Vermandovillers

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Vermandovillers
Le carré militaire du 1er bataillon de chasseurs au cimetière communal.
Le carré militaire du 1er bataillon de chasseurs au cimetière communal.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Ham
Intercommunalité Communauté de communes de Haute Picardie
Maire
Mandat
Micheline Andrejak
2014-2020
Code postal 80320
Code commune 80789
Démographie
Population
municipale
145 hab. (2013)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 51′ 03″ N 2° 46′ 58″ E / 49.8508, 2.782849° 51′ 03″ Nord 2° 46′ 58″ Est / 49.8508, 2.7828
Altitude Min. 78 m – Max. 97 m
Superficie 5,83 km2
Localisation

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Vermandovillers est une commune française, située dans le département de la Somme en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Vermandovillers est un village rural picard du Santerre situé à 15 km au sud-est de Péronne, 38 km d'Amiens et 4 km de Chaulnes, aisément accessible par les autoroutes A1 et A29, ainsi que par l'ancienne route nationale 29 (actuelle RD 1029).

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le sol et le sous-sol de la commune sont de formation tertiaire à dominante argileuse. Une couche de marne se situe à plusieurs mètres de profondeur[1].

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Le relief de la commune est presque uniformément plat exceptées deux légères ondulations. Le point culminant de la commune s'élève à 92 m d'altitude[1].

Un espace boisé dénommé bois à Femmes est situé au nord-ouest de la commune.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Aucun cours d'eau ne traverse la commune. Autrefois, le Vivier de Lihons, ruisseau intermittent, traversait le bois à Femmes et se dirigeait vers Soyécourt[1].

La nappe phréatique se situe à 15 m de profondeur[1].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la commune est tempéré océanique avec vent dominant de sud-ouest.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Urbanisme et aménagement du territoire[modifier | modifier le code]

Le village de Vermandovillers a été totalement détruit pendant la Grande Guerre. Il a été reconstruit dans l'Entre-deux-guerres.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Vermandovillers
Herleville Soyécourt et Foucaucourt
Vermandovillers Ablaincourt-Pressoir
Lihons Chaulnes

Toponymie[modifier | modifier le code]

On trouve plusieurs formes pour désigner Vermandovillers dans les textes anciens : Vermandois Viler (1108), Viromandum Vilare (1296), Vermandovillers-la-Tombe au XVIIIe siècle[2]. Il signifie village des Viromanduens, le peuple gaulois qui a laissé son nom au Vermandois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

On a retrouvé à l'est de la commune au lieu-dit Sole des Tombeaux, des tombes et des restes de constructions[1]. Des traces d'une villa gallo-romaine ont été retrouvées dans la commune[3].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Au XIVe siècle, le seigneur de Vermandovillers était Colard de Paira[1].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

  • Avant 1700, la seigneurie passa à la famille de Witasse.
  • Vers 1750, la paroisse de Vermandovillers avait un clerc laïc ou maître d'école, un certain Parvillers qui signait comme témoin sur les actes d'état-civil.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

  • En 1793, le seigneur de Vermandovillers résidait dans la commune.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Pendant l'occupation prussienne de 1870-1871, la population de Vermandovillers dut verser un tribut et subir des réquisitions[1].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le village est repris en juillet 1915.

Vermandovillers fut durement touchée par la Première Guerre mondiale:

