Djizîa

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La jizîa, djizîa ou djizîat[1], suivant les transcriptions, (arabe : جزية ǧizyah API : [dʒizja]; turc ottoman: cizye), est l'impôt annuel historiquement recueilli des hommes pubères non-musulmans (dhimmis) en âge d'effectuer leur service militaire. En étaient exemptés les femmes, les enfants, les personnes âgées, les infirmes, les esclaves, les moines, les anachorètes, et les déments[2],[3],[4]. Les dhimmis qui ont choisit de rejoindre le service militaire ont été exemptés de ce payement[5],[6],[7],[8],[9], tout comme ceux qui n'avaient pas les moyens pour la payer[6],[10],[11].

Le montant de la djizia était usuellement un montant fixe annuelle dépendant de la capabilité financière de celui qui paye[12].

La majorité des musulmans rejettent le système de dhimma, qui inclut la djizîa, et le considère comme étant inapproprié à l'âge des États-nations et les démocraties[13].

Étymologie et signification[modifier | modifier le code]

Les commentateurs divergent sur la définition et la dérivation du mot djizîa:

  • La traduction du Coran de Shakir emploie le mot "taxe" pour traduire la djizîa, alors que Pickthal et Arberry la traduise avec le mot "tribut". Yusuf Ali a préféré de translittérer le terme comme jizyah. Yusuf Ali a considéré que la racine du sens de la djizîa est "compensation"[14],[15], alors que Muhammad Asad l'a consideré comme étant "satisfaction"[14].
  • Al-Raghib al-Isfahani, un lexicographe musulman classique, écrit sur la jizya : "Une taxe qui est recueillie des dhimmis, et elle est ainsi nommée car elle est en retour de la protection qui leur est garantie."[16]
  • Muhammad Abdel-Haleem dit que le terme "impôt par tête" ne traduit pas le mot Arabe djizîa, étant aussi trompeur au vue des exemptions accordées aux enfants, femmes, etc., au contraire d'un impôt par tête, qui est, par définition, levé sur chaque individue (tête) sans considération du genre, l'âge, ou même l'abilité de payer. Il ajoute de plus que le verbe racine de la djizîa est j-z-y, qui veut dire 'pour récompenser quelqu'un pour quelque chose', 'de payer ce qui est dû en échange de quelque chose' et il ajoute qu'elle est en retourne de la protection d'un état musulman Muslim state avec tous les bénefites qui en résultent et les exemptions du service militaire, et les taxes sur les musulmans tel que la zakat[17].
  • L'historien al-Tabari relate que certains membres de la communauté Chrétienne ont demandé à Omar ibn al-Khattâb s'ils pouvaient référer à la Djizîa par le terme sadaqah, qui veut dire littéralement "charité", une demande que Omar a accepté[18],[19],[20].
  • Arthur Stanley Tritton dit que la djizîa en occident, et kharâj dans l'ouest Arabique voulaient dire une tribut. Elle a aussi été nommé Jawali à Jerusalem[21],[22]. Shemesh dit qu'Abu Yusuf, Abu Ubayd, Qudama, Khatib and Yahya ont utilisé les termes Jizya, Kharaj, Ushr et Tasq comme synonymes[23].

Rationale[modifier | modifier le code]

La majorité des juristes et savants musulmans regarde la djizîa comme étant un payement spécial collecté de certains non-musulmans en retour de la responsabilité de protection réalisé par les musulmans contre toute forme d’agression[24],[25],[26],[27],[28],[29] et aussi pour exempté les non-musulmans du service militaire,[25],[10],[26],[30],[31],[14],[17],[32], et pour l'aide financière accordé aux pauvres[33], Dans un traité de Khalid ibn al-Walid avec des villes aux environs de Hirah, il écrit: "Si nous vous protégeons, alors la djizîa nous est due; mais si nous ne le faisons pas, alors elle n'est pas due."[34],[35]

‘Après qu'Abu ʻUbaydah a conclu un traité de paix avec le peuple de la Syrie et a collecté d'eux la jizîa et la taxe sur les terres agraires (kharâj), il a été informé que les Romains se préparaient pour une éventuelle guerre contre lui et que la situation devenait critique pour lui et les musulmans. Abu ʿUbaydah a alors écrit aux gouverneurs des villes avec lesquels un traité avait été conclu qu'ils devaient retourner les sommes collectées de djizîa et kharâj et dire à leurs sujets: "Nous avons appris qu'une puissante armée s'avançait contre nous, c'est pourquoi nous vous avons remboursé les sommes qui avaient été perçues. En effet, vous nous aviez versé cet argent en échange de notre protection et de notre défense, et nous nous étions engagés à accomplir ce devoir. Nous sommes à présent incapables de tenir parole. Si, malgré tout, Dieu nous accorde la victoire sur les Byzantins, vous pouvez considérer que nous sommes tenus à ce à quoi nous nous sommes engagés dans notre accord mutuel."’[36],[37]

