Germaine (Aisne)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Germaine.

Germaine
Germaine (Aisne)
Mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Saint-Quentin
Canton Saint-Quentin-1
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Vermandois
Maire
Mandat
Jean-Claude Desmasures
2014-2020
Code postal 02590
Code commune 02343
Démographie
Gentilé Germainois-Germainoises
Population
municipale
81 hab. (2017 en augmentation de 17,39 % par rapport à 2012)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 48′ 43″ nord, 3° 06′ 57″ est
Altitude Min. 68 m
Max. 94 m
Superficie 4,54 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
Voir sur la carte administrative des Hauts-de-France
City locator 14.svg
Germaine
Géolocalisation sur la carte : Aisne
Voir sur la carte topographique de l'Aisne
City locator 14.svg
Germaine
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Germaine
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Germaine

Germaine est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Beauvois-en-Vermandois Vaux-en-Vermandois Rose des vents
Foreste N Fluquières
O    Germaine    E
S
Douchy
Entrée de Germaine.


Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Cassini du secteur
(vers 1750).
L'église vers 1900.
Ruines de l'église en 1920.

Toponymie

Germaine apparaît en 1135 sous le nom de Alodium de Germania dans une charte de l'Abbaye de Prémontré puis Germania, Germaines, Geremonia, Germainnes, Villa de Germanus, Germainez, Germaine-en-Vermandois en 1743 et enfin l'appellation actuelle sur la Carte de Cassini vers 1750 [1].

La seigneurie appartenait à l'abbaye de Prémontré.

Un moulin à vent en bois était situé au sud-est à mi-chemin vers Douchy et il y avait un calvaire en direction d'Oroir (Foreste aujourd'hui.

Le village a donné son nom à la Germaine, rivière qui prenait autrefois sa source près d'Étreillers mais qui n'est plus de nos jours qu'un simple fossé le plus souvent à sec.


La guerre de 1914-1918[modifier | modifier le code]

Le , moins d'un mois après la déclaration de guerre, Germaine voit l’arrivée des premiers Allemands[2] après la retraite de l'armée française.
Pendant 30 mois, le village se trouve en arrière du front, qui est stabilisé à une vingtaine de kilomètres à l'ouest, vers Péronne. Pendant cette période, les habitants connaissent la dure loi des occupants. Des arrêtés de la kommandantur obligent, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, la population à fournir sous peine de sanctions : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien. Voici des extraits d'un arrêté de la kommandantur d'Holnon valable pour 25 communes de la région : « Holnon le . Tous les ouvriers et les femmes et les enfants de quinze ans sont obligés de faire travaux des champs tous les jours aussi dimanche de quatre heures du matin jusque huit heures du soir… Après la récolte les fainéants seront emprisonnés six mois. Les femmes fainéantes seront exilées à Holnon pour travailler. Après la récolte, les femmes seront emprisonnées six mois… Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton. De plus le commandant réserve de punir les ouvriers fainéants de vingt coups de bâton tous les jours… Les ouvriers de la commune Vendelles sont punis sévèrement »[3]. En 1916, les hommes valides avec leur maire ont été déportés à Briastres dans le Nord. En 1917, toute la population a été déportée à Maubeuge, Nord.
En , le général Hindenburg décide de créer une ligne défense à l'arrière du front ; lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages devaient être détruits pour ne pas servir d'abris aux troupes franco-anglaises. Le , les habitants furent conduits à la gare de Vermand, installés dans des wagons à bestiaux, emmenés à Saint-Quentin et dispersés dans des lieux occupés, jusqu'en Belgique. En , avant le retrait des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin, toutes les maisons sont pillées et incendiées, le village est détruit. L'église, la mairie, l'école et toutes les habitations sont dynamités et les arbres sciés à 1 m de hauteur [4].

Le village est pris le par les troupes britanniques[5], mais par la suite, il change plusieurs fois de camp : ce n'est que le que Germaine est définitivement libéré par les Britanniques [6].

Après l'armistice, nombre d'habitants ne reviennent pas s'installer dans la commune, mais, grâce aux indemnités pour dommages de guerre, commencent une nouvelle vie en d'autres lieux. Pour les autres débute une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 161 habitants en 1901, Germaine n'en comptait plus que 82 en 1921, soit la moitié.

Le , vu les souffrances endurées par la population pendant les trois années d'occupation et les dégâts aux constructions, la commune se voit décerner la Croix de guerre 1914-1918[7].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants de la commune étant inférieur à 100, le nombre de membres du conseil municipal est de 7[8].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.

DEGUISE Joseph 1908 à 1950

  1875 Coutte[9]    
1876   Wallon[10]    
mars 2001 mars 2008 Jean-Louis Brayer    
mars 2008[11] 2014 Benoît Delange    
2014[12] En cours
(au 12 mai 2014)
Jean-Claude Desmasures SE Agent technique

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[14].

En 2017, la commune comptait 81 habitants[Note 1], en augmentation de 17,39 % par rapport à 2012 (Aisne : -1,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
157135162178190202200208189
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
184190189168195167155180174
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
16115814382110117129115111
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1171051061037567666777
2017 - - - - - - - -
81--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin.
Église Saint-Martin.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Joseph DEGUISE, maire fait chevalier de la Légion d'honneur en 1950.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Source Léonore pour DEGUISE

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39289w/f169.image.r=Saint-Martin-des-Pr%C3%A9s
  2. « Cartographie 1914-1918 - Carte des positions au 28 aout 1914 », sur www.carto1418.fr (consulté le 15 novembre 2019)
  3. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6309278c/f10.image.r=holnon?rk=708158;0
  4. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85934856/f1.item.r=carte%20des%20r%C3%A9gions%20d%C3%A9vast%C3%A9es.zoom
  5. « La Guerre mondiale : bulletin quotidien illustré », sur Gallica, (consulté le 15 novembre 2019)
  6. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64664996/f2.image
  7. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  8. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  9. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1876, p182.
  10. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1877, p214.
  11. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  12. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 26 juillet 2014)
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :