Holnon

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Holnon
Holnon
Mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Saint-Quentin
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Vermandois
Maire
Mandat
Florent Risbourg
2020-2026
Code postal 02760
Code commune 02382
Démographie
Gentilé Holnonais(es)
Population
municipale
1 375 hab. (2018 en diminution de 2,07 % par rapport à 2013)
Densité 216 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 51′ 34″ nord, 3° 12′ 48″ est
Altitude 109 m
Min. 85 m
Max. 141 m
Superficie 6,37 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Saint-Quentin
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Quentin-1
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Holnon est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Holnon
Vermand Maissemy Gricourt
Attilly Holnon Francilly-Selency
Savy
Vue panoramique du village.

Transports en commun routiers[modifier | modifier le code]

La localité est desservie par les autocars du réseau inter-urbain Trans'80, chaque jour de la semaine, sauf le dimanche et les jours fériés (ligne no 49, Péronne - Roisel - Saint-Quentin)[1].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Holnon est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Quentin, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 120 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Cassini du secteur
(vers 1750).

Un carrefour de six chemins (dit de l'arbre d'Espée) se trouvait dans le bois d'Holnon. Il était, dit-on, le rendez-vous des sorciers des alentours[7].

Avant la Révolution française, la société locale est divisée entre gros fermiers, propriétaires de fermes dépassant la centaine d’hectares, et ouvriers agricoles très dépendants. Ces deux classes s’affrontent lors de la décennie révolutionnaire. Un des épisodes de cet affrontement est celui de la levée en masse décrétée par la loi du . Le règlement de la levée prévoyait, en cas d’insuffisance des volontaires, le recours au tirage au sort ou à l’élection pour désigner les recrues manquantes. La municipalité, élue par les ouvriers agricoles, choisit l’élection, et l’élection désigna les fils des gros propriétaires pour partir à l’armée, sorte de revanche pour les petits ouvriers[8].

La guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Comme d'autres villages de la région, Holnon est sorti meurtrie de la Grande Guerre car le village a été entièrement rasé en 1917 par les Allemands.
Le , soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, l'armée française bat en retraite vers l'ouest et les Allemands, après avoir pris Saint-Quentin, arrivent à Holnon[9]. Dès lors commença l'occupation allemande qui dura jusqu'en . Le front se situant à une vingtaine de kilomètres à l'ouest vers Péronne, l'activité des occupants consistait principalement à assurer le logement des combattants et l'approvisionnement en nourriture. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien.
Voici des extraits d'un arrêté de la kommandantur d'Holnon valable pour 25 communes de la région : « Holnon le . Tous les ouvriers et les femmes et les enfants de quinze ans sont obligés de faire travaux des champs tous les jours aussi dimanche de quatre heures du matin jusque huit heures du soir… Après la récolte les fainéants seront emprisonnés six mois. Les femmes fainéantes seront exilées à Holnon pour travailler. Après la récolte, les femmes seront emprisonnées six mois… Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton. De plus le commandant réserve de punir les ouvriers fainéants de vingt coups de bâton tous les jours… Les ouvriers de la commune Vendelles sont punis sévèrement » (voir le document entier sur Gallica en cliquant sur le lien ci-après[10]).
En , le général Hindenburg décida de la création d'une ligne défense à l'arrière du front ; lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages seraient détruits pour ne pas servir d'abri aux troupes franco-anglaises. Dès le les habitants furent évacués et dispersés dans des lieux occupés, jusqu'en Belgique. En , avant du retrait des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin, les maisons sont pillées et incendiées, le village est systématiquement détruit. L'église, la mairie, les écoles et toutes les maisons sont dynamitées et les arbres sciés à 1 m de hauteur[11]. Le village, vidé de ses habitants, reste occupé par les Allemands ; il sera le théâtre de nombreux combats d'août à [12]. Les ruines du village seront plusieurs fois reprises par chaque camp et ce n'est qu'en , lors de la bataille de la ligne Hindenburg que Holnon sera définitivement libérée par la 6e division britannique[13].
Dans le cimetière militaire de Chapelle situé dans le village reposent 622 soldats tués au cours des combats de [14]. Après l'Armistice, de nombreux habitants ne revinrent pas s'installer dans la commune et, avec les dommages de guerre, commencèrent une nouvelle vie dans d'autres lieux. Pour ceux qui furent de retour commença une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 621 habitants avant la guerre en 1911, Holnon n'en comptait plus que 313 en 1921, soit la moitié.
Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions[15], la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 (France) le [16].
Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des 33 soldats holnonnais morts pour la France ainsi que de 43 civils[17].

