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Abdülhamid II

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Abdülhamid II
السلطان عبد الحميد الثاني
Illustration.
Abdülhamid II, 1867.
Titre
Sultan de l'Empire ottoman
Calife de l'Islam

(32 ans, 7 mois et 27 jours)
Prédécesseur Mourad V
Successeur Mehmed V
Biographie
Dynastie Dynastie ottomane
Nom de naissance Abdülhamid bin Abdul Mecid
Date de naissance
Lieu de naissance Constantinople (Empire ottoman)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Constantinople (Empire ottoman)
Sépulture Tourba de Mahmoud II (