Holnon

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Holnon
Holnon
Mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Saint-Quentin
Canton Saint-Quentin-1
Intercommunalité Pays du Vermandois
Maire
Mandat
Jean-Marc Lemaire
2014-2020
Code postal 02760
Code commune 02382
Démographie
Gentilé Les Holnonais
Les Holnonaises
Population
municipale
1 413 hab. (2015 en diminution de 1,4 % par rapport à 2010)
Densité 222 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 51′ 34″ nord, 3° 12′ 48″ est
Altitude 109 m
Min. 85 m
Max. 141 m
Superficie 6,37 km2
Localisation

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Holnon est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Holnon
Vermand Maissemy Gricourt
Attilly Holnon Francilly-Selency
Savy
Vue panoramique du village.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution française, la société locale est divisée entre gros fermiers, propriétaires de fermes dépassant la centaine d’hectares, et ouvriers agricoles très dépendants. Ces deux classes s’affrontent lors de la décennie révolutionnaire. Un des épisodes de cet affrontement est celui de la levée en masse décrétée par la loi du 24 février 1793. Le règlement de la levée prévoyait, en cas d’insuffisance des volontaires, le recours au tirage au sort ou à l’élection pour désigner les recrues manquantes. La municipalité, élue par les ouvriers agricoles, choisit l’élection, et l’élection désigna les fils des gros propriétaires pour partir à l’armée, sorte de revanche pour les petits ouvriers[1].

La guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Comme d'autres villages de la région, Holnon est sorti meurtrie de la Grande Guerre car le village a été entièrement rasé en 1917 par les Allemands.
Le 28 août 1914, soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, l'armée française bat en retraite vers l'ouest et les Allemands, après avoir pris Saint-Quentin, arrivent à Holnon[2]. Dès lors commença l'occupation allemande qui dura jusqu'en mars 1917. Le front se situant à une vingtaine de kilomètres à l'ouest vers Péronne, l'activité des occupants consistait principalement à assurer le logement des combattants et l'approvisionnement en nourriture. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien.
Voici des extraits d'un arrêté de la kommandantur d'Holnon valable pour 25 communes de la région : " Holnon le 22 juillet 1915. Tous les ouvriers et les femmes et les enfants de quinze ans sont obligés de faire travaux des champs tous les jours aussi dimanche de quatre heures du matin jusque huit heures du soir… Après la récolte les fainéants seront emprisonnés six mois. Les femmes fainéantes seront exilées à Holnon pour travailler. Après la récolte, les femmes seront emprisonnées six mois… Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton. De plus le commandant réserve de punir les ouvriers fainéants de vingt coups de bâton tous les jours… Les ouvriers de la commune Vendelles sont punis sévèrement".(voir le document entier sur Gallica en cliquant sur le lien ci-après[3]).
En février 1917, le général Hindenburg décida de la création d'une ligne défense à l'arrière du front ; lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages seraient détruits pour ne pas servir d'abri aux troupes franco-anglaises. Dès le 15 février les habitants furent évacués et dispersés dans des lieux occupés, jusqu'en Belgique. En mars 1917, avant du retrait des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin, les maisons sont pillées et incendiées, le village est systématiquement détruit. L'église, la mairie, les écoles et toutes les maisons sont dynamitées et les arbres sciés à 1 m de hauteur[4].Le village, vidé de ses habitants, reste occupé par les Allemands ; il sera le théâtre de nombreux combats d'août à octobre 1917[5]. Les ruines du village seront plusieurs fois reprises par chaque camp et ce n'est qu'en septembre 1918, lors de la bataille de la ligne Hindenburg que Holnon sera définitivement libérée par la 6e division britannique[6].
Dans le cimetière militaire de Chapelle situé dans le village reposent 622 soldats tués au cours des combats de septembre 1918[7]. Après l'Armistice, de nombreux habitants ne revinrent pas s'installer dans la commune et, avec les dommages de guerre, commencèrent une nouvelle vie dans d'autres lieux. Pour ceux qui furent de retour commença une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 621 habitants avant la guerre en 1911, Holnon n'en comptait plus que 313 en 1921, soit la moitié.
Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions[8], la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 (France) le 17 octobre 1920[9].
Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des 33 soldats holnonnais morts pour la France ainsi que de 43 civils[10].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

En 2010, la commune adhère à la communauté de communes du Pays du Vermandois.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1876 après 1877 Morcrette[11]    
  1965 Edmond Legrand    
1965 mars 2008 Jean Delépine RPR-UMP  
mars 2008[12] en cours
(au 12 mai 2014)
Jean-Marc Lemaire DVD Retraité Fonction publique
Réélu pour le mandat 2014-2020[13]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[15].

En 2015, la commune comptait 1 413 habitants[Note 1], en diminution de 1,4 % par rapport à 2010 (Aisne : -0,34 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
800 801 830 803 902 900 922 904 855
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
847 764 718 688 655 630 634 651 629
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
653 676 621 313 426 460 455 412 478
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
409 414 1 231 1 216 1 199 1 334 1 364 1 369 1 374
2013 2015 - - - - - - -
1 404 1 413 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Quentin.
  • Plusieurs édicules religieux : des calvaires, oratoire Notre-Dame-du-Monde-Entier.
  • Un bas-relief provenant de l'ancienne église de La-Haut détruite en 1790.
  • Mémorial de Charles Poëtte (1827-1906), écrivain et journaliste, auteur d'une Histoire d'Holnon.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles Poëtte (1827-1906), écrivain et journaliste[18], auteur de l'Histoire d'Holnon et de l'Origine des noms des rues et places de la ville de Saint-Quentin. à lire en ligne.
  • Benoît Delépine (fils de l'ancien maire), réalisateur, ancien auteur des Guignols de l'info et coprésentateur de 7 jours au Groland sur Canal +.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Brassart, « "Plus de vingt paysanneries contrastées en révolution". De la pluralité des dynamiques sociales du politique en milieu rural pendant la révolution », Annales historiques de la Révolution française, 359 | janvier-mars 2010, mis en ligne le 01 janvier 2013, consulté le 08 avril 2014.
  2. http://www.carto1418.fr/19140828.php
  3. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6309278c/f10.image.r=holnon?rk=708158;0
  4. http://www.carto1418.fr/target/19170316.html
  5. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6413363x/f15.image.r=fayet%20aisne?rk=536483;2>
  6. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7575138w/f1.item.r=holnon.zoom
  7. https://www.aisne14-18.com/visiter/PCUPIC002FS000CT/detail/holnon/cimetiere-britannique-de-chapelle
  8. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8593481j/f1.item.r=carte%20des%20r%C3%A9gions%20d%C3%A9vast%C3%A9es.zoom
  9. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  10. https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&id=205907&individu_filter=COYTTE&rubrique=monuments
  11. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1877, p214.
  12. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  13. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 26 juillet 2014)
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  18. Fiche de Charles Poëtte sur le site de la BNF

Liens externes[modifier | modifier le code]