Vermand

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Vermand
Vermand
La mairie.
Blason de Vermand
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Saint-Quentin
Canton Saint-Quentin-1
Intercommunalité Pays du Vermandois
Maire
Mandat
Jean-Pierre Boniface
2014-2020
Code postal 02490
Code commune 02785
Démographie
Gentilé Vermandois
Population
municipale
1 079 hab. (2015 en augmentation de 4,55 % par rapport à 2010)
Densité 69 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 52′ 36″ nord, 3° 09′ 02″ est
Altitude Min. 95 m
Superficie 15,75 km2
Localisation

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Liens
Site web vermand.fr

Vermand est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

Ses habitants sont appelés les Vermandois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Vermand
Bernes Vendelles
Pœuilly Vermand Maissemy
Caulaincourt Attilly Holnon
La départementale 33 pénètre dans la commune après avoir franchi l'Omignon.

La commune est située à l'ouest de Saint-Quentin et au nord d'Attilly.

Le Vermandois tire son nom de sa capitale, Vermand, où coule l'Omignon.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La première mention connue de Vermand remonte à 1131 sous la forme Virmandi[1].

Ce nom provient de celui de la tribu gauloise des Viromanduens dont l'oppidum de Vermand était très certainement la capitale à l'époque de l'indépendance. Remplacée par Augusta Viromanduorum, c'est-à-dire l'Auguste des Viromanduens (actuel Saint-Quentin), fondée sous Auguste, Vermand redevient probablement la capitale pour un moment au IVe siècle, à la suite de la ruine de Saint-Quentin. C'est la période où le nom initial des chefs-lieux de civitas est remplacé par celui du peuple (c.f. Lutecia des Parisii > Paris). On ignore l'ancien nom que devait porter Vermand avant la substitution.

Frise avec légionnaires du camp de Vermand, 1877, dessin de Édouard Fleury.

Les Viromanduens ont également laissé leur nom au Vermandois et à Vermandovillers dans la Somme, ainsi qu'à Villemandeur dans le Loiret[2].

On reconnait dans le nom des Viromandui les termes gaulois viro et mandus. Ce dernier signifie cheval, poney, mais le premier a deux sens différents : homme ou vrai[3]. Les Viromandui sont donc soit les hommes-chevaux (les Centaures), soit les vrais-chevaux. Le premier sens semble plus vraisemblable pour le nom d'un peuple, d'autant que le thème des chevaux à tête humaine est très fréquent chez les Celtes (notamment sur les monnaies de l'ouest de la Gaule)[4], avec une référence guerrière très probable.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église en 1869.
Dessin de Joachim Malézieux (1851-1906).
Panneau informatif présentant l'oppidum. Sur cette vue, les quelques marches visibles en arrière-plan et le pignon de la maison derrière le talus permettent une estimation de sa hauteur.

À l'époque de la conquête romaine, les Gaulois de la région se nommaient les Viromandui qui appartenaient au groupe des Belgae, les Belges. Ceux-ci étaient issus d'une vague d'immigration celte du IIIe siècle avant notre ère et étaient principalement installés dans le nord de la Gaule. César signale la combativité et la bravoure des Belges. Il affronte la coalition des Nerviens (Bavay - Hainaut), Atrebates et Viromanduens près de la rivière Sabis (localisation discutée), au cours d'une bataille difficile où les Romains finirent par l'emporter.

L'oppidum de Vermand est le seul qui soit connu pour les Viromanduens. Il semble probable qu'il constituait leur place forte principale. En tout cas, c'était vraisemblablement la capitale de ce peuple dans les années qui suivirent la conquête, jusqu'à la fondation d'un nouveau chef-lieu à Saint-Quentin : Augusta Viromanduorum.

Cette « déchéance » politique n'empêcha pas le développement d'une ville gallo-romaine prospère, centre d'une importante production de poterie[5]. Un grand ensemble religieux comprenant plusieurs temples a été révélé par les prospections aériennes à Marteville.

