Arabie saoudite

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Arabie saoudite
Royaume d'Arabie saoudite

المملكة العربية السعودية (ar)

al-Mamlakat al-‛Arabīyat as-Sa‛ūdīya

Drapeau
Drapeau de l'Arabie saoudite
Blason
Emblème de l'Arabie saoudite
Description de l'image Saudi Arabia (orthographic projection).svg.
Devise nationale « Il n'y a de dieu que Dieu et Mohammed est son prophète » (chahada)
Hymne national Aash Al Maleek
Administration
Forme de l'État Monarchie absolue de droit divin
Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud
Langues officielles arabe
Capitale Riyad

24° 42′ N 46° 43′ E / 24.7, 46.717

Géographie
Plus grande ville Riyad
Superficie totale 2 149 690 km2
(classé 13e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +3
Histoire
Indépendance Protectorat britannique
Unification
Démographie
Gentilé Saoudien[1]
Population totale (2014) 30 770 375[2] hab.
(classé 41e)
Densité 14 hab./km2
Économie
PIB nominal (2014) en augmentation 752,459 milliards de $
+ 1,09 % (19e)
PIB (PPA) (2014) en augmentation 1 605,703 milliards de $
+ 5,1 % (14e)
PIB nominal par hab. (2014) en augmentation 24 454 $
- 1,46 % (34e)
PIB (PPA) par hab. (2014) en augmentation 52 183 $
+ 2,45 % (12e)
Taux de chômage (2014) Decrease Positive.svg 5,55 % de la pop. active
- 0,36 %
Dette publique brute (2014) Decrease Positive.svg 44,3 milliards de riyal saoudien (1,57 % du PIB)
- 26,34 %
IDH (2013) en augmentation 0,836 (très élevé) (34e)
Monnaie Riyal saoudien (SAR​)
Divers
Code ISO 3166-1 SAU, SA​
Domaine Internet .sa
Indicatif téléphonique +966

L’Arabie saoudite, en forme longue le royaume d'Arabie saoudite, est une monarchie absolue islamique dirigée par la famille Saoud depuis sa création en 1932 par Ibn Séoud. Occupant 80 % de la péninsule Arabique, c'est le plus grand pays du Moyen-Orient avec une superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés, et le deuxième par sa superficie des pays du monde arabe, après l'Algérie.

Le pays a l'islam pour religion d'État et l'arabe pour langue officielle ; il abrite les deux plus importants lieux saints de l'islam, Masjid al-HaramLa Mecque) et Masjid al-NabawiMédine).

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Arabie saoudite.
Vue du Tuwaiq.

L'Arabie saoudite est limitrophe de l’Irak, de la Jordanie, du Koweït, d’Oman, du Qatar, des Émirats arabes unis et du Yémen ; elle est bordée par la mer Rouge et le golfe Persique.

En 2000, l'Arabie saoudite et le Yémen ont signé un accord afin de concrétiser leur frontière commune, source de discorde jusque-là. Une grande partie des frontières sud avec les Émirats arabes unis et Oman n'est pas clairement établie d'où la difficulté à correctement calculer la superficie du royaume saoudien. Le gouvernement parle de 2 217 949 km2 mais d'autres estimations varient de 1 960 582 jusqu'à 2 240 000 km2. Cependant le pays est considéré comme le treizième au monde par sa superficie.

Depuis la région côtière occidentale (Tihamah), les terres s'élèvent jusqu'à une chaîne de montagnes (Jabal al Hejaz) au-dessus de laquelle s'étend le plateau de Nejd, dans la partie la plus centrale. L'Asir - région du Sud - possède des montagnes s'élevant jusqu'à 3 000 mètres et est réputée pour avoir le climat le plus frais et humide du pays. L'Est est, quant à lui, plutôt rocailleux avec des étendues de sables en continuité jusqu'au golfe Persique. L'hostile Rub' al Khali (le « Quart Vide ») est un désert s'étendant dans le sud du pays.

Relativement peu peuplées, la plupart des terres varient entre désert et zone semi-aride, occupée par une traditionnelle population bédouine. La végétation s'y limite à de maigres plantes et autres herbes. Moins de 2 % des terres sont cultivables. Les centres de populations se retrouvent surtout le long des côtes Est et Ouest et dans quelques oasis densément peuplées dans l'intérieur du pays, telles Al-Hufuf et Buraydah. Le reste du pays compte très peu d'habitants bien que l'industrie pétrolière y ait bâti quelques communautés artificielles. L'Arabie saoudite n'a aucun lac ou rivière permanents, bien que sa grande ligne côtière s'étende sur 2 640 km de la mer Rouge au golfe Persique, offrant de nombreux récifs de coraux et une large biodiversité côtière et aquatique.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Alors qu'« Arabie » désigne la péninsule Arabique dans son ensemble, « saoudite » évoque les Al Saoud, et en particulier Abdelaziz ben Abderrahman ben Fayçal Al Saoud dit « Ibn Saoud », qui reconquit ce pays au profit de sa famille en 1932 et en fit « le Royaume arabe saoudien » (en arabe al-Mamlakat al-°Arabīyat as-Sa°ūdīyat ; المملكة العربية السعودية), ou de son nom court السعودية (es-saoudia), qu'on peut traduire par « la Saoudite » ou « la Saoudie ».

La forme longue du nom du pays est le Royaume d'Arabie saoudite[3].

« Saoud » se réfère en fait à Saoud ben Mohammed ben Mouqrin, le père de Mohammed Ibn Saoud, patriarche de la famille et fondateur en 1744[4] du premier État saoudien.

En français, les orthographes « séoudite » (à la place de « saoudite ») et « Séoud » (au lieu de « Saoud ») fréquentes autrefois, se sont raréfiées sous l'influence de règles de transcription anglophones[réf. nécessaire][5], mais on continue à écrire le nom de son fondateur Ibn Séoud.

Climat[modifier | modifier le code]

Lycium shawii appelé Gharqad qui a donné son nom au cimetière d’al-Baqî` à Médine

L’Arabie saoudite a globalement un climat désertique, avec des températures diurnes très élevées et une forte baisse de la température pendant la nuit. Les températures estivales moyennes sont d'environ 45 °C, mais peuvent atteindre 54 °C. En hiver, la température descend rarement en dessous de 0 °C. Au printemps et en automne, la chaleur est tempérée, avec des températures moyennes autour de 29 °C. Les précipitations annuelles sont extrêmement faibles.

La région de l'Asir diffère, en raison de la mousson de l'Océan Indien, qui, généralement entre octobre et mars, donne une pluviométrie moyenne de 300 millimètres, soit environ 60 % des précipitations annuelles.

La côte ouest du pays, sur la Mer Rouge, a un climat subtropical. Dans la zone centrale, autour de Jeddah et La Mecque, les étés sont très chauds avec un degré d'humidité très élevé, alors que les hivers sont modérés avec une humidité basse. Cette région reçoit des pluies légères mais soudaines, parfois accompagnées d'orages de novembre à février. Au printemps et en automne, les pluies sont rares. Les vents du sud occasionnels durant l'hiver entraînent des tempêtes de sable et de pluie, provoquant des inondations dans les vallées ce qui cause de nombreux dommages aux populations nomades ou semi-nomades qui y résident.

En été, les moyennes de température sont de 45 °C, alors qu'en hiver, elles avoisinent 10 °C. Le 1er août 1996, une température de 49,6 °C a été enregistrée à la Mecque. Le 26 janvier 1997, à Taïf, un minimum de -1,5 °C a été constaté[10][réf. insuffisante].

Biodiversité[modifier | modifier le code]

La faune comprend des mammifères comme des loups, des hyènes, des mangoustes, des babouins, des lièvres, des rats des sables et des gerboises. Les plus gros animaux sont les gazelles, les oryx et les léopards qui, relativement nombreux avant les années 1950, sont actuellement des espèces en voie de disparition, à cause de la chasse en véhicules motorisés.

Parmi les oiseaux les plus courants, on trouve les faucons (qui sont capturés et entraînés pour la chasse), les aigles, les vautours, les gangas et les bulbuls.

Il existe plusieurs espèces de serpents, dont beaucoup sont venimeux, et de nombreux types de lézards.

La vie marine, dans le golfe Persique, est variée, avec une réserve de dugongs sur la Mer Rouge.

Les animaux domestiques sont les dromadaires, les moutons, les chèvres, les ânes et les poules.

En raison du climat, la vie végétale naturelle de l'Arabie saoudite se compose essentiellement de petites herbes et d'arbustes nécessitant peu d'eau. On note cependant quelques petites zones herbeuses et des arbres dans le sud de l'Asir. Le palmier dattier (Phoenix dactylifera) est très répandu.

Un nombre important de zones naturelles sont protégées, terrestres et marines.

Géographie administrative[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Provinces d'Arabie saoudite.

L'Arabie saoudite est divisée en 13 provinces (mintaqah idāriyya en arabe, expression qui se traduit littéralement par « région administrative », dont la forme au pluriel est manatiq idāriyya).

Les provinces sont divisées en 118 gouvernorats (arabe : محافظات, muhafazat au pluriel, muhafazah singulier), dont les capitales provinciales, qui ont un statut différent des municipalités (intègres), sont dirigées par des maires (amin).

Les gouvernorats sont subdivisés en sous-gouvernorats (marakiz, markaz).

Numéro Province Capitale
Provinces d'Arabie saoudite.
1 Al Bahah Al Bahah
2 Al-Hudud ach-Chamaliya (province nord) Arar
3 Al Jawf Sakaka
4 Médine Médine
5 Al Qasim Buraydah
6 Riyad Riyad
7 Ach-Charqiya (province de l'est) Dammam
8 Asir Abha
9 Haïl Haïl
10 Jizan Jizan
11 La Mecque La Mecque
12 Najran Najran
13 Tabuk Tabuk

Histoire[modifier | modifier le code]

Troupes des Ikhwân
Drapeau noir, couleur promettant l'engagement des hostilités, brandi par les Ikhwân.

Le premier État saoudien est constitué aux alentours de 1744. Un chef tribal local, Mohammed Ibn Saoud, s'associe avec un prédicateur religieux, Mohammed Ibn Abdelwahhab, afin de réinstituer les dogmes revendiqués plus tard par le salafisme, forme de l'Islam fondamentaliste.

La famille Al Saoud et le royaume connaissent ensuite des confrontations augmentant ou réduisant leur pouvoir en fonction des accords et désaccords avec l'Égypte, l'Empire ottoman et d'autres familles arabes pour le contrôle de la péninsule. Trop instable, le royaume finit par disparaître en 1818.

Un second État saoudien est fondé six années plus tard en 1824, mais disparaît en 1891.

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1902, Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, souhaitant restaurer l'ancien État de son aïeul, s'empare de Riyad, alors occupée par la famille rivale Al Rachid, originaire de Haïl. En 1904, il s'empare de l'oasis de Buraydah, capitale de la région du Qasim, au nord du Nejd. Abdelaziz fonde vers 1912, avec l'appui des bédouins, l'ordre des Ikhwân (« frères ») qui lui permet d'agrandir son domaine[11]. Les Ikhwân sont progressivement installés dans environ deux cents colonies agricoles (les hujjar). En 1913, Abdelaziz s'empare de la province du Hassa, dans l'est, dont la majorité de la population est chiite. Son poids politique est reconnu par les Ottomans en mai 1914 lorsque ceux-ci le nomment wali du Nejd.

Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Abdelaziz se rapproche graduellement des Britanniques. Un traité de protection est signé avec ces derniers en 1915.

Rencontre du président Roosevelt et du roi Ibn Saoud, en Égypte en février 1945, photo prise à bord du Quincy, un bâtiment de l'US Navy.

Profitant de la dislocation de l'Empire ottoman et de la faiblesse des États arabes qui se constituent pendant le conflit mondial, il fait la conquête par la force en 1924-1925 du Hedjaz, un État comprenant les villes de La Mecque et de Médine, en s'en emparant il met fin à près d'un millénaire de chérifat hachémite, la lignée des descendants du grand-père du prophète. Il finit par se faire reconnaître roi du Hedjaz, en 1927.

L'État ainsi constitué est consolidé par Abdelaziz Al Saoud pour devenir un pays puissant et surtout acteur de la scène internationale. Cet arrêt des conquêtes le brouille avec ses alliés Ikhwân, qui voudraient poursuivre la conquête pour étendre les frontières à toute la communauté des croyants. L'appui des oulémas, essentiellement par une fatwa de 1927, profite à Abdelaziz : ils décrètent qu'il est interdit de se révolter contre le détenteur du pouvoir. Dès lors, il devient licite de faire la guerre contre les Ikhwân, qui sont écrasés en 1929.

L'Arabie saoudite est fondée officiellement le par la fusion des provinces du Nejd et du Hedjaz. Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud (Ibn Saoud) en devient le roi. Les guerres ayant permis l'accession au pouvoir d'Ibn Saoud firent 500 000 morts entre 1901 et 1932[12].

La découverte de pétrole en mars 1938 transforme le pays sur le plan économique et marque le début d'une alliance stratégique avec les États-Unis concrétisée par le Pacte du Quincy, qui en échange d'un accès au pétrole, engage les États-Unis à protéger militairement la dynastie des Saoud. Cette alliance se révèlera d'autant plus durable que le pays se présente comme un allié de poids face à la montée des nationalismes arabes dans les années 1950-1960 soutenus par l'Union soviétique[13].

Abdelaziz accepte le concept de modernisation du pays et persuade les ultra-conservateurs religieux d'accepter les nouvelles technologies, ce qui se traduit concrètement par un confort matériel pour les saoudiens, mais sans changement des mentalités. Après cinquante ans de pouvoir, Adb al-Aziz meurt en 1953, lui succèdent ses fils — Saoud ben Abdelaziz, Fayçal ben Abdelaziz, Khaled ben Abdelaziz, Fahd ben Abdelaziz, Abdallah ben Abdelaziz et depuis 2015 le roi Salmane ben Abdelaziz.

Dans les années 1980, la prise de la Grande Mosquée de La Mecque met en évidence le poids de la communauté ultra-conservatrice et la pression fondamentaliste s'accentue. Une police des mœurs, la muttawa, est mise en place, s'assurant que tout ce qui se passe dans le royaume n'enfreint pas les règles de l'islam. Les nouvelles technologies sont encadrées, la musique n'est pas autorisée en public, encore moins le théâtre, et la télévision par satellite est également filtrée, tandis que la ségrégation sexuelle est accentuée, et le port du voile intégral obligatoire.

La rapide augmentation des recettes saoudiennes au début des années 1980 qui passent de 65 milliards de dollars à près de 135 milliards en 1981, permet également au pays qui est le « berceau » du wahhabisme d'exporter sa doctrine religieuse sous la forme du salafisme. Cette politique extérieure se manifeste dans la lutte organisée contre l'Union soviétique dans le conflit afghan en accord avec l'allié américain[13], mais également dans le soutien financier de nombreuses organisations islamiques à travers le monde dans les années 2000-2015[14].

Politique[modifier | modifier le code]

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, 7e souverain du royaume d'Arabie saoudite.

L'Arabie saoudite est une monarchie islamique de type absolu, contrôlée par les familles Saoud et Wahhab qui sont liées par le mariage.

Pour le politologue Riadh Sidaoui, les deux dynasties du Nejd sont les « deux faces d’une même pièce »[15].

Pour Nabil Mouline, chercheur au CNRS et spécialiste de l'Arabie saoudite, le système successoral saoudien est de type adelphique, c'est-à-dire entre frères[16]. Toutefois, la transmission de la couronne demeure quelque peu aléatoire puisque le roi n'est pas nécessairement l'aîné : « Chaque roi potentiel est à la tête d’une faction, dont la puissance est déterminée par la force de son clientélisme, son soutien dans les forces armées et ses appuis dans le monde religieux et intellectuel[17]. »

Barack Obama et le roi Abdallah d'Arabie Saoudite, le 6 juin 2014
Jambiya (poignard traditionnel) offert par le roi Abdallah d'Arabie saoudite à François Hollande lors de la visite à Riyad les 29-30 décembre 2013. Exposée au palais de l'Élysée (Paris) lors des Journées du Patrimoine 2014.

L'Arabie saoudite s'attache au Coran comme seule constitution du pays. Le Royaume n'a donc pas réellement de Constitution écrite (et encore moins de Parlement élu), mais seulement une « loi fondamentale de gouvernement » qui codifie depuis 1992 les règles d'organisation gouvernementale déjà existantes[18]. Aucune manifestation ou culte d'une autre religion ne sont acceptés, et ceux qui expriment à ce titre une opinion différente sont déclarés apostats et passibles de la peine de mort. La liberté de religion de la population non musulmane d'origine y est très restreinte et doit s'exercer exclusivement dans le domaine privé.

Depuis la fondation de l'État en 1932 par Ibn Saoud, le royaume a été gouverné par sept monarques :

Nr. Nom Né / Décédé Début de fonction Fin de fonction Remarques
1 Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud 1876 - 1953 22 septembre 1932 9 novembre 1953 Fondateur du troisième État saoudien et du Royaume d'Arabie saoudite (1932), il est également fils d'Abderrahmane ben Fayçal Al Saoud
2 Saoud ben Abdelaziz Al Saoud 1902 - 1969 9 novembre 1953 2 novembre 1964 Fils du roi Abdelaziz
3 Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud 1906 - 1975 2 novembre 1964 25 mars 1975 Fils du roi Abdelaziz
4 Khaled ben Abdelaziz Al Saoud 1913 - 1982 25 mars 1975 13 juin 1982 Fils du roi Abdelaziz
5 Fahd ben Abdelaziz Al Saoud 1921 - 2005 13 juin 1982 Fils du roi Abdelaziz
6 Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud 1923 - 2015 23 janvier 2015 Fils du roi Abdelaziz
7 Salmane ben Abdelaziz Al Saoud 1935 - 23 janvier 2015 Fils du roi Abdelaziz

En novembre 1995, après un accident vasculaire cérébral du roi Fahd, en tant que prince héritier, Abdallah, a pris de facto la direction de l'État. Il devient roi en 2005 après le décès de ce dernier.

En janvier 2015, Salmane succède à son demi-frère Abdallah, décédé.

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Géopolitique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géopolitique du pétrole.

Liée aux États-Unis depuis le pacte du Quincy en 1945, l'Arabie saoudite prend ses distances avec son allié américain au début des années 2010, en réponse à la non-intervention militaire du pays pendant la guerre civile syrienne et au rapprochement irano-américain qui fait suite à l'élection d'Hassan Rohani à la présidence de la République islamique. En conséquence, l'Arabie saoudite refuse son siège obtenu par l'élection du Conseil de sécurité de l'ONU de 2013[19].

Bien qu'hostile aux révolutions du Printemps arabe, lors de la guerre civile syrienne l'Arabie saoudite commence à soutenir les rebelles dits « modérés »[20] quelques mois après le début du conflit. Le royaume tient notamment à contenir l'influence de l'Iran, son principal rival dans la région. Il appuie les groupes salafistes, comme Ahrar al-Sham et Jaysh al-Islam, et soutient aussi l'Armée syrienne libre et des groupes « modérés », en revanche il est hostile aux Frères musulmans. Cependant des milliers de Saoudiens partent combattre en Syrie et des groupes djihadistes syriens bénéficient de soutiens financiers venus d'acteurs privés, d'associations, de personnalités politiques ou d'hommes d'affaires, parfois liés à la famille royale, qui profitent d'un certain laisser-aller de l'État. L'Arabie saoudite finit par s'inquiéter de la montée en puissance des salafistes djihadistes, qui contestent la légitimité de la dynastie saoudienne, et redoute qu'ils ne puissent bénéficier d'une certaine attractivité aux yeux d'une partie de la population saoudienne, ce qui pourrait déstabiliser le royaume. En mars 2013 les départs de combattants pour la Syrie sont rendus illégal par le Ministère de l'Intérieur dirigé par le prince Mohammed ben Nayef Al Saoud. En février 2014, le royaume saoudien classe le Front al-Nosra et l'État islamique comme organisations terroristes et interdit tout soutien ou financement à ces groupes. En septembre 2014, il rejoint la coalition internationale contre l'EI[21],[22],[23],[24].

Dans une vidéo publiée le , Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'État islamique appelle à des soulèvements en Arabie saoudite[25],[26]. De juin 2014 à novembre 2015, l'État islamique mène 7 attentats en Arabie saoudite qui font 88 morts[27]. Le Ministre saoudien de l'Intérieur Mohammed ben Nayef Al Saoud, responsable de la lutte anti-terroriste, est la cible de quatre tentatives d'assassinats de 2004 à 2015, dont un attentat-suicide d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique en 2009[28].

En mars 2016, le royaume wahhabite désigne le Hezbollah comme organisation terroriste et remet en cause une aide financière de quatre milliards de dollars aux forces armées libanaises[29].

Pour le politologue François Burgat : « le ressort de la politique de l’Arabie Saoudite n’est pas idéologique. Arrêtons de penser que ce pays n’a qu’un rêve consistant à vouloir exporter son wahhabisme. Les Saoudiens n’ont qu’un rêve en se réveillant le matin : garder le pouvoir à n’importe quel prix, au prix de n’importe quelle concession idéologique, à savoir en étant capable de prendre appui sur des acteurs qui, sur le papier, leur sont hostiles ». Selon lui, plus que par l'Iran et les chiites, l'Arabie saoudite s'estime menacée principalement par son opposition : les « modérés » (Al-Islah, l'organisation yéménite apparentée aux Frères musulmans) et les radicaux[30].

Plus nuancé, le journaliste Alain Gresh observe que l'Arabie saoudite se rapproche à petits pas des Frères musulmans : « Prudemment, parce que, à terme, les Frères restent un danger, notamment à l’intérieur du royaume  ; avec détermination car la menace iranienne est prioritaire à court et moyen terme »[31].

Selon Ali Al-Ahmad, directeur du Gulf Institute, basé à Washington, « Les Saoudiens sont extrêmement inquiets. Le point de départ d'une éventuelle révolution sera probablement un club de foot plutôt qu'une mosquée »[32].

Accusations de financement de l'extrémisme et du terrorisme islamistes[modifier | modifier le code]

La Face cachée du Royaume des Sables.jpg

L'historien britannique Charles Allen a chiffré que depuis 1979, les autorités saoudiennes ont consacré plus de 70 milliards de dollars à la diffusion de leur idéologie[33], le wahhabisme, l'une des formes les plus rigoristes de l'Islam sunnite. Ce financement a été rendu possible par les réserves de pétrole du pays et le soutien des États-Unis et de l'Europe qui dépendent de ces réserves pour le fonctionnement de leur économie[34].

Il est à noter que 15 des 19 pirates de l'air, lors des attentats du 11 septembre 2001, étaient des sujets du roi d'Arabie saoudite[35]. Selon Bob Graham, ancien vice-président de la commission d'enquête parlementaire sur le 11 septembre, les 28 pages classifiées du rapport publié en 2002, intitulées « éléments, discussion et récit concernant certains sujets sensibles de sécurité nationale », mettraient en cause le consulat saoudien à Los Angeles, l'ambassade d'Arabie Saoudite à Washington ainsi que de riches Saoudiens installés à Sarasota en Floride [36]. Et de conclure : « Pour moi, nous avons montré que quoi qu'ils fassent, il y aurait impunité. Ils ont donc continué à soutenir Al-Qaïda, puis plus récemment dans l'appui économique et idéologique à l'État islamique (Daech). C'est notre refus de regarder en face la vérité qui a créé la nouvelle vague d'extrémisme qui a frappé Paris (attentats contre Charlie Hebdo)[37]». Le 14 avril 2016, Bob Graham a déclaré sur la chaîne de télévision Fox News qu'il aurait reçu un coup de fil de la Maison blanche l'informant de la décision du président américain de déclassifier les 28 pages litigieuses sous 60 jours[38]. Selon le New York Times, l'Arabie saoudite menacerait de vendre des « centaines de milliards de dollars de titres américains si le Congrès adoptait un projet de loi qui permettrait de rendre responsable le gouvernement du Royaume arabe devant les tribunaux américains de leur éventuel rôle lors des attaques du 11 septembre 2001»[39],[40]. Pour la première fois, le 16 mai 2016, le Département du Trésor des États-Unis a dévoilé que le montant des bons du trésor détenus par l'Arabie saoudite s'élèveraient seulement à 117 milliards de dollars, ce qui en ferait le treizième adjudicataire très loin derrière la Chine et le Japon [41]. Par ailleurs, le 17 mai 2016, les sénateurs américains ont approuvé à l'unanimité la proposition de loi autorisant les victimes du 11 septembre 2001 à poursuivre l'Arabie saoudite[42].

Une note de l'administration américaine datant de 2009 (et dévoilée par Wikileaks un an après) avance que « les donateurs privés en Arabie saoudite demeurent la principale source mondiale de financement de groupes terroristes sunnites[43] ». Par ailleurs, deux articles, l'un paru dans le Daily Telegraph en septembre 2014, et l'autre dans Le Monde le 17 novembre 2015 (ce dernier étant un point de vue écrit par les historiens Sophie Bessis et Mohamed Harbi), affirment que l'Arabie saoudite serait, avec le Qatar et la Turquie, l'une des principales sources financières et militaires de l'extrémisme islamiste[44],[45].

Le 8 octobre 2012, Yves Bonnet, ancien patron de la DST a affirmé : « On n'ose pas parler de l'Arabie saoudite et du Qatar, mais il faudrait peut-être aussi que ces braves gens cessent d'alimenter de leurs fonds un certain nombre d'actions préoccupantes[46],[47]

Le 8 mars 2014, Nouri Al Maliki, ancien premier ministre irakien, a accusé l'Arabie saoudite et le Qatar de fournir un soutien politique, financier et médiatique aux groupes d'insurgés comme Daech, Front al-Nosra, Al-Qaïda, etc, allant même jusqu'à « acheter des armes au bénéfice de ces organisations terroristes » pour conclure en droit international que : « Ils attaquent l'Irak, via la Syrie, et de manière directe, ils ont déclaré la guerre à l'Irak » [48].

Le 9 janvier 2015, à la suite de l'attentat contre Charlie Hebdo, Florian Philippot, numéro 2 du FN, a appelé les pouvoirs publics français à rompre purement et simplement les relations diplomatiques avec l'Arabie saoudite et le Qatar « au moins tant qu'ils n'ont pas radicalement changé »[49]. Dans le même esprit, Bruno Le Maire, candidat à la primaire à droite, promet qu'il « remaniera les relations diplomatiques avec l'Arabie saoudite et le Qatar » s'il était élu à la présidence de la République française [50].

Le 20 novembre 2015, dans une tribune publiée par le New York Times, le vainqueur du prix Goncourt du premier roman 2015, l'écrivain Kamel Daoud, visé par une fatwa, a affirmé que l'Arabie saoudite n'est qu'un « Daech qui a réussi » en sus d'être le principal « mécène idéologique de la culture islamiste ». Selon lui, pour lutter contre le terrorisme, l'Occident devrait enfin s'attaquer à « la cause » plutôt qu'à « l'effet »[51],[52].

Selon un article paru dans la Pravda (organe proche du pouvoir) en novembre 2015, le président russe Vladimir Poutine n’exclurait pas de recourir à une intervention militaire contre l'Arabie saoudite et le Qatar qu’il accuse de servir de base arrière pour les groupes islamistes armés dont ils financent les activités. Pour la Russie, l’Arabie saoudite et le Qatar représentent une menace pour sa sécurité et seules des frappes directes contre ces groupes dans ces deux monarchies du Golfe pourraient stopper la déferlante de Daech et des autres mouvements terroristes de même obédience. Aussi, la Russie s’acheminerait vers un élargissement du champ d’action de son armée de l’air en visant la matrice même du terrorisme islamiste, au cœur des deux pays qui en sont les principaux bailleurs de fonds depuis les années 1980. Si aucun lien direct n’est prouvé entre les régimes saoudien et qatari avec Daech, les experts s’accordent à dire que des institutions « indépendantes » dans ces deux richissimes monarchies du Golfe concourent, depuis plusieurs années déjà, au renforcement des groupes islamistes armés en Irak, en Syrie, en Libye et dans la région du Sahel. La décision de mener des frappes aériennes hors de Syrie serait intervenue, selon le quotidien russe, ensuite d'un énième attentat qui a ciblé un avion civil battant pavillon russe en Égypte. Et ce, en application de l’article 51 de la Charte des Nations unies qui considère comme « droit naturel » la « légitime défense »[53].

Le 6 décembre 2015, le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a estimé que l'Arabie saoudite devait cesser le financement des mosquées salafistes en Allemagne qui ne « sont pas moins dangereuses que les extrémistes de droite »[54].

Dans une série d'entretiens en forme de bilan avec le magazine The Atlantic paru en avril 2016, le président américain Barack Obama a déclaré, selon Jeffrey Goldberg, que l'Arabie saoudite « propage l’extrémisme qui a généré le terrorisme » et expliqué comment l’Indonésie, notamment, « d’Etat musulman et tolérant, est devenu un pays extrémiste, à cause du financement par l’Arabie Saoudite des mouvements fanatiques et des écoles wahhabites »[55],[56]. À la suite de ces propos peu diplomatiques, la maison royale saoudienne s'est dite « offensée »[57].

Communication politique[modifier | modifier le code]

Afin de redorer son blason en France, l'Arabie saoudite aurait missionné quatre agences de communication et de relations presse françaises ; Publicis, Image 7, Edile Consulting et une autre dont le nom n'a pas filtré [58],[59].

Forces armées[modifier | modifier le code]

Le Vice-Prince héritier Mohammed ben Salmane Al Saoud à bord du porte-avions USS Theodore Roosevelt, le 7 Juillet 2015.
Frappes aériennes saoudiennes sur le théâtre yéménite en juin 2015, l'Arabie saoudite opérant militairement sans mandat de l'ONU.
Article détaillé : Forces armées saoudiennes.

L'Arabie saoudite consacre au budget militaire l'un des pourcentages les plus élevés du monde, ses dépenses militaires dépassant la barre des 10 % du PIB. Les forces armées saoudiennes se composent des Forces Terrestres Royales saoudiennes, de l'Air Force Royale Saoudienne, de la Marine Royale Saoudienne, de la Défense de l'Air Royale Saoudienne, de la Garde Nationale de l'Arabie Saoudite (la SANG en anglais, un organisme indépendant de l'armée), et les forces paramilitaires, pour un total de près de 200 000 militaires en service actif. En 2005, les forces armées affichaient le personnel ci-après : pour l'armée de terre, 75 000 hommes ; pour l'armée de l'air, 18 000 hommes ; pour l'armée de l'air, 16 000 hommes ; pour la marine, 15 500 hommes (dont 3 000 marins); et la SANG affichait 75 000 soldats actifs et 25 000 supplétifs tribaux.  En outre, il y a le Al Mukhabarat Al Un'amah le service de renseignement militaire.

Le royaume dispose d'une longue relation militaire avec le Pakistan, il a longtemps été avancé que l'Arabie Saoudite aurait secrètement financée le programme nucléaire pakistanais et chercherait à acquérir des armes atomiques au Pakistan, dans un avenir proche. La SANG n'est pas une réserve, mais une force de première ligne pleinement opérationnelle, et est issue de la tribu militaro-religieuse des Saoud, les Ikhwan. Son existence perdure, quoiqu'elle est présentée comme étant, de fait, l'armée privative de feu Abdallah depuis les années 1960 et, que contrairement au reste des forces armées, elle est indépendante du Ministère de la Défense et de l'Aviation. La SANG contrebalançait les factions Sudairi dans la famille royale : le Prince Sultan, Ministre de la Défense et de l'Aviation, est l'un des soi-disant « Sept Sudairi » et contrôle le reste des forces armées[60].

Les dépenses de défense et de sécurité ont considérablement augmentées depuis le milieu des années 1990 et étaient d'environ 25,4 milliards de dollars en 2005. L'Arabie saoudite se classe dans le top 10 des pays qui dépensent le plus pour ses forces armées, ce qui représente environ 7 % du produit intérieur brut en 2005. Son arsenal moderne de haute technologie fait de l'Arabie Saoudite l'un des pays les plus densément armés du monde, avec son équipement militaire fourni principalement par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni[61].

Les États-unis ont vendu pour plus de 80 milliards de dollars de matériel militaire entre 1951 et 2006, aux forces armées saoudiennes. Le 20 octobre 2010, le Département d'État des États-Unis a notifié au Congrès son intention de conclure le plus grand marché de l'histoire américaine — une somme estimée à 60,5 milliards de dollars de commandes par le Royaume d'Arabie Saoudite. Le package constitue une amélioration considérable de la capacité offensive des forces armées saoudiennes. 2013 a vu les dépenses militaires saoudiennes s'élever à 67 milliards de dollars, dépassant celle du Royaume-Uni, de la France et du Japon au quatrième rang à l'échelle mondiale[62].

Le Royaume-Uni a également été l'un des principaux fournisseurs d'équipements militaires à l'Arabie saoudite depuis 1965. Depuis 1985, le Royaume-Uni a fourni des avions militaires — notamment les avions de combat Tornado et l'Eurofighter Typhoon et d'autres équipements dans le cadre d'un contrat de long-terme le marché militaire Al-Yamamah estimé à une valeur de 43 milliards de livres en 2006 et il est projeté un autre d'une valeur de 40 milliards de livres . En mai 2012, le géant britannique de la défense BAE a signé un marché de 1,9 milliard de livres (3 milliards de dollars) pour la fourniture de jets d'entraînement Hawk à l'Arabie Saoudite[63].

Selon le Stockholm International Peace Research Institute, le SIPRI, sur la période 2010-2014, l'Arabie Saoudite est le deuxième plus grand importateur d'armes, recevant quatre fois plus d'armes majeures que sur la période 2005-2009. Les principales importations de 2010-2014 inclus 45 avions de combat du Royaume-Uni, 38 hélicoptères de combat des États-Unis, 4 avions ravitailleurs de l'Espagne et plus de 600 véhicules blindés du Canada. L'Arabie saoudite a une longue liste de commandes militaires en cours, dont 27 avions de combat supplémentaires du Royaume-Uni, 154 avions de combat des États-Unis et un grand nombre de véhicules blindés en provenance du Canada. L'Arabie saoudite a capté 41 % des exportations d'armes du Royaume-Uni, sur la période de 2010-2014.

Prolifération nucléaire[modifier | modifier le code]

Symbole de la radioactivité

Le 3 octobre 1988 [64], l'Arabie saoudite a ratifié le Traité sur la Non Prolifération des armes nucléaires, quoiqu'elle n'a pas signé le protocole additionnel de 1997 aux fins de vérification des accords de garantie [65].

Toutefois, selon le Sunday Times, citant un haut responsable américain en mai 2015, l'Arabie saoudite, en parallèle avec l'Iran, aurait pris la décision stratégique d'acquérir des armes nucléaires au Pakistan [66]. En effet, pour la journaliste Dominique Lorentz, plus de doute, l'Iran est aujourd'hui une puissance nucléaire [67]. Or, dans ce cas de figure, Amos Yadlin, chef du renseignement militaire d’Israël avait commenté que si l’Iran avait la bombe, « les Saoudiens n’attendront pas un mois. Ils ont déjà payé pour la bombe, ils iront au Pakistan et ils prendront ce dont ils ont besoin ». Dans ces conditions, toujours selon le Sunday Times, l’Arabie saoudite aurait donc demandé au Pakistan, dont elle finance depuis trente ans le programme nucléaire, un remboursement de sa dette sous la forme de bombes atomiques disponibles à volonté, mais dont le « produit fini » resterait stationné au Pakistan [68].

Le 25 février 2016, le Parlement européen, lors d'une session plénière à Bruxelles, a adopté une résolution, à une large majorité des eurodéputés, pour un embargo sur les livraisons d'armes des pays de l'Union européenne à destination de l'Arabie saoudite[69]. Dans le même sens, le 15 mars 2016, le Parlement hollandais a adopté une résolution interdisant l'exportations d'armes vers l'Arabie saoudite[70].

En 2015, l'Arabie saoudite affichait le troisième plus gros budget militaire avec 87,2 milliards de dollars, après les États-Unis (596 milliards de dollars) et la Chine (estimé à 215 milliards de dollars). Sur une période de dix ans (2006-2015), son budget a augmenté de +97 %. Selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), avec 2778 dollars par habitant, l'Arabie saoudite est devenue la championne des dépenses militaires par habitant, après Oman (2574 dollars) et Israël (1923 dollars) [71],[72]. Autre record mondial, l'Arabie saoudite consacre jusqu'à 13 % de son PIB pour le budget de la défense, lorsque la plupart des pays se borne à dépenser entre 2 et 4 % de leur PIB[73].

Droit[modifier | modifier le code]

Square Dira, au centre de Riyad, plus connu localement sous le nom de « carré Chop-chop ». C'est l'emplacement des décapitations publiques [74].
Article connexe : Droit en Arabie saoudite.

Le droit saoudien est officiellement fondé sur la charia. Toutefois, selon des recherches conduites par le Réseau international de solidarité WMUML en 2011 sur les lois dites islamiques (dénommées à tort charia)[75], il s'avère qu'en réalité, elles seraient basées sur la tradition et la coutume. Le terme charia est instrumentalisé par les autorités religieuses ou gouvernementales du pays afin de leur donner une soi-disant légitimité religieuse, mais avant tout pour établir, réétablir ou renforcer le patriarcat de la société[76].

Pour la hedjazie Suhayla Zayn al-Abidin, le wahhabisme a servi à légitimer ce qui n’est rien d’autre que des coutumes locales najdies : « alors que l’islam a permis l’ijtihad (l’interprétation des textes) dans le but de s’adapter aux circonstances correspondant aux différents lieux et aux différentes époques, un groupe d’oulémas, qui n’est pas peu nombreux, s’est contenté de proclamer des interdictions au nom de sadd al-dharaʿi (« blocage des moyens », principe-clé du droit wahhabite). Ceux d’entre eux qui ont appliqué ce principe à la femme l’ont fait parce qu’ils la regardent avec des yeux païens (jahiliyya), et la traitent selon des coutumes et des traditions païennes, qui ne sont en rien une application de ce qu’a apporté l’islam » (in Al-Sharq al-Awsat, 30 mai 2004)[77].

L’assistance d'un avocat avant le procès et la représentation légale en salle est régulièrement déniée aux prévenus[78]. Les accusés sont parfois reconnus coupables sur la base d' « aveux » obtenus sous la torture ou les mauvais traitements. S'agissant des étrangers, beaucoup ne bénéficient pas de services de traduction adaptés durant leur procès et ont signé des documents – notamment des « aveux » – qu'ils ne comprennent pas[79].

De nombreux crimes sont passibles de la peine de mort, comme l'homicide volontaire, le viol, le vol à main armée, la sorcellerie, l’adultère, la sodomie, l'apostasie, le prosélytisme non-musulman, le trafic de stupéfiants, le sabotage, l'espionnage, la trahison ou la défiance vis-à-vis de la famille royale. En Arabie saoudite, les exécutés sont très généralement décapités au sabre, en particulier pour apostasie, ou lapidés pour l'adultère, rarement par d'autres méthodes comme la crucifixion ou l'arme à feu [80],[81] . Le fait de demander des réformes pour le pays est passible de prison[82]. Le fait de détenir des bouteilles de vin est passible de coups de fouet[83]. Le fait de propager des contenus à caractère pornographique est passible de 5 ans de prison et d'une amende de trois millions de riyals saoudiens, soit environ 700 000 euros[84]. Dans le cadre du programme de sécurité de la famille, une nouvelle loi de 2016 prévoit que le fait pour une femme de violer la vie privée de son mari en consultant son téléphone portable sans en avertir celui-ci ou sans son contentement (la réciproque n'étant pas vraie), est désormais passible de coups de fouet, d'une peine de prison ou d'une amende[85].

Depuis le début de l'année 2016, les autorités ont fait exécuter plus de 90 personnes, criminels, opposants au régime ou manifestants laïcs (selon un décompte AFP sur la base d'annonces officielles). L'année 2015 constituait déjà un record en la matière avec pas moins de 153 exécutions, contre 90 exécutions en 2014[86], ce qui confirme le rythme « sans précédent » observé par Amnesty International[87] . Toujours en 2015, les autorités avaient publié une offre d'emploi pour recruter 8 bourreaux[88]. Pour James Lynch, directeur-adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International, « Les autorités saoudiennes semblent déterminées à poursuivre cette vague d'exécutions. Les autorités saoudiennes invoquent la dissuasion pénale comme argument clé pour justifier la peine de mort. L'Arabie saoudite figure ainsi parmi les pays qui exécutent le plus grand nombre de personnes avec la Chine, l'Iran, l'Irak et les États-Unis.

Par ailleurs, l'abolition de l'esclavage en 1968 n'est que théorique, puisqu'il perdure de fait dans la péninsule arabique[89] sous des formes très diverses allant de l'esclave domestique à l'esclave sexuel.