L'orientaliste Thomas Walker Arnold donne l'exemple de la tribu d'al-Jurajima, une tribu chrétienne au bord d'Antioch qui a "fait la paix avec les musulmans, leur promettant d'être leurs alliés et de combattre de leur côté dans la bataille, en condition de ne pas payer la jizîa et de recevoir une juste part du butin."[8] Il ajoute que même les musulmans ont été contraints de payer une taxe s'ils étaient exemptés du service militaire, tout comme les non-musulmans[38],[39].

La Djizîa dans l’ère classique[modifier | modifier le code]

Assujetties et exemptés[modifier | modifier le code]

Les juristes musulmans ont exempté de la Djizîa les femmes, les enfants, les personnes âgées, les infirmes, les esclaves, les moines, les anachorètes, et les déments[2],[3],[4].

Le juriste Hanbalite Al-Qâdî Abû Ya'lâ dit, "Il n'y a point de Djizîa sur les pauvres, les âgées, et ceux qui souffrent de maladies chroniques"[40].

Montant de la Djizîa[modifier | modifier le code]

Le montant de la Djizîa n'était pas uniforme.[41] Le montant de la djizîa qui a été fixé et implémenté par le deuxième caliph de la caliphat Rashida, Omar ibn al-Khattâb, dans la période de sa Khilafah, étaient des petits montants: quatre dirhams pour les riches, deux dirhams pour la classe moyenne, et seulement un dirham pour les pauvres actives qui gagnaient à travers de qui a gagné en travaillant sur les salaires, ou en faisant ou vendant des choses.[42] Abû 'Ubayd insiste que les dhimmis ne doivent ni être chargés au-delà de leurs capacités, ni doivent-ils être amenés à souffrir[43].

Méthode de collection[modifier | modifier le code]

Ann Lambton dit que la djizîa été payer dans des conditions dîtes humiliantes[44]. En contraste, le savant de Hadith et juriste chaféite du 13éme ciècle Al-Nawawī, commente sur ceux qui imposent une humiliation lors du payement de la djizîa, disant, "Concernant cette pratique mentionnée, je ne suis au courant d'aucun support sain pour elle dans ce respect, et elle est seulement mentionné par les savants de Khurasan. La majorité des savants disent que la djizîa est à prendre avec douceur, comme la personne va recevoir une dette. L'opinion fiable et correcte est que cette pratique (d'humiliation) est invalide et ceux qui l'ont conçus doivent être réfutés. Il n'y a point de narration disant que le Prophète ou l'un des caliphes bien guidés a fait quelconque chose comme ça lors de la collection de la djizîa."[18],[45],[46] Ibn Qudama a lui aussi rejeté cette pratique et a noté que le Prophète et les caliphes bien guidés ont encouragé à ce que la Djizîa soit collecté avec douceur et gentillesse[18],[46],[47].

L'utilisation de la Djizîa[modifier | modifier le code]

Dans un traité de Khâlid b. al-Walîd, il dit : "... en outre, je leur accorde que toute personne qui deviendrait inapte au travail, ou qu'aurait frappé un malheur, ou bien qui, de riche deviendrait pauvre, se mettant ainsi à la merci de la charité de ses coreligionnaires, sera exonéré par moi de la djizîa, et recevra l'aide du Trésor Public des musulmans, lui et les personnes dont il a la charge, et ce, pour aussi longtemps qu'il demeurera en terre d'Islam (dâr al-Islam)."[48],[49],[50],[51] Hasan Shah dit que les femmes, enfants, indigents de confession non-musulmanes ne sont non seulement exempté de la djizîa, mais ils reçoivent des pensions depuis le trésor public si nécessaire[52].