Au Bas-Empire, à la fin du IIIe ou au début du IVe siècle, il semble que Vermand soit redevenue la capitale des Viromandui, en raison de la ruine d'Augusta. C'est ce qui explique son nom qui signifie « chez les Viromandui » (formé sur le nom du peuple, à l'ablatif pluriel, à sens locatif, cas de la langue indo-européenne qui survivait encore dans le latin). À cette époque, beaucoup de chefs-lieux changèrent de nom : ils prirent celui du peuple dont ils étaient la ville principale. Il est donc probable que les premiers évêques du Vermandois résidaient dans cette ville avant le transfert du siège épiscopal à Noyon au VIe siècle.

Durant l'époque mérovingienne, le sort de Vermand n'est pas établi avec certitude : restait-elle la capitale du Vermandois, ou Saint-Quentin, qui bénéficiait du pèlerinage sur le tombeau de son célèbre martyr, l'avait-elle déjà supplantée ? Au IXe siècle, la situation s'éclaire : les comtes de Vermandois résident à Saint-Quentin et Vermand a perdu toute importance.

Au Moyen Âge, ce n'est plus qu'un village. Au IXe siècle, une communauté religieuse est installée par l'évêque de Noyon, qui devient au XIIe siècle une abbaye de Prémontrés, supprimée à la Révolution.

La seigneurie était partagée principalement entre les comtes de Vermandois, puis le roi de France, qui la céda en 1291 au chapitre de Saint-Quentin et les évêques de Noyon.

Autrefois, pèlerinage à saint Blaise pour les maux de gorge.

La guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Le 28 août 1914, soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, après la retraite de l'armée française, Vermand voit l’arrivée des premiers Allemands[6]. Un grand nombre de Vermandois fuient devant l’ennemi mais reviendront chez eux quelques jours plus tard. Pendant 30 mois, le village restera loin du front qui se stabilisera à une vingtaine de kilomètres à l'ouest, vers Péronne et les habitants pendant cette période vont connaître la dure loi des occupants. Vermand était classé « zone des armées », une kommandantur s'installera en novembre 1914. Des milliers d'Allemands passeront ou s'installeront à Vermand, logeant chez l'habitant ou dans les édifices publics. Métaux, cuivres, argenterie, matelas, armes, céréales, animaux, tout est réquisitionné par l'occupant. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. À Vermand, la commune doit verser 9 500 F tous les trois mois comme impôt de guerre. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien. Voici des extraits d'un arrêté de la kommandantur d'Holnon valable pour 25 communes de la région : " Holnon le 22 juillet 1915. Tous les ouvriers et les femmes et les enfants de quinze ans sont obligés de faire travaux des champs tous les jours aussi dimanche de quatre heures du matin jusque huit heures du soir… Après la récolte les fainéants seront emprisonnés six mois. Les femmes fainéantes seront exilées à Holnon pour travailler. Après la récolte, les femmes seront emprisonnées six mois… Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton. De plus le commandant réserve de punir les ouvriers fainéants de vingt coups de bâton tous les jours… Les ouvriers de la commune Vendelles sont punis sévèrement"[7].

En février 1917, le général Hindenburg décida de la création d'une ligne défense à l'arrière du front; lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages seraient détruits pour ne pas servir d'abri aux troupes franco-anglaises. Dès le 15 février, les habitants furent conduits à la gare de Vermand, installés dans des wagons à bestiaux, emmenés à Saint-Quentin et dispersés dans des lieux occupés, jusqu'en Belgique. En mars 1917, avant le retrait des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin, toutes les maisons ont été pillées et incendiées, le village a été systématiquement détruit. L'église, la mairie, les écoles et toutes les habitations ont été dynamités et les arbres sciés à 1 m de hauteur[8].

Le village, vidé de ses habitants, est resté occupé par les Allemands et a été repris le 31 mars 1917 par les troupes britanniques[9]. Le village changera plusieurs fois de camp et ce n'est que le 13 septembre 1918 que Vermand sera définitivement libéré par les Britanniques[10].

Après l'armistice, de nombreux habitants ne revinrent pas s'installer à Vermand et, avec les dommages de guerre, commencèrent une nouvelle vie dans d'autres lieux. Pour ceux qui furent de retour commença une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 1 224 habitants en 1911, Vermand n'en comptait plus que 988 en 1921.

