Fake news

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Icône de paronymie Cet article possède un paronyme, voir Fausses nouvelles.
Manifestation aux États-Unis en 2017 contre la prolifération des fake news[1].

Les fake news (infox[2] ou fausses nouvelles[3] au Québec ; aucune autre traduction validée[4],[5]) sont des informations délibérément fausses (la langue anglaise différencie false, que l'on traduit par « faux » et qui sous-entend la notion d'erreur, et fake, qui signifie « truqué » et sous-entend l'intention d'induire en erreur) émanant d'un ou plusieurs individus (par le biais de médias non institutionnels, tels les blogs ou les réseaux sociaux), d'un ou de plusieurs médias, d'un homme d'État dans l'exercice de ses fonctions et disposant des moyens que celles-ci lui procurent ou, plus rarement, de tout un gouvernement (comme les autorités ukrainiennes, en mai 2018[6]).

Elles participent à des tentatives de désinformation, que ce soit via les médias traditionnels ou via les médias sociaux, avec l'intention d'induire en erreur dans le but d'obtenir un avantage financier ou politique[7]. Les articles de fake news emploient souvent des titres accrocheurs ou des informations entièrement fabriquées en vue d'augmenter le nombre de lecteurs et de partages en ligne.

Les débats sur les fake news ont pris une ampleur singulière en 2016, tout d'abord en Grande-Bretagne avec la victoire des partisans du Brexit, qui s'est soldée par le retrait de la Grande-Bretagne hors de l'Union Européenne, puis aux États-Unis avec l'accession du milliardaire Donald Trump, ex-animateur d'une émission de téléréalité, à la Maison Blanche. De nombreux commentateurs, à commencer par la journaliste Katharine Viner, du Guardian[8], ont interprété les résultats de ces élections comme la conséquence du fait que de plus en plus de citoyens anglo-saxons s'informent non plus par l'intermédiaire de la presse institutionnelle mais via les réseaux sociaux, notamment Twitter et Facebook, dont les utilisateurs ne sont pas soumis à la déontologie journalistique, notamment la règle du fact checking (« vérification des faits »), et peuvent donc véhiculer impunément de grandes quantités de « bobards »[9].

En multipliant de façon exponentielle les fake news, les réseaux sociaux ouvriraient une nouvelle ère de l'information : l'ère post-vérité.

Le fait que les rédacteurs soient anonymes rend difficile la poursuite des sources pour calomnie[10],[11],[12],[13]. Quand à l'inverse elles sont reconnues et revendiquées par des instances officielles, comme celles propagées en mai 2018 par les autorités ukrainiennes, cela pose d'autant plus crument la question de la crédibilité de toute information[14].

La lutte contre les fake news provoque des oppositions. Les GAFAM, des journaux et des gouvernements sont favorables à la lutte contre les fake news. À l'opposé, des mouvements politiques et des intellectuels jugent la lutte contre les fake news liberticide et dangereuse. Selon eux, ni les groupes informatiques (GAFAM)[15],[16] ni les gouvernements n'ont de légitimité à déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux, d'autant plus qu'ils diffusent eux-même des fake news[17],[18],[19].

Fausses nouvelles ou « fake news » en France[modifier | modifier le code]

L'avocat et écrivain Emmanuel Pierrat, ancien membre du conseil de l'ordre, ainsi que conservateur du musée du Barreau de Paris, a également réagi à la déclaration du président français Emmanuel Macron visant les fake news en déclarant qu'il existe déjà un délit de fausse nouvelle en France et que de nombreux textes encadrent le délit de fausses nouvelles. Lors d'une interview diffusée sur une chaîne d'information le , il pose la question de savoir « Quelle est l’utilité de créer un délit de fake news qui ressemble peu ou prou au délit de fausse nouvelle ? »[20].

Les défenseurs de cette thèse considèrent le terme anglais de fake news comme la stricte traduction du terme français de fausses nouvelles, le mot anglais « fake » se traduisant par les mots français « faux » falsifié, truqué[21].