De nombreux colloques se sont tenus en Arabie saoudite pour condamner les attentats-suicides, l'agression physique des personnes civiles et les attentats du 11 septembre 2001, entre autres, comme contraires à l'islam[90]. Un décret royal du février 2014 punit de trois à vingt ans de prison toute « appartenance à des courants religieux ou intellectuels, à des groupes ou à des formations définis comme terroristes nationalement, régionalement ou internationalement ; tout appui quel qu’il soit à leur idéologie ou à leur vision, toute expression d’une quelconque sympathie avec eux », le mot « terrorisme » incluant l’athéisme et toute mise en cause des principes fondamentaux de la religion[91] ainsi que pour une femme enfreindre l'interdiction de conduire[92].

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le royaume wahhabite tolérait, dans les faits, l'homosexualité des Saoudiens qui n'étaient plus poursuivis à ce titre[93]. Toutefois, il est à noter qu'en mars 2016, des procureurs de la ville de Djeddah ont requis la peine de mort à l'encontre de Saoudiens qui avaient révélé leur homosexualité sur internet, ce qui semble annoncer une remise en vigueur des exécutions[94].

Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Photographie scolaire d'Ali Mohammed Al-Nimr, jeune chiite, arrêté en 2012, pour avoir manifesté contre le régime à l'âge de 17 ans, à l'occasion du printemps arabe, et condamné en 2014, à être décapité et crucifié publiquement. Informée d'un contrôle médical, Amnesty international s'alarme de l'imminence de son exécution.

L'Arabie saoudite est l'un des pays qui respecte le moins les droits de l'homme, avec l'un des pires bilan en ce domaine. Les droits d'expression, d'association et la liberté d'opinion ne sont pas garantis[95]. Les droits des femmes sont très limitées, la liberté religieuse est minimaliste et les droits LGBT sont inexistants. Les autorités considèrent toute voix dissidente comme du terrorisme[96]. L'Arabie saoudite figure en 164e position sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2015[97].

Alors que l'ambassadeur de l'Arabie saoudite à l'Office des Nations-Unies, Faisal bin Hassan Trad, est nommé le 22 septembre 2015 à la tête du panel du Conseil des droits de l'Homme, de nombreuses associations des droits de l'Homme ont manifesté leur désaccord avec cette nomination en raison de l'exécution de plus de 80 personnes depuis le début de l'année 2015 en Arabie saoudite[98]. Cette vague de protestations s'est amplifiée avec l'annonce de l'exécution d'Ali Mohammed Al-Nimr [99],[100],[101],[102].

Le 2 octobre 2015, l'Arabie saoudite a empêché la mise en place d’une enquête internationale sur la conduite de ses frappes aériennes au Yémen. Pour Karim Lahidji, président de la FIDH : « C’est là la vraie victoire de l’Arabie Saoudite à l’ONU, et non comme on a pu l’entendre la nomination quelques semaines plus tôt de son ambassadeur à la tête du comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme, une position honorifique mais aux pouvoirs restreints[103]. »

Le 29 mars 2016, à effet de dévoiler la réalité des droits de l'Homme en Arabie saoudite, l'ONG Front Line a produit un documentaire de 54 minutes, intitulé : Saudi Arabia Uncovered, de James Jones, tourné essentiellement en caméra caché[104].

Maltraitance infantile[modifier | modifier le code]

Selon une étude menée par le Docteur Nura Al-Suwaiyan, directeur du programme de sécurité de la famille à la Garde Nationale de l'Hôpital, un enfant sur quatre est maltraité en Arabie Saoudite. La Société Nationale pour les Droits de l'Homme rapporte que près de 45 % des enfants du pays sont confrontés à une certaine forme de violence et à la violence domestique. En 2013, le gouvernement a adopté une loi criminalisant la violence domestique à l'encontre des enfants[105].

Trafic d'êtres humains[modifier | modifier le code]

Il a été affirmé que la traite des femmes est un problème particulier en Arabie Saoudite, à raison du grand nombre d'employées de maison qui sont étrangères au pays, et des failles dans le système aboutissant à ce que nombre d'entre elles soient victimes de mauvais traitements et de torture[106].

Situation des femmes[modifier | modifier le code]

Reine Effat d'Arabie saoudite

Dès leur naissance, les Saoudiennes sont placées sous l'autorité légale d'un homme, le « gardien » (mahram), qui peut être leur père, leur mari, leur frère, leur oncle ou même leur fils[107]. Les femmes ne peuvent rien entreprendre sans l'autorisation de leur « gardien », elles ne peuvent ni travailler, ni se marier, ni même se faire ausculter par un médecin (femme bien sûr), sans l'agrément d'un homme [16].

Selon Gérard-François Dumont, de l'Académie de Géopolitique de Paris, l’espérance de vie à la naissance des Saoudiennes s'avère étonnamment faible eu égard à la rente pétrolière. D'un point de vue strictement féminin, les Saoudiennes ont une espérance de vie inférieure de 2 ans à celle des Tunisiennes, et de 10 ans à celle des Françaises. D'un point de vue plus masculin, les Saoudiennes vivent seulement 2 ans de plus que les Saoudiens, lorsque les Tunisiennes vivent 4 ans de plus que les Tunisiens et les Françaises atteignent 7 ans de plus que les Français[108].

L'Arabie saoudite impose une stricte séparation des sexes. La plupart des maisons, banques ou universités ont une entrée pour les hommes et une entrée pour les femmes. C'est le dernier pays au monde où les femmes sont privées du droit de conduire[109],[110]. Selon un journal saoudien, cette interdiction coûterait près de 3,7 milliards de dollars à l'économie saoudienne[111].

Le , le roi Abdallah accorde le droit de vote aux femmes[112] aux élections municipales ainsi que leur éligibilité. Toutefois, il est à noter que les Saoudiennes n'ont votées qu'en 2015 (dans des isoloirs séparés)[113] ; que les candidates (sous réserves d'être autorisées et couvertes de l'abaya) n'ont pas eu le droit de prendre la parole en public [114] ; et que les élues (après plusieurs incidents) n'ont pas eu non plus le droit de siéger dans la même pièce que leurs collègues masculins[115]. En 2012, le roi Abdallah autorise les femmes à vendre de la lingerie et des cosmétiques [116]. Pour lutter contre le chômage des femmes, ce commerce (d'articles exclusivement féminins) est désormais réservé aux seules Saoudiennes qui n'auront plus besoin de permis de travail dans ce secteur[117]. En 2015, son successeur, le roi Salmane accorde aux femmes le droit de voyager sans qu'un « gardien » ne les accompagne, ni ne donne son autorisation pour qu'elles voyagent sans lui. Concrètement, les Saoudiennes n'auront plus besoin de se munir d'un papier jaune par lequel leur « gardien » les autorisait à partir à l’étranger et elles ne seront plus suspendues à une éventuelle opposition de dernière minute par retour de SMS au moment de quitter le territoire saoudien[118],[119]. La même année, le roi Salmane accorde aux veuves et aux divorcées (seulement) une carte d'identité pour leur permettre d'effectuer des démarches basiques mais, sans autre précision quant à la date d'entrée en vigueur de cette réforme [120]. En 2016, les Saoudiennes se voient accorder le droit de signer leur propre contrat de mariage et d'en obtenir une copie afin de leur permettre de « prendre connaissance » de leurs « droits » et des « termes du contrat »[121],[122].

Consanguinité[modifier | modifier le code]

Le mariage entre cousins du premier ou deuxième degré, en Arabie Saoudite, est parmi les taux les plus élevés dans le monde. Traditionnellement considéré comme un moyen de « sécuriser les relations entre les tribus et la préservation de la fortune de la famille »[123], la pratique a été citée comme un facteur dans les taux plus élevés de maladies génétiques sévères comme la mucoviscidose (fibrose kystique), les maladies du sang , le diabète de type 2, (qui affecte environ 32 % des adultes saoudiens), l'hypertension (qui affecte 33 %)[124]la thalassémiela drépanocytosel'amyotrophie spinale, la surdité et le mutisme [125],[126]Neal Asbury a écrit sur un site web nommé To The Point que : « Cela a conduit récemment des théologiens wahhabites à conseiller préventivement aux jeunes hommes de "choisir soigneusement une femme avec une attention toute particulière sur la santé"[127]».

Économie[modifier | modifier le code]

Siège de Saudi Aramco (arrière-plan) à Dhahran.

En 2012, l'Arabie saoudite était la 19e plus grande économie du monde (PIB nominal) et la 6e d'Asie. C'est également la première économie du monde arabe.

L'industrie pétrolière et pétrochimique[modifier | modifier le code]

L'Arabie saoudite est membre de l'OPEP et sa compagnie nationale Saudi Aramco est la première productrice mondiale de pétrole. En 2013, les revenus des exportations pétrolières (pétrole brut et dérivés) du pays s'élevaient à 312,7 milliards de dollars selon l'OMC[128], tandis que le montant des exportations du secteur manufacturier se chiffraient a 56,4 milliards de dollars[128]. Au fil des années la part des exportations de pétrole brut dans le PIB a baissé, passant de 34 % du PIB en 2000 à 21 % en 2012[129] mais l'économie du pays reste très dépendante du pétrole qui représentait en 2014 90 % de ses revenus. Aussi le krach sur le cours du baril qui passe de 127 $ fin 2014 à à 30 $ en janvier 2016[130], a mis le budget 2015 en déficit de 98 milliards €, celui de 2016 étant espéré prévu à 79 milliards €. En 2014 le pays a puisé 80 milliards $ dans ses réserves financières qui tombent à 652 milliards $ fin 2015, le pays devenant emprunteur, avec une prévision de 325 milliards $ en 2016[131]. Selon le FMI, à ce rythme, l'Arabie saoudite pourrait être en faillite dès 2020[132]. Dans ce contexte, les agences de notation financière, Fitch, Standard and Poor's et Moody's, ont dégradé la note de la dette souveraine de l'Arabie saoudite[133],[134],[135].

L'exploitation et l'exportation du pétrole ont fortement développé l'activité économique de la côte nord-est du pays, autour de Dammam, Khobar et Dhahran avec le port de Jubail, ainsi que la côte sur la Mer rouge (Djeddah, Yanbu)[136].

L'industrie pétrochimique est le 2e secteur économique du pays dans les exportations, faisant de l’Arabie saoudite le 11e fournisseur de produit pétrochimique du monde[137].

La stratégie de diversification[modifier | modifier le code]

Pour diversifier son économie l'Arabie saoudite mise sur le secteur des énergies non carbonées, avec un plan de 100 milliards de dollars pour construire 16 réacteurs nucléaires d'ici 2030, et sur l'énergie solaire avec 100 autres milliards pour construire 41 Gigawatts de panneaux photovoltaïques en plein désert équivalent en énergie à 25 réacteurs nucléaires [131].