Vu les souffrances endurées par la population pendant les trois années d'occupation et les dégâts aux constructions, la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 le 17 octobre 1920[11]. Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des 36 soldats de Vermand morts pour la France et de 7 civils[12].

Les anciennes gares[modifier | modifier le code]

De 1880 à 1970, Vermand comptait deux gares ; celle de Bihécourt, qui est de nos jours une habitation, et celle située rue de la Gare dans le hameau de Marteville et qui est aujourd'hui à l'état d'abandon. Elles étaient situées sur la ligne de chemin de fer de Vélu-Bertincourt à Saint-Quentin, qu'on dénommait en picard « 'ch'tiot Vélu », qui appartenait à la Compagnie des Chemins de fer du Nord. Ouverte en 1880, cette ligne a fonctionné jusqu'au 1er janvier 1956 pour le trafic voyageurs et au 1er janvier 1970 pour le fret.
À une époque où le chemin de fer était le seul moyen de déplacement, cette gare était très utilisée par les habitants pour se rendre à Roisel ou Saint-Quentin et servait aussi au transport de marchandises ou encore des betteraves jusqu'à la râperie de Montigny.

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Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1876 après 1877 Baquet[13]    
mars 2001 mars 2008 Hervé Pinchon    
mars 2008[14] en cours
(au 12 mai 2014)
Jean-Pierre Boniface LR Agriculteur, conseiller départemental
Réélu pour le mandat 2014-2020[15]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[17].

En 2015, la commune comptait 1 079 habitants[Note 1], en augmentation de 4,55 % par rapport à 2010 (Aisne : -0,34 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0009691 1251 1121 2001 2771 2551 2781 286
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 3121 3461 3021 2381 2471 2501 2641 2691 265
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 2351 2701 2249881 1951 0641 0829521 029
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
9981 1351 1651 1631 1181 0691 0441 0401 036
2013 2015 - - - - - - -
1 0761 079-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Sainte-Marguerite. Fonts baptismaux du XIIe siècle conservés dans l'église[20], vitraux de Paul Charavel.
  • Chapelle des Saints Cœurs de Jésus et de Marie à Villecholles.
  • Croix de chemin.
  • Plusieurs monuments de guerre : monument aux morts de 1870, monument aux morts de 1914-1918 et 1939-1945, monument des guerres d'Algérie 1952-1962.
  • Petit carré militaire français au cimetière communal.
  • Vermand Communal Cemetery, le carré militaire britannique entretenu par la Commonwealth War Graves Commission, avec les tombes de plus de quarante soldats britanniques.
  • Le Musée du Vermandois dans l'ancien moulin.
  • L'ancienne gare de Vermand.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Vermand

Les armes deVermand se blasonnent ainsi :

Échiqueté d'azur et d'or au chef aussi d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Coquelle, La mémoire de Vermand, 2 t., Alençon : Dalmanio, 1985 et 1989.
  • Jacques Coquelle, Vermand et Vermandois dans les siècles des siècles, Jacques Coquelle, 2003, 427 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Découvertes archéologiques]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1989, page 489.
  2. Xavier Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, éditions Errance, , 383 p. (ISBN 978-2-87772-483-8), p. 274.
  3. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions Errance, , 440 p. (ISBN 978-2-87772-237-7), p. 214, 320.
  4. Jacques Lacroix, Les noms d'origine gauloise : la Gaule des combats, éditions Errance, , 240 p. (ISBN 978-2-87772-264-3), p. 188
  5. Photographie aérienne du quartier antique du Calvaire
  6. http://www.carto1418.fr/19140828.php
  7. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6309278c/f10.image.r=holnon?rk=708158;0
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8593481j.r=vermand?rk=21459;2
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64664996/f2.image.r=vermand?rk=1115885;2
  10. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65397221/f3.image.r=vermand?rk=107296;4
  11. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  12. https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&id=205908&rubrique=monuments
  13. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1877, p214.
  14. Préfecture de l'Aisne
  15. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 12 août 2014)
  16. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  20. Photographie des fonts baptismaux