12,7mm). Le canon avait un arc de tir de 360° grâce à une tourelle rotative, et un degré d'élévation de -20°à +40°, lui donnant une portée maximale de 8687 mètres. Il pouvait tirer des obus explosifs classiques (HE), des obus explosifs antichars (HEAT) et des munitions fumigènes. Sa tourelle ne lui permettait d'emporter que 46 obus, et on ajouta rapidement une remorque triplant cette quantité. Il emportait aussi 400 coups pour sa mitrailleuse lourde ainsi que des armes légères pour l'équipage, de type carabines et pistolet-mitrailleurs.

M8 HMC au musée de Saumur

Le M8 au combat[modifier | modifier le code]

Ce blindé fit son baptême du feu à la fin de l'année 1943 dans le cadre de la campagne d'Italie. Il équipait alors l'unité d'appui-feu direct du groupe de reconnaissance des divisions blindées américaines, son rôle était de soutenir, au nombre de 8 par division, les escadrons de reconnaissance divisionnaire alors que les groupes d'artillerie de campagne étaient équipés de M7 Priest. Sa première utilisation massive eut lieu pendant la campagne de Normandie en été 1944. Il aurait aussi combattu dans le Pacifique, notamment pendant les campagnes de Saipan et de Leyte, dans les divisions de Cavalerie.

Le M8 à l'étranger[modifier | modifier le code]

Contrairement aux blindés légers M3 et M5, le M8 ne fut pas exporté vers l’URSS et le seul pays qui l'utilisa, hormis les États-Unis, fut la France, qui en commanda 174. Celle-ci s'en servit d'abord pour équiper ses divisions blindées à la fin de la seconde guerre mondiale, puis les réutilisa pendant la guerre d'Indochine dans les années 1950. La dernière utilisation connue de ce blindé est relevée dans les années 1960 par l'armée sud-vietnamienne. Il s'agissait probablement d'engins récupérés dans les stocks français laissés sur place.

Les autres modèles sur le même châssis[modifier | modifier le code]

  • M3 Stuart
  • M3A1 Stuart
  • M3A1 Satan version équipée d'un lance-flamme
  • M3A3 STuart
  • M5 Stuart
  • M5A1 Stuart
  • M8 HMC Canon automoteur léger sur châssis de M5 Stuart.
  • M8A1 HMC Canon automoteur léger sur châssis de char M5A1.
  • T8 recon Véhicule de reconnaissance

Le remplacement du M8[modifier | modifier le code]

Le remplacement de l'obusier de 75mm par un obusier plus lourd de 105mm conduisit à la fin de la production du M8 et au lancement de nouveaux modèles de véhicules blindés de support. Le véhicule qui remplaça directement le M8 dans le rôle de soutien direct ne fut autre que l'emblématique M4 Sherman équipé d'un canon de 105mm au lieu de son 75mm d'origine.

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jim Mesko; U.S Self Propelled Gun; Squadron Signal Armor n°38