Coran[modifier | modifier le code]

Cet impôt de capitation trouve son fondement dans la sourate 9,29 du Coran :

« Combattez ceux qui ne croient point en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent point comme défendu ce que Dieu et son apôtre ont défendu, et à ceux d'entre les hommes des Écritures qui ne professent pas la vraie religion. Faites-leur la guerre jusqu'à ce qu'ils payent le tribut de leurs propres mains et qu'ils se soient soumis[53]. »

En commentant sur ce verset, Abū Ḥayyān dit, ‘ils sont ainsi décrit car leur façon [d'agir] n'est pas celle de ceux qui croient en Dieu’[54], Ahmad Al-Maraghī commente sur ce verset disant: "C'est à dire, combattez ceux mentionnés quand les conditions qui nécessitent la guerre sont présentes, c'est à dire, dans le cas d'une agression contre vous ou votre pays, oppression et persécution contre vous à cause de votre foi, ou d'une menace contre votre sûreté et sécurité, comme c'était le cas par les Byzantins, qui a mené à la bataille de Tabouk."[55] Dans tous les cas, il n'y a rien dans le Coran qui stipule que ne pas croire ni en Dieu ni au jour dernier est en soit une raison pour combattre.[54]

Ici ʿan yad (depuis/pour/au main), est interprété par certain comme signifant qu'ils doivent payer directement, sans intermédiaire et sans délais. D'autres disent qu'elle refére à sa reception par les musulmans et veut ainsi dire "généreusement" comme dans l'expression "avec une main ouverte," car la décision de payer la djizîa est une forme de munificence qui a averti un état de conflit[56]. M.J. Kister comprend 'an yad comme étant une référence à l’habilité et les moyens suffisants du dhimmi[57]. Similairement, Rashid Rida prend le mot Yad dans un sens métaphorique et lui donne une relation à la capabilité financière de la personne liable au payement[14].

Le cas indien[modifier | modifier le code]

En 1564, l'empereur moghol Akbar, influencé par des idées syncrétiques, supprima la djizîa originellement instaurée par le sultanat de Delhi. Cependant, son arrière-petit-fils Aurangzeb, souhaitant un retour à l'islamisation dans son pays, la rétablit en 1679. Elle était prélevée sur les hindous (ainsi que sur les jaïns, bouddhistes et sikhs), largement majoritaires dans l'empire.

Notes et références[modifier | modifier le code]


  1. arabe : جزية, capitation; tribut; taxe
  2. a et b (en) B. Hallaq Wael, Sharī'a: Theory, Practice and Transformations, Cambridge University Press,‎ , 332–3 p. (ISBN 978-0-521-86147-2)
  3. a et b (en) Eli Alshech, « Islamic Law, Practice, and Legal Doctrine: Exempting the Poor from the Jizya under the Ayyubids (1171-1250) », Islamic Law and Society, vol. 10, no 3,‎  :

    « ...jurists divided the dhimma community into two major groups. The first group consists of all adult, free, sane males among the dhimma community, while the second includes all other dhimmas (i.e., women, slaves, minors, and the insane). Jurists generally agree that members of the second group are to be granted a "blanket" exemption from jizya payment. »

    Traduction: "... les juristes ont divisé la communauté de dhimma en deux parties majeurs. Le premier groupe consistait de tout adulte, libre, sain, ..."
  4. a et b (en) Vardit Rispler-Chaim, Disability in Islamic law, Dordrecht, the Netherlands, Springer,‎ (ISBN 1402050526), p. 44 :

    « The Hanbali position is that boys, women, the mentally insane, the zamin, and the blind are exempt from paying jizya. This view is supposedly shared by the Hanafis, Shafi'is, and Malikis »

    Traduction: "La position Hanbalite est que les enfants, femmes et les malades mentalles..."
  5. (en) Muhammad Abdel-Haleem, Understanding the Qur'ān: Themes and Style, I. B. Tauris & Co Ltd,‎ , 70, 79 p. (ISBN 978-1845117894)
  6. a et b Ellethy 2014, p. 181.
  7. Mapel, D.R. and Nardin, T., eds. (1999), International Society: Diverse Ethical Perspectives, p. 231. Princeton University Press. ISBN 9780691049724. Extrait: "Jizya was levied upon dhimmis in compensation for their exemption from military service in the Muslim forces. If dhimmis joined Muslims in their mutual defense against an outside aggressor, the jizya was not levied."
  8. a et b (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam: A History of the Propagation of the Muslim Faith, Constable & Robinson Ltd,‎ , 61–2 p. (lire en ligne) :

    « ... the jizyah was levied on the able-bodied males, in lieu of the military service they would have been called upon to perform had they been Musalmans; and it is very noticeable that when any Christian people served in the Muslim army, they were exempted from the payment of this tax. Such was the case with the tribe of al-Jurājima, a Christian tribe in the neighborhood of Antioch who made peace with the Muslims, promising to be their allies and fight on their side in battle, on condition that they should not be called upon to pay jizyah and should receive their proper share of the booty. »