En 2016, afin de réduire la dépendance de l'économie saoudienne vis-à-vis du pétrole, le prince Mohammed ben Salmane Al Saoud annonce une série de mesures dans le cadre d'un grand programme baptisé Vision 2030, qui prévoit la baisse des subventions, de nouvelles taxes, et la création d'un fonds souverain à partir des recettes de la vente de 5 % du capital de Saudi Aramco. Sur le modèle des fonds norvégiens ou qataris, ce fonds d'environ 2000 milliards de dollars serait chargé d'effectuer des investissements à l'étranger dans différents secteurs comme la technologie, les transports, l'industrie ou l'immobilier, afin de diversifier les recettes et de préparer l'après pétrole[138].

Composition des exportations[modifier | modifier le code]

En 2012, l'ensemble des produits minéraux (pétrole, or, phosphate, argent...) représente 86,9 % des exportations, ensuite viennent les produits pétrochimiques et plastiques (8,5 %), les produits alimentaires, les autres produits manufacturés et les produis divers (2,6 %) et enfin les produits réexportés (1,9 %)[139],[140].

Composition sectorielle du PIB[modifier | modifier le code]

En 2013, le secteur primaire (agriculture, pêche...) représente 2 % du PIB[140].

Le secteur secondaire représente la plus grande part du PIB avec 63 %, dont les industries extractives (47,2 %), l'industrie manufacturière (10,2 %) et la construction (4,6 %) représentent la majeure part[140].

Le secteur tertiaire constitue les 35 % restants, avec une dominance de la part des services gouvernementaux (12 %), du secteur de la finance et de l'assurance (7,9 %) et du commerce, de la restauration et de l’hôtellerie (8 %)[140].

Pauvreté[modifier | modifier le code]

Les estimations du nombre de Saoudiens vivant en dessous du seuil de pauvreté se situent entre 12,7 % et 25 % de la population. Les rapports de presse privés et les estimations pour 2013 suggèrent que « entre 2 millions et 4 millions » de Saoudiens de souche vivent avec un revenu « inférieur à 530 dollars par mois » – environ 17 dollars par jour – considéré comme le seuil de pauvreté en Arabie Saoudite. En revanche, le magazine Forbes évalue la fortune personnelle du roi Abdallah à 18 milliards de dollars[141].

Travailleurs étrangers[modifier | modifier le code]

Le pays compte environ 6 millions d'immigrés bénéficiant de peu de droits[12].

Les travailleurs étrangers constituent environ 30 % de la population du pays en 2011[142] pour 53,3 % de sa population active courant année 2013[143]. Elle représente 6 003 616 travailleurs employés (53,4 %) en comparaison aux 4 631 117 travailleurs saoudiens employés (46,6 %)[144]

Principales villes[modifier | modifier le code]

Ville Population Remarques Illustration
Riyad 5 700 000 - Capitale du royaume d’Arabie saoudite
- Ville la plus peuplée du pays
La ville de Riyad
Djeddah 3 400 000 - Deuxième plus grande ville
- Capitale économique du pays
Rue du Roi Abdullah
La Mecque 1 700 000 - Ville sainte la plus sacrée de l'islam La Macque
Médine 1 100 000 - Deuxième ville sainte de l'islam La mosquée du Prophète (Masjid al-Nabawi)

En projet : Knowledge Economic City Al MAdinah (en).

Science[modifier | modifier le code]

Laboratoires de la KAUST

La recherche scientifique est organisée et coordonnée au niveau national par le KACST (en).

Une stratégie nationale pour le développement de la science, de l'innovation et de la technologie dans le royaume a été mise en place en 2006, elle a pour ambition de transformer l'économie saoudienne en une économie fondée sur la connaissance et compétitive au niveau mondial[145].

Cette vision est échelonnée en quatre plans quinquennaux :

  1. Le premier plan constituait en l’établissement d'une infrastructure solide pour la science, la technologie et l'innovation (2006-2011).
  2. Le deuxième plan vise à placer le pays aux premiers rangs de la région dans ces domaines (2011-2015).
  3. Le troisième à placer le pays au niveau des pays développés d'Asie (2015-2020).
  4. Le quatrième plan à placer le royaume au niveau des pays les plus avancés au monde (2020-2025).

La production scientifique saoudienne, bien qu'historiquement faible, est entrée dans une phase de croissance rapide depuis 2008.
Cela étant dû, non seulement à une stratégie visant à augmenter le niveau de collaboration avec les institutions de recherche les plus renommées au monde via une collaboration internationale universitaire accrue et l'ouverture de plusieurs centres de recherche commun (voir JCEP)[146], mais également à une augmentation des fonds financiers alloués à la recherche et au développement dans le pays, passant de 0,08 % du PIB en 2008[147] à près 1 % du PIB en 2014 selon les estimations de la revue Nature, pour un des secteurs R&D les plus efficients au monde en termes de rapport Qualité/Coût[148].

Selon l'indice de mesure scientifique SCImago, l'Arabie saoudite figure à la 35e place au niveau mondial en termes de publications scientifiques en 2014, passant donc de la 54e à la 35e place entre 2008 et 2014[149]. En 2014, elle enregistre 294 brevets à l'United States Patent and Trademark Office[150] et 358 brevets à l'European Patent Office[151], se positionnant à la 28e et 33e place de ces classements et affichant une forte progression dans le dépôt de brevet a l'étranger depuis 2008.

Mais c'est dans le domaine des nanotechnologies que la croissance fut la plus rapide, avec la multiplication par 39 du nombre d'articles publiés dans ce domaine entre 2008 (45) et 2014 (1780) selon l'ISI[152], et avec la multiplication par 25 du nombre de brevets en nanotechnologie déposé a l'United States Patent and Trademark Office entre 2008 (3) et 2014 (75)[153]. Le royaume figure actuellement a la 18e position mondiale dans ce domaine selon le classement SCImago[154].

L'Arabie saoudite est notamment citée dans le rapport Nature Publishing Index 2012 comme l'un des cinq pays à surveiller pour la croissance de leur publication scientifique dans la revue scientifique Nature[155], le royaume est également cité dans un rapport de Thomson Reuters sur les performances scientifiques du G20, comme pays gagnant du poids dans le monde de la science[156].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Arabie saoudite.
Densité de population en Arabie saoudite (hab./km2).

D'après le Département central des statistiques et de l'information, la population du pays s'élève à 30 millions d'habitants en 2013 dont 32,4 % d'étrangers[157]. La croissance démographique annuelle est de 3 %.

La population est très jeune car 75 % des Saoudiens sont âgés de moins de 30 ans[158].

Les travailleurs immigrés non arabes viennent principalement du Bangladesh, du Pakistan, des Philippines, d'Inde ou encore d'Indonésie[159].

La population étrangère résidant en Arabie saoudite[modifier | modifier le code]

Le Département Central des Statistiques et de l'Information d'Arabie saoudite estime la population étrangère à la fin de l'année 2014 à 33 % (10,1 millions)[160]. Le CIA Factbook estime qu'à compter de 2013 les ressortissants étrangers vivant en Arabie Saoudite représentent environ 21 % de la population[161]. D'autres sources donnent diverses estimations[162] ; Indiens : 1,3 million ; Pakistanais : 1,5 million [163]; Égyptiens : 900 000  Yéménites : 800 000 ; Bangalais : 500 000, Philippins : 500 000 ; Jordaniens et Palestiniens : 260 000 ; Indonésienss : 250 000 ; Sri Lankais : 350 000, Soudanais : 250 000, Syriens : 100 000 et Turcs : 100 000[164]. Il y a environ 100 000 occidentaux en Arabie Saoudite, dont la plupart vivent dans des composés ou des gated communities.

Les musulmans étrangers [165] qui ont résidé dans le royaume pendant dix ans peuvent être naturalisés. La priorité est donnée aux titulaires de diplômes dans divers domaines scientifiques[166], à l'exclusion des Palestiniens à moins qu'ils ne soient mariés à un ressortissant Saoudien, à raison des instructions de la Ligue Arabe défendant aux Etats Arabes de leur octroyer la nationalité. L'Arabie saoudite n'est pas signataire de la Convention des Nations Unies sur les Réfugiés de 1951 [167].

Compte tenu de l'accroissement démographique saoudien et, en parallèle, de la stagnation des revenus du pétrole, la pression pour la « Saoudisation » (le remplacement de travailleurs étrangers par des Saoudiens) de l'emploi croit, de sorte que le gouvernement saoudien entend réduire le nombre de ressortissants étrangers dans le pays[168]. L'Arabie Saoudite a ainsi expulsé 800 000 Yéménites en 1990-1991[169] et a construit une barrière entre l'Arabie Saoudite et le Yémen face à l'afflux d' immigrants illégaux et contre la contrebande de drogue et d'armes[170]. En novembre 2013, l'Arabie Saoudite a expulsé des milliers de clandestins éthiopiens résidant dans le Royaume. Différentes organisations de Droits de l'Homme ont critiqué l'Arabie Saoudite quant à l'instrumentalisation de la question[171]. Plus de 500 000 travailleurs migrants sans papiers, principalement en provenance de Somalie, d'Éthiopie et du Yémen — ont été arrêtés et déportés depuis 2013[172].

Processus de sédentarisation[modifier | modifier le code]

Jusque dans les années 1960, la majorité de la population était nomade[173]. Du fait de la croissance du niveau de vie, 95 % de la population a aujourd'hui un mode de vie sédentaire.[réf. nécessaire]

Installation de villages pour les semi-nomades entre 1992 et le début des années 2000[modifier | modifier le code]

Ces installations ont lieu dans les régions de la Mecque et de Jeddah, en Arabie Saoudite[10].

En 1992, compte tenu de la situation de nomades très pauvres, vivant dans le désert et qui devaient faire face à des problèmes sévères de famine et de santé, le prince Majid ben Abdelaziz Al Saoud et ses conseillers, Zaki et Fayez Mandoura ont imaginé la création de villages pour répondre aux besoins sociaux de base de cette population.

Ce programme avait été conçu au départ pour loger une population très pauvre (plus de 8 000 personnes), dispersée dans des zones désertes au sud de La Mecque et au Nord de Jeddah. Il s'agissait de construire 1154 maisons, 11 écoles, 25 mosquées, 4 centres de soins médicaux, 3 halls de marché et 2 puits. Le programme devait à terme donner des conditions de vie moins précarisées à plus de 55 000 semi-nomades.

