Roisel

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Roisel
Roisel
Hôtel-de-ville (façade avant).
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Péronne
Intercommunalité Communauté de communes de la Haute Somme
Maire
Mandat
Philippe Vassant
2014-2020
Code postal 80240
Code commune 80677
Démographie
Gentilé Les Roiseliens
Les Roiseliennes
Population
municipale
1 700 hab. (2015 en diminution de 4,12 % par rapport à 2010)
Densité 167 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 56′ 47″ nord, 3° 05′ 55″ est
Altitude Min. 67 m
Max. 142 m
Superficie 10,16 km2
Localisation

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Roisel est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Roisel
Longavesnes Villers-Faucon Templeux-le-Guérard
Marquaix Roisel Hesbécourt
Tincourt-Boucly Hancourt Hervilly et Bernes

Localisation[modifier | modifier le code]

Roisel est un bourg picard du Vermandois, situé à 12 km à l'est de Péronne et à 8 km au nord de Vermand et traversé par la Cologne, ru prenant sa source, non loin de là, à Hargicourt (Aisne) et se jetant dans la Somme à Péronne.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le sol de la commune est calcaire, argileux et argilo-calcaire[1].

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Le relief de la commune est assez accidenté, le bourg est construit dans une petite vallée et sur une partie de son versant est. L'altitude de la commune voisine les 100 m[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Aucun cours d'eau ne traverse la commune. La Cologne qui prenait sa source à Cologne, lieu-dit situé à 8 km à l'est de Roisel, prend désormais sa source à Tincourt-Boucly situé à 5 km à l'ouest, en aval du bourg de Roisel[1].

La nappe phréatique est située à 15 mètres environ en dessous du niveau du sol[1].

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Urbanisme et aménagement du territoire[modifier | modifier le code]

Le bourg de Roisel a été totalement détruit pendant la Grande Guerre. Il a été reconstruit dans l'entre-deux-guerres comme en témoigne son architecture de brique caractéristique de cette époque. Des lotissement se sont construits à la périphérie du bourg au cours des décennies 1960, 1970, 1990.

Depuis les années 2000, un effort d'embellissement du centre-ville et des principaux monuments du bourg a été entrepris.

Transports et communications[modifier | modifier le code]

La commune est facilement accessible par les autoroutes A1, A26 et A29.

L'ancienne gare de Roisel est desservie par les autocars du TER Picardie.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Roisel
Longavesnes Villers-Faucon Templeux-le-Guérard
Marquaix Roisel Hesbécourt
Tincourt-Boucly Hancourt et Bernes Hervilly

Toponymie[modifier | modifier le code]

On trouve dans les textes anciens plusieurs formes pour désigner Roisel : Roiset, Roisest, Roisset, Roiseth, Reisert, Roiset, Roissel (1214), Roizel. Ce nom viendrait du latin rosaria, qui signifie lieu abondant en roseaux[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Roisel est fortement attachée à Saint-Fursy. Au VIIe siècle, Archambaut, maire du palais du roi Clovis II, fit don de la villa de Roisel, dans la forêt d'Arrouaise au monastère de Saint-Fursy de Péronne.

  • En 1146, Roisel est possession du comte Raoul de Vermandois.
  • Au XIIIe siècle, Roisel a pour seigneurs : Gilles de Roisel (1214), Gibert de Roisel, Gilles de Roisi (1278).
  • Roisel possédait au Moyen Âge, un maire et des échevins

La guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Le 28 août 1914, soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, après la bataille des frontières et le retraite de l’armée française, Roisel voit l’arrivée des premiers Allemands[2]. Un grand nombre d'habitants fuient devant l’ennemi mais reviendront chez eux quelques jours plus tard. Pendant 30 mois, la cité restera loin du front qui se stabilisera à une dizaines de kilomètres à l’ouest, vers Péronne et les habitants pendant cette période vont connaître la dure loi des occupants . Roisel était classée zone des armées, une kommandantur s’installera en novembre 1914. Des milliers d’Allemands passeront ou s’installeront à Roisel, logeant chez l’habitant ou dans les édifices publics. Métaux, cuivres, argenterie, matelas, armes, céréales, animaux, tout est réquisitionné par l’occupant. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien. En février 1917, le général Hindenburg décida de la création d'une ligne défense à l'arrière sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin ; lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages seraient détruits pour ne pas servir d'abri aux troupes franco-anglaises. À Roisel, cette destruction a commencé le 10 mars, toutes les maisons ont été pillées et incendiées, le village a été systématiquement détruit. L'église, la mairie, les écoles et toutes les habitations ont été dynamitées et les arbres sciés à 1 m de hauteur[3],[4]. Roisel, vidée de ses habitants, est resté occupée par les Allemands et a été reprise le 25 mars 1917 par les troupes britanniques[5].Vu la position stratégique de Roisel, la cité fut la théâtre d'importants combats en mars 1917 comme le relate Maurice Thiéry dans son livre La guerre en 1917[6]." Autour de ce bastion en ruines, la lutte fut acharnée. Les Anglais ont pris Roisel une première fois le 20 mars, trois jours plus tard les Allemands l'ont reprise et le 25 au matin nos Alliés y sont rentrés. L'ennemi a tenté des efforts désespérés pour déloger à nouveau l'occupant, la position pour lui étant importante car de Roisel partent trois embranchements de chemin de fer, l'un vers Péronne, un autre vers Saint-Quentin et le troisième vers Cambrai."[7] Après l'Armistice, de nombreux habitants ne revinrent pas s'installer à Roisel et, avec les dommages de guerre, commencèrent une nouvelle vie dans d'autres lieux. Pour ceux qui furent de retour commença une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 1736 habitants en 1911, Roisel n'en comptait plus que 1418 en 1921. Vu les souffrances endurées par la population pendant les trois années d'occupation et les dégâts aux constructions, la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 (France) le 27 octobre 1920[8]. Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des 64 soldats de Roisel morts pour la France et de 20 civils[9].

L'ancienne gare[modifier | modifier le code]

Carte de la ligne Roisel-Hargicourt.

Pendant un siècle environ, la gare de Roisel, a connu une importante activité.
À partir de 1873 jusque dans les années 1980, elle était située sur la ligne de Saint-Just-en-Chaussée à Douai. La mise à double voie de la section de Montdidier à Cambrai est entreprise vers 1908/1910 ; dans ce cadre, les principales gares, comme Roye, Péronne et Roisel, sont dotées de nouveaux bâtiments voyageurs plus spacieux.
DE 1879 à 1955, Roisel était au centre de la ligne de Chemin de fer de Vélu-Bertincourt à Saint-Quentin à voie normale, longue de 52 km.
De 1894 à 1932, la gare de Roisel fut le départ de la ligne de chemin de fer de Roisel à Hargicourt qui a été ouverte afin de permettre l'exploitation de mines de phosphates à Templeux-le-Guérard et Hargicourt.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1803 1812 Jean Patrice Hocquet    
1812 1830      
1830 1839 Pierre Michel Devrainne    
1839 1842 Nicolas Emmanuel Quentin Cailleaux    
1842 1848 Modeste Laurent Désiré Hocquet    
1848 1853 Jean Pierre Désiré Devrainne    
1853 1859 Isidore Théophile Lefort    
1860 1863 Maxime Baudré    
1863 1880 Pierre Joseph Charles Coutte   Agriculteur (décédé en cours de mandat)
1881 1892 Charles Édouard Devrainne    
1892 1902 Désiré Prosper Marotte    
1902 1919      
1919 1921 Achille Provins   Médecin (décédé en cours de mandat)
1921 1936 Gaston Boucourt Radical Agriculteur - conseiller général du canton de Roisel (1928-1945)
1936 1965      
1965 1977 Maurice Valette   décédé en 2013[10]
1977 1989 Lambert    
1989 2014 Michel Boulogne[11] PS Professeur - conseiller général du canton de Roisel
2014[12] 20... Philippe Vassant Divers droite Médecin généraliste

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[14].

En 2015, la commune comptait 1 700 habitants[Note 1], en diminution de 4,12 % par rapport à 2010 (Somme : +0,2 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2041 1221 2031 2251 5111 5861 5911 6751 660
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 7151 7681 8001 9051 9641 8671 7221 6681 758
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7441 7961 7961 4181 7451 8081 7111 5701 625
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 8431 9081 8461 9761 9601 9291 8351 8211 740
2015 - - - - - - - -
1 700--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

