Fake news

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Ne doit pas être confondu avec Fausses nouvelles.

Les fake news (ou fausses nouvelles au Québec) sont des informations délibérément fausses ou truquées (fake veut dire en anglais « faux, truqué ») émanant en général d'un ou de plusieurs médias. Elles participent à des tentatives de désinformation, que ce soit via les médias traditionnels ou via les médias sociaux, avec l'intention d'induire en erreur dans le but d'obtenir un avantage financier ou politique[1]. Les articles de fake news emploient souvent des titres accrocheurs ou des informations entièrement fabriquées en vue d'augmenter le nombre de lecteurs et de partages en ligne. Les fils d'actualité de Facebook ont été impliqués dans la propagation de fausses nouvelles[2]. Le fait que les rédacteurs soient anonymes rend difficile la poursuite des sources pour calomnie[3],[4],[5],[6].

Impact[modifier | modifier le code]

Les fake news (traduction littérale informations truquées) font partie d'un phénomène mondial et leur impact est planétaire[7]. La capacité des fausses nouvelles d'induire en erreur engendre une perception erronée de la vérité et, conséquemment, à des jugements erronés relativement aux actions et aux politiques appropriées. Les fausses nouvelles sont répandues par les médias sociaux et les sites de fausses nouvelles, qui se spécialisent dans la création de contenu attirant l'attention et imitant le format de sources établies[8],[9], mais aussi par des hommes politiques[10] ou par les plus grands médias[11] avec des visées politiques. Elles sont parfois utilisées dans l'hameçonnage par courriel, présentant du contenu sensationnaliste pour inciter les utilisateurs à cliquer sur un lien, ce qui permet à l'envoyeur d'infecter leur ordinateur avec un logiciel malveillant[12].

Qui fabrique des fake news ?[modifier | modifier le code]

On distingue ceux qui agissent pour des motifs idéologiques et ceux qui obéissent à une logique mercantile[13]. Parmi les premiers, le Figaro cite InfoWars[14], aux États-Unis, qui a participé au Pizzagate, ou Breibart News de Stephen Bannon[13].

Il existe aussi des gens qui diffusent des fake news uniquement pour de l'argent. Par exemple, pendant l'élection américaine, les jeunes d'une ville de Macédoine en ont fabriqué pour s'attirer des revenus publicitaires[15].

Pourquoi les fake news se développent[modifier | modifier le code]

Les fake news ont toujours existé, mais leur résonance est amplifiée avec le développement des réseaux sociaux[16].

Les fake news se développent dans un contexte où la presse et les médias classiques (support papier) connaissent une crise profonde. Aux États-Unis, ce secteur a perdu en vingt-cinq ans 275 000 emplois[17]. Elles se développent aussi sur la méfiance que nourrit la population envers les médias. Par exemple, en France seuls 24% des français croient que les journalistes sont indépendants[18]. Citons d'ailleurs leur propension à participer à la diffusion de la "pensée unique".

Quelle est l'influence des fake news sur l'opinion[modifier | modifier le code]

Pour des chercheurs de l'université de New York ou de Stanford qui ont étudié les fake news durant la campagne présidentielle américaine, elles ont eu peu d'influence sur l'opinion. Pour Pascal Froissart[19] de l'Université Paris VIII, les fake news permettent surtout « de détourner l'attention sur un non sujet », non sujet souvent beaucoup plus propice au débat que des sujets plus sérieux sur des questions de fonds.

Le 16 juin 2017, dans le contexte de l'Affaire du Russiagate, Rod Rosenstein (en), Procureur général adjoint des États-Unis invite les Américains à « faire preuve de prudence avant d'accorder de la crédibilité à des informations attribuées à des fonctionnaires non identifiés ». Il a ajouté que « Le ministère de la Justice a depuis longtemps adopté une politique de ne pas confirmer ou nier de telles allégations »[20].

Lors de la campagne présidentielle de 2017, quatre chercheurs, Oscar Barrera et Ekaterina Zhuravskaya de la Paris School of Economics et Sergei Guriev et Emeric Henry de Sciences Po Paris, établissent, à partir d'une étude menée auprès de 2 500 électeurs, que « le fact-checking échoue complètement à contrecarrer l'effet persuasif des arguments populistes fondés sur les faits alternatifs »[21].

Les mesures prises pour lutter contre les fake news[modifier | modifier le code]

First Draft et Google News Lab ont lancé le projet CrossCheck[22] de contrôle des fake news auquel se sont associées des rédactions françaises et américaines. Claire Wardle de First Draft « établit une typologie de "fake news", qui va du mauvais journalisme à la propagande en passant par la parodie ou le contenu politique orienté »[19]. En réalité, lutter contre les fake news est difficile car en parler, même pour démentir, c'est contribuer à les répandre[19].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Elle Hunt, « What is fake news? How to spot it and what you can do to stop it », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  2. (en) Nicky Woolf, « How to solve Facebook's fake news problem: experts pitch their ideas », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  3. « Who’s to blame for fake news and what can be done about it? » (consulté le 15 janvier 2017)
  4. Paul Callan, « Sue over fake news? Not so fast », sur CNN
  5. Kerric Harvey et author, « Did Social Media Ruin Election 2016? », sur NPR.org (consulté le 15 janvier 2017)
  6. (en) Nicky Woolf, « As fake news takes over Facebook feeds, many are taking satire as fact », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  7. (en) Kate Connolly, Angelique Chrisafis, Poppy McPherson, Stephanie Kirchgaessner, Benjamin Haas, Dominic Phillips, Elle Hunt et Michael Safi, « Fake news: an insidious trend that's fast becoming a global problem », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Adrian Chen, « The Agency », New York Times,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Ben Gilbert, « Fed up with fake news, Facebook users are solving the problem with a simple list », Business Insider,‎ (lire en ligne)
  10. « Nous ne sommes pas des fake news » : la presse de Washington répond aux attaques de Trump., sur Le Monde,
  11. « Fake news party: une fausse nouvelle publiée par le journal Le Monde, puis supprimée », sur sputniknews.com,
  12. Kerry Tomlinson, « Fake news can poison your computer as well as your mind », (consulté le 19 février 2017)
  13. a et b Gauron 2017, p. 2.
  14. «Fake news», un même terme pour plusieurs réalités, sur Le Figaro,
  15. Gauron 2017, p. 3.
  16. « Paléofutur: les réseaux sociaux de la Rome antique », rts.ch, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  17. Gauron 2017, p. 6.
  18. Gauron 2017, p. 7.
  19. a, b et c Gauron 2017, p. 4.
  20. « Trump appears to confirm that he's facing obstruction probe », sur Atlantico,
  21. Jean-Marie Pottier, « Les mensonges rapportent des voix à Marine Le Pen, le fact-checking ne lui en enlève pas », sur Slate, (consulté le 28 juillet 2017).
  22. « CrossCheck, travailler ensemble pour donner des informations authentiques », sur CrossCheck,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roland Gauron, « «Fake news», un même terme pour plusieurs réalités », Le Figaro,‎ [1]
  • Christophe Coquis, "Les Fake News, c’est quoi ? Comment s’en prévenir sur les réseaux sociaux ?", Geekjunior.fr, mars 2017 [2]
  • François-Bernard Huyghe, Désinformation : les armes du faux, Armand Colin, 2016