Le sens de ces appellations serait donc que (et elles disent que) le législateur « a déjà prévu tout cela depuis fort longtemps, avec le délit de fausse nouvelle et le délit de diffamation qui encadrent correctement aujourd'hui les choses »[22] notamment via :

  • l'article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse[23],[24].
  • l'article 322-14 du code pénal (modifié par l'ordonnance du 19 septembre 2000) lié à la Loi n° 92-685 du 22 juillet 1992.
  • l’article L.97 du Code électoral[25].
  • l’article L465-1 du code monétaire et financier, modifié par la Loi n° 2016-819 du 21 juin 2016[26].

Proposition de loi relative à la lutte contre les fausses informations[modifier | modifier le code]

Le 4 juillet 2018, l'Assemblée nationale française adopte deux propositions de loi[n 1]. La procédure envisagée devrait permettre de demander à la justice — par voie de référé — le retrait de « toute allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable [qui serait diffusée] de manière délibérée, de manière artificielle ou automatisée [et] de nature à altérer la sincérité du scrutin[27] ». Le Sénat est appelé à examiner le projet dans le cadre de la procédure législative habituelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 27 juillet 1849, une nouvelle loi punit « la publication ou la reproduction faite de mauvaise foi de nouvelles fausses de nature à troubler la paix »[24].

Impact[modifier | modifier le code]

Les fake news (traduction littérale : « informations fausses ou truquées ») font partie d'un phénomène mondial et leur impact est planétaire[28]. La capacité des fausses nouvelles à induire en erreur engendre une perception erronée de la vérité et, conséquemment, à des jugements erronés relativement aux actions et aux politiques appropriées. Les fausses nouvelles sont répandues par les médias sociaux et les sites de fausses nouvelles, qui se spécialisent dans la création de contenu attirant l'attention et imitant le format de sources établies[29],[30], mais aussi par des hommes politiques[31] ou par les plus grands médias[32] avec des visées politiques. Elles sont parfois utilisées dans les pièges à clics et l'hameçonnage par courriel, présentant du contenu sensationnaliste pour inciter les utilisateurs à cliquer sur un lien, ce qui permet à l'envoyeur d'infecter leur ordinateur avec un logiciel malveillant[33].

Origine[modifier | modifier le code]

Journalistes propageant des fake news. Dessin du caricaturiste américain Frederick Burr Opper, 1894

On distingue ceux qui agissent pour des motifs idéologiques et ceux qui obéissent à une logique mercantile[34].

Extrême droite, Russie et conservateurs[modifier | modifier le code]

Parmi les premiers, Le Figaro cite Alex Jones et son site InfoWars aux États-Unis, qui a participé à la théorie du complot du Pizzagate contre Hillary Clinton, ou Breitbart News de Stephen Bannon qui a diffusé des fausses informations sur des émeutes de réfugiés. « Les sites de propagande russe », Russia Today et Sputnik utilisent des fake news ainsi que la fachosphère qui par exemple rebaptise Alain Juppé « Ali Juppé »[35],[34]. Arte dans un désintox, montre l'utilisation de fake news par l'extrême droite américaine et l'Alt-right qui transforme par exemple une vidéo d'un défilé religieux chiite en manifestation de réfugiés qui réclament la charia en Angleterre. Le but est de provoquer une sensation de menace de l'Islam sur l'Europe et les États-Unis[36]. En France, Marine Le Pen propage la fake news en plein débat présidentiel avec Emmanuel Macron d'un compte de ce dernier au paradis fiscal des Bahamas. L'information, apparue sur 4chan est « relayée par des comptes américains pro-Trump, (...) importée en France par des comptes proches de la propagande russe (RT/Sputnik) » et la rumeur devient « officielle » lorsque que Marine Le pen l'évoque pendant le débat. Les faux documents apparaissent avant le débat sur les forums de discussion privés « où les cybermilitants de Marine Le Pen coordonnent leurs attaques numériques et partagent leurs "fausses informations" ». Militants qui d'ailleurs « émettent eux-mêmes des doutes sur la fiabilité du document »[37].

