Al-Musta'sim (Abbasside)
| Calife abbasside | |
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| - | |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture |
Al-Musta'sim Billah Mosque (en) |
| Nom dans la langue maternelle |
المستعصم بالله |
| Activités | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Hajir (d) |
| Conjoint |
Bab Bachir (en) |
| Parentèle |
Al-Mustansir (oncle paternel) |
| Conflits |
|---|
Abû Ahmad al-Musta`sim bi-llah `Abd Allah ben Mansûr al-Mustansir[1], surnommé al-Musta`sim[2], né en 1213 à Bagdad et mort assassiné le dans la même ville, est le trente septième et dernier calife abbasside de Bagdad de 1242 à sa mort.
Biographie
[modifier | modifier le code]Al-Musta`sim devient calife en .
Al-Mustansir avait assisté à la sixième croisade qui s'était terminée par un traité entre les Ayyoubides et l'empereur romain germanique Frédéric II. Frédéric qui avait à s'occuper d'autres affaires dans son pays, quitta Jérusalem en mai 1229. Ce traité de dix ans avait expiré en 1239 et Jérusalem fut reprise par les Mamelouks en 1244.
En 1247, Malik al-Salih Ayyoub reprend aux croisés Ascalon et la Galilée orientale et Damas. Il rétablit sa suzeraineté sur Homs, luttant pour le contrôle de la Syrie avec son cousin Al-Nasir Yusuf resté maître d'Alep.
Septième croisade
[modifier | modifier le code]Les croisés français de Louis IX débarquent à Damiette le . Le sultan ayyoubide Malik al-Salih Ayyoub, immobilisé par la tuberculose, propose à Louis d'échanger Damiette contre Jérusalem, avant de mourir peu de temps après. Son épouse favorite, Chajar ad-Durr[3], une esclave arménienne, rassemble alors les familiers du sultan et leur ordonne de garder le silence sur sa mort avant le retour de l'héritier du trône, Al-Mu'adham, alors en Irak. Louis IX est repoussé par Al-Mu'adham.
Le les mamelouks turcs massacrent le sultan Al-Mu'adham et s'emparent du pouvoir en Égypte. Ils nomment sultane Chajar ad-Durr qui épouse leur général `Izz al-Din Aybak, créant ainsi la dynastie Bahrite. Le calife envoie au sultan d'Égypte un poignard orné d'un décor de jasmins en signe de bonne volonté, mais il refuse d'envoyer les robes de cérémonie. Il s'oppose en effet à l'idée qu'une femme puisse être souveraine. Quand on lui a demandé de la reconnaître il aurait dit que si les émirs ne sont pas capables de trouver un homme à la hauteur de la tâche, il se ferait un devoir de leur en envoyer un.
En 1255, Houlagou se dirige vers l'ouest et invite le calife à se joindre à lui pour se débarrasser des Ismaéliens qu'ils haïssent tous les deux. Le calife ne répond pas, laissant Houlagou libre d'annexer toutes les régions au nord de l'Irak. Ce dernier réunit probablement la plus grande armée mongole jamais assemblée. Alamut est assiégé pendant plusieurs jours et soumise aux bombardements à cause de la neige ce qui poussa les Ismaéliens nizârites à la reddition, avant de partir se réfugier dans leur bastion de Masyaf.
Le calife se sentant menacé envoie, en désespoir de cause, une lettre dans laquelle il rappelle à Houlagou le sort des Saffarides lorsqu'ils avaient osé attaquer la « cité de la paix ». Cette menace de la colère divine n'a aucun effet sur Houlagou, bien au contraire cela le convainc que la prise de Bagdad est à sa portée.
Prise de Bagdad par Houlagou
[modifier | modifier le code]En janvier 1258, une colonne mongole atteint les quartiers occidentaux de Bagdad tandis qu’Houlagou arrive sur la rive est du Tigre. Le calife envoie son fils pour demander une trêve, en vain. Houlagou a déjà dévasté une partie de la ville lorsqu’on se met d’accord sur la cessation des hostilités.
Le (4 safar 656), Al-Musta`sim suivi de ses enfants et d’un certain nombre de citoyens éminents se rend devant Houlagou qui le reçoit avec une apparente courtoisie. Le calife et ses fils sont placés à part dans une tente, cependant que les autres doivent quitter la ville. Le calife doit accompagner la suite d'Houlagou pour assister à la mise à sac de son palais et pour révéler les cachettes contenant des trésors. Après plusieurs jours de pillage, le chef mongol y met fin pour prendre possession de la ville.
Mort d’Al-Musta`sim
[modifier | modifier le code]Al-Musta`sim et tous les membres de sa famille faits prisonniers, sont exécutés le (14 safar 656)
« Après l’avoir forcé à livrer ses trésors et ses dernières cachettes, il semble que, par égard pour sa dignité, les Mongols, évitant de verser son sang, l’aient cousu dans un sac où on le fit fouler aux pieds des chevaux.
On livre aux flammes la plus grande partie de la ville, notamment la mosquée Djâmi et on détruit les tombeaux des Abbâssides[4]. »
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ arabe : abū ʾaḥmad al-mustaʿṣim bi-llāh ʿabd allāh ben manṣūr al-mustanṣir,
أبو أحمد المستعصم بالله عبد الله بن منصور المستنصر - ↑ arabe : al-mustaʿṣim bi-llāh, المستعصم بالله , Celui qui a son refuge en Dieu
- ↑ arabe : šajara ad-durr, شجرة الدرّ, L'arbre de perles
- ↑ L’empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, René Grousset, p. 442
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (ar) العباسيون/بنو العباس في بغداد
- (en) The Caliphate, its rise, decline and fall, by William Muir Chapter LXXVIII, 640-656 A.H., Al-Musta`sim, last of the Caliphs, Hulagu takes Bagdad, Caliph put to death, End of 'Abbasid Dynasty
- René Grousset, L'empire des steppes. Attila, Gengis-khan, Tamerlan, Paris, Payot, (1re éd. 1938), 620 p. (présentation en ligne, lire en ligne)