Charge creuse

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Une charge creuse moderne contient un cylindre doté d'une feuille de cuivre en forme de cône inversé (3) recouverte d'une coiffe métallique (1) améliorant l'aérodynamisme et déterminant la distance de déclenchement optimale. Cette coiffe porte à son extrémité un capteur piezo-électrique (6) qui, à l'impact, déclenche le détonateur (4) permettant la mise à feu de la charge (5). Toute la puissance de l'explosion se concentre sur une surface très réduite de la cible, celle-ci étant généralement un véhicule blindé. Le terme de « charge creuse » provient donc de cette portion importante de volume vide (2) dans la structure de la munition.

La charge creuse, appelée par les militaires HEAT (en anglais : High Explosive Anti-Tank ; (en français : « munition antichar à explosif brisant »)) est un type de munition destiné à percer un blindage.

Un de ses usages aux XX et XXIe siècles se trouve dans l'industrie pétrolière pour percer des trous à intervalle régulier dans le blindage d'un puits à mettre en production ou dans la démolition de bâtiments industriels.

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Son fonctionnement est basé sur l'effet Munroe. En bref, le contrôle de la dispersion du flux d'énergie et des particules en fusion issue d'une explosion, ce flux ayant tendance à suivre l'onde de l'explosion.

Le principe de l'arme est le suivant : lors de impact, et donc de l'explosion de la charge explosive (N°5), la feuille de cuivre (n°3) va fondre. En même temps, la puissance de la charge va retourner le cône inversé par sa pointe, créant ainsi un jet de métal en fusion qui est projeté contre le blindage. Ce puissant jet de métal en fusion va heurter le blindage en un seul point, concentrant ainsi toute sa puissance. le blindage va alors fondre en ce point, permettant au jet de le traverser et de tuer ceux qui se trouvent dans sa trajectoire.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Fonctionnement de la charge creuse du RPG-7

Le déclenchement d'une charge creuse fait subir de gros dégâts à un blindage, qui est généralement transpercé dans le cas d'un impact suivant une trajectoire perpendiculaire à son plan. La puissance concentrée de l'explosion, si celle-ci parvient à percer le blindage, projette une gerbe de métal en fusion et de gaz brûlants à l'intérieur du véhicule, ce qui, en fonction de l'impact aboutit à un K-kill (« destruction de l'équipage ») et bien souvent met le feu aux munitions stockées à bord du véhicule avec un résultat encore plus dévastateur.

Historique et évolutions[modifier | modifier le code]

La charge creuse est l'invention du docteur Mohaupt, citoyen suisse. Celui-ci proposa en 1935 son invention à l'armée française mais l'État-major lui rit au nez, niant l'utilité de l'invention et le danger des chars.
Thomson-Brandt reconnaissant la valeur de l'invention la mit en production sous la forme de grenades à fusils pour MAS 36, trop tard cependant pour être distribuée au front en 1940. L'invention rejoignit les États-Unis par la valise diplomatique, les États-Unis payant à la firme Brandt des royalties sur toutes les charges creuses réalisées pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le premier bazooka était à l'origine un lance-harpon destiné à la chasse de la baleine, les Américains l'ont alors simplement utilisé comme propulseur pour envoyer une charge creuse. Les charges plates à base magnétique ont été utilisées dès le début de la Seconde Guerre mondiale lors de la prise du fort d'Ében-Émael. À cette époque, seul ce type de munition était capable de venir à bout des blindages modernes. Cependant, les fortes dimensions des charges ne permettant pas encore leur intégration dans un obus ou une roquette, elles furent amenées sur place par des planeurs et posées manuellement sur leurs cibles.

Ce handicap fut cependant assez vite résolu, et on retrouva la charge creuse dans les Panzerfaust allemands, le bazooka américain ou encore le PIAT britannique. Depuis on trouve des charges creuses dans de nombreux obus de char d'assaut, ou dans les roquettes antichar, sous la désignation HEAT, en concurrence avec les obus AP (armour piercing).

Les Allemands, s'étant emparés des premiers bazookas américains, s'empressèrent de les copier sous la forme du Panzerschreck, puis vers la fin de la guerre sous la forme de lanceurs jetables à charge surcalibrée, avec la famille des Panzerfaust.

C'est durant la Seconde Guerre mondiale que les Britanniques inventent la charge creuse employée sous forme de grenade. Cependant, si cette technique allait devenir pleine d'avenir, l'emploi de ces grenades allait vite être délaissé.

Les charges creuses ont perdu de leur attrait au cours des années 1980 avec l'apparition des blindages réactifs. Il s'agit de tuiles d'explosif fixées sur le blindage du char, elles explosent individuellement suite à l'impact de charge explosive, dispersant efficacement le jet perforant des charges creuses. Contrairement aux obus perforants, la charge creuse tire son efficacité de la puissance de l'explosif. Elle présente une efficacité indépendante de la vitesse du projectile qui la porte, ce qui la rend toujours très utile sur les missiles, les roquettes ou les sous-munitions aériennes antichar.

Afin de contrer les blindages réactifs, certaines munitions sont désormais équipées de charges creuses en tandem, comme par exemple sur le missile HOT. Une petite charge creuse est placée à l'avant, elle provoque l'explosion de la tuile, permettant à la seconde charge de taille normale d'agir sur un blindage plus conventionnel.