Arménie occidentale

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Carte des six vilayets d'Arménie occidentale et répartition ethnique, en 1912.
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L'Arménie occidentale (en arménien Արեւմտեան Հայաստան) est historiquement le nom donné à la portion de l'Arménie intégrée à l'Empire ottoman, correspondant approximativement aux six vilayets (vilâyat-ı sitte) à l'est de l'empire, c’est-à-dire les vilayets (provinces) d'Erzurum, de Van, de Bitlis, de Diyarbakır, de Mamouret-ul-Aziz et de Sivas. L'Arménie occidentale se réfère aujourd'hui à cet espace géographique incorporé à la Turquie, situé sur le haut-plateau arménien, que cette dernière nomme Anatolie orientale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période byzantine[modifier | modifier le code]

Le terme d'Arménie occidentale apparaît autour de 387, avec le partage de la Grande Arménie en une partie occidentale, sous l'influence de l'Empire byzantin, et la partie orientale, sous celle de l'Empire sassanide.

Domination ottomane[modifier | modifier le code]

Langues parlées en Anatolie en 1910 : l'arménien en jaune.

Le 29 décembre 1917 (13 janvier 1918), la Russie reconnaît par décret le droit à l'autodétermination des Arméniens de l'Arménie turque jusqu'à leur indépendance.

Après la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'Arménie occidentale selon la sentence arbitrale de Woodrow Wilson en vertu du traité de Sèvres.

À la suite de la Première Guerre mondiale et du démembrement de l'Empire ottoman, la République arménienne du Caucase, autoproclamée indépendante depuis le 28 mai 1918[1] après avoir signé le traité de Batoum (4 juin 1918) avec les forces kémalistes, se joint à la Délégation nationale arménienne avec sa propre délégation pour prendre la décision politique de présenter communément leurs revendications à la Conférence de la paix de Paris (1919)[2].

Entre le 24 février au a lieu un Congrès national arménien composé de délégués représentant les Arméniens de Turquie, ainsi que ceux réfugiés au Caucase, en Perse, en Mésopotamie, en Syrie, en Égypte, en Europe et aux États-Unis[3]. Convoqué par la Délégation nationale arménienne, il élabore un programme de revendications arméniennes et élit une nouvelle Délégation nationale.

Ces revendications présentées à la Conférence de Versailles aboutissent à la reconnaissance de facto d'une Arménie indépendante le 19 janvier 1920 et de son gouvernement, puis à la signature du traité de Sèvres (le 11 mai 1920) par les Puissances Alliées et Associées ainsi que les États-Unis reconnaissant de jure l’État arménien. Ce traité de paix est signé le 10 août 1920 par le premier ministre turc Damat Ferid Pacha sous l'ordre du Sultan Mehmed VI malgré l'opposition des nationalistes turcs de Mustafa Kemal Atatürk[4]. Le traité de Sèvres, une fois ratifié, a pour conséquences l'adoption d'une sentence arbitrale proposées par Woodrow Wilson ; en vertu de cette sentence, les frontières arméniennes incorporent une partie des vilayets d'Erzurum, de Van, de Bitlis et de Trabzon à l’État d'Arménie[5], sur le territoire de l'Arménie occidentale. La non-ratification du traité de Sèvres, notamment par la France qui s'y était engagée par décret, n'est pas opposable à l'Arménie occidentale, dans la mesure où sur la base du traité de Sèvres et de son application, la Société des Nations octroie à la France un mandat sur la Syrie et le Liban pour conduire progressivement ces nouveaux États à l'indépendance ; la Grande-Bretagne reçoit quant à elle un mandat sur les nouveaux États de Palestine, Transjordanie et Irak. L'Arabie (Hedjaz) devient indépendante.

Les bolcheviks prennent le pouvoir dans la République arménienne du Caucase fin novembre 1920, alors qu'une guerre entre la Turquie et l'Arménie orientale survient, que les Arméniens perdent[6]. Entre-temps, l'article 89 du traité de Sèvres est confirmé par la sentence arbitrale du 28e Président des États-Unis Woodrow Wilson, le 22 novembre 1920. La signature, le 16 mars 1921, du traité de Moscou entre la Russie bolchévique et les Kémalistes et le traité de Kars, signé le 13 octobre 1921 entre la Turquie et la République socialiste soviétique d'Arménie (entre autres)[7] : ces traités ainsi que le traité de Lausanne ne concerne pas l’État arménien d'Arménie occidentale. Depuis, l'Arménie occidentale reste occupée par la Turquie. Néanmoins, les engagements pris par la Turquie au moment de la signature du traité de Sèvres sont confirmés par l'article 25 du traité de Lausanne signé le 24 juillet 1923 entre la Turquie et une partie des vainqueurs de la Première Guerre mondiale[7],[8].

Toutefois, il est important de préciser pour éviter toute confusion que, le droit international public décide que lorsqu’un traité collectif est abrogé et remplacé par un autre, ce dernier ne sera pas opposable à l’État signataire du premier qui n’aura pas été partie au second. Pour cet État, le premier y traité continue à avoir effet. En conséquence, l’État arménien d'Arménie occidentale, signataire du traité de Sèvres, mais écartée du traité de Lausanne, peut légitimement demander l’application des dispositions du traité de Sèvres où l'appliquer lui-même selon les dispositions en vigueur.

Situation politique actuelle[modifier | modifier le code]

Certaines organisations arméniennes considèrent que l'Arménie occidentale fait légitimement partie de l’État d'Arménie reconnu de facto le 19 janvier 1920 et de jure le 11 mai 1920 par les Puissances Alliées. La Turquie signe le traité de Sèvres le 10 août 1920, dans lequel il est mentionné au sein de l'article 88, qu'elle déclare reconnaître l'indépendance et la souveraineté de l'Arménie sur le territoire de l'Arménie occidentale comme l'ont déjà fait les puissances alliées.

Un Conseil national des Arméniens d'Arménie occidentale s'est ainsi constitué le 17 décembre 2004 pour faire valoir et appliquer les droits à l'autodétermination des Arméniens d'Arménie occidentale[9] sous l'impulsion d'Arménag Aprahamian, qui en est élu président.

Langue[modifier | modifier le code]

Le dialecte occidental de la langue arménienne est utilisé principalement au Moyen-Orient, sauf en Iran, et dans la diaspora arménienne. Dans la diaspora, les écoles arméniennes enseignent le dialecte occidental au lieu du dialecte oriental, le dialecte officiel de la République arménienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dédéyan 2007, p. 567.
  2. Dédéyan 2007, p. 590.
  3. Anahide Ter Minassian 2006, p. 162.
  4. Dédéyan 2007, p. 594.
  5. (en) Articles 89 et 90 du « traité de Sèvres ».
  6. Dédéyan 2007, p. 595.
  7. a et b Dédéyan 2007, p. 596.
  8. (en) « Traité de Lausanne ».
  9. Conseil national des Arméniens d'Arménie occidentale, « Déclaration du droit à l'autodétermination des Arméniens d'Arménie occidentale », (consulté le 8 mai 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]