Batterie de missiles sol-air

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Lanceur quadruple de missiles sol-air S-125 (code OTAN : SA-3 Goa) de conception soviétique de l'armée finlandaise.

Une batterie de missiles sol-air est une batterie composée de missiles sol-air. Ces batteries s'inscrivent dans le contexte de lutte antiaérienne. Elle peut être fixe ou montée sur un véhicule blindé. Dans les armées de terre, en règle général, le régiment est défini comme l'unité d'emploi et la batterie de tir comme l'unité de tir, certaines batteries ayant un haut degré d'automatisation peuvent être divisé en 2 unités de tir.

Ces missiles peuvent avoir plusieurs charges : charge à fragmentation classique, charges à tiges métalliques (simples ou « liée ») ou encore charge pré-fragmentée à gerbe focalisée (comme sur le Crotale qui explose juste après avoir croisé sa cible en lançant environ 75 % des éclats vers l'arrière).

Par exemple, le 2K22 Tunguska mobile soviétique fonctionne via ce système ou encore le S-300, S-400 Triumph et Pantsir S-1 russes.

Sommaire

Historique [modifier]

Guerre froide [modifier]

DCA mobile 2K22 Tunguska soviétique, qui équipe encore aujourd'hui la Russie, la Biélorussie, l'Ukraine et l'Inde.
Batterie de missile S-75 Dvina de conception soviétique avec son radar au centre et ses 6 rampes de lancement.

Les premières batteries apparaissent après la Seconde Guerre mondiale lors de la guerre froide. Elles remplacèrent très vite les canons antiaériens qui étaient devenus obsolètes pour le concept de guerre moderne, faces aux nouvelles menaces aériennes induites par l'avion à réaction (premiers F-100 Super Sabre américains et Mikoyan-Gourevitch MiG-19 soviétiques). En effet, ces derniers disposent d'une propulsion qui leur permettent de voler à de hautes altitudes à plus de 1 500 voir 2 000 km/h, ce qui les rendent quasiment hors de portée et intouchables par des canons anti-aériens.

L'Armée rouge fut la première à en concevoir puis ce fut ensuite le tour de l'OTAN quelques années plus tard dans le cadre de la course aux armements initiée entre les deux superpuissances que furent les États-Unis et l'URSS. Les canons anti-aériens équipent toutefois encore de nombreux défenses anti-aériennes du tiers-monde en raison de leur faible coût.

De nos jours [modifier]

La majeure partie des armées occidentales disposent de batteries de missiles, ainsi que la République populaire de Chine.

Elles équipent aussi bien les défenses anti-aériennes basées à terre que les navires et les porte-avions.

L'Iran cherche par ailleurs à moderniser sa défense anti-aérienne en se procurant des S-300 mais la Russie a annoncé en 2010 de geler la livraison de ces missiles en réponse à l'accusation faite par les États-Unis et suite aux sanctions de l'ONU en vigueur[1],[2].

Fonctionnement [modifier]

Batterie de missiles Crotale sur la frégate Tourville de la Marine nationale française.
Batterie de MIM-23 Hawk déployée en Arabie saoudite durant la guerre du Golfe de 1991.

Une batterie de missiles sol-air est de nos jours douée d'automatisme grâce aux technologies de l'information. Elle comporte un radar (généralement à antenne réseau à commande de phase) lui permettant de détecter les aéronefs potentiellement hostiles et un mini-système de mise à feu lui permettant de tirer des missiles sol-air à guidage radar semi-actif de manière automatique.

C'est le cas notamment sur le MIM-104 Patriot, déployé pour la première fois en 1984.

Par exemple, le fonctionnement d'une batterie de missiles MIM-23 Hawk conçu dans les années 1960 comprend normalement les éléments suivant d'une masse totale d'environ 250 tonnes :

  • 1 x PAR - Radar de recherche et d'acquisition - 20 radians par minute - détection à haute et moyenne altitude.
  • 1 x CWAR - Radar de recherche Doppler d'acquisition continue - 20 radians par minute - détection à basse altitude.
  • 2 x HPI - Illuminateur radar Doppler grande puissance - poursuite de cible et orientation des missiles.
  • 1 x ROR - Radar à impulsion de recherche en bande K - fournit des informations lorsque les autres systèmes sont coincés ou indisponibles.
  • 1 x CPI - Centre de coordination et d'information
  • 1 x BCC - PC de contrôle de batterie
  • 1 x AFCC - Console de commande et de mise à feu - batterie miniature de contrôle à distance d'un tir de la batterie. Chaque AFCC contrôle un CWAR, un HPI et trois lanceurs avec neuf missiles
  • 1 x PCP - poste de commandement de peloton.
  • 2 x LCS - Section de contrôle des lanceurs.
  • 6 x M-192 - lanceur triple avec 18 missiles.
  • 6 x SEA - Groupes électrogènes 56 kVA (400 Hz) chacun.
  • 12 x M-390 - palettes de transport de missiles de 36 missiles chacune.
  • 3 x M-501 - tracteurs de chargement des missiles.
  • 1 x godet chargeur
  • 1 x atelier d'essai de missiles.

Dans les années 2010, les batteries de l'OTAN sont connectées au réseau de liaisons de données tactiques liaison 11 ou liaison 16.

Annexes [modifier]

Articles connexes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. (fr) Medvedev: "J'ai interdit la livraison des S-300 à l'Iran", Le Nouvel Observateur, 12 octobre 2009
  2. (fr) La Russie a décidé de ne pas livrer de missiles S-300 à l'Iran, Agence France-Presse, 22 septembre 2010

Liens externes [modifier]