Safiya bint Houyay
| Naissance | |
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| Nom dans la langue maternelle |
صفية بنت حيي |
| Père | |
| Mère |
Barra binte Samawal (en) |
| Conjoints |
Mahomet (de à ) Kenana ibn al-Rabi Sallam ibn Mishkam (en) |
Safiya bint Houyay (arabe : صَفيَّة بِنْت حُيَي, romanisé : Ṣafiyya bint Ḥuyayy) naît vers 610 à Yathrib en Arabie et meurt entre 661 et 670. Juive, elle se convertit à l'islam et devient la onzième épouse de Mahomet en l'an 7 de l'hégire. Comme les autres épouses de Mahomet, elle est connue des musulmans comme « mère des croyants ».
Biographie traditionnelle
[modifier | modifier le code]Safiya serait née à Yathrib (devenue ensuite Médine). Fille du rabbin Huyayy ibn Akhtab, chef de la tribu juive des Banu al-Nadir, et de Barra bint Samaw'al qui appartient au clan Banu Qurayza[1], elle est mariée à Salam ibn Abi al-Huqayq qui meurt lors de l'expédition d'Abdullah ibn Atik. Selon une source, elle est mariée à Sallam ibn Mishkam qui divorce ensuite d'elle[2].
Sa famille est ennemie de Mahomet. Expulsée de Médine avec sa tribu en 625, Safiya s'installe à Khaybar, une oasis à 153 kilomètres de Médine où elle épouse le trésorier des Banu Nadir, Kinana ben al-Rabl', fils du poète al-Rabi'ah ibn Abi al-Haqiq[3], en 627 ou 628 ; elle a environ 17 ans à l'époque[1].
Son père et son frère quittent Khaybar pour rejoindre les forces meccanes et bédouines qui assiègent Mahomet exilé à Médine pendant la bataille de la tranchée. Lorsque les Meccains se retirent, Mahomet assiège les Banu Qurayza. Après la défaite des Banu Qurayza en 627, le père de Safiyya, un adversaire de longue date de Mahomet, est capturé et exécuté par les musulmans[4].
Adil Salahi dit à ce sujet[5]:
« Ces hommes se rendirent d'abord chez les Quraysh pour leur proposer une alliance dans le seul but d'anéantir les musulmans. Ils leur dirent : Nous nous battrons à vos côtés jusqu'à ce que nous ayons exterminé Muhammad et ses hommes." Les Quraysh ne se firent pas prier pour accepter une telle alliance : ils n'avaient rien à y perdre. En outre, elle leur permettrait d'accroître leur puissance de frappe lors des combats. »
Capturée en 628, alors qu'elle a 17 ans, après la défaite des Juifs lors de la bataille de Khaybar, Safiya est attribuée à Dihya b. Khalifa al-Kalbi qui avait réclamé une esclave parmi les captives. Témoin de cela, un autre compagnon prévient Mahomet, en soulignant la beauté de Safiyya et son statut de maîtresse en chef des Banu Qurayza et des Nadir, considérant ainsi que la jeune femme n'est apte qu'à Mahomet, ce qui conduit le prophète de donner l'ordre de les appeler[6],[7].
Lorsque Safiyya est livrée, elle vient avec une autre femme. Cette dernière est prise d'angoisse à la vue des cadavres des Juifs tués, et se met à crier et à induire une automutilation sur son visage ; Mahomet ordonne alors qu'elle soit emmenée[8],[9]. Il ordonne également que Safiyya soit placée derrière lui, avec sa cape la couvrant, indiquant ainsi aux musulmans qu'il l'a choisie pour lui-même, et dit à Dihya al-Kalbi de prendre toute autre esclave des captives[7]. Il est rapporté que Dihya obtient sept esclaves en échange de Safiya[10].
L'ayant vue, Mahomet en prend possession et lui accorde la liberté. tout en condamnant à mort son mari Kinana ben al-Rabl'[1],[11],[12] qui a proposé aux Quraych une alliance dans le but d'anéantir l'empire naissant du prophète de l'islam. Mahomet épouse ainsi Safiya[13],[14].
Muhammad Husayn Haykal explique que[15] :
« Le Prophète lui accorda la liberté, puis l'épousa, en suivant les exemples de grands conquérants qui ont épousé les filles et les épouses des rois qui ils avaient défaits, en partie dans le but d'atténuer leur malheur, et en partie pour préserver leur dignité. »
Ce mariage peut avoir une signification politique, car il contribue à réduire les hostilités et crée des alliances. John L. Esposito note que[16] :
« Comme il était d'usage chez les chefs arabes, nombreux de ses mariages étaient politiques pour cimenter des alliances. D'autres étaient des mariages aux veuves de ses compagnons qui étaient tombés au combat, et qui avaient besoin de protection. »
Dans Ibn Saad 8/123, le prophète musulman explique à Safiya les raisons du sort de son mari et de sa famille lors de la bataille de Khaybar :
« Lorsque Safiya se rendit auprès du Saint Prophète, il lui dit : « Parmi les juifs, ton père n’a cessé de me haïr jusqu’à ce qu’Allah le détruise. » Elle dit : « Ô Messager d’Allah ! En vérité, Allah dit dans Son livre : « Nul ne portera le fardeau d’autrui ». Le Saint Prophète lui dit alors : « Fais ton choix. Si tu choisis l’Islam, je te choisirai pour moi-même et si tu choisis le Judaïsme, je te libérerai et t’enverrai vers ton peuple. » Elle dit : « Ô Messager d’Allah, en vérité, j’aspirais à l’Islam et j’ai témoigné pour toi avant même que tu ne m’aies invitée à venir vers toi. Je n’ai pas de tuteur parmi les juifs, ni père ni frère, et je préfère l’Islam à la mécréance. Allah et Son Messager me sont chers, ainsi que la liberté et le retour vers mon peuple. »
Elle devait connaître le passage coranique « Nul ne portera le fardeau d’autrui » car il se trouve précédemment dans les écritures juives, mentionné par exemple dans le Livre d'Ezéchiel 18:20[17].
Un autre texte rapporte dans Tabarani Kabeer, hadith 19668. (Albani l'a classé comme sahih (authentique) dans son Silsala Sahiha H. 2793)[17] :
« Ibn Omar rapporte : « Dans l’œil de Sayyidah Safiya il y avait une cicatrice. Le Saint Prophète lui a demandé : « Quelle est cette cicatrice dans ton œil ? » Elle a dit : « J’ai mentionné devant mon mari que j’avais vu une lune tomber sur mes genoux dans un rêve alors il m’a giflé et a dit : « Désires-tu le roi de Yathrib [c’est-à-dire le Saint Prophète] ? » Elle a dit : « Il n’y avait personne de plus détestable pour moi que le Messager d’Allah car il a tué mon père et mon mari. [Mais] le Prophète a expliqué : « Ô Safiya, ton père a incité les Arabes contre moi et a fait telle et telle chose… » Il a continué à expliquer jusqu’à ce que ce sentiment [de haine] disparaisse de moi. »
Dans la littérature musulmane qui est consacrée à Safiya, des doutes sur sa conversion ou une suspicion d'une volonté de venger ses parents ont été avancées. Mais Mahomet atteste en faveur de son épouse[1].
Mariée au prophète de l'islam en devenant sa onzième épouse[18], elle aurait également été mal accueillie par les autres épouses jalouses de Mahomet[1].

Safiya n'a pas d'enfants avec Mahomet[19]. Après la mort de Mahomet, elle prend parti pour le compagnon Uthman[1].
Safiya serait morte vers 672[12] ou vers 670[1], sous le règne de Mu'awiya I, et est enterrée dans le cimetière de Jannat al-Baqi à Médine, aujourd'hui en Arabie saoudite[20].
Elle laisse à sa mort un domaine de 100 000 dirhams de terres et de biens, dont un tiers qu'elle a légué à son neveu, fils de sa sœur, qui a suivi le judaïsme. Sa demeure à Médine est achetée par Mu'awiya pour 180 000 dirhams[2].
Approche historique
[modifier | modifier le code]Safiya est particulièrement citée dans la littérature soufie[réf. nécessaire]. Si elle est présente dans les livres de hadiths, il est possible de remarquer qu'elle est « liée relativement à peu de traditions par rapport à Aïsha et à Umm Salama »[1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Safiyya bint Huyayy » (voir la liste des auteurs).
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Safiyya bint Huyayy » (voir la liste des auteurs).
