Othmân ibn Affân

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le fondateur de la dynastie ottomane, voir Osman Ier.

ʿOthmān ibn ʿAffān
Illustration.
Version vectorisée de la calligraphie emblématique du 3e calife rachidun, Uthman ibn Affan
Titre
Calife et Commandeur des croyants

11 ans, 8 mois et 6 jours
Prédécesseur Omar ibn al-Khattâb
Successeur Ali ibn Abi Talib
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Taëf, Péninsule Arabique
Date de décès
Lieu de décès Médine, Péninsule Arabique
Père Affân ibn Abi al-`Âs
Mère Ourwâ bint Karîz
Enfants Abân, Abdullah (al-asghar), Abdullah (al-akbar), Abdul Malik, Aïcha, Amr, Khâlid, Maryam (bint Nayla), Maryam (bint Oumm `Amr), Omar, Oumm Abâl (al-koubrâ), Oumm Abâl (as-soughrâ), Oumm Amr, Oumm Othmân, Ourwâ, Sa`id, Walîd[1]
Résidence Médine

Othman ibn Affan (arabe : عثمان بن عفان, ʿOthmān ibn ʿAffān), également connu en français par l'intermédiaire du turc et du persan Osman (né en 574 et mort en 656[2]), était le beau-fils et un éminent compagnon de Mahomet, prophète de l'Islam, ainsi que le troisième calife bien guidé. Né dans un clan mecquois de premier plan, les Omeyyades de la tribu des Quraych, il a joué un rôle majeur dans l’Histoire de l'islam et est connu pour avoir commandé la compilation du Coran dans sa forme canonique[3]. À la mort du calife Omar ibn al-Khattâb, âgé de 59 à 60 ans, Othman, âgé de 64 à 65 ans, lui succéda et fut le deuxième plus âgé à gouverner comme calife.

Othman était marié à Ruqayyah et, avant sa mort, il épousa Oumm Koulthoum. Ses deux épouses, filles de Mahomet et de Khadija (première femme du prophète et la seule avec qui il n'eut pas de co-épouse), lui valurent le titre honorifique Dhū al-Nurayn (« l'homme aux deux lumières »)[4]. Par conséquent, il était également le beau-frère du quatrième calife bien-guidé et premier imam Ali. Fatima, la femme d'Ali, était en effet la plus jeune sœur de ses épouses.

Sous le califat d'Othman, l'empire islamique annexa l'Istakhr (déjà conquis une première fois en 642) en 645 et certaines zones du Khorassan en 651. La conquête de l'Arménie, entamée dans les années 640, fut quant à elle parachevée[5]. Son règne a néanmoins été marqué par de nombreuses manifestations et troubles qui débouchèrent sur un siège de 49 jours (en) à l'issue duquel Othman fut assassiné, jetant ainsi les prémices de la première fitna.

Famille et vie avant la révélation[modifier | modifier le code]

Othman est le fils d'Affan ibn Abi al-'As, des Omeyyades, et d'Urwa bint Kariz, des Abd Shams (en), deux clans riches de la tribu des Quraych de La Mecque. La mère d'Urwa était Oumm Hakim bint Abd al-Muttalib (en), faisant d'Urwa le cousin germain de Mahomet, et d'Othman, le fils de son cousin germain. Othman avait une soeur, Amina.

Uthman est né à Taëf. La date exacte de sa venue au monde est contestée : 574, 576, 579 et 583 sont proposés. Il est répertorié comme étant l'un des 22 mecquois sachant écrire « à l'aube de l'islam »[6].

Son père, Affan, est décédé très jeune alors qu'il voyageait à l'étranger, laissant à Othman un héritage conséquent. Il devint un marchand comme son père et ses affaires prospérèrent, faisant de lui l'un des hommes les plus riches de Quraych[7].

Vie pendant la révélation[modifier | modifier le code]

Conversion à l'islam[modifier | modifier le code]

De retour d'un voyage d'affaire en Syrie en 611, Othman fut mis au courant de la mission déclarée de Mahomet. Après une conversation avec Abou Bakr, Othman décida de se convertir à l'islam et Abou Bakr l'amena à Mahomet pour qu'il atteste sa foi. Othman devint ainsi le quatrième homme à se convertir à l'islam, après Abou Bakr, Ali et Zayd. Membre de l'aristocratie mécquoise, il est alors l'un des rares personnages de haut rang à se convertir à l'islam[8], ce qui ne va pas sans susciter la colère de son clan, les Bani Oumaya, qui voient d'un très mauvais œil la prophétie de Mahomet[9].

Émigration vers l'Abyssinie[modifier | modifier le code]

Othman et son épouse, Ruqayyah, émigrèrent en Abyssinie (Éthiopie actuelle) en avril 615, avec treize autres musulmans (dix hommes et trois femmes). Des dizaines de musulmans les rejoignirent par la suite[10],[11]. Othman, qui jouissait déjà de contacts commerciaux en Abyssinie, pu continuer à y exercer sa profession et son entreprise prospéra[12].