L'église vue depuis le côté de la mairie.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin.
Après la destruction de l'église lors de la Première Guerre mondiale, la commune adhéra à la coopérative de reconstruction des églises dévastées du diocèse d'Amiens afin d'en assurer la reconstruction.
Article détaillé : Église Saint-Martin de Roisel.
Extérieur : l'édifice en brique reprend le plan basilical traditionnel. Il se compose d'une nef de trois travées, d'un transept et d'un chœur. Un haut clocher domine l'édifice et le portail d'entrée.
Intérieur : l'ensemble du monument est revêtu d'un enduit blanc. Le mobilier en pierre de Comblanchien a été réalisé par l'Amiénois Marcel Sueur. Le chemin de croix, en béton coloré, est l’œuvre de l'atelier Darras-Delahaye d'Amiens. Les verrières du chœur et du transept ont été réalisées par Jacques Damon, de Paris.
Détail du monument aux morts.
  • Hôtel de ville
    Après sa destruction lors de la Première Guerre mondiale, l'hôtel de ville (anciennement situé devant l'église) fut reconstruit en 1926 un peu plus en amont au nord, générant alors un vaste espace public. Cette œuvre de Maurice Lucet est un édifice de brique, sur deux niveaux avec combles, surmonté d'un clocheton.
  • Monument aux morts
    Dressé derrière l'église, il représente une femme debout, en jupe longue (ou toge) inscrivant des noms. Ce type de motif se rencontre également dans la Somme dans le village de Soyécourt...
  • Salle des fêtes
    Elle se trouve juste derrière l'hôtel de ville, sur la place.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

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  • Jean Durieux est né le 22 avril 1827. En 1870, lors de la guerre franco-allemande de 1870, il exerçait la profession de médecin et maître en pharmacie à Paris. Il s'illustra pendant le siège de la capitale en portant secours gratuitement aux soldats et aux civils sous les bombardements. Il fut recevant blessé au pied et en resta handicapé. Pour son attitude, il fut fait chevalier de la Légion d'honneur le 15 octobre 1871. Il mourut le 20 juin 1874.
  • Auguste Charles Eloy Gaudefroy, né à Roisel le 24 mars 1906, déporté, décédé le 5 mars 1945 à Buchenwald (Allemagne).
  • Simon Charles Aubun Pierre Devraine né à Roisel le 18 février 1908, déporté, décédé le 7 février 1945 à Langestein (Allemagne).
  • Jean Robert Honoré Gelé, né à Roisel le 29 mai 1922, déporté, décédé en avril 1945 en Allemagne.
  • Ernest-Henri-Augustin Molhant, né en 1861, mort à Roisel le 15 mai 1902, médecin de Roisel durant 17 ans. ancien médecin de la compagnie des chemins de fer du Nord et du chemin de fer de Vélu-Bertincourt à Saint-Quentin, membre de la société des prévoyants de l'avenir, vice-président de l'harmonie de Roisel.
  • Claude Tollet, né en 1949 à Roisel, cycliste, vainqueur d'une étape du Tour de l'Avenir 1972 et d'une étape du Tour de France 1973.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason roisel.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
d'azur au buste de saint Fursy, abbé, auréolé, tenant dans sa dextre une crosse et cantonné, en chef, de deux fleurs de lys et, en pointe, de deux rencontres de bœuf, le tout d'or.

Ces armes du chapitre Saint Fursy de Péronne ont été relevées par la commune de Roisel en 1967.

  • Ornement extérieur : Croix de guerre 1914-1918 avec palme.
  • Citation à l'ordre de l'armée du 27 octobre 1920 : « A été complètement détruite par de fréquents bombardements et au cours de la bataille de 1918. A toujours montré dans les épreuves un calme et une dignité remarquables. A bien mérité du pays[17]. »

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Paul Decagny, Roisel et ses environs, Paris, Le Livre d'histoire-Lorisse, 1990, reprise partielle de l'édition de 1867.

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Notice géographique et historique sur la commune de Roisel, rédigée par M. Clément, instituteur, 189?, Archives départementales de la Somme
  2. http://www.carto1418.fr/19140828.php
  3. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k598885h/f1.item.r=roisel.zoom
  4. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8593481j.r=vermand?rk=21459;2
  5. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6466490g/f6.image.r=roisel?
  6. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5455364v/f2.image.r=roisel
  7. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5455364v/f128.image.r=roisel
  8. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  9. https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&id=3584029&rubrique=monuments
  10. source : courrier picard 19 février 2013
  11. Réélu pour le mandart 2008-2014 : « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 14 mars 2009)
  12. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  17. Jean Estienne et Mireille Louis, Armorial du Département et des Communes de la Somme, Abbeville, 1972, F. Paillart