  • Une première attaque se produisit le 24 septembre 1914, elle fut en partie stoppée par le 75e R.I. au Bois Etoilé à l'entrée d'Herleville. Le front fut stabilisé durant deux ans jusqu'au 4 septembre 1916.
  • L'attaque du 4 septembre 1916 de Vermandovillers au départ du Bois Étoilé, fut confiée à la 132e division (35e C.A - 10e Armée) vers un point d'appui, abondamment pourvu d'abris bétonnés pour mitrailleuses, organisé par les Allemands, depuis près de deux ans[4]. Le 6 septembre 1916, de nombreuses divisions (13e - 43e - 51e) le 120e R.I. participèrent à la bataille dite de Vermandovillers. Elle prit fin le 9 septembre 1916 faute de combattants.
  • Le 158e R.I., le 366e R.I. et le 1er bataillon de chasseurs ont eu une conduite exemplaire et subirent de lourdes pertes.
  • Le 86e R.I.,s'embarque en chemin de fer le 24 août. Le 7 septembre, le régiment est alerté, enlevé dans l'après-midi, en camions automobiles. Après un voyage rapide, il est débarqué à proximité de la zone de la bataille à la sortie sud d'Harbonnières, vers 22 heures. C'est la nuit dans une région inconnue. Et cependant, il faut marcher de suite. Deux bataillons vont alors passer la nuit à Vauvillers et à Frameville. Un bataillon se rend directement en réserve à proximité des premières lignes, au bois Etoilé, à 1 km de Vermandovillers où viennent de se dérouler des combats acharnés depuis le 5 septembre. Le régiment doit relever le 8 au soir des éléments épuisés qui viennent de soutenir une lutte sanglante de plusieurs jours.
  • C'est ainsi que le 86e entre en ligne au nord-ouest de Vermandovillers avec 2 bataillons en 1ère ligne et 1 en réserve. Le terrain récemment conquis, est complètement bouleversé. Le bois Étoilé ne présente plus qu'une série de troncs sectionnés. Les boyaux et les tranchées sont à moitié remplis d'une boue liquide, la terrible boue de la Somme. Et, presque sans interruption, un violent duel d'artillerie remplit l'air de sons monstrueux, de trajectoires mortelles. Le village ne présente plus que quelques amas de décombres disséminés sur le terrain incessamment défoncé par les obus. Vermandovillers a été attaqué le 5 septembre ; mais énergiquement défendu, il est resté presque entièrement aux mains de l'ennemi. L'attaque de ce village peut être reprise par les vaillantes troupes de la 49e brigade. À partir du 9 septembre, le 86e se met au travail avec ardeur pour préparer les parallèles d'où il s'élancera au jour et à l'heure fixés. Le travail s'effectue dans des conditions très difficiles, sous des feux d'artillerie et d'infanterie violents. Les pertes augmentent de jour en jour ; le travail continue. Durant les trois jours qui précèdent l'attaque, notre artillerie donne avec toute sa puissance. Les derniers vestiges de Vermandovillers disparaissent dans une poussière blanchâtre, projetés bien haut par nos énormes obus de 240, 340 et 370. Ceux qui ont assisté à cette préparation d'artillerie se souviennent du travail fait sur la tranchée du Chien fortement organisée par l'ennemi. Nos avions tiennent l'air sans arrêt. Les appareils ennemis restent loin à l'intérieur de leur secteur et dès qu'ils semblent s'approcher, ils sont immédiatement pris à partie par les nôtres qui leur interdisent nos lignes. [1]
  • Du 4 au 9 septembre 1916, le 86e brigade perdit 1 071 hommes, la 264e brigade, 1 513 et la 108e, 1 580.
  • Les Allemands ne réagissent qu'assez faiblement par leur artillerie durant les journées des 15 et 16 septembre. Enfin le jour et l'heure de l'attaque, tenus secrets jusqu'alors, le jour et l'heure H, sont fixés.
  • C'est le 17 septembre que le 86e va s'élancer à l'assaut de Vermandovillers. L'attaque principale du régiment sera menée par le 1er bataillon, sous les ordres du commandant Peyre, encadrés, à droite et à gauche par des fractions du 2e bataillon. Le 3e bataillon doit assurer à la grenade, le nettoyage d'importants abris établis dans l'ancien groupe de maisons de la partie nord du village. Mais dès le 17 au matin, l'artillerie ennemie augmente considérablement son activité. De nombreuses mitrailleuses allemandes que notre artillerie n'a pu atteindre, restent intactes et actives, particulièrement dans la région du bois du Cerisier et nous causent des pertes déjà sérieuses. L'ennemi connaît nos projets : il nous attend.
  • Ces chiffres expliquent le fait que reposent 1 261 Français et 22 665 Allemands dans les cimetières situés dans un rayon de 5 km autour de Vermandovillers. Les Britanniques ne sont pas comptabilisés car, bien que tués sur ce sol, ils reposent en majeure partie à Villers-Bretonneux (Somme) dans le cimetière militaire contenant des tombes australiennes et britanniques, à environ 20 km.