Selon le quotidien Libération, Boulevard Voltaire, comme d'autres membres moins éminents de la fachosphère, s'est livré à plusieurs reprises à de la désinformation et aux fake news, relayant par exemple une « intox » concernant une fausse nouvelle taxe sur les familles, une citation inventée de Bernard Cazeneuve sur les racines chrétiennes de la France, et également de nombreuses désinformations de droite et d'extrême droite comme l'intoxication de droite fustigeant le « laxisme de Christiane Taubira » qui aurait « facilité la fuite » de 236 détenus (alors que la loi en question, sur les permissions, est antérieure au mandat de la ministre). De plus, Libération s'amuse que le site Boulevard Voltaire reconnaisse lui-même en 2017 que sa « famille de pensée » est « le groupe social qui diffuse le plus de fausses nouvelles ». Robin de La Roche, dans un article du site, déclare qu'il n’y a que dans les réseaux « de droite » que l’on trouve « un tel salmigondis d’idioties, de rumeurs infondées, de mélanges honteux, bref, de fausses informations ». Il cite par exemple « une rumeur complètement idiote sur l’« oreillette » qu’aurait portée [Emmanuel Macron, lors] du débat présidentiel. Ridicule bêtise fondée sur une photo du cartilage de son oreille »[38].

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Dans l'affaire Théo, la rétention pendant un an de la vidéo d'une caméra de surveillance par les hauts responsables politiques et administratifs fait dire au magazine Valeurs actuelles qu'il s'agit d'une « fake news d’État »[39].

Motifs mercantiles[modifier | modifier le code]

Il existe aussi des gens qui diffusent des fake news uniquement pour de l'argent. Par exemple, pendant l'élection américaine de 2016, les jeunes d'une ville de Macédoine en ont fabriqué pour s'attirer des revenus publicitaires[40].

Discrédit des médias mainstream[modifier | modifier le code]

Pour l'écrivain et éditeur australien Jeff Sparrow, l'ampleur du phénomène des fake news trouve son origine dans la période entre le 11 septembre 2001 et l'invasion de l'Irak[41]. Cette période, qui a entraîné plus d'un million de morts, le déplacement de réfugiés dans le monde entier, l'apparition de l'État islamique et a coûté plus de mille milliards de dollars, représente, selon le journaliste Gary Kamiya, l'« une des plus grandes défaillances de l'histoire des médias américains »[42]. Selon Sparrow, « la plupart des gens ont depuis reconnu le cynisme et la malhonnêteté sans pareils par lesquels l'opération Iraqi Freedom a ainsi été imposée à la nation américaine »[41]. Selon Kamiya, « toutes les branches des médias ont échoué » et « les mensonges […] de l'administration Bush, Blair et des autres pays impliqués n'ont pas été contestés, voire ont été activement promus »[41]. Selon Jeff Sparrow, contrairement à ce qui est souvent supposé, les lecteurs ne confondent pas les fake news avec les nouvelles grand public. Selon lui, une partie de l'audience de ces sites conspirationnistes, comme Infowars.com, ne les consulte pas par accident mais précisément parce que ce sont des médias non officiels[41].

Pourquoi les fake news se développent[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ère post-vérité.

Les fake news ont toujours existé, mais leur résonance est amplifiée avec le développement des réseaux sociaux[43].

Les fake news se développent dans un contexte où la presse et les médias classiques (support papier) connaissent une crise profonde. Aux États-Unis, ce secteur a perdu en vingt-cinq ans 275 000 emplois[44]. Elles se développent aussi sur la méfiance que nourrit la population envers les médias. Par exemple, en France seuls 24 % des Français estiment que les journalistes sont indépendants[45].

Des fake news sont développées par Cambridge Analytica pour le compte de leurs clients, notamment pour influencer des élections[46].

Influence sur l'opinion[modifier | modifier le code]

Pour des chercheurs de l'université de New York ou de Stanford qui ont étudié les fake news durant la campagne présidentielle américaine de 2016, elles ont eu peu d'influence sur l'opinion et n'ont pas modifié le résultat au profit de Donald Trump[47].

Le 16 juin 2017, dans le contexte de l'Affaire du Russiagate, Rod Rosenstein (en), Procureur général adjoint des États-Unis invite les Américains à « faire preuve de prudence avant d'accorder de la crédibilité à des informations attribuées à des fonctionnaires non identifiés ». Il a ajouté que « Le ministère de la Justice a depuis longtemps adopté une politique de ne pas confirmer ou nier de telles allégations »[48].