    Traduction: "... la jizîa était levée sur les hommes valides, à la place du service militaire qu'ils auraient dû exécuter s'ils avaient été musulmans ; et il ressort très clairement que lorsque tout Chrétiens servaient dans l'armée musulmane, ils étaient exemptés du paiement de cet impôt. C'était le cas de la tribu d'al-Jurājima, une tribu Chrétienne au bord d'Antioch qui a fait la paix avec les musulmans, leur promettant d'être leurs alliés et de combattre de leur côté dans la bataille, en condition de ne pas payer la jizîa et de recevoir une juste part du butin." (online)
  9. Shah 2008, p. 19–20.
  10. a et b Ghazi, Kalin et Kamali 2013, p. 240–1.
  11. Abdel-Haleem 2012, p. 75–6, 77.
  12. (en) Shawkiy Abu Khalil, al-Islam fi Qafass al-'Itiham, Dār al-Fikr,‎ (ISBN 1575470047), p. 149 Quote: «و يعين مقدار الجزية إعتبارا لحالتهم الإقتصادية، فيؤخد من الموسرين أكثر و من الوسط أقل منه و من الفقراء شيء قليل جدا. و على الدين لا معاش لهم أو هم عالة على غيرهم يعفون من أداء الجزية.» Translation: "The amount of jizya is determined in consideration of their economic status, so that more is taken from the prosperous, less from the middle [class], and a very small amount from the poor (fuqaraʾ). Those who do not have a means of livelihood or depend on support of others are excused from paying the jizya."
  13. (en) Khaled Abou El Fadl, The Great Theft: Wrestling Islam from the Extremists, HarperOne,‎ (ISBN 978-0061189036), p. 214
  14. a, b, c et d Shah 2008, p. 19.
  15. Yusuf Ali (1991 Reprint), Notes 1281 and 1282 to verse 9:29, p. 507
  16. Al-Raghib al-Isfahani, Mufradat al-Qur’an, vol. 1, p. 204 Extrait: «.والجزية ما يؤخَذ من أهل الذمّة، وتسميتها بذلك للاجتزاء بها عن حقن دمهم» Traduction : "Une taxe qui est recueillie des Dhimmis, et elle est ainsi nommée car elle est en retour de la protection qui leur est garantie."
  17. a et b Abdel-Haleem 2012, p. 75–6.
  18. a, b et c Ghazi, Kalin et Kamali 2013, p. 82–3.
  19. (ar) Mohamed Saïd Ramadân al Boutî, Al-Jihād fī’l-Islām, Damascus, Dār al-Fikr,‎ , p. 135 Extrait: «فقد صح أن نصارى تغلب تضايقوا من كلمة (الجزية) و (الجزاء) و عرضوا على أمير المؤمنين عمر بن الخطاب، أن تؤخد منهم الجزية بإسم الصدقة، و إن إقتضى ذلك مضاعفة القدر عليهم، و قالوا له: خد منا ما شئت، و لا تسمها جزاء .. فشاور عمر الصحابة في ذلك، فأشار عليه علي رضي الله عنه أن يقبلها منهم مضاعفة بإسم الصدقة. رواه الطبري في تاريخه.» Translation: "Il est vraie que les chrétiens de Taghlab n'était pas à l'aise au vue de l'emploi des mots (Djizîa) et (Compensation) et ils ont proposé (!) to the leader of the believers ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, that jizya be taken from them in the name of charity, even if that meant that they would have to pay twice as much, and they said to him: ‘Take from us whatever you want, but don't call it a compensation’ .. So ʿUmar consulted the companions on this [matter], and ʿAli May God be pleased with him advised him to accept it from them with a double amount by the name of charity. This was related by al-Ṭabarī in his history."
  20. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam: A History of the Propagation of the Muslim Faith, Constable & Robinson Ltd,‎ , 49–50 p. (lire en ligne) :

    « They were called upon to pay the jizyah or tax imposed on the non-Muslim subjects, but they felt it to be humiliating to their pride to pay a tax that was levied in return for protection of life and property, and petitioned the caliph to be allowed to make the same kind of contribution as the Muslims did. So in lieu of the jizyah they paid a double Sadaqah or alms,—which was a poor tax levied on the fields and cattle, etc., of the Muslims. »

