Ibn Kathir

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`Imâd ad-Dîn Abû al-Fidâ' 'Ismâ`îl ben `Umar ben Kathîr[1] ou Ibn Kathîr est un juriste shâfi'ite, traditionniste arabe musulman et historien. Il est né en 700 à Bosra au sud de la Syrie. Ibn Kathîr est mort en février 774 à Damas et est enterré au cimetière de cette même ville, aux côtés de Ibn Taymiyyah. Ibn Kathir étant un des élèves du théologien Ibn Taymiyya[2], haute figure de la doctrine du salaf, le Tafsir d'Ibn Kathir est le tafsir le plus souvent repris par les mouvements salafistes pour interpréter le Coran[3],[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a étudié auprès d'Abou al Hajaj al Mizzi qui était son principal cheikh, ainsi qu'Ibn Taymiya à Damas de l'école hanbalite pendant la période mamelouke en Syrie. À la fin de ses études en 1341, sa première fonction officielle est de participer à une commission d'enquête chargée de trancher certain problèmes d'hérésies. Par la suite il occupe des fonctions plus ou moins officielles. En juin/juillet 1366 il devient professeur dans la grande mosquée de Damas.

Ibn Kathîr est l'auteur d'un commentaire du Coran (tafsir). Ibn Kathir met les versets du Coran en relation avec les hadiths. Le commentaire du Coran par Ibn Kathîr est réputé et un des plus répandus.

Ibn Kathîr est célèbre pour sa capacité à mémoriser les textes, il savait par cœur tout le Coran et un grand nombre de hadiths. Il est connu comme juge (cadi), comme historien. Bien qu'ayant étudié avec des hanbalites, Ibn Kathîr se réclame du chaféisme[5]. Deux de ses ouvrages en sont témoins, l'un d'eux ayant pour titre Les Catégories des disciples de l'imam Ach-Chafî.

Son ouvrage ayant le plus de succès est sa grande histoire de l'islam La Bidâya[6] qui comprend une importante chronique de la ville de Damas.

À la fin de sa vie, Ibn Kathîr devint aveugle. Il attribua cette cécité à son habitude de travailler tard le soir dans sa tentative de réorganiser le recueil de hadiths d'Ahmad ibn Hanbal (Musnad) en rangeant les hadiths par thème plutôt que par chaîne de garants (isnad).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

La croyance de Ibn Kathir[modifier | modifier le code]

Ibn Hajar al-‘Asqalani rapporte dans « ad-Durar al-Kaminah » (Vol.1 , p.58) que Ibn Kathir et le fils d’Ibn al-Qayyim se sont disputés :

« 155- Ibrâhîm ibn Muhammad ibn Abi Bakr ibn Ayoub ibn Qayyîm al-Jawziyya (…)

(…) Ibn Kathir lui a dit , “Tu ne m’aimes pas car je suis Ash’ari »

Ibn Kathîr est de croyance ash'arite provenant de Abu l-Hassan Al-Ach'ari. Ceci est notamment confirmé par ses diverses interprétations qu'il a pu faire dans ses exégèses.

Ainsi dans son livre « Al-Bidâyah wa n-Nihâyah », Ibnou Kathîr rapporte l’interprétation de l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal en disant : « Al-Bayhaqi rapporte de Al-Hakîm qui le tient de Abou ‘Amr ibn As-Sammâk qui le tient de Hanbal que Ahmad ibn Hanbal a interprété la parole de Allâh : {وَجَآءَ رَبُّك } « wa jâ-a Rabbouka » [Soûrat Al-Fajr / 22] en disant que Sa récompense viendra. Puis, Al-Bayhaqi a dit: « Cette chaîne de transmission est incontestable ». fin de citation [7]

Dans son tafsîr, lors de l’explication du verset 10 de Soûrat Al-Fath, Ibnou Kathîr a dit :« Yadou l-Lâh fawqa aydîhim ( يد الله فوق أيديهم) : c’est-à-dire qu’Il (Allâh) sait tout d’eux , Il entend ce qu’ils disent, voient leurs endroits, et Il connaît leur for intérieur et leur apparence»[8]

Et lors de l’explication du verset 64 de Soûrat Al-Mâ-idah, Ibnou Kathîr a dit : « Allâh ta’âlâ dit : {بَلۡ يَدَاهُ مَبۡسُوطَتَانِ يُنفِقُ كَيۡفَ يَشَآءُ‌} (Bal yadâhou Mabsoûtatân younfiqou kayfa yachâ) : c’est-à-dire que Allâh est Celui dont les miséricordes sont immenses, et dont la générosité est abondante, puisqu’Il est Celui qui possède les trésors de toute chose »[9]

Lors de l’explication du verset 73 de Soûrat Ali ‘Imrân, Ibnou Kathîr a dit : « Allâh ta’âlâ dit : { قُلْ إِنَّ ٱلْفَضْلَ بِيَدِ ٱللَّهِ يُؤْتِيهِ مَن يَشَآءُ } [Qoul inna l-Fadla bi-Yadi l-Lâh you-tîhi li man yachâ] : c’est-à-dire que toutes les choses sont sous le contrôle de Allâh et Il est celui qui donne et qui prend. Certes Il est celui qui donne la Foi, la science, et la bonne compréhension à qui Il veut. Il égare qui Il veut en aveuglant sa vue, en scellant son coeur, son ouïe, et en bloquant sa vue »[10]

Ainsi dans ces trois derniers versets Ibn Kathîr s'écarte de la voie des anthropomorphistes (moujassimah) qui est le fait de croire que le terme "yad" au sujet de Allâh viendrait dans le sens de la partie corporelle (main).

Ibn Kathir parle de l’istiwa de Allah[modifier | modifier le code]

Dans son tafsir, lors de l’explication du verset { ثُمَّ ٱسۡتَوَىٰ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ } (thoumma stawa ‘ala l-‘arch) [Sourat Al-A’raf/54], Ibnou Kathir a dit :

« Les gens ont à ce sujet plusieurs avis, mais ce n’est pas le lieu de les détailler ici. Nous citons ici la voie du Salaf vertueux de Malik, de Al-Awza’i, de Ath-Thawri, de Layth Ibnou Ka’b, de Ach-Chafi’i, de Ahmad ibnou Hanbal, de Ishaq ibnou Rahawih et d’autres qu’eux parmi les imams musulmans du passé et contemporains et plus récents, à savoir de lire ces versets comme ils sont parvenus. Sans attribuer le comment, ni d’assimilation, ni annulation de ces versets. 

Et le sens apparent qui vient à l’esprit des assimilateurs est nié au sujet de Allah ta’ala. Car Allah n’a pas de ressemblance avec quoi que ce soit de Ses créatures. Rien n’est tel que Lui et Il est Celui qui entend et qui voit. Mais il en est comme l’on dit les imams parmi lesquels Na’im ibnou Hammad al-Khouza’i, le chaykh de Al-Boukhari, qui a dit : « Celui qui assimile Allah à Ses créatures est un mécréant, et celui qui renie ce que Allah a cité comme attributs pour Lui-même est mécréant ». Et il n’y a pas, dans les attributs que Allah a cités comme étant Ses propres attributs ni dans ceux que Son messager a cités, d’assimilation. Celui qui confirme à Allah ta’ala ce qui est parvenu dans les versets explicites et les nouvelles sûres, conformément à ce qui est digne de l’éminence de Allah ta’ala et qui a nié au sujet de Allah ta’ala les défauts, il aura suivi la voie de bonne guidée.»[11]

Il avait donc adopté la croyance du juste milieu, "de Ahl Sunnah wa Jama'a" c'est-à-dire le groupe de la Sounnah, la voie des salafs, les pieux prédécesseurs.

Sa position sur la célébration du Mawlid[modifier | modifier le code]

Dans son livre d’histoire « Al-Bidâyah wa n-Nihâyah » Ibnou kathîr fait l’éloge du roi Al-Moudhaffar et de sa commémoration du Mawlid en disant : « Il organisait – il vise le roi Al-Moudhaffar – le Mawlid honoré au mois de Rabî’ou l-Awwal et le fêtait par une festivité grandiose. Il était magnanime, courageux, brave, sage, savant et juste, que Allâh lui fasse miséricorde et qu’Il honore pour lui sa demeure dans l’au-delà. Le chaykh Abou l-Khattâb Ibnou Dahyah a composé pour lui un livre sur la naissance du Prophète qu’il a intitulé : “At-Tanwîr fi Mawlidi l-Bachîri n-Nadhîr” ; il l’a récompensé pour cela de mille dinars. L’époque de son règne s’est prolongée jusqu’à ce qu’il meurt alors qu’il faisait le siège des croisés dans la ville de ‘Akkâ en l’an six-cent-trente et il était alors louable de conduite et de fond de cœur ».[12],[13]

Sa position au sujet du tabarrouk et du tawassoul[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage « Al-Bidâyah wa n-Nihâyah » Ibnou Kathîr a dit : « Le Hâfidh Aboû Bakr Al-Bayhaqi a dit […] d’après Mâlik (Ad-Dâr) : « Les gens furent touchés par la sécheresse durant le califat de ‘Oumar Ibnou l-Khattab. Un homme est alors venu à la tombe du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et a dit : « Ô Messager de Allâh, demande la pluie pour ta communauté, ils ont eu beaucoup de pertes ». Cet homme a alors vu dans le rêve le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) lui dire [dans le sens] : «Passe le salâm à ‘Oumar et informe-le qu’ils recevront la pluie et dis-lui: «Occupe-toi bien de la communauté». L’homme est alors allé voir ‘Oumar et lui a annoncé cela. ‘Oumar s’est alors mis à pleurer et a dit : « Ô Seigneur, je ferai tout ce qui est en ma capacité pour servir la communauté » Et la chaîne de transmission de ce hadîth est sahîh (authentique).» Fin de citation[14]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. arabe : ʿimād ad-dīn ʾabū al-fidāʾ ʾismāʿīl ben ʿumar ben kaṯīr, al-qurašī ad-dimašqī aš-šāfiʿī عماد الدين أبو الفداء اسماعيل بن عمر بن كثير بن ضوء بن كثير ، القرشي الدمشقي الشافعي
  2. https://www.academia.edu/6996715/Was_Ibn_Kathir_the_Spokesperson_for_Ibn_Taymiyya_Jonah_as_a_Prophet_of_Obedience
  3. http://www.qss.org/articles/salafi/text.html
  4. http://www.salafibookstore.com/sbs/new/sbs.cfm?scn=productsdisplay&catID=1&subID=0&prodID=30
  5. D'où son surnom d'Ach-Chafi`î, arabe : aš-šāfiʿī, الشافعي, le chaféite
  6. arabe : al-bidāya wa an-nihāya, البداية و النهاية, Le début et la fin
  7. « Ibn Kathîr rapporte l’interprétation de l’Imâm Ahmad au sujet du verset « wa jâ-a Rabbouka » », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  8. « Ibn Kathîr interprete {Yadoullâh fawqa aydîhim} par le fait que Allâh sait tout », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  9. « Ibn Kathîr interprète {yadâhou Mabsoûtatân} par le fait que Allâh est généreux et miséricordieux », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  10. « Ibn Kathîr interprète {inna l-Fadla bi-Yadi l-Lâh} par le fait que toutes les choses sont sous le contrôle de Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  11. « Ibn Kathîr parle de l’istiwâ de Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  12. « Ibnou Kathîr parle en bien du Mawlid », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  13. « Ibn Kathîr parle en bien du Mawlid (2) (rapporté par As-Souyoûti) », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)
  14. « Ibn Kathîr rapporte de Al-Bayhaqi que les compagnons venaient à la tombe du Prophète lors de difficultés », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]