Lors de la campagne présidentielle de 2017, quatre chercheurs, Oscar Barrera et Ekaterina Zhuravskaya de la Paris School of Economics et Sergei Guriev et Emeric Henry de Sciences Po Paris, établissent, à partir d'une étude menée auprès de 2 500 électeurs, que « le fact-checking échoue complètement à contrecarrer l'effet persuasif des arguments populistes fondés sur les faits alternatifs »[49].

L'un des terrains de prédilection des fake news est la santé, marché énorme et thème très facilement viral sur les réseaux sociaux. Ainsi, la généralisation des réseaux comme Facebook a vu l'émergence d'une véritable industrie de la fake news médicale, avec des groupes regroupant plusieurs millions de followers et énumérant sur un ton sensationnaliste et toujours affirmatif voire autoritaire toutes sortes de fausses informations médicales, comme des « remèdes miracles » contre l'obésité, le cancer ou d'autres maladies complexes, relayant des idées conspirationnistes et anti-scientifiques contre la médecine, et nourrissant leur flux d'informations fantaisiste sur toutes sortes d'aliments ou de traitements, sans nom d'auteur ni source ou référence médicale[50]. Les plus populaires sont Santé+Magazine (site détenu par un ancien cuisinier marocain reconverti dans l'e-business) avec plus de 7 millions d'abonnés, mais aussi Santenatureinnovation.com, Sante-nutrition.org ou Topsante.org, tous massivement partagés par des internautes naïfs[50]. Aucun de ces sites n'est tenu par des médecins diplômés (ou même un quelconque personnel médical qualifié), et une grande partie appartiennent à des officines opaques utilisant de fausses identités et de fausses adresse de siège social[50].

Lutte contre les fake news[modifier | modifier le code]

Visuel réalisé par le site FactCheck.org

Par les GAFAM[modifier | modifier le code]

First Draft et Google News Lab ont lancé le projet CrossCheck[51] de contrôle des fake news auquel se sont associées des rédactions françaises et américaines. Claire Wardle de First Draft « établit une typologie de "fake news", qui va du mauvais journalisme à la propagande en passant par la parodie ou le contenu politique orienté »[52]. En réalité, lutter contre les fake news est difficile car en parler, même pour démentir, c'est contribuer à les répandre[52].

De même, Facebook tente des mesures pour endiguer la propagation de fake news sur le réseau social, par exemple en pénalisant les médias suspectés d'en être les vecteurs[53].

Lors des élection présidentielle française de 2017, Facebook a annoncé avoir supprimé plus de 30 000 comptes[54].

Les mesures prises par les GAFAM ont attiré de nombreuses critiques en particulier après les incidents du rassemblement « Unite the Right » à Charlottesville en 2017. Ce que ces mesures ont mis en lumière, est que Internet est dans les faits un ensemble de services de base. La plupart de ces services sont détenus et gérés par des sociétés privées, qui hébergent le contenu et donnent aux utilisateurs la possibilité de le consulter ou d’en créer de nouveaux. Si ces fournisseurs de services de base ne veulent pas de quelque chose sur Internet, ils peuvent le censurer et le faire disparaître d'internet dans le monde entier[55]. Ce contrôle d'Internet est dans les faits concentré dans les mains de quelques entreprises massives qui font tout pour que le public n'en soit pas conscient[55]. Suite à la mise en place de cette censure, l’éditorialiste Tucker Carlson s’est inquiété de l’absence de contrôle de ces opérateurs de services Web et a proposé que les autorités publiques s'assurent que Google n’entrave plus la libre circulation de l'information[56]. Selon Carlson, « Google est en 2017 la société la plus puissante de l'histoire du monde. Google contrôle la réalité et a déjà démontré une volonté troublante de fausser cette réalité à des fins idéologiques »[57]. Réagissant à un blocage des revenus grâce aux contenus publicitaires de centaines de vidéos sur Youtube, SkyNews écrit « c'est de l'intimidation. Le débat n'existe plus »[58] (voir aussi Censure_de_l'Internet#Principaux_opérateurs_de_services_Web).