    Traduction: "Ils leur étaient demander de payer la Djizîa ou taxe imposée sur les sujets non-musulmans, mais ils ..." (online)
  21. Tritton 2008, p. 197–198.
  22. Tritton 2008, p. 223.
  23. A Ben Shemesh (1967), Taxation in Islam, Vol. 1, Netherlands: Brill Academic, p. 6
  24. Abou Al-Fadl 2002, "When the Qur'an was revealed, it was common inside and outside of Arabia to levy poll taxes against alien groups. Building upon the historical practice, classical Muslim jurists argued that the poll tax is money collected by the Islamic polity from non-Muslims in return for the protection of the Muslim state. If the Muslim state was incapable of extending such protection to non-Muslims, it was not supposed to levy a poll tax.", p. 21.
  25. a et b (en) Hilmi M. Zawati, Is Jihād a Just War?: War, Peace, and Human Rights Under Islamic and Public International Law (Studies in religion & society), Edwin Mellen Press,‎ , 63–4 p. (ISBN 978-0773473041)
  26. a et b (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam: A History of the Propagation of the Muslim Faith, Constable & Robinson Ltd,‎ , 60–1 p. (lire en ligne) :

    « This tax was not imposed on the Christians, as some would have us think, as a penalty for their refusal to accept the Muslim faith, but was paid by them in common with the other dhimmīs or non-Muslim subjects of the state whose religion precluded them from serving in the army, in return for the protection secured for them by the arms of the Musalmans. »

    Traduction: "Cette taxe n'était pas imposée aux Chrétiens, comme certains voudraient nous le faire croire, en punition de leur refus d'accepter la foi musulmane, mais ils la payaient, de même que les autres dhimmî ou ressortissants non musulmans de l'état dont la religion empêchait qu'ils fassent partie de l'armée, en échange de la protection que leur assuraient les armes des musulmans." (online)
  27. Esposito 1998, They replaced the conquered countries, indigenous rulers and armies, but preserved much of their government, bureaucracy, and culture. For many in the conquered territories, it was no more than an exchange of masters, one that brought peace to peoples demoralized and disaffected by the casualties and heavy taxation that resulted from the years of Byzantine-Persian warfare. Local communities were free to continue to follow their own way of life in internal, domestic affairs. In many ways, local populations found Muslim rule more flexible and tolerant than that of Byzantium and Persia. Religious communities were free to practice their faith to worship and be governed by their religious leaders and laws in such areas as marriage, divorce, and inheritance. In exchange, they were required to pay tribute, a poll tax (jizya) that entitled them to Muslim protection from outside aggression and exempted them from military service. Thus, they were called the "protected ones" (dhimmi). In effect, this often meant lower taxes, greater local autonomy, rule by fellow Semites with closer linguistic and cultural ties than the hellenized, Greco-Roman élites of Byzantium, and greater religious freedom for Jews and indigenous Christians.", p. 34.
  28. (en) M. A. Muhibbu-Din, « Ahl Al-Kitab and Religious Minorities in the Islamic State: Historical Context and Contemporary Challenges », Journal of Muslim Minority Affairs, vol. 20, no 1,‎ , p. 119 (ISSN 1360-2004, DOI 10.1080/13602000050008933, lire en ligne)
  29. (en) Ahmet Davutoglu, Alternative paradigms : the impact of Islamic and Western Weltanschauungs on political theory, Lanham, MD, University Press of America,‎ (ISBN 0819190470), p. 160
  30. Esposito 1998, p. 34.
  31. (en) Muhammad ʿImāra, al-Islām wa’l-ʿaqalliyyāt, Cairo, Maktabat al-Shurūk al-Dawliyya,‎ , p. 15 Extrait: «ولأن (الجزية) هي (بدل جندية)، لا تُؤخذ إلا من القادرين ماليًا، الذين يستطيعون حمل السلاح وأداء ضريبة القتال دفاعًا عن الوطن، وليست (بدلاً من الإيمان بالإسلام) وإلا لفرضت على الرهبان و رجال الدين .. وبدليل أن الذين اختاروا أداء ضريبة الجندية في صفوف المسلمين، ضد الفرس والروم، وهم على دياناتهم غير الإسلامية - فى الشام .. والعراق .. ومصر - لم تفرض عليهم الجزية، وإنما اقتسموا مع المسلمين الغنائم على قدم المساواة..» Traduction: "Et puisque la jizya est en échange du service militaire, elle est seulement prit depuis ceux qui sont financièrement capable, (!) and those who are able to take arms and do military service in defense of a country, and it isn't in exchange for not embracing Islam otherwise [the jizya] would have been taken from monks and the clergy .. and also since those who did volunteer to fight with the Muslims, against the Persians and Byzantines, and who professed a religion other than Islam – in the Levant, Iraq and Egypt – were exempted from the jizya and shared equally the battle gains with the Muslims..."
  32. (en) Khaled Abou El Fadl, The Great Theft: Wrestling Islam from the Extremists, HarperOne,‎ (ISBN 978-0061189036), p. 204 :