Le programme a commencé en 1993. Les constructions étaient faites de roches volcaniques locales, par des maçons et des travailleurs non qualifiés des communes proches sous la supervision de deux ingénieurs et d'un architecte.

La première phase permit de construire 560 maisons avec quatre mosquées, quatre lieux de prières, quatre écoles de garçons, trois de filles, un puits et un réservoir d'eau dans une période de trois ans.

La seconde phase a commencé en 1996 et fut accompagnée d'une organisation de programme social pour le bien-être de ces personnes et leur permettre d'être auto-suffisantes par l'élevage de volailles, la fabrication de paniers, le tissage, la couture, l'artisanat et les soins de santé et aux enfants. De nombreuses conférences ont été mises en place à ce sujet avec les professeurs de l'université du roi Abdulaziz à Jeddah et à celle de l'université Oumm al-Qura à la Mecque.

Au début des années 2000, environ 10 % de la population semi-nomade de la région du Hedjaz a pu bénéficier d'abris de base.

Le principe était de fournir des constructions et des équipements de base afin d'avoir des abris très économiques avec un minimum de confort. Il s'agissait aussi de faire un maximum avec un minimum de coûts. Pour cela, l'architecte a décidé d'utiliser les matériaux à disposition et a adapté les techniques de construction à ces matériaux.

En 2000, le prince Majid a été remplacé en tant que gouverneur de la Mecque par son plus jeune frère, Majid ben Abdulaziz Al Saoud (décédé en avril 2003) qui a semblé moins intéressé par le projet. D'autres changements sont intervenus dans la structure administrative de la société caritative qui se dénomme depuis le 26 avril 2006 : The Society of Majid Bin Abdulaziz for Development and Social Services. Le conseil d'administration est dirigé par le prince Mashal ben Madjid ben Abdulaziz. Le directeur général est M. Hammam K. Zare.

Les constructions de maisons en pierre de ce projet, dans les régions désertiques autour de la Mecque, ont été arrêtées.

Les différents programmes de l'actuelle fondation semblent majoritairement tournés vers les filles et jeunes filles pauvres et un programme de développement de villages y apparaît depuis 2009.

Transports[modifier | modifier le code]

Transport routier[modifier | modifier le code]

Voies terrestres : Total: 152 044 km, se répartissant en :

  • voies couvertes : 45 461 km
  • voies non revêtues: 106 583 km (2000)

Les routes et les rues sont construites de manière à résister à l'action du soleil, du sable, du vent.

Les zones rurales offrent de petites routes, à deux voies.

Les autoroutes urbaines sont anciennes et bien entretenues.

Les autoroutes inter-urbaines sont en très bon état, en extension.

Les voies (auto)routières les plus importantes sont :

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

L'entreprise qui gère le transport ferroviaire en Arabie saoudite est Saudi Railways Organization (SRO), entreprise publique créée en 1949. Ce domaine employait environ 3 500 personnes en 2008[174].

Le réseau compte environ 1 400 km de voies ferrées, aucune n'étant électrifiée. Les deux principales lignes ferroviaires du réseau relient Dammam et Riyad, l'une dédiée au fret est longue de 556 km, l'autre au transport de voyageurs est plus courte avec 449 km[174].
Une ligne de 945 km, la Saudi Landbridge qui doit relier Riyad à Djeddah, à ces deux premiers tronçons et connecter ainsi la mer Rouge au golfe Persique est actuellement en projet. L'Arabie saoudite prend également une part importante dans le projet de la Gulf Railway, une ligne ferroviaire longeant les côtes occidentales du golfe Persique, et impliquant les cinq autres états du Conseil de coopération du Golfe. Cette ligne, qui doit être mise en service en 2017, doit relier entre elles toutes les capitales et autres villes importantes de la région, allant de Koweït (depuis la frontière irako-koweïtienne) à Mascate.
Cependant, la LGV Haramain, ligne de train à grande vitesse visant à relier La Mecque à Medine via Djeddah, dont la construction a débuté en avril 2009 et qui doivent s'achever en 2013, sera la première ligne électrifiée du pays.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

L'Arabie saoudite dispose de 36 infrastructures aéroportuaires dont quatre aéroports internationaux situés respectivement à Riyad (aéroport international du roi Khaled), Dammam (aéroport international du roi Fahd), Jeddah (aéroport international Roi-Abdelaziz) et Médine (aéroport international Prince Mohammad Bin Abdulaziz). Les deux premiers cités étant classés parmi les plus grands aéroports du monde.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues en Arabie saoudite.

La langue officielle est l'arabe, mais il diffère sensiblement de celui parlé en Syrie ou en Irak, bien que certains dialectes régionaux du pays partagent la moitié de leurs lexiques avec quelques parlers bédouins d'Afrique du Nord ou du Moyen-Orient. L'anglais est très courant. C'est la langue de l'élite et des affaires. Au moins 15 % des Saoudiens parleraient l'anglais en seconde langue, surtout les plus jeunes. Le farsi, ou persan, est parlé surtout en seconde langue dans la région du nord-est, la région de Dhahran, et vers la frontière avec le Bahreïn, où vit une forte communauté chiite.

Religion[modifier | modifier le code]

Territoire sacralisé par les musulmans qui se mettent en état d'ihram. Au moment de sa mort en 632, Mahomet avait réussi à réunir toute la péninsule arabique.
Masjid al-Haram avec au centre la Kaaba.
Masjid al-Nabawi, la mosquée du Prophète.

L'islam d'obédience wahhabite (lui-même issu de l'islam sunnite hanbalite) est officiellement la religion d'État du royaume. Les statistiques officielles font état de 100 % de sunnites parmi les musulmans.

Mais, dans les faits, le sunnisme ne serait pratiqué que par 85 à 90 % de musulmans, le reste professant le chiisme (principalement duodécimain)[175],[176], dont la pratique est tolérée dans la province orientale d'ach-Charqiya, et notamment dans la ville de Qatif. Perçus par le régime comme une cinquième colonne proche de l'ennemi iranien, la plupart des chiites sont, de plus, concentrés dans la région d'Al-Hassa qui recèle l'essentiel des ressources pétrolières du royaume. Une grande partie de ces Saoudiens chiites sont d'origine irakienne[177].

Par ailleurs, une des estimations les plus détaillées de la population religieuse dans le Golfe Persique est celle de Mehrdad Izady qui estime, « en utilisant des critères culturels et non confessionnels », à environ 4 millions le nombre de wahhabites qui se concentrent en particulier dans la région centrale du Nejd[178].

L'Arabie saoudite abrite les deux plus importants lieux saints de l'islam :

L'accès à ces deux villes reste rigoureusement interdit aux non-musulmans[179].

Il est à noter que l'ensemble du pays est sacralisé par les musulmans qui se mettent en état d'irham. En effet, pour accomplir la dernière volonté de Mahomet qui aurait dit sur son lit de mort : « deux religions ne peuvent pas coexister en Arabie », le deuxième calife de l'islam, Omar ibn al-Khattab, a expulsé en son temps les juifs et les chrétiens de la péninsule arabique pour n'y laisser que les musulmans regardés comme les seuls vrais adeptes de la religion d'Abraham [180]. À la suite de la première guerre du Golfe (invasion du Koweït en 1990), Oussama ben Laden initie une vive controverse avec le roi Fahd qui s'est vu reproché alors d'avoir autorisé les « infidèles » à « souiller le sol sacré » de l'Arabie saoudite en ce qu'il a ouvert le pays à l'armée américaine[181].

Dans ce contexte, tout autre culte religieux non-musulman est formellement interdit [175]et la constitution du royaume ne connaît pas d'autre religion que l'islam[175]. Une police religieuse, la Muttawa, qui dépend du Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, veille à la stricte application des préceptes wahhabites dans l'espace public. Toutefois, dans les faits, d'autres religions sont pratiquées dans un cadre privé. En effet, pour des raisons économiques, le pays fait appel à une importante immigration de travail ; principalement des travailleurs immigrés philippins de confession chrétienne (plus d'un million) et indiens de confession hindoue [182],[175].

Le , son successeur, le roi Abdallah, a annoncé des réformes d'ampleur tendant à dégager à terme le royaume de son idéologie d’État officielle, le wahhabisme, tout en gardant néanmoins cette même dénomination intacte sur le plan officiel. La Commission des Grands Oulémas, corps de savants religieux faisant autorité dans le pays, aura dorénavant 21 membres issus de courants divers du sunnisme (c'est-à-dire les écoles hanafite, malikite et shaféite), et non plus de la seule école hanbalite, connue pour son rigorisme. De même, le Conseil de la Shoura, sorte de corps législatif dénué cependant d’une pleine consécration de ses prérogatives judiciaires, inclura 5 chiites dans ce corps[183].

En 2013, le roi Abdallah a retiré aux officiers et agents de la police religieuse (accusée de commettre des abus) le pouvoir de procéder à des interrogatoires et d'engager des poursuites judiciaires. En 2016, son successeur, le roi Salmane, leur a retiré également le pouvoir d'arrêter ou détenir des personnes, de demander leurs cartes d'identité, et même de les suivre[184].

Culture[modifier | modifier le code]

Nom patronymique[modifier | modifier le code]

Dans la culture arabe, les hommes ou les femmes ne portent pas un patronyme mais une sorte de noms qui mentionnent le nom des parents, des ancêtres ou de l'appartenance à une confédération.

  • Exemple avec le nom de l'actuel souverain : Salman1 ben Abdelaziz2 Al Saoud3

no 1 : C'est le prénom de celui-ci.

no 2 : En arabe, le préfixe ben ou bin ou ibn signifie fils de, ce qui signifie fils de Abdelaziz.

no 3 : Cela désigne la dynastie ou le nom d'une confédération auquel ils appartient.

Avec les femmes, le principe reste le même, sauf que les préfixes diffèrent de celui ci-dessus.

  • Exemple avec le nom de la mère de l'actuel souverain : Hassa bent1 Ahmed Al Soudayri

no 1 : En arabe, le préfixe bent ou bint est l'équivalent du ben utilisé chez les hommes et possède la même signification.

Ce mode d'appellation n'est pas propre à l'Arabie saoudite ou au Moyen-Orient, il existe aussi en Afrique du Nord, bien qu'il soit de plus en plus abandonné en raison des changements patronymiques opérés par les Français lors de la colonisation.