Les divers combats détruisirent le village.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Vermandovillers fut également touché par la Seconde Guerre mondiale pendant la campagne de France de mai-juin 1940 :

  • Le , le village reçut l'ordre d'évacuation. Le général Frère commandant la 7e armée, essaya de regrouper ses troupes autour de Vermandovillers.
  • Le , le poste de commandement (P.C.) du 41e régiment d'infanterie était installé à Vermandovillers.
  • Le , l'ordre de « tenir coûte que coûte » entraîna des travaux de fortification du village : tranchées profondes, barricades, créneaux, le village devint un « hérisson ».
  •  : attaque allemande.
  • Le , l'ordre de repli général derrière l'Avre à 30 km du village fut donné. Le lieutenant-colonel Loichot ne put qu'en ordonner l'exécution. L'armée française quitte Vermandovillers entre h 30 min et h du matin.
  • Le , Vermandovillers fut libérée par l'armée américaine[5].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
    Joseph Baroux[6]   En fonction en 1933
    Roger Caussin[7]   En fonction en 1936 et 1945
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Raphaël Poupard[8]    
2014[9] en cours
(au 6 mai 2014)
Micheline Andrejak    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 145 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
314 311 420 342 309 297 287 287 281
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
273 252 225 231 222 231 220 226 221
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
230 206 191 94 159 187 179 160 171
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2008 2012
154 155 138 116 116 119 111 119 143
2013 - - - - - - - -
145 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

Reconstruite dans l'entre-deux-guerres.

Cimetière militaire allemand[modifier | modifier le code]

La nécropole allemande de Vermandovillers est la plus vaste du département. Édifiée par la France en 1920, elle contient 22 632 corps (9 455 tombes individuelles dont 379 non-identifiées et 13 200 corps dans quinze ossuaires).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Paul Decagny, Histoire de l'arrondissement de Péronne et de plusieurs localités circonvoisines, 1865 - réédition partielle, Chaulnes et ses environs, Paris, Rassorts Lorisse, 1992 (ISBN 2 - 87 760 - 916 - 2)
  • Francine François-Dejuine, 1914-1924, 26 communes dans la tourmente, La Vague verte, 2007 (ISBN 978 - 2 - 913 924 - 99 - 4)
  • Francine François-Dejuine, 1935-1955, Mémoires de 28 communes du Santerre, La Vague verte, 2011 (ISBN 978 - 2 - 35 637 -035 - 8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Notice géographique et historique sur la commune de Vermandovillers, rédigée par E. Dumeige, instituteur, 1899, Archives départementales de la Somme.
  2. Abbé Paul Decagny, Histoire de l'arrondissement de Péronne et de plusieurs localités circonvoisines, 1865 - réédition partielle, Chaulnes et ses environs, Paris, Rassorts Lorisse, 1992 (ISBN 2 - 87 760 - 916 - 2)
  3. « Quid » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  4. Rapport N°: 6288/3 du 26 septembre 1916 de l'E.M de la 132° Division
  5. Francine François-Dejuine, 1935-1955, Mémoires de 28 communes du Santerre, La Vague verte, 2011 (ISBN 978 - 2 - 35 637 -035 - 8)
  6. Annuaire administratif du département de la Somme, 1933
  7. Annuaire administratif du département de la Somme, 1936-1945
  8. Réélu pour le mandat 2008-2014 : [xls] « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ (consulté le 16 mai 2009)
  9. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ (consulté le 9 juin 2014)
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2007, 2008, 2012, 2013.