    « According to the dhimma status system, non-Muslims must pay a poll tax in return for Muslim protection and the privilege of living in Muslim territory. Per this system, non-Muslims are exempt from military service, but they are excluded from occupying high positions that involve dealing with high state interests, like being the president or prime minister of the country. In Islamic history, non-Muslims did occupy high positions, especially in matters that related to fiscal policies or tax collection. »

    Traduction: (incomplète) "Selon le système de dhimma, les non-musulmans doivent payer une taxe en échange de la protection musulmane et le privilège de vivre dans un territoire musulman. Par ce système, les non-musulmans sont exemptés du service militaire, mais ..."
  33. (ar) Muhammad Abu Zahra, Zahrat al-Tafāsīr, Cairo, Dār al-Fikr al-ʿArabī, 3277–8 p. (lire en ligne) Extrait: «و ما يعطيه الذمي من المال يسمى جزية؛ [...] و لأنها جزاء لأن يدفع الإسلام عنهم، و يكفيهم مئونة القتال، و لأنها جزاء لما ينفق على فقراء أهل الذمة كما كان يفعل الإمام عمر، [...] و الإسلام قام بحق التساوي بين جميع من يكونون في طاعته، فإن الجزية التي تكون على الذمي تقابل ما يكون على المسلم من تكليفات مالية، فعليه زكاة المال، و عليه صدقات و نذور، و عليه كفارات، و غير ذلك، و لو أحصى كل ما يؤخد من المسلم لتبين أنه لا يقل عما يؤخد من جزية إن لم يزد. و إن الدولة كما ذكرنا تنفق على فقراء أهل الذمة، و لقد روى أن عمر - رضي الله تعالى عنه - وجد شيخا يهوديا يتكفف، فسأله: من أنت يا شيخ؟ قال رجل من أهل الذمة، فقال له: ما أنصفناك أكلنا شبيبتك و ضيعناك في شيخوختك، و أجرى عليه رزقا مستمرا من بيت المال، و قال لخادمه: ابحت عن هذا و ضربائه، و أَجْرِ عليهم رزقا من بيت المال.» Traduction: "And the money that the dhimmī gives is called jizya: [...] and [it is so named] because it is in return for the protection that they are guaranteed by the Islamic [community], and instead of rendering military service, and since it is [also] in return for what is spent on the poor amongst the dhimmī community (ahl al-dhimma) as ʾImām ʿUmar used to do. [...] and Islam gave the right of equality between all of those who are under its rule, indeed the jizya that is demanded from the dhimmī corresponds to the financial obligations that are compulsory on the Muslim, so he is obliged [to purify] his wealth [through] zakat, and he is required to pay sadaqat and nudhur, and he is duty-bound to give kaffarat, as well as other things. And if all that is taken from the Muslim was calculated, it would become clear that it isn't less than what is taken by way of jizya, if it isn't more. And as we have mentioned earlier, the state spends on the poor amongst the dhimmī community, and it is narrated that ʿUmar - May God Almighty be pleased with him - found an elderly Jew begging, so he asked him: ‘Who are you, old man (shaykh)?’ He said, ‘I am a man from the dhimma community.’ So ʿUmar said to him: ‘We have not done justice to you in taking from from you when you were young and forsaking you in your old age’, so ʿUmar gave him a regular pension from the Bayt al-Māl (Public Treasury), and he then said to his servant: “Search for him and those like him, and give them out from the public treasury.”"
  34. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam: A History of the Propagation of the Muslim Faith, Constable & Robinson Ltd,‎ , 61 p. (lire en ligne) :

    « Again, in the treaty made by Khālid with some towns in the neighborhood of Hīrah, he writes: “If we protect you, then jizyah is due to us; but if we do not, then it is not due.” »