Tenue vestimentaire[modifier | modifier le code]

Raif Badawi, auteur du blog Free Saudi Liberals visant à ouvrir le dialogue social, a été arrêté en 2012 et condamné en 2013 à plus de 1000 coups de fouets pour avoir critiqué les autorités religieuses saoudiennes, il devient une cause célèbre internationale sur le sujet des droits de l'homme et est récipiendaire en 2015 du prix Sakharov[185],[186]
Une femme portant le niqab.

Le code vestimentaire en Arabie saoudite suit strictement les principes du hijab (le principe islamique de la pudeur, en particulier dans la tenue vestimentaire). Les vêtements, larges, amples, vagues, couvrant au maximum, sont également adaptés au climat.

Traditionnellement, les hommes portent une chemise longue, couvrant jusqu’aux chevilles, en tissu de laine ou de coton (connu sous le nom dishdasha), avec une sorte de chèche (carré en coton à damiers maintenu en place par un agal) sur la tête. Pour les rares périodes de froid, les hommes portent en plus un manteau en poil de chameau (bisht).

L'habit traditionnel des femmes est décoré de motifs tribaux, de pièces de monnaie, de paillettes, de fil métallique, et d’appliques. Les femmes portent obligatoirement une abaya, ou des vêtements discrets, ou effacés, en public.

  • Shemagh (arabe : شماغ) : c'est une sorte de chèche carré fait de coton qui se plie à partir des extrémités. Il est souvent maintenu par un agal, un cordon en laine noire qui permet la stabilité de cette dernière, mais certaines personnes préfèrent la mettre sans, ce qui s'appelle la coiffe hamdaniya. Toutefois, elles se distinguent les unes des autres avec leurs motifs et leurs couleurs. En Jordanie, les couleurs d'usage sont le rouge et le blanc (ce qui s'appelle une shemagh), en Palestine, le noir et le blanc sont de vigueur (ce qui s'appelle un keffiyeh) et aux Émirats arabes unis, ce chèche est traditionnellement blanc uni (ce qui s'appelle une ghutra).
  • Agal (arabe : عقال) : c'est un cordon noir fait principalement de laine qui se pose sur les diverses sortes de chèches cité ci-dessus, afin de maintenir sa stabilité. Vers le XIXe siècle, ils étaient bien plus larges et épais.
  • Thawb (arabe : ثوب) : c'est une longue robe principalement blanche ou noire portée par les musulmans, et était le vêtement préféré de Mahomet.
  • Bisht (arabe : بشت) : c'est une sorte de cape noire avec des bandes dorées qui se porte durant les moments occasionnels comme les mariages.
  • Abaya (arabe : عباية), vêtement féminin, manteau noir, qui couvre tout le corps, de manière lâche, sauf la tête. Les manches sont le plus souvent ornées de broderies cousues, de différentes couleurs vives, ou même avec des cristaux. Le reste du manteau est sans décor. Certaines femmes choisissent de se couvrir le visage avec un niqab, d'autres pas. Une tendance récente, surtout à l’ouest, recherche la couleur de l’abaya.
  • Kameez / Kurta Salwar, vêtement pour hommes et femmes, porté par les populations indienne et pakistanaise en Arabie saoudite. Voir salwar kameez.

Les vêtements de travail diffèrent. Ils peuvent être internationaux, surtout sur les chantiers, ou adaptés, surtout dans les hôpitaux.

Le pèlerinage à La Mecque exige une attitude et un vêtement spécifique, l'ihram.

Patrimoine classé[modifier | modifier le code]

Deux sites culturels d'Arabie saoudite sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO : le site archéologique d'Al-Hijr et le quartier d'at-Touraïf dans la ville de Dariya[187]. Néanmoins, l'Arabie saoudite qui pratique une politique wahhabiste rigoriste, qui condamne et combat l’idolâtrie aurait, entre 1985 et 2014, détruit 98 % de son patrimoine historique[188].

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Fêtes ou jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
23 septembre Indépendance
date variable

Codes[modifier | modifier le code]

L'Arabie saoudite a pour codes :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jacques Jocelyn Paul.jpg

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Pascal Ménoret, L'Arabie, des routes de l'encens à l'ère du pétrole, Découvertes Gallimard no 563, 2010
  • Stéphane Lacroix, Les islamistes saoudiens, Une insurrection manquée, éd. PUF, 2010
  • Jean-Claude Daupeyroux, Arabie saoudite, éd. Ubifrance, coll. L'essentiel d'un marché, édition 2009-2010, septembre 2009
  • Pascal Ménoret, Arabie saoudite : un début de règne crépusculaire, éd. Ramsès/IFRI-Dunod, 2007
  • Olivier Da Lage, Géopolitique de l'Arabie saoudite, éd. Complexe, 2006, extraits en ligne
  • Guillaume Fourmont-Dainville, Géopolitique de l'Arabie saoudite : la guerre intérieure, éd/ Ellipses Marketing, coll. Référence géopolitique, 2005
  • Pascal Ménoret, L’énigme saoudienne : les Saoudiens et le Monde 1744-2003, éd. La Découverte, 2003
  • Jean-Michel Foulquier, Arabie saoudite : la dictature protégée, Albin Michel, 1995
  • Antoine Basbous, L'Arabie saoudite en question, Perrin,‎ , 187 p. (ISBN 978-2702879726)
  • Hamadi Redissi, Le Pacte de Nadjd : ou comment l'islam sectaire est devenu l'islam, Seuil,‎ , 342 p. (ISBN 978-2-02-096081-6)
  • Jacques-Jocelyn Paul (préf. Antoine Sfeir), L'Arabie saoudite : L'incontournable, Riveneuve,‎ , 542 p. (ISBN 978-2360133055)
  • (en) Pascal Ménoret, The Saudi enigma : a history, éd. Zed Books, 2005, extraits de la version anglaise

Article[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Lacroix, « Les nouveaux intellectuels religieux saoudiens : le Wahhabisme en question », in Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 123, juillet 2008, p. 141-159

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commission générale de terminologie et de néologie, Recommandation concernant les noms d’États, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes), NOR : CTNX0818389X
  2. (ar) « PopulationEstimates2010-2025 », Central department of statistics and information
  3. IGN, « Pays et capitales du monde » [PDF],‎ (consulté le 4 août 2009), p. 6
  4. « Section « Histoire » du site de l’ambassade d’Arabie saoudite en France » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 27 juillet 2015
  5. La prononciation « sèoudite » serait plus conforme à l’arabe littéral où les sons /a/ et /è/ correspondent tous deux à la lettre transcrite « a » en français, alors que les sons arabes /é/ comme /i/ se transcriraient « i » en français ; la vocalisation originelle en arabe correspondrait en fait à « sou°oudite » (cf. (en) Tim Niblock, Saudi Arabia (lire en ligne).
  6. « Liste des pays indépendants et capitales du monde » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), IGN, consulté le 27 juillet 2015
  7. « Annexe A5 — Liste des États » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Code de rédaction interinstitutionnel, Office des publications
  8. (en) « Alphabetical list of ILO member countries », Organisation internationale du travail
  9. (en) « Alphabetical list of other countries, territories and areas », Organisation internationale du travail
  10. a et b Technical Review 2001 by Yilidrim Yavuz - ref. 1815.SAU "Settlement Programme for Semi-Nomads"
  11. Jacques Benoist-Méchin, Le loup et le léopard, Ibn-Séoud ou la naissance d'un royaume, Paris, Albin Michel,‎ , p. 177 et sq.
  12. a et b Laurent Murawiec, « L’Arabie saoudite : un business familial », L’Histoire, no 286,‎ , p. 18-19
  13. a et b Wahhabite connexion : comment l’Arabie saoudite a déstabilisé le monde en exportant son islam radical depuis 40 ans, David Rigoulet-Roze, atlantico.fr, 3 novembre 2014
  14. Wikileaks révèle les dessous de la stratégie saoudienne pour exporter l'islamisme partout sur la planète, atlantico.fr, 24 juillet 2015
  15. Hafawa Rebhi, « Le péril wahhabite en terre de Tunisie », L'économiste maghrébin,‎ (lire en ligne)
  16. a et b (fr) « 7 choses étonnantes que vous ignorez (peut-être) sur l'Arabie saoudite », sur L'Obs, https://plus.google.com/+LeNouvelObservateur (consulté le 28 octobre 2015)
  17. « En Arabie saoudite, « un mode de succession problématique » », sur www.la-croix.com (consulté le 12 novembre 2015)
  18. Safa Ben Saad, Les droits de l'Homme dans la loi fondamentale saoudienne, 298 p. (lire en ligne), p. 291-296
  19. Georges Malbrunot, « L'Arabie saoudite de plus en plus irritée par son allié américain », Le Figaro,‎ , p. 7
  20. « Syrie: qui sont les «bons et les mauvais» terroristes ? Qui sont les rebelles ? », sur geopolis.francetvinfo.fr (consulté le 6 avril 2016)
  21. Ignace Dalle et Wladimir Glasman, Le cauchemar syrien, p. 307-321
  22. Francetvinfo : L'article à lire pour comprendre l'offensive jihadiste en Irak
  23. Armin Arefi, Le Point : État islamique : la volte-face de l'Arabie saoudite, Le Point, 18 septembre 2014.
  24. Wassim Nasr, L'Arabie saoudite soutient-elle l’EIIL ?, France 24, 19 juin 2014.
  25. Le chef de l'EI appelle à une révolte en Arabie saoudite, à des attaques en Israël, AFP, 26 décembre 2015.
  26. Romain Caillet, après 7 mois de silence, nouveau message audio du Calife de l'Etat islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, twitter, 26 décembre 2015.
  27. Madjid Zerrouky, William Audureau et Maxime Vaudano, Les attentats de l’État islamique : 20 pays, 18 mois, plus de 1 600 morts, Le Monde, 25 novembre 2015.
  28. Majda Abdellah, Arabie saoudite : 5 choses à savoir sur Mohammed Ben Nayef, le nouveau prince héritier, Jeune Afrique, 30 avril 2015.
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  30. Assemblée natioanle : Mission d’information sur les moyens de Daech, 12 janvier 2016.
  31. (fr) « Rapprochement à petits pas entre l’Arabie saoudite et les Frères musulmans - Une évolution qui inquiète l’Égypte », sur Orient XXI.info (consulté le 10 avril 2016)
  32. (fr) « Pourquoi l'Arabie saoudite surveille de près les cheveux de ses footballeurs », sur francetv info (consulté le 16 avril 2016)
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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