UE[modifier | modifier le code]

En 2017, Mariya Gabriel, commissaire au numérique de la Commission européenne, annonce le lancement d'une consultation publique et la mise en place d'un groupe d'expert afin d'en tirer des recommandations et des bonnes pratiques[59].

En France[modifier | modifier le code]

Lors de ses vœux à la presse, en janvier 2018, le Président français Emmanuel Macron annonce un projet de loi visant à lutter contre les fake news en donnant notamment la possibilité de saisir un juge et de déréférencer ou bloquer certains sites concernés. Les pouvoirs du CSA devraient également être accrus afin de lutter contre toute ingérence de médias étrangers[60]. La proposition a suscité de nombreuses réactions, notamment de Olivier Auguste de L'Opinion, qui souligne que plusieurs affaires, comme celle du Rainbow Warrior ou du nuage de Tchernobyl, ont démontré que « la puissance publique n’est pas par nature garante de la vérité »[19]. Pour le chef du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, « Seuls les régimes autoritaires prétendent au contrôle de la vérité. On sait ce qu‘il peut en coûter »[19]. Pour Clémentine Autain, personnalité politique classée à gauche, la liberté de la presse et la démocratie est en jeu[61].

En Allemagne[modifier | modifier le code]

En Allemagne, une nouvelle législation contre les discours haineux est entrée en vigueur le . Le nouveau dispositif législatif suscite des critiques notamment du journal allemand Bild qui dénonce une législation qu‘il juge liberticide[62].

Dans les domaines scientifiques[modifier | modifier le code]

Les différentes formes utilisées dans les fake news posent de nombreuses difficultés à la diffusion et la reconnaissance des avancées scientifiques aujourd'hui.

La science n’est pas exempte d’erreurs et d’approximations, d’autant plus que les faits sont souvent issus d’expériences complexes. Les auteurs de fake news utilisent souvent des cas particuliers pour contredire des faits scientifiques étayés par de très nombreux travaux.

Pour lutter contre ces désinformations propagées par les réseaux sociaux, les scientifiques doivent trouver et pratiquer d'autres formes de communication[63].

Les questions autour des fake news[modifier | modifier le code]

Peut-on utiliser la lutte contre les Fake News à d'autres finalités ?[modifier | modifier le code]

Pour Pascal Froissart[52] de l'Université Paris VIII, les fake news permettent surtout « de détourner l'attention sur un non sujet », non sujet souvent beaucoup plus propice au débat que des sujets plus sérieux sur des questions de fonds. Certains gouvernements utilisent la lutte contre les Fake News comme prétexte pour réduire au silence des forces politiques d'opposition comme au Cameroun fin 2016[64].

Les Fake News et la question de la vérité[modifier | modifier le code]

L'identification des fake news soulève la question importante de qui peut objectivement déterminer ce qui est vrai de ce qui est faux[47]. Le spécialiste américain des médias Edward Herman a ironisé en 2017 sur la façon dont The New York Times, parmi d'autres médias mainstream, « ont exprimé bruyamment leur consternation face à la diffusion grandissante des "fake news" » alors même que ces journaux « diffusent régulièrement leurs propres formes de fake news, en relayant des informations fausses ou biaisées fournies par la sécurité nationale ou d'autres branches du gouvernement »[17]. De même en France, selon Charlotte d'Ornellas journaliste à Valeurs actuelles, tous les médias « classiques » dont l'audiovisuel publique propagent des fake news comme par exemple la dénégation du risque d'infiltration de la vague migratoire liée à la guerre en Syrie par l'État islamique qui s'est révélée vraie par la suite[65].