    Traduction: "Si nous vous protégeons, alors la jizîa nous est due; mais si nous ne le faisons pas, alors elle n'est pas due." (online)
  35. (en) Nasim Hasan Shah, « The concept of Al‐Dhimmah and the rights and duties of Dhimmis in an Islamic state », Institute of Muslim Minority Affairs. Journal, vol. 9, no 2,‎ , p. 220 (ISSN 0266-6952, DOI 10.1080/02666958808716075, lire en ligne)
  36. Ghazi, Kalin et Kamali 2013, p. 428–9.
  37. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam: A History of the Propagation of the Muslim Faith, Constable & Robinson Ltd,‎ , 60–1 p. (lire en ligne) :

    « The Emperor Heraclius had raised an enormous army with which to drive back the invading forces of the Muslims,who had in consequence to concentrate all their energies on the impending encounter. The Arab general, Abū ʻUbaydah, accordingly wrote to the governors of the conquered cities of Syria, ordering them to pay back all the jizyah that had been collected from the cities, and wrote to the people, saying, “We give you back the money that we took from you, as we have received news that a strong force is advancing against us. The agreement between us was that we should protect you, and as this is not now in our power, we return you all that we took. But if we are victorious we shall consider ourselves bound to you by the old terms of our agreement.” In accordance with this order, enormous sums were paid back out of the state treasury, and the Christians called down blessings on the heads of the Muslims, saying, “May God give you rule over us again and make you victorious over the Romans; had it been they, they would not have given us back anything, but would have taken all that remained with us.” »

    (online)
  38. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam: A History of the Propagation of the Muslim Faith, Constable & Robinson Ltd,‎ , 62–3 p. (lire en ligne) :

    « On the other hand, when the Egyptian peasants, although Muslim in faith, were made exempt from military service, a tax was imposed upon them as on the Christians, in lieu thereof. »

    (online)
  39. (en) Nasim Hasan Shah, « The concept of Al‐Dhimmah and the rights and duties of Dhimmis in an Islamic state », Institute of Muslim Minority Affairs. Journal, vol. 9, no 2,‎ , p. 221 (ISSN 0266-6952, DOI 10.1080/02666958808716075, lire en ligne)
  40. Al-Qâdî Abû Ya'lâ, al-Aḥkām al-Sulṭāniyyah, p. 160. Extrait: «وتسقط الجزية عن الفقير وعن الشيخ وعن الزَمِن [أي صاحب العاهة]» Traduction: "Il n'y a point de Djizîa sur les pauvres, les âgées, et ceux qui souffrent de maladies chroniques."
  41. (en) Thomas Walker Arnold, Preaching of Islam: A History of the Propagation of the Muslim Faith, Constable & Robinson Ltd,‎ (lire en ligne), p. 60 :

    « The rates of jizyah levied by the early conquerors were not uniform »

