Brancourt-le-Grand

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Brancourt-le-Grand
Brancourt-le-Grand
La mairie.
Blason de Brancourt-le-Grand
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Saint-Quentin
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Vermandois
Maire
Mandat
Bertrand Callay
2020-2026
Code postal 02110
Code commune 02112
Démographie
Gentilé Brancourtois(es)
Population
municipale
558 hab. (2018 en diminution de 8,37 % par rapport à 2013)
Densité 42 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 58′ 37″ nord, 3° 22′ 56″ est
Altitude 126 m
Min. 120 m
Max. 159 m
Superficie 13,14 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Saint-Quentin
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Bohain-en-Vermandois
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Brancourt-le-Grand

Brancourt-le-Grand est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Entrée de Brancourt-le-Grand.

Brancourt-le-Grand est un village picard rural du Vermandois, situé à 16 km au nord-est de Saint-Quentin, 28 km au sud-ouest de Cambrai et 48 km à l'ouest d'Hirson.

Il est desservi la route départemantale RD8 qui relie Saint-Quentin au Cateau-Cambrésis.

La gare la plus proche est celle de Bohain, desservie par des trains TER Hauts-de-France qui effectuent des missions entre les gares : de Saint-Quentin, et de Maubeuge ou de Douai.

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Brancourt-le-Grand
Beaurevoir Prémont
Montbrehain Brancourt-le-Grand Bohain-en-Vermandois
Fresnoy-le-Grand

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Brancourt-le-Grand se trouve sur le tracé du canal des Torents, rigole creusée au XVIIIe siècle pour drainer les eaux excédentaires et les amener à l'emplacement de la source du fleuve l'Escaut[1].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Brancourt-le-Grand est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Quentin, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 120 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (95,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (96,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (91,6 %), zones urbanisées (4,2 %), zones agricoles hétérogènes (2,3 %), prairies (1,9 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le village apparaît pour la première fois en 1127 sous le nom de In ville que Berincurtis dicitur.

Le nom changera de nombreuses fois en fonction des transcripteurs: Brancort, Berancourt, Berencurt, In parroochia vel potestate de Briencort, Berincourt, Braincourt, Brancourt-la-Ville en titre de l'Abbaye du Mont-Saint-Martin qui avait acquis la seigneurie. Au XVIIIe siècle, le village s'appellera Brancourt auquel s'adjoindra ensuite "le-Grand" pour le différencier de Brancourt-en-Laonnois[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Cassini du secteur
(vers 1750).
Carte de Cassini

Sur la Carte de Cassini ci-contre, datant du XVIIIe siècle, Brancourt est une paroisse qui possède un prieuré de femmes.

Quatre fermes isolées appartiennent à la paroisse: à l'est, Frécourt, Jonnecourt et Brancocourt (qui s'est appelée Brancourt-le-Court) ; ces trois fermes existent encore aujourd'hui. Par contre, la ferme de Gilcourt au nord en direction de Prémont, a été détruite en 1834.

Un moulin à vent en bois était situé au sud-ouest.

Le Canal des Torrents, qui était important à cette époque, était franchi grâce à un pont par le chemin menant à Bohain.

Le chemin empierré appelé Chemin de Saint-Quentin n'existe plus aujourd'hui au sur de Brancourt.

Première Guerre mondiale

Après la bataille des Frontières du 7 au , devant les pertes subies, l'état-major français décide de battre en retraite depuis la Belgique. Dès le 28 août, les Allemands s'emparent du village et poursuivent leur route vers l'ouest[10]. Dès lors commença l'occupation allemande qui dure jusqu'en octobre 1918. Pendant toute cette période, Brancourt reste loin des combats, le front se situant à une quarantaine de kilomètres à l'ouest vers Péronne, puis, le long de la ligne Hindenburg à partir de mars 1917. Le village sert de base arrière pour l'armée allemande.

Dans son livre Orages d'acier, l'écrivain allemand Ernst Jünger raconte ses jours de repos passés dans le village : « On nous débarqua à Bohain et nous prîmes nos cantonnements à Brancourt. Cette région, que nous touchâmes souvent encore par la suite, a une population agricole, mais un métier est dressé dans presque chaque maison. J'avais mon logement chez un couple qui possédait une fort jolie fille. Nous nous partagions les deux pièces que comprenait la maisonnette, et le soir, je devais traverser la chambre de la famille... »

Des arrêtés de la Kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien.

En septembre 1918, l'offensive des Alliés sur la ligne Hindenburg porte ses fruits, les Allemands cèdent du terrain peu à peu. Après la sanglante bataille de Montbrehain remportée par l'armée australienne, ce sont les Britanniques et les Américains qui continuent la lutte contre les Allemands.

Brancourt est libérée par la 30e division américaine le après de durs combats. Les soldats alliés tombés lors de ces affrontements reposent au cimetière militaire britannique et au cimetière militaire américain à Bony. L'église, la mairie et quelques habitations ont subi quelques dégâts.

Peu à peu, les habitants évacués reviennent, mais la population de 1 040 en 1911 n'est plus que de 819 en 1921.

Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions[11],la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 le [12].

Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des 39 Brancourtois morts pour la France au cours de cette guerre[13].

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L’ancienne voie ferrée

De 1900 à 1951, Brancourt-le-Grand a possédé une gare située un peu à l'écart du village, route de Fresnoy-le-Grand[Note 3]). Elle faisait de la ligne de chemin de fer de Guise au Catelet, ligne à voie métrique réalisée sous le régime des « voies ferrées d'intérêt local » reliant Le Catelet-Gouy à Bohain puis Guise et servait pour le transport du courrier, des marchandises, des betteraves et surtout des habitants et des ouvriers qui se rendaient soit à Bohain , pour travailler dans les usines textiles. A Bohain, les voyageurs pouvaient utiliser la ligne à grande vitesse Paris Erquelinnes. Elle se trouve à environ 4 km de Bohain.

Après 1945, le trafic décline, du fait de l’essor du transport des marchandises par camion et des voyageurs par autobus. Le département de l’Aisne, propriétaire de la ligne, décide de son déclassement le .

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Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

La commune de Brancourt-le-Grand est membre de la communauté de communes du Pays du Vermandois, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Bellicourt. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[14].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Saint-Quentin, au département de l'Aisne et à la région Hauts-de-France[15]. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Bohain-en-Vermandois pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[15], et de la troisième circonscription de l'Aisne pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010[16].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1877 après 1879 M. Dejardin[17]    
1989 2001 René Sarrazin    
mars 2001 mars 2008 Raymond Simon    
mars 2008[18] mai 2020 Fabrice Herbin DVG Ouvrier
Réélu pour le mandat 2014-2020[19]
mai 2020[20]   Bertrand Callay    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[22].

En 2018, la commune comptait 558 habitants[Note 4], en diminution de 8,37 % par rapport à 2013 (Aisne : −1,25 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 3471 2631 2841 2121 5881 6151 6441 6831 666
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 7001 7461 7031 6061 6061 5081 5051 4111 240
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 1771 1551 040819781778720644723
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
739706618577569636626620573
2018 - - - - - - - -
558--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles-François Bonneville, né le à Brancourt-le-Grand, négociant, émigre sur l'île de Marie-Galante en 1832. Il y devient un notable : maire de Grand Bourg, conseiller général, président de la Chambre d'agriculture. Il est l'artisan du renouveau de la culture du coton longue soie sur l'île[25].
  • Eudoxe Irénée Mignot, né dans la commune en 1842, archevêque d'Albi de 1899 à 1918.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Brancourt-le-Grand Blason
D'azur à deux crosses d'abbé d'or passées en sautoir, accompagnées en flancs et en pointe de trois épis de blé du même en pal, et en chef d'une colombe d'argent en vol[26].
Ornements extérieurs
Croix de guerre 1914-1918
Détails
Création de Jean-François Binon adoptée par la municipalité.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles liés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • « Brancourt-le-Grand », Ma commune, Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales (consulté en 263/2020).
  • Carte spéciale des régions dévastées : 13 SE, Cambrai [Sud-Est], Service géographique de l'armée, (lire en ligne) sur Gallica.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en décembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. De nos jours, la gare de Brancourt est devenue une habitation au milieu de la verdure
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Canal des Torrents », Patrimoine, Mairie de Gouy (consulté le 26 mars 2020).
  2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 23 mars 2021)
  3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 23 mars 2021)
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 23 mars 2021)
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur insee.fr, (consulté le 23 mars 2021)
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 23 mars 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 20 mai 2021)
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 20 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Auguste Matton, Dictionnaire topographique du département de l'Aisne : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Dictionnaire topographique de la France », , 364 p. (lire en ligne), p. 38.
  10. « 28 août 1914 : Combat de Signy-l'Abbaye / Les Allemands atteignent la Somme », Cartographie 1914-1918 (consulté le 26 mars 2020).
  11. Carte spéciale des régions dévastées, document mentionné en liens externes, 1920.
  12. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  13. « Rechercher dans le fonds iconographique - Geneanet », sur geneanet.org (consulté le 10 mai 2021).
  14. « communauté de communes du Pays du Vermandois - fiche descriptive au 1er avril 2020 », sur https://www.banatic.interieur.gouv.fr/ (consulté le 20 avril 2020)
  15. a et b « Code officiel géographique- Rattachements de la commune de Brancourt-le-Grand », sur le site de l'Insee (consulté le 20 avril 2020).
  16. « Découpage électoral de l'Aisne (avant et après la réforme de 2010) », sur http://www.politiquemania.com/ (consulté le 20 avril 2020).
  17. Almanach...Matot-Braine, Reims, 1879, p270.
  18. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  19. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 26 juillet 2014)
  20. « Une toute nouvelle équipe menée par Bertrand Callay à la mairie de Brancourt-le-Grand », L'Aisne nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mai 2020) « L'ère Fabrice Herbin est terminée. Betrand Callay s'impose avec ses quatre adjoints à la tête de Brancourt-le-Grand ».
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  25. Philippe et Jacqueline Nucho-Troplent, Vie quotidienne à Marie Galante, Éditions L'Harmattan
  26. « 02112 Brancourt-le-Grand (Aisne) », sur armorialdefrance.fr (consulté le 28 décembre 2018).