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En 2010, la commune adhère à la communauté de communes du Pays du Vermandois.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

La commune de Holnon est membre de la communauté de communes du Pays du Vermandois, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Bellicourt. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[18].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Saint-Quentin, au département de l'Aisne et à la région Hauts-de-France[19]. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Saint-Quentin-1 pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[19], et de la deuxième circonscription de l'Aisne pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010[20].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1876 après 1877 Morcrette[21]    
1954 1965 Edmond Legrand   Agriculteur, entrepreneur, ancien combattant, ancien prisonnier, chevalier puis officier de la légion d’honneur et du mérite agricole.
1965 mars 2008 Jean Delépine RPR-UMP  
mars 2008[22] mai 2020 Jean-Marc Lemaire DVD Retraité Fonction publique
Réélu pour le mandat 2014-2020[23]
mai 2020[24] En cours
(au 23 mai 2020)
Florent Risbourg    

Un héros méconnu de la Grande Guerre[25]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[27].

En 2018, la commune comptait 1 375 habitants[Note 3], en diminution de 2,07 % par rapport à 2013 (Aisne : −1,25 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
800801830803902900922904855
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
847764718688655630634651629
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
653676621313426460455412478
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
4094141 2311 2161 1991 3341 3641 3691 374
2013 2018 - - - - - - -
1 4041 375-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Quentin.
  • Plusieurs édicules religieux : des calvaires, oratoire Notre-Dame-du-Monde-Entier.
  • Un bas-relief provenant de l'ancienne église de La-Haut détruite en 1790.
  • Mémorial de Charles Poëtte (1827-1906), écrivain et journaliste, auteur d'une Histoire d'Holnon.
  • L'ancienne gare commune à Holnon et Savy, située sur la ligne de Vélu-Bertincourt à Saint-Quentin en fonction de 1880 à 1955.

Cartes postales anciennes[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles Poëtte (1827-1906), écrivain et journaliste[30], auteur de l'Histoire d'Holnon et de l'Origine des noms des rues et places de la ville de Saint-Quentin. à lire en ligne.
  • Benoît Delépine (fils de l'ancien maire), réalisateur, ancien auteur des Guignols de l'info et coprésentateur de 7 jours au Groland sur Canal +.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en décembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les horaires des lignes » Lignes du réseau Trans'80 », sur trans80.hautsdefrance.fr).
  2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 23 mars 2021)
  3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 23 mars 2021)
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 23 mars 2021)
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur insee.fr, (consulté le 23 mars 2021)
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 23 mars 2021).
  7. Jacques de Wailly, Maurice Crampon, Le folklore de Picardie (Somme, Oise, Aisne), Musée de Picardie, , 414 pages p. (lire en ligne), p. 331
  8. Laurent Brassart, « "Plus de vingt paysanneries contrastées en révolution". De la pluralité des dynamiques sociales du politique en milieu rural pendant la révolution », Annales historiques de la Révolution française, 359 | janvier-mars 2010, mis en ligne le 01 janvier 2013, consulté le 08 avril 2014.
  9. (en) « Cartographie 1914-1918 - Carte des positions au 28 aout 1914 », sur carto1418.fr (consulté le 17 avril 2021).
  10. « Nouvelles de France : chronique hebdomadaire de la presse française » Accès libre, sur Gallica, (consulté le 5 octobre 2020).
  11. « Carte des positions 16 mars 1917 », sur carto1418.fr (consulté le 17 avril 2021).
  12. > « Historique succint du 329e régiment d'infanterie pendant la guerre 1914-1918 » Accès libre, sur Gallica, (consulté le 5 octobre 2020).
  13. « Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire / directeur-rédacteur en chef : Gustave Chadeuil » Accès libre, sur Gallica, (consulté le 5 octobre 2020).
  14. https://www.aisne14-18.com/visiter/PCUPIC002FS000CT/detail/holnon/cimetiere-britannique-de-chapelle
  15. « Carte spéciale des régions dévastées. 13 SO, Cambrai [Sud-Ouest] / [Service géographique de l'armée] » Accès libre, sur Gallica, (consulté le 5 octobre 2020).
  16. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  17. « Rechercher dans le fonds iconographique - Geneanet », sur geneanet.org (consulté le 17 avril 2021).
  18. « communauté de communes du Pays du Vermandois - fiche descriptive au 1er avril 2020 », sur https://www.banatic.interieur.gouv.fr/ (consulté le 20 avril 2020)
  19. a et b « Code officiel géographique- Rattachements de la commune de Holnon », sur le site de l'Insee (consulté le 20 avril 2020).
  20. « Découpage électoral de l'Aisne (avant et après la réforme de 2010) », sur http://www.politiquemania.com/ (consulté le 20 avril 2020).
  21. Almanach historique administratif et commercial de la Marne de l'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1877, p214.
  22. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  23. « Liste des maires de l'Aisne » [xls], Préfecture de l'Aisne, (consulté le 26 juillet 2014)
  24. « Florent Risbourg élu maire d’Holnon à l’unanimité », sur aisnenouvelle.fr, L'Aisne nouvelle, (consulté le 25 mai 2020).
  25. « https://www.courrier-picard.fr/art/165077/article/2019-02-09/edmond-legrand-un-heros-meconnu-de-la-grande-guerre », sur Le Courrier picard (consulté le 31 mai 2019)
  26. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  27. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  30. Fiche de Charles Poëtte sur le site de la BNF

Liens externes[modifier | modifier le code]