La critique des courants libertaires[modifier | modifier le code]

Pour Jacob Mchangama, un avocat danois et fondateur d'un groupe de réflexion qui défend la liberté d'expression, la lutte contre les fake news sur les réseaux sociaux est comparable à la lutte des inquisiteurs religieux qui publièrent un index des travaux interdits, mis à jour régulièrement jusqu'au vingtième siècle. L'église justifiait alors l'existence de cette liste en arguant que « la liberté de croyance » était pernicieuse à la fois pour l'individu errant et, par extension, pour la société. Selon Jacob Mchangama, la meilleure réponse au fake news est « de débattre et non de brandir une paire de menottes »[66].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une loi organique visant l'élection présidentielle et une loi ordinaire pour les autres scrutins[27].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des manifestations partout aux États-Unis au nom de la «vérité», Huffington Post Québec, 3 juin 2017
  2. Formule proposée par la commission de terminologie du Quai d’Orsay. Cf Jean-Noël Jeanneney, « Au Moyen Âge, rumeurs et fausses nouvelles », sur franceculture.fr, .
  3. Office québécois de la langue française, 2017
  4. William Audureau, Pourquoi il faut arrêter de parler de « fake news », Le Monde, 31 janvier 2017
  5. Mathias Girel, Comment se dit « fake news » en français ? Libération, 14 juin 2018
  6. Annoncé mort, le journaliste russe Babtchenko apparaît devant la presse et explique une « mise en scène », Le Monde, 30 mai 2018
  7. (en-GB) Elle Hunt, « What is fake news? How to spot it and what you can do to stop it », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  8. « Médias. Comment le numérique a ébranlé notre rapport à la vérité », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  9. (en-GB) Nicky Woolf, « How to solve Facebook's fake news problem: experts pitch their ideas », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  10. (en) « Who’s to blame for fake news and what can be done about it? » (consulté le 15 janvier 2017)
  11. Paul Callan, « Sue over fake news? Not so fast », sur CNN
  12. (en-GB) Kerric Harvey, « Did Social Media Ruin Election 2016? », sur NPR.org (consulté le 15 janvier 2017)
  13. (en-GB) Nicky Woolf, « As fake news takes over Facebook feeds, many are taking satire as fact », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  14. Peut-on encore croire ce qu’on nous annonce ? Europe 1, 31 mai 2018
  15. (en-US) John Herrman, « How Hate Groups Forced Online Platforms to Reveal Their True Nature », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  16. (en-US) « Google is squashing free speech, and it’s time we did something about it », LifeSiteNews,‎ (lire en ligne)
  17. a et b Citation originale : « It has been amusing to watch the New York Times and other mainstream media outlets express their dismay over the rise and spread of “fake news.” These publications take it as an obvious truth that what they provide is straightforward, unbiased, fact-based reporting. They do offer such news, but they also provide a steady flow of their own varied forms of fake news, often by disseminating false or misleading information supplied to them by the national security state, other branches of government, and sites of corporate power. » in Edward Herman, « Fake News on Russia and Other Official Enemies. The New York Times, 1917–2017 », Monthly Review, Volume 69, Issue 03 (July-August 2017).
  18. (en-GB) « Donald Trump just gave out his 'fake news awards'. Here's the story behind them », The Independent,‎ (lire en ligne)
  19. a, b et c « À la Une : la loi à venir sur les fake news et la visite du président Turc Erdogan », sur europe1.fr (consulté le 11 janvier 2018)
  20. Site BFM TV, Fake news: Vidéo "Depuis 1850, il existe un délit de fausse nouvelle", dit l'avocat Emmanuel Pierrat
  21. Dictionnaire Larousse, page sur le mot "Fake"
  22. Site le Point article : Fake news : une loi pour rien ?
  23. Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002, sur legifrance.gouv.fr, consulté le 6 septembre 2017
  24. a et b https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/02/04/avant-les-fake-news-les-fausses-nouvelles_5251562_3232.html
  25. Article L97 du code électoral, sur legifrance.gouv.fr, consulté le 6 septembre 2017
  26. article L465-1 du CMF sur legifrance.gouv.fr, consulté le 5 mars 2018
  27. a et b Jérôme Hourdeaux, « Les députés ont voté en première lecture la loi «Fake News» », sur mediapart.fr, (consulté le 16 juillet 2018)
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  37. Voici l'itinéraire de la fake news que propage Marine Le Pen sur le pseudo-compte de Macron aux Bahamas, Huffpost, 4/5/2017
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]