    (online)
  42. Muhammad Shafi Deobandi, Ma‘ārifu’l-Qur’ān 4, p. 364.
  43. Ahmet Davutoğlu (1994), Alternative paradigms: the impact of Islamic and Western Weltanschauungs on political theory, p. 160. University Press of America.
  44. Lambton 2013, p. 204–5.
  45. Al-Nawawī, Rawdat al-Tālibīn wa ‛Umdat al-Muftīn, vol. 10, pp. 315–6. al-Maktab al-Islamiy. Ed. Zuhayr al-Chawich. Extrait: « قُلْتُ: هَذِهِ الْهَيْئَةُ الْمَذْكُورَةُ أَوَّلًا: لَا نَعْلَمُ لَهَا عَلَى هَذَا الْوَجْهِ أَصْلًا مُعْتَمَدًا، وَإِنَّمَا ذَكَرَهَا طَائِفَةٌ مِنْ أَصْحَابِنَا الخراسَانِيِّينَ، وَقَالَ جُمْهُورٌ الْأَصْحَابِ: تُؤْخَذُ الْجِزْيَةُ بِرِفْقٍ ، كَأَخْذِ الدُّيُونِ . فَالصَّوَابُ الْجَزْمُ بِأَنَّ هَذِهِ الْهَيْئَةَ بَاطِلَةٌ مَرْدُودَةٌ عَلَى مَنِ اخْتَرَعَهَا، وَلَمْ يُنْقَلْ أَنَّ النَّبِيَّ وَلَا أَحَدًا مِنَ الْخُلَفَاءِ الرَّاشِدِينَ فَعَلَ شَيْئًا مِنْهَا ، مَعَ أَخْذِهِمِ الْجِزْيَةَ.» Translation: "As for this aforementioned practice (hay’ah), I know of no sound support for it in this respect, and it is only mentioned by the scholars of Khurasan. The majority (jumhūr) of scholars say that the jizya is to be taken with gentleness, as one would receive a debt (dayn). The reliably correct opinion is that this practice is invalid and those who devised it should be refuted. It is not related that the Prophet or any of the rightly-guided caliphs did any such thing when collecting the jizya."
  46. a et b (ar) Mohamed Saïd Ramadân al Boutî, Al-Jihād fī’l-Islām, Damascus, Dār al-Fikr,‎ , p. 133
  47. Ibn Qudamah, Al-Mughni, 4:250.
  48. (en) Kamaruddin Sharif et Wang Yong Bao, Economic Development and Islamic Finance, 239 p.
  49. Muhammad Hamidullah, Le Prophète de l'Islam : Sa vie, Son œuvre, Tome 2, éditions El-Najah, Paris, 1998, p.877-878
  50. (ar) Abu Yusuf, Kitāb al-Kharāj, Beirut, Dār al-Maʿrifah, 143–4 p. Extrait: «هذا كتاب من خالد بن الوليد لاهل الحيرة [...] وأيما شخص ضعف عن العمل أو أصابته آفة من الآفات أو كان غنيا فافتقر وصار أهل دينه يتصدقون عليه، طرحت جزيته وأعيل من بيت مال المسلمين» Translation: "This is a treaty of Khalid b. al-Walid to the people of al-Hirah [...] je leur accorde que toute personne qui deviendrait inapte au travail, ou qu'aurait frappé un malheur, ou bien qui, de riche deviendrait pauvre, se mettant ainsi à la merci de la charité de ses coreligionnaires, sera exonéré par moi de la djizîa, et recevra l'aide du Trésor Public des musulmans."
  51. (ar) Wahbah al-Zuḥaylī, ʾĀthar al-ḥarb fī l-fiqh al-Islāmī : dirāsah muqārinah, Damascus, Dār al-Fikr,‎ (ISBN 1-57547-453-0), p. 700 Extrait: «و جاء في كتاب خالد بن الوليد لأهل الحيرة: و جعلت لهم أيما شيخ ضعف عن العمل، أو أصابته آفة من الآفات، أو كان غنياً فافتقر و سار أهل دينه يتصدقون عليه، طرحت جزيته و عيل من بيت مال المسلمين و عياله.» Translation: "And it was stated in the treaty of Khalid b. al-Walid with the people of al-Hirah: I assured them that any [non-Muslim] person who is unable to earn his livelihood, or is struck by disaster, or who becomes destitute and is helped by the charity of his fellow men will be exempted from the jizya and will be supplied with sustenance by the Bayt al-Mal (public treasury)."
  52. (en) Nasim Hasan Shah, « The concept of Al‐Dhimmah and the rights and duties of Dhimmis in an Islamic state », Institute of Muslim Minority Affairs. Journal, vol. 9, no 2,‎ , p. 220 (ISSN 0266-6952, DOI 10.1080/02666958808716075, lire en ligne)
  53. Le Coran, L'immunité IX, 29
  54. a et b Abdel-Haleem 2012, p. 72–4.
  55. (ar) Al-Maraghī Ahmad b. Muṣṭafā, Tafsīr Al-Maraghī, vol. 10 (lire en ligne), p. 95 Extrait: «أي قاتلوا من ذكروا حين وجود ما يقتضى القتال كالاعتداء عليكم أو على بلادكم أو اضطهادكم وفتنتكم عن دينكم أو تهديد منكم وسلامتكم كما فعل بكم الروم وكان ذلك سببا لغزوة تبوك» Translation: "C'est à dire, combattez ceux mentionés quand les conditions qui nécessitent la guerre sont présentes, c'est à dire, dans le cas d'une agression contre vous ou votre pays, oppression et persécution contre vous à cause de votre foi, ou d'une menace contre votre sûreté et sécurité, comme c'était le cas par les Byzantines, qui a mené à la bataille de Tabuk."
  56. Seyyed Hossein Nasr (2015), The Study Quran: A New Translation and Commentary, ISBN 0061125865. Quote: "Here with a willing hand renders ʿan yad (lit. "from/for/at hand"), which some interpret to mean that they should pay directly, without intermediary and without delay (R). Others say that it refers to its reception by Muslims and means "generously" as in "with an open hand," since the taking of the jizyah is a form of munificence that averted a state of conflict (Q,R,Z)."
  57. M.J. Kister "'An yadin (Qur'an IX/29): An Attempt at Interpretation," Arabica 11 (1964):272-278.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]