Arménie occidentale

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Carte des six vilayets d'Arménie occidentale et répartition ethnique, en 1912.
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Langues parlées en Anatolie en 1910 : l'arménien en jaune.
L'Arménie occidentale selon la sentence arbitrale de Woodrow Wilson en vertu du traité de Sèvres.

L'Arménie occidentale (en arménien Արեւմտեան Հայաստան) est historiquement le nom donné à la portion de l'Arménie intégrée à l'Empire ottoman, correspondant approximativement aux six vilayets (vilâyat-ı sitte) à l'est de l'empire, c’est-à-dire les vilayets (provinces) d'Erzurum, de Van, de Bitlis, de Diyarbakır, de Mamouret-ul-Aziz et de Sivas. L'Arménie occidentale se réfère aujourd'hui à cet espace géographique incorporé à la Turquie, situé sur le haut-plateau arménien, que cette dernière nomme Anatolie orientale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 29 décembre 1917 (13 janvier 1918), la Russie reconnaît par décret le droit à l'autodétermination des Arméniens de l'Arménie turque jusqu'à leur indépendance.

À la suite de la Première Guerre mondiale et du démembrement de l'Empire ottoman, les Arméniens d'Arménie occidentale et la République arménienne du Caucase, déclarée indépendante depuis le 28 mai 1918[1], prennent la décision politique de présenter communément leurs revendications à la Conférence de paix de Paris (1919)[2]. Ces revendications aboutissent à la signature du traité de Sèvres (10 août 1920) ; en particulier, les frontières arméniennes proposées par Woodrow Wilson en vertu de ce traité incorporent une partie des vilayets d'Erzurum, de Van, de Bitlis et de Trabzon à l'Etat d'Arménie[3], déjà reconnue de facto le 19 janvier 1920[4]. Une partie de la côte et une nouvelle route commerciale maritime via le port de Trabzon est donc octroyée à l'Arménie. Le traité de paix officiellement signé à Sèvres par les gouvernements arménien et turc (entre autres), n'a jamais été ratifié en raison de l'opposition des nationalistes turcs de Mustafa Kemal Atatürk[5]. La non-ratification du traité de Sèvres, notamment par la France qui s'y était engagée par décret, n'est pas opposable à l'Arménie occidentale. Les bolcheviks prennent le pouvoir dans la République arménienne du Caucase fin novembre 1920, alors qu'une guerre entre la Turquie et l'Arménie orientale survient, que les Arméniens perdent[6]. Les modifications territoriales de l'article 89 du traité de Sèvres sont confirmées par la sentence arbitrale du 28ème Président des Etats-Unis Woodrow Wilson, le 22 novembre 1920. La signature, le 16 mars 1921, du traité de Moscou entre la Russie bolchévique et les Kémalistes et le traité de Kars, signé le 13 octobre 1921 entre la Turquie et la République socialiste soviétique d'Arménie (entre autres)[7] : le traité de Lausanne ne concerne pas l'Etat arménien d'Arménie occidentale. Depuis l'Arménie occidentale reste occupée par la Turquie. Néanmoins, les engagements pris par la Turquie au moment de la signature du traité de Sèvres sont confirmés par l'article 25 du traité de Lausanne signé le 24 juillet 1923 entre la Turquie et une partie des vainqueurs de la Première Guerre mondiale[7] ; il ne concerne pas directement l'Arménie occidentale[8].

Toutefois, il est important de préciser pour éviter toute confusion que, le droit international public décide que lorsqu’un traité collectif est abrogé et remplacé par un autre, ce dernier ne sera pas opposable à l’Etat signataire du premier qui n’aura pas été partie au second.

Pour cet Etat, le premier y traité continue à avoir effet. En conséquence, l’Etat arménien d'Arménie occidentale, signataire du traité de Sèvres, mais écartée du traité de Lausanne, peut légitimement demander l’application des dispositions du traité de Sèvres où l'appliquer lui-même selon les dispositions en vigueur.

Situation politique actuelle[modifier | modifier le code]

Certaines organisations arméniennes considèrent que l'Arménie occidentale fait légitimement partie de l'Etat d'Arménie reconnu de facto le 19 janvier 1920 et de jure le 11 mai 1920 par les Puissances Alliées. La Turquie signe le traité de Sèvres le 10 août 1920, dans lequel il est mentionné au sein de l'article 88, qu'elle déclare reconnaître l'indépendance et la souveraineté de l'Arménie sur le territoire de l'Arménie occidentale comme l'ont déjà fait les puissances alliées. Un Conseil national arménien s'est ainsi constitué le 17 décembre 2004 pour faire valoir et appliquer les droits à l'autodétermination des Arméniens d'Arménie occidentale[9].

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arménien occidental.

Le dialecte occidental de la langue arménienne est utilisé principalement au Moyen-Orient, sauf en Iran, et dans la diaspora arménienne. Dans la diaspora, les écoles arméniennes enseignent le dialecte occidental au lieu du dialecte oriental, le dialecte officiel de la République arménienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dédéyan 2007, p. 567.
  2. Dédéyan 2007, p. 590.
  3. (en) Articles 89 et 90 du « traité de Sèvres ».
  4. Dédéyan 2007, p. 592.
  5. Dédéyan 2007, p. 594.
  6. Dédéyan 2007, p. 595.
  7. a et b Dédéyan 2007, p. 596.
  8. (en) « Traité de Lausanne ».
  9. Conseil national des Arméniens d'Arménie occidentale, « Déclaration du droit à l'autodétermination des Arméniens d'Arménie occidentale »,‎ (consulté le 8 mai 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]