- "Saffiya", Encyclopedia of islam, vol.8, 1995, ed. by C. E. Bosworth, p. 817.
- Vacca, V (1995). "Safiyya". En P. J. Bearman ; Th. Blanc ; C. E. Bosworth ; E. van Donzel ; W. P. Heinrichs (éd.). Encyclopaedia of lslam. Vol. 8 (2e éd.). Brill Éditeurs académiques. p. 817. (ISBN 9004098348). ISSN 1573-3912.
- ↑ « https://www.jewishvirtuallibrary.org/rab-x012b-x0027-ibn-abi-al-huqayq », sur Jewish Virtual Library (consulté le )
- ↑ Guillaume, A. La vie de Mahomet : Traduction du Sirat Rasul Allah d'Ibn Ishaq.
- ↑ Adil Salahi, Muhammad Sceau des Prophètes, Nouvelle biographie authentique du Prophète de l'Islam, Tawhid, , p.315
- ↑ (en) Harvard Human Rights Journal, Harvard Law School, (lire en ligne), p. 47
- Bukhārī, Muḥammad ibn Ismāʻīl (1997). Ṣaḥīḥ Al-Bukhārī : La traduction des significations de Sahih Al-Bukhari : arabe-anglais (en arabe). Vol. 1. Pub Darussalam. & Distr. (ISBN 9960-717-32-1), p. 249, Vol. 1, non. 371.
- ↑ (en) Irving M. Zeitlin, The historical Muhammad, Polity Press, (ISBN 978-0-7456-3998-7), p. 136
- ↑ (en) Muḥammad Ibn-Ǧarīr aṭ- Ṭabarī et Michael Fishbein, « vol. 8: The victory of Islam », dans The history of al-Ṭabarī., State Univ. of New York Press, coll. « Bibliotheca Persica », (ISBN 978-0-7914-3150-4), p. 122
- ↑ (en) Muḥammad Ibn-Yazīd Ibn-Māǧa et Abū-Ṭāhir Zubair ʿAlī Zaʾī, English translation of Sunan Ibn Mâjah, vol. 3, no. 2272, Darussalam, (ISBN 978-9960-9881-3-9), p. 298
- ↑ David Nirenberg : Antijudaïsme : Un pilier de la pensée occidentale, p 245 & suiv., 2023, Éd. Labor et Fides, (ISBN 978-2830917994)
- "Wives of the Prophet", Encyclopedia of the Qur'an, vol. 5, p. 508 et suiv.
- ↑ (en) Maxime Rodinson, Muḥammad, Pantheon Books, (ISBN 978-0-394-50908-2 et 978-0-394-73822-2), p. 254
- ↑ (en) Muslim Ibn-al-Ḥaǧǧāǧ al-Qušairī, Abū-Ṭāhir Zubair ʿAlī Zaʾī, Nāṣir ad-Dīn al-Ḫaṭṭāb et Huda Ḫaṭṭāb, English translation of Sahîh Muslim, Darussalam, (ISBN 978-9960-9919-0-0), p. 58
- ↑ (en) Muhammad Husayn Haykal, The Life of Muhammad, North American Trust Publications, , p. 373
- ↑ John L. Esposito, Islam: The Straight Path, p. 19-20
- (en) Waqar Akbar Cheema, « Slanders about Prophet's (PBUH) marriage with Safiya (RA) », sur LET ME TURN THE TABLES! (consulté le )
- ↑ "Épouses du Prophétes", Dictionnaire du Coran, 2007, p; 262 et suiv.
- ↑ ^ Peters, F. E., Muhammad et les origines de l'islam, State University of New York Press, 1994, pp. 179, (ISBN 0-7914-1876-6). « À Médine, il a également épousé la fille d'Umar Hafsa, Hind, Zaynab fille de Jahsh, 16 Umm Salama, Juwayriyya, Ramla ou Umm Habiba, Safiyya et Maymuna. Aucune d'entre elles et lui n'ont eu d'enfant, bien qu'il ait eu un fils, Ibrahim, de sa concubine copte Maria. Ibrahim est mort en âge. »
- ↑ Bint Al-Shati', The Wives of the Prophet, éd. Sh. Muhammad Ashraf, 1971, trad. Matti Moosa, D. Nicholas Ranson, p. 181
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
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