En 619, une rumeur affirmant que les idolâtres de Quraych avaient embrassé l'islam se répandit chez les musulmans d'Abyssinie, cela persuada Othman, Ruqqayah et 39 autres compagnons de rentrer à La Mecque. Une fois arrivé à destination, ils découvrirent cependant qu'ils avaient été victimes d'une fausse nouvelle, les Quraychites n'ayant pas adoptés l'islam. Malgré cela, Othman et Ruqqayah décidèrent de rester. Othman dû alors repartir de zéro, mais les contacts qu'il avait déjà établis en Abyssinie ont joué en sa faveur et son commerce fructifia à nouveau[12].

Émigration vers Médine[modifier | modifier le code]

En 622, Othman et son épouse, Ruqayyah, firent partie du troisième groupe de musulmans à émigrer à Médine. À son arrivée, Othman résidait avec Abu Talha ibn Thabit, puis il s'installa peu après dans sa propre maison qu'il acheta. Othman était l’un des marchands les plus riches de la Mecque, il n'avait donc pas besoin de l'aide financière de ses frères des Ansar , car il avait apporté à Médine la fortune considérable dont il disposait déjà. La plupart des musulmans de Médine étaient des fermiers n'ayants que peu d’intérêt pour le commerce, c'étaient d'ailleurs les Juifs qui géraient la majorité des commerces de la ville. Othman réalisa alors l'incroyable occasion qu'il avait de promouvoir le commerce parmi les musulmans et il s’est rapidement établi lui-même comme commerçant à Médine. Grâce à son travail et à son honnêteté, son affaire fructifia et il devint l'un des hommes les plus riches de la ville[13].

Vie à Médine[modifier | modifier le code]

Lorsque Ali épousa Fatima, Othman acheta le bouclier d’Ali pour 500 dirhams. 400 furent mis de côté comme mahr (douaire) pour le mariage, ce qui en laissait une centaine pour toutes les autres dépenses. Plus tard, Othman redonna le bouclier à Ali en guise de cadeau de mariage[14],[15].

Batailles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des expéditions de Mahomet.

D'après R. V. C. Bodley, Othman n’était pas une figure remarquable du vivant de Mahomet. En effet, il n'avait été affecté à aucune autorité et n'avait pas non plus gagné en prestige lors des ghazwat[16]. De plus, Othman présentait déjà des tendances népotistes, qui se sont notamment illustrées dans la question du partage des butins de guerre, où Othman privilégiait ses proches au dépend des combattants. Lors de l’invasion de Hamra al-Assad (en), le / 8 chawwal 3 AH, un espion mecquois, Muʿawiya ibn al-Moghira (en), cousin d’Othman ibn Affan, a été capturé. Selon l’érudit musulman Safiour Rahman Moubarakpuri (en), Othman lui accorda l'asile après avoir obtenu la permission de Mahomet qui lui laissa un délai de trois jours pour partir (le temps de prévoir un chameau et des provisions), sans quoi il serait exécuté. Othman partit avec Mahomet pour Hamra-al-Assad (en) mais Muʿawiya outrepassa le délai. Bien qu’il ait réussi à fuir au moment où l’armée est revenue, Mahomet a ordonné qu'il soit poursuivi et tué. Ses ordres furent respectés et mis en oeuvre[17],[18].

Les dernières années de Muhammad[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ghadir Khumm.

En 632, l’année julienne où Mahomet est mort, Othman a participé au pèlerinage d'adieu[7]. Il était également présent à l’événement de Ghadir Khumm, où, selon des sources chiites, il était parmi ceux qui ont juré allégeance à Ali[19],[20],[21],[22],[23].

Mariage[modifier | modifier le code]

Othmân ibn ‘Affan était surnommé « Dhu al-Nurayn », c’est-à-dire, l’homme au deux lumières car il avait épousé deux des filles de Mahomet Rukayya et Umm Kulthum. Rukayya était mariée à Otba Ibn Abi Lahab et Oum Koulthoum à son frère Oteiba Ibn Abi Lahab. Lorsque la sourate Al-Massad qui concerne le couple Abu Lahab fut revelée, elle a suscité la colère du couple qui a exigé que les deux fils répudient leurs épouses. Après être revenues chez elles, et après un certain temps Othmane s'est empressé de demander à Mahomet la main de sa fille Rukayya qu'il appréciait énormément avant même sa conversion à l'islam. Après la mort de Rukayya, Othmân était tellement chagriné d'avoir perdu son épouse et ses liens de parenté avec Mahomet que ce dernier lui a accordé l'autorisation d'épouser sa fille Oum-Koulthoum. Othmân est le seul homme à s'être marié avec deux filles du prophète.

Sous le califat d'Abou Bakr (632—634)[modifier | modifier le code]

Othman entretenait une relation très étroite avec Abou Bakr, car c’est par sa cause qu’il s’était converti à l’islam. Quand Abou Bakr devint calife, Othman fut la deuxième personne à lui prêter allégeance (Bay'a) après Omar. Pendant les guerres de Ridda (en), Othman resta à Médine, où il agissait comme conseiller d’Abou Bakr. Sur son lit de mort, c'est à Othman qu'Abou Bakr fit part de sa volonté qu'Omar lui succède[24].

Élection d'Othman[modifier | modifier le code]

Omar, sur son lit de mort a formé un comité de six personnes pour désigner parmi eux le prochain calife. Ce comité était composé de :

Omar a demandé qu’après sa mort, le comité rende sa décision finale dans les 3 jours, et que le prochain calife prête serment le quatrième jour. Si Talhah a rejoint le comité dans ce délai, il devait participer aux délibérations, mais s’il ne retournait pas à Medine dans ce délai, les 5 autres membres du comité pourraient procéder à la décision, seuls. Abd ar-Rahmân ibn `Awf a renoncé à ses prétentions sur le califat afin d’agir comme modérateur et a commencé cette tâche en s'entretenant séparément avec chaque membre du comité. Il leur a demandé pour qui ils voteraient. Quand on a posé la question à Ali, il s'est abstenu. Quand on a demandé à Othman, il a voté pour Ali, Zubayr vota pour Ali ou Othman et Sa`d seulement pour Othman[24].

Othman était un riche marchand qui se servait de sa fortune pour soutenir l’Islam, mais il n’avait jamais fait preuve de leadership ou dirigé une armée avant son califat. Mais selon Wilferd Madelung (en), il a quand même été choisi par les électeurs en dépit de cela parce qu'il était le seul fort contre-candidat à Ali car lui seul pouvait dans une certaine mesure rivaliser avec Ali en termes de liens de parenté étroits avec le prophète Mahomet[25] (Ali était le gendre et le cousin de Mahomet, tandis qu'Othman était le seul à avoir épousé deux de ses filles).

R. V. C. Bodley croyait qu’après l’assassinat d’Omar, Ali rejeta le califat parce qu’il n’était pas d’accord pour gouverner selon les règlements établis par Abou Bakr et Omar, tandis qu'Othman accepta ces termes[26] qu'il échoua finalement à honorer[16].

Califat (644—656)[modifier | modifier le code]

Recension officielle du Coran[modifier | modifier le code]

Le Coran de Tachkent

Par ailleurs, des divergences apparaissent à propos du texte du Coran après la conversion à l'islam des personnes d'ethnie non arabe et après la mort de nombreux compagnons de Mahomet (Hafiz), des personnes qui connaissaient le Coran par cœur. Othmân décide alors d'officialiser le texte coranique et établit une classification unique des sourates[27]. La commission récolta plusieurs témoignages de différents « hafidhun » du Coran afin de préparer les nouvelles copies (« mus'haf ») du Coran. Ensuite, en cet an 25 de l'Hégire (647, quinze ans après la mort de Mahomet), ces copies préparées, Othmân les fait envoyer en différents points importants du territoire musulman[28].

Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours, mot pour mot, cette compilation des copies d'Othmân[29], écriture nommée « ar-rasm al-othmanî ». Selon la tradition, quelques-unes de ces copies anciennes existent encore aujourd’hui, telle le Coran d'Othman qui se trouve à Istanbul (Turquie), le manuscrit de Samarcande qui se trouve à Tachkent (Ouzbékistan) et une autre au British Museum de Londres. La critique historique a prouvé que ces textes sont en réalité postérieurs[30] de plus d'un siècle[31].

Affaires économiques et sociales[modifier | modifier le code]

Les pièces sont d’origine persane (drachme sassanide) et à l'effigie de Khosro II. Les musulmans y ont ajouté la Basmala.

Othman était un homme d’affaires rusé et un commerçant accompli depuis sa jeunesse, qui a grandement contribué à l’empire rachidun. Omar avait établi une allocation publique et, à son entrée en fonction, Othman l’a augmentée d’environ 25%. Omar avait interdit la vente de terres et l’achat de terres agricoles dans les territoires conquis[32]. Othman a supprimé ces restrictions qui empêchaient le commerce de prospérer. Othman permettait également aux gens de contracter des emprunts auprès du trésor public des musulmans. Sous le califat d'Omar, il fut établi comme politique que les terres des territoires nouvellement conquis ne devaient pas être redistribuées parmi les combattants musulmans, mais devaient rester la propriété des propriétaires précédents. L’armée se sentait lésée par une telle décision, mais Omar réprima l’opposition d’une main ferme. Othman suivit la politique élaborée par Omar et il y eut encore plus de conquêtes, augmentant ainsi considérablement les revenus fonciers[24].

Omar avait été extrêmement parcimonieux dans l'utilisation de l'argent du trésor public des musulmans - en effet, mis à part la maigre indemnité qui lui avait été accordée, Omar ne prenait pas d'argent du trésor. Il n'a pas reçu de "cadeaux" et interdisait formellement aux membres de sa famille d'en percevoir. Sous le califat d'Othman, ces restrictions furent assouplies. Bien qu’Othman ne reçevait ni allocation personnelle du Trésor, ni salaire (étant donné qu'il était un homme riche avec des ressources suffisantes), il acceptait, contrairement à Omar, les cadeaux et permettait à certains membres de sa famille d'en faire de même[7]. Othman affirma honnêtement qu’il avait le droit d’utiliser les fonds publics comme bon lui semble, et personne ne l’a critiqué pour cela. Les réformes économiques introduites par Othman ont eu des effets de grande portée ; les musulmans ainsi que les non-musulmans de l'empire rachidun ont bénéficié d’une vie économique prospère pendant son califat[33].

Expansion militaire[modifier | modifier le code]

Le califat rachidun à son apogée sous Othman en 654 / 34 AH.

Tentative romaine de reconquête de l’Égypte[modifier | modifier le code]

Avec la mort d’Omar et la déposition du gouverneur (wali) d'Égypte Amr ibn al-As, les Romains s’emparèrent d’Alexandrie, pensant que c’était le moment opportun pour agir. Othman envoya de nouveau Amr ibn al-As pour défendre l’Egypte et le fit gouverneur et commandant en chef de cette province. Amr vaincu finalement les forces romaines à la bataille de Nikiou en mai 646. Après la défaite de l’armée romaine à Nikiou (en), l’armée califale s'en alla assiéger Alexandrie, qui tomba quand un copte ouvrit les portes de la ville, de nuit, en échange d’une amnistie.

Après avoir reconquis Alexandrie, Amr ibn al-As ordonna la démolition des murs de la ville pour empêcher toute invasion future par les forces romaines. Puis, Amr a de nouveau été démis de ses fonctions en raison de sa mauvaise administration financière.

Conquête de l'Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Pendant le siège d'Alexandrie, l'Empire romain d'Orient avait demandé une aide militaire à son exarchat de Carthage pour défendre la ville, mais au lieu de cela l'exarque de Carthage, Grégoire le Patrice pris son indépendance. Les territoires sous son contrôle s'étendaient de la Tripolitaine à la Maurétanie tingitane. Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh envoya des groupes razzier le Maghreb et à la suite de ces raids les musulmans ont obtenu un butin considérable. Le succès de ces raids a donné l'impression à Abd Allâh ibn Saad qu’une campagne régulière devrait être entreprise pour conquérir l’Afrique du Nord.

Alors qu'Omar s'était toujours refusé à conquérir les territoires à l'ouest de la Cyrénaïque, Othman donna son accord à Abd Allâh ibn Saad, après consultation du Majlis al Choura, et lui envoya 10 000 soldats en renfort. L’armée se réunit à Barqa en Cyrénaïque, et en 647 elle marcha vers l’ouest pour prendre Tripoli, avant de se diriger vers Sufetula, la nouvelle capitale du patrice Grégoire. Grégoire a été battu et tué dans la bataille en raison de la tactique utilisée par Abd Allah ibn az-Zubayr : les archives d’Al-Bidâya wa An-Nihâya d'Ibn Kathir indiquent que les troupes d’Abd Allah étaient complètement encerclées par l’armée de Grégoire. Cependant, Abd Allah ibn az-Zubayr aperçut Gregoire dans son char et envoya Abd Allâh ibn Saad à le tête d'un petit détachement pour l’intercepter.L’interception a été un succès, et Gregoire a été tué dans l’embuscade. Par conséquent, le moral de l’armée romaine en pris un coup et celle-ci fut détruite. Après la bataille de Sufétula, les maghrébins ont demandé la paix et ont accepté de payé un tribu annuel aux arabes. Au lieu d’annexer le Maghreb, les musulmans ont préféré en faire un État vassal et lorsque le montant du tribut a été payé, ils se sont retirés, avec leur armée, à Barqa.

Première invasion musulmane de la péninsule ibérique[modifier | modifier le code]

Selon les livres généraux de l’histoire islamique, la conquête de la partie espagnole de la péninsule ibérique commença avec Tariq ibn Ziyad et Moussa Ibn Noçaïr en 711 / 92 AH, à l’époque du calife omeyyade Al-Walīd Ier (le fils d'Abd al-Malik). Cependant d'après l’historien musulman Tabari[34], l’Espagne a été envahie pour la première fois une soixantaine d’années plus tôt sous le califat d’Othman. D’autres historiens musulmans éminents, comme Ibn Kathir[35], corroborent cela.

Tabari nous informe dans son récit que lorsque l’Afrique du Nord eut été dûment conquise par Abd Allâh ibn Saad, deux de ses généraux, Abdullah ibn Nafiah ibn Hussein, et Abdullah ibn Nafi ibn Abdoul Qais, ont été mandatés pour envahir les zones côtières de l’Espagne par la mer. À cette occasion, Othman aurait adressé une lettre à la force envahissante, dans laquelle on pouvait lire :

« Constantinople sera conquise du côté d’Al-Andalus. Ainsi, si vous la conquérez, vous aurez l’honneur de faire le premier pas vers la conquête de Constantinople. Vous serez récompensés pour cela, aussi bien dans ce monde que dans le prochain. »

Ni Tabari, ni aucun autre historien musulman ne donnent de détail sur les campagnes d’Espagne qui auraient été entreprises durant le califat d’Othman. Le récit de Tabari indique juste qu’une force arabe, épaulée par une force berbère, a débarqué en Espagne et a réussi à conquérir les zones côtières d’Al-Andalus. Nous ne savons pas où la force musulmane a débarqué, quelle résistance elle a rencontrée et quelles parties de l’Espagne elle a conquises. Quoi qu’il en soit, il est clair que les musulmans ont conquis certaines parties de l’Espagne pendant le califat d’Othman. Les musulmans ont probablement établi quelques colonies sur la côte de l’Espagne. Il y a lieu de supposer que ces musulmans ont développé des relations commerciales avec le reste de l’Espagne et d’autres parties de l’Europe. Les colonies ont cependant été perdues peu de temps après en raison du désordre général dans le califat.

Campagne contre la Nubie[modifier | modifier le code]

Une campagne couronnée de succès a été entreprise contre la Nubie pendant le califat d’Omar en 642 / 21 AH. Le roi Qalidurut de Nubie dû se soumettre, et accepta de fournir 442 esclaves chaque année aux autorités musulmanes de Fostat[36].

Localisation de Dongola à l'intérieur du Soudan

Une décennie plus tard, en 652 / 31 AH, le gouverneur égyptien d’Othman, Abd Allâh ibn Saad, envoya une nouvelle armée en Nubie. Cette armée pénétra plus profondément dans la Nubie et assiégea la capitale makourienne de Dongola. Les musulmans y ont démoli la cathédrale située au centre de la ville. La bataille ne fut cependant pas concluante, en raison des archers makouriens qui lâchèrent une pluie de flèches sur les yeux des moudjahidine. Comme les musulmans n’étaient pas en mesure de dominer les makouriens, ils ont accepté l’offre de paix du roi makourien, Qalidurut. L'accord signé stipulait que :

  • chaque partie ne prendrait pas de mesures belliqueuses contre l'autre.
  • les citoyens de chaque partie seraient autorisés à commercer librement et à voyager dans l'autre.
  • chaque partie interdirait l'émigration et l'établissement de colonies dans les terres de l'autre.
  • chaque partie extraderait les fugitifs et les esclaves évadés de l'autre.
  • les Makouriens devraient entretenir une mosquée pour les visiteurs et les résidents musulmans.
  • les Égyptiens n’auraient aucune obligation de protéger les Makouriens de l'attaque d'un tiers.
  • la Makourie fournirait 360 esclaves de la meilleure qualité (i.e. pas des vieillards et des enfants), hommes et femmes, à la province musulmane d'Égypte chaque année[36].

Conquête des îles de la Méditerranée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'islam en Italie.

Pendant le califat d’Omar, le gouverneur de Syrie, Muʿawiya, fit une requête au calife pour la construction d'une force navale visant à envahir les îles de la Méditerranée mais Omar rejeta cette proposition en raison du risque élevé de voir les soldats mourir en mer. Au cours de son califat, Othman a donné à Muʿawiya la permission de construire une marine après avoir examiné la question de près. La flotte musulmane débarqua à Chypre en 649 / 28 AH. L'île était seulement défendue par une petite garnison romaine, qui a été dominée sans aucune difficulté. Les chypriotes se soumirent aux musulmans et consentirent à leur payer un tribut annuel de 7000 dinars. La conquête de Chypre fut la première conquête navale entreprise par des musulmans. Après Chypre, la flotte navale musulmane s’est dirigée vers l’île de Crète puis celle de Rhodes et les a conquis sans rencontrer une grande résistance. En 652-654 / 31-33 AH, les musulmans ont lancé une campagne navale contre la Sicile et ont réussi à conquérir une grande partie de l’île. Peu après l’assassinat d’Othman, aucune nouvelle expansion ne fut entreprise, et les musulmans se retirèrent de la Sicile. En 655 / 35 AH, l’empereur romain Constant II pris, en personne, le commandement d'une flotte pour attaquer les musulmans à Phœnix (au large de la Lycie), mais il fut lourdement défait : 500 navires romains furent détruits dans la bataille, et l’empereur lui-même échappa de peu à la mort.

Tentative romaine de reconquête de la Syrie[modifier | modifier le code]

Après la mort d’Omar, l’empereur romain, Constantin III, décida de reconquérir le Levant, perdu aux mains des musulmans durant le califat d’Omar. Une invasion à grande échelle était prévue et une force de 80000 soldats fut envoyée pour reconquérir la Syrie. Muʿawiya, le gouverneur de Syrie, a demandé des renforts et Othman ordonna au gouverneur de Koufa d’envoyer un contingent qui, avec les Syriens, a vaincu l’armée romaine.

Occupation de l'Anatolie[modifier | modifier le code]

Les forts romains de la région de Tarse furent conquis sous le califat d'Omar, peu après la conquête d’Antioche (en), par Khalid ibn al-Walid et Abu Ubayda ibn al-Djarrah. Pendant le califat d’Othman, la région fut reprise par les forces romaines et une série de campagnes furent lancées pour reprendre le contrôle de la région. En 647 / 26 AH, Muʿawiya, le gouverneur de Syrie, conduisit une armée jusqu'en Anatolie : celle-ci entra en Cappadoce, où elle pilla Césarée Mazaca, avant de s'emparer de la ville d'Amorium[37]. En 648, l’armée califale fit une descente en Phrygie. Une offensive majeure en Cilicie et en Isaurie, en 650-651 / 30 AH, força l’empereur romain Constant II à entamer des négociations avec Muʿawiya, le gouverneur syrien du calife Othman. La trêve qui s'en suivit permit un bref répit, et permit à Constant II de s’accrocher aux parties occidentales de l’Arménie. En 654-655 / 34 AH, sur ordres d'Othman, une expédition se préparait à attaquer la capitale romaine Constantinople, mais le plan ne fut pas exécuté en raison de la guerre civile qui éclata dans le califat en 656 / 35 AH. Les monts Taurus (dans l'actuelle Turquie) ont constitué les frontières les plus occidentales du califat rachidun en Anatolie à l'époque d'Othman.

Reconquête de l'Istakhr[modifier | modifier le code]

La province de Fars en Perse a été conquise par les musulmans pendant le califat d’Omar. Sous le califat d’Othman, comme d’autres provinces de Perse, Fars se révolta aussi. Othman ordonna alors à Abdallah ibn Amir, le gouverneur de Bassorah, d'engager des mesures immédiates pour reprendre le contrôle de la situation. En conséquence, il marcha avec une grande armée sur Persépolis ; la ville se rendit et accepta de payer un tribut. De là, l’armée marcha jusqu’à Al j bard, où, après avoir observé une brève résistance, les musulmans s’emparèrent de la ville dont les citoyens consentirent également à verser un tribut. Par la suite, la force musulmane se déplaça vers Jor. Les Persans livrèrent bataille, mais ils furent vaincus et la ville fut prise par les musulmans. La paix fut conclu avec les conditions coraniques habituelles, c'est-à-dire le paiement de la djizîa par les vaincus. Alors que l’armée se trouvait encore à Jor, Persépolis se rebella à nouveau; Abdallah ibn Amir emmena les forces qui lui restaient jusqu'à Persepolis et assiégea la ville. Après une violente bataille, les musulmans ont pu reprendre le contrôle de la ville. Tous les chefs de la révolte furent pourchassés ou exécutés. Avec la chute de Persépolis, d’autres villes du Fars se sont également soumis inconditionnellement. Ainsi, les musulmans sont redevenus les maîtres du Fars. Après avoir analysé la situation, le gouverneur du Fars, nommé par Othman, envoya des missionnaires dans diverses villes de la région pour prêcher pacifiquement l'Islam aux autochtones afin d’éviter que ceux-ci ne se révoltent à nouveau. Cette technique s'avéra rudement efficace et un grand nombre de personnes adopta l’islam.

Reconquête du Sistan[modifier | modifier le code]

  • Le califat rachidun à son apogée sous Othman en 654 / 34 AH.
  • Au VIIe siècle du calendrier julien, la province du Sistan de l’Empire sassanide allait de l'actuelle province iranienne du Sistan-et-Baloutchistan à celle pakistanaise du Balouchistan en passant jusqu'au centre de l'Afghanistan.

    Le Sistan a été conquis pendant le califat d’Omar, et comme d’autres anciennes provinces de l’Empire sassanide, elle est entrée en rébellion contre le califat d'Othman en 649. Othman ordonna au gouverneur de Bassorah, Abdallah ibn Amir, de reconquérir la province perse du Sistan. Une colonne fut envoyée au Sistan sous le commandement de Rabi ibn Ziyad (en). La première confrontation entre l'armée califale et les insurgés eu lieu à Zaliq, une ville frontalière, pendant un festival persan. Les musulmans furent victorieux et les locaux demandèrent la paix, qui fut obtenu après que le dehkan du village ait reconnu l'autorité d'Othman. On dit alors que le commandant musulman, Rabi ibn Ziyad, a planté un poteau dans le sol et demanda aux Perses d’empiler de l’or et l’argent jusqu’à son sommet. Une fois cela fait, les musulmans abandonnèrent le village et laissèrent ses habitants en paix.

    Qarquqya, à huit kilomètres de Zaliq, fut reconquise sans résistance. Après cela, l’armée califale se dirigea vers Zarandj, dans le sud-ouest de l’Afghanistan. Après un long siège, Zarandj se rendit finalement aux conditions coraniques de la djizîa.


    Révoltes contre Othmân[modifier | modifier le code]

    Assassinat et succession[modifier | modifier le code]

    Selon la tradition musulmane, Othmân aurait été assassiné à Médine le dans sa maison[38], après avoir été assiégé durant 40 jours par un groupe d'insurgés venus de Bassora, de Koufa et d'Égypte, et ceci pendant le mois du pèlerinage à La Mecque. Il reçut neuf coups de poignard d'un certain ʿAmr ibn al-Hamiq, et sa femme Nayla a eu les doigts tranchés en voulant s'interposer[39]. Othmân, aurait dit avant son assassinat : « Hier, j'ai vu Mahomet en rêve ainsi qu'Abou Bakr et Omar qui m'ont dit : Patiente, car tu déjeuneras auprès de nous la nuit prochaine. ». La population médinoise resta perplexe, car elle ne s'imaginait pas que l'incident irait si loin[39]. La période qui suivit ces événements est appelé al-fitna al-kubrâ (le grand désordre).

    Lors d'une campagne épigraphique à Tayma en Arabie Saoudite, fut découvert en 2013 un graffito daté probablement de l'an 36 de l'hégire (656) qui confirme l'existence et la mort violente de Othmân ibn Affan : « je suis Qays, le scribe, Abū Kuṯayir. Que Dieu maudisse celui qui a assassiné Othmân b. ʿAffān et [ceux qui] ont incité à ce meurtre sans pitié ! ». Bien que le lapicide soit un « partisan de la famille omeyyade choqué par le meurtre de ʿUthmān », il n'utilise ni le titre de « Commandeur des croyants », ni formule d'eulogie [40]

    Ali ibn Abi Talib, qui n'est plus à Médine, se retira dans sa maison, horrifié par cet événement[41]. Les mêmes sahaba (compagnons de Mahomet) qui ont élu Othmân vinrent le voir afin de lui demander d'être leur chef[41]. Il refusa au début, mais acceptera quelques jours plus tard, à la demande générale, à la mosquée de Médine devant une foule assemblée[42].

    Personnalité[modifier | modifier le code]

    Othman était un père de famille[43] qui menait une vie simple, même après être devenu le calife et malgré le fait qu'il était riche en raison de son entreprise familiale florissante. Les califes, comme tout fonctionnaires, étaient payés pour leurs services par le Bayt al-mal (en), le trésor public des musulmans, mais Othman ne prenait jamais de salaire pour ses services en tant que calife, car il était déjà riche[9]. Othman était aussi un philanthrope : il avait pour coutume d'affranchir des esclaves tous les vendredis, de défendre la veuve et l’orphelin et d'offrir une charité illimitée à ses sujets. Sa patience et son endurance faisaient partie des caractéristiques qui ont fait de lui un dirigeant efficace. Afin de prendre soin des veuves du prophète, il doubla leurs indemnités. Cependant Othman n'était pas un homme aussi ordinaire que l'on pourrait le croire : Il s'est en effet fait construire un palais à Médine (la première capitale du califat), connu sous le nom d'Al-Zawar, dont l'une des caractéristiques notables était ses portes faites de bois précieux. Et bien qu'Othman ait fait construire ce palais sur ses propres deniers, les musulmans chiites y ont vu là un premier pas dans le fait de régner comme un roi[7].

    Tout comme Abou Bakr[44],[45], Othman ne buvait pas de vin du temps de la jâhilîya. Un jour, il lui fut demandé pourquoi il s'était abstenu, alors qu'à l'époque il n'y avait aucune objection à cette pratique (l'interdiction est venu progressivement avec la révélation). Il répondit : « J'ai vu que l'alcool faisait fuir l'intellect dans son intégralité, et je n'ai jamais connu quoi que ce soit capable de faire cela et de le faire revenir ensuite dans son intégralité[46]. »

    Le trait de caractère le plus distinctif d'Othman était sans doute son extrême pudicité. Dans un hadîth authentique, recueilli par l'imam Muslim dans son Sahih, Aïcha raconte : « Le messager d'Allah (ﷺ) était allongé dans le lit de mon appartement, la cuisse découverte, et Abou Bakr demanda la permission d'entrer. Elle lui fut donnée et il conversa dans le même état (la cuisse ou le jarret du Prophète non-couvert); Le messager d'Allah (ﷺ) s'est assis et il a bien rabattu ses vêtements. [..] Il (Othman) est ensuite entré et a conversé et lorsqu'il est sorti, Aïcha a dit : Abou Bakr est entré et tu n'as pas bougé et tu n'as pas observé beaucoup de soin (dans l’agencement de tes vêtements), alors il (ﷺ) déclara : « Ne devrais-je pas avoir de la pudeur vis-à-vis d’un homme, devant lequel même les anges ont de la pudeur[47] ? »

    Postérité[modifier | modifier le code]

    L’opinion générale de la communauté musulmane sunnite et des historiens sunnites concernant le régime d’Othman, est globalement positive concernant sa clémence et son népotisme, dans la mesure où - sur le court terme tout du moins - les proches qu'il avait nommé à des postes de pouvoirs tels que Muʿawiya et Abdallah ibn Amir s’avérèrent être compétents et efficaces tant sur le plan militaire que sur le plan politique.

    La décision la plus importante d'Othman fut peut-être de permettre à Muʿawiya et à Abd Allâh ibn Saad, tous deux respectivement gouverneur de la Syrie et de l’Afrique du Nord, de constituer la première marine intégrée musulmane de la mer Méditerranée, permettant ainsi au califat de rivaliser avec la domination maritime de l'Empire romain d'Orient. Les exploits d'Abd Allâh ibn Saad dans la conquête de la côte sud-est de l'Espagne, sa superbe victoire à la bataille des mâts à Phoenix en Lycie et l'extension des conquêtes aux côtes de la mer Méditerranée sont autant d'éléments trop souvent négligés dans l'historiographie. Ces réalisations ont donné naissance à la toute première marine permanente musulmane, contribuant ainsi à la première expansion coloniale maritime des musulmans vers Chypre[48],[49] (conquise en 649 / 28 AH) et Rhodes[50] (conquise en 654 / 33 AH), où les restes du colosse - l'une des sept merveilles du monde antique - furent par ailleurs détruits pour être vendus à un marchand juif d'Émèse[51]. Cela a ensuite ouvert la voie à l’établissement de nombreux États musulmans en mer Méditerranée lors des siècles suivants tels que les émirats de Sicile[52], de Bari[53] et de Crète[54] ainsi que la dynastie des Aghlabides[55]. L’importance du développement naval entrepris par Othman et son héritage politique a pu être plébiscité et mis en valeur récemment[56],[57]. D'un point de vue expansionniste, Othman est considéré comme un expert en gestion de conflit comme en témoigne la façon dont il a traité la situation explosive dans les premières colonies musulmanes de Koufa et de Bassorah, en envoyant les colons fauteurs de troubles dans de nouvelles campagnes militaires[58]. Cela a non seulement permis de pacifier provisoirement ces régions, mais aussi d’élargir le territoire des califes biens-guidés qui s'étendait désormais de l'Ibérie méridionale[59] en Occident jusqu'au Sind en Orient.   

    Notes et références[modifier | modifier le code]

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    2. (de) « Katalog der Deutschen Nationalbibliothek », sur Bibliothèque nationale allemande (consulté le 7 mars 2016)
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    18. Ibn Hisham 2/60–129; Za'd Al-Ma'ad 2/91–108; Fath Al-Bari 7/345–377; Mukhtasar Seerat Ar-Rasool p.242–275
    19. « A Shi'ite Encyclopedia », sur Al-Islam.org, Ahlul Bayt Digital Islamic Library Project
    20. Musnad Ahmad Ibn Hanbal, Volume 4, p. 281
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    22. al-Khatib al-Tabrizi, Mishkat al-Masabih, p. 557
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    26. R. V. C. Bodley, The Messenger – the Life of Mohammed. The six counselors appointed by Umar met as soon as the funeral was over. The caliphate was first offered to Ali with the condition that he governs according to the Qur'an (Islamic Book), the traditions of Mohammed, and the regulations established by Abu Bakr and Umar. Ali accepted the first two conditions, and refused the third. The offer was, accordingly, withdrawn and Uthman was approached with the same terms. Being less honest than Ali, he accepted them without demur.
    27. Voir pages 48-49 in The first muslims - History and Memory, Asma Afsaruddin, OneWorld Publications Oxford, 2009
    28. rapporté par Al-Bukhârî, hadith no 4702
    29. Initiation au Coran. Par Mohammad Abdallah Draz. Publié par les éditions Beauchesne, 2005 (ISBN 2-7010-1451-4), p. 67 livre en ligne
    30. M. François Déroche, « Cours : La voix et le calame. Les chemins de la canonisation du Coran a », Histoire du Coran. Texte et transmission,‎ 2015-2016 (lire en ligne)
    31. Martin Lings et Yasin Hamid Safadi, The Qurʻān: Catalogue of an exhibition of Qurʻān manuscripts at the British Library, 3 April-15 August 1976, 1976 (ISBN 0905035216), p.  12-13 et 17.
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    35. Voir Al-Bidâya wa An-Nihâya (Tarikh ibn Kathir)
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    Voir aussi[modifier | modifier le code]

    Articles connexes[modifier | modifier le code]

    Liens externes[modifier | modifier le code]