Jeancourt

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Jeancourt
Jeancourt
Accès au village en arrivant de Vendelles.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Saint-Quentin
Canton Saint-Quentin-1
Intercommunalité Pays du Vermandois
Maire
Mandat
Clotilde Druelle
2014-2020
Code postal 02490
Code commune 02390
Démographie
Gentilé Jeancourtois - Jeancourtoises
Population
municipale
273 hab. (2016 en augmentation de 9,2 % par rapport à 2011)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 55′ 42″ nord, 3° 08′ 51″ est
Altitude Min. 78 m
Max. 141 m
Superficie 5,82 km2
Localisation

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Jeancourt

Jeancourt est une commune française située dans le département de l'Aisne (02), en région Hauts-de-France.

Ses habitants sont appelés les Jeancourtois et les Jeancourtoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Jeancourt se situe dans le fond d'une vallée. Le sous-sol est relativement calcaire. Le village se situe environ à mi-chemin entre Saint-Quentin et Péronne. Le village est traversé par la départementale 31.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Jeancourt
Hesbécourt
(Somme)
Villeret
Hervilly
(Somme)
Jeancourt Le Verguier
Vendelles

Transports en commun routiers[modifier | modifier le code]

La localité est desservie par les autocars du réseau inter-urbain Trans'80, chaque jour de la semaine, sauf le dimanche et les jours fériés (ligne no 49, Péronne - Roisel - Saint-Quentin)[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Jeancourt s'est appelée successivement Jehancourt 1196, Johannis curtis et terra de Johancourt au XIIe siècle ; Jehancourt en 1225 ; Joanis curtis en 1299 ; Jehancourt en 1303 ; Jantcourt en 1559 ; Jehancourt en 1658 ; Jancourt en 1782.

Religion : le protestantisme[modifier | modifier le code]

En 1691, alors que la France connaît les rigueurs de la révocation de l’édit de Nantes (1685), le village, ainsi que six autres localités environnantes (Hargicourt, Templeux-le-Guérard, Nauroy, Lempire, Templeux-le-Guérard et Montbrehain), voit une partie de ses habitants se convertir au protestantisme à la suite des visites du prédicant itinérant Gardien Givry. Les prédications clandestines ont lieu au lieu-dit la Boîte à Cailloux, vallon isolé situé sur le terroir d'Hesbécourt[2]. Une communauté protestante restera dès lors implantée dans le village. Le temple est aujourd'hui désaffecté.

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La guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Le 28 août 1914[3], soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, eut lieu en haut de la rue du Verguier une escarmouche entre une patrouille de reconnaissance de dragons français et des avant-gardes allemandes. Le lieutenant de Martimpré et le brigadier Courthial de Lassuchette furent tués. L'école des filles fut incendiée. Dès lors commença l'occupation allemande qui dura jusqu'en mars 1917. Jeancourt était classée « zone des armées » ; une kommandantur fut installée à demeure dans le village. Le front se situant à une dizaine de kilomètres à l'ouest vers Péronne, son activité consistait principalement à assurer le logement des combattants (dans chaque maison, les habitants n'avaient droit qu'à une pièce pour vivre, le reste de la maison étant réservé aux troupes d'occupation et aux soldats en repos), le fonctionnement d'un lazaret (hôpital militaire) et l'approvisionnement en nourriture. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien. Voici des extraits d'un arrêté de la kommandantur d'Holnon valable pour 25 communes de la région: " Holnon le 22 juillet 1915. Tous les ouvriers et les femmes et les enfants de 15 ans sont obligés de faire travaux des champs tous les jours aussi dimanche de quatre heure du matin jusque huit heure du soir... Après la récolte les fainéants seront emprisonnés 6 mois... Les femmes fainéantes seront exilées à Holnon pour travailler. Après la récolte, les femmes seront emprisonnées 6 mois... Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton. De plus le commandant réserve de punir les ouvriers fainéants de 20 coups de bâton tous les jours...Les ouvriers de la commune Vendelles sont punis sévèrement".(voir le document entier sur Gallica en cliquant sur le lien ci-après[4]).
En février 1917, le général Hindenburg décida de la création d'une ligne défense à l'arrière du front ; lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages seraient détruits pour ne pas servir d'abri aux troupes franco-anglaises. Dès le 15 février, les habitants de Jeancourt furent emmenés à la gare d'Hervilly-Montigny, installés dans des wagons à bestiaux, emmenés à Saint-Quentin et dispersés dans des lieux occupés, jusqu'en Belgique. En mars 1917[5], avant du retrait des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin, les maisons ont été pillées et incendiées, le village a été systématiquement détruit . L'église, le temple protestant, la mairie et toutes les maisons ont été dynamités et les arbres sciés à 1 m de hauteur ; seules deux chapelles du cimetière sont restées intactes.
Le village, vidé de ses habitants, est resté occupé par les Allemands et a été repris le 31 mars 1917 après de durs combats par les troupes britanniques[6]; Jeancourt restera sur la ligne de combats jusqu'au 18 septembre 1918, début de la bataille de la ligne Hindenburg (voir la carte ci-dessous).
Après l'Armistice, de nombreux habitants ne revinrent pas s'installer à Jeancourt et, avec les dommages de guerre, commencèrent une nouvelle vie dans d'autres lieux. Pour ceux qui furent de retour commença une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 600 habitants avant la guerre, Jeancourt n'en comptait plus que 300 en 1921.
Le monument aux morts fut inauguré en 1923 : il porte les noms des 16 soldats de la commune morts pour la France[7].
Dans le cimetière militaire situé rue des Tisserands, ont été inhumés en 1917 et 1918, 660 soldats parmi lesquels 168 allemands et 492 britanniques, australiens ou canadiens tués lors des batailles de Jeancourt ou décédés à l'hôpital militaire du village[8].
Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions, la commune s'est vu décerner la croix de guerre 1914-1918 le 17 octobre 1920[9].

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Au début des années 1970, Jeancourt comptait encore quelques commerces qui ont tous disparu.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1792 1802 Duclos    
1802 1820 Corniquet    
1820 1831 Marotte    
1831 1840 Caron    
Les données manquantes sont à compléter.
1845 1845 Vairon    
1845 1848 Malfuson    
1848 1849 Carlier    
1849 1870 Dessailly    
1870 1872 T. Malfuson    
1872 1873 Gosset    
1873 1876 A. Troquème    
1876 1880 A. Dutroquet    
1881 1884 Troquème    
1884 1888 O. Ferlampin    
1888 1892 A. Malfuson    
1892 1905 O. Ferlampin    
1905 1907 L. Patté    
1907 1908 E. Malezieux    
1908 1912 Charles Demoulin    
1912 1925 O. Ferlampin    
1925 1927 L. Cassel    
1927 1928 Edmond Thery    
1928 1933 L. Cassel    
1933 1947 Gabriel Lavoine    
Les données manquantes sont à compléter.
    Norbert Soyeux    
Les données manquantes sont à compléter.
  1971 Gabriel Lavoine    
1971 1977 Pierre Chombart    
1977 1983 Marcel Dolean    
1983 1992 André Bridelance    
1992 2008 Michel Plaquet    
mars 2008[10] En cours
(au 12 mai 2014)
Clotilde Druelle DVG Retraitée
Réélu pour le mandat 2014-2020[11]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[13].

En 2016, la commune comptait 273 habitants[Note 1], en augmentation de 9,2 % par rapport à 2011 (Aisne : -0,95 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
616603572622708673665715693
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
692739757757750666631600583
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
576561563300332294257258248
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
263230232201253263240237233
2013 2016 - - - - - - -
275273-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin, avec un beau frontispice Art Déco représentant saint Martin, et la mention « Liberté, Égalité, Fraternité ».
  • Monument aux morts.
  • Dans le cimetière militaire de Jeancourt, situé près du cimetière communal, sont inhumés 659 soldats tombés lors des combats de la première guerre mondiale dans le secteur. ().
  • Mémorial protestant de la Boîte à Cailloux, en plein champ, vers Hargicourt.
  • Temple protestant, construit en 1929.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Hugues Le Bars (1950-2014), compositeur et chanteur, a habité Jeancourt de nombreuses années ; il y possédait un petit studio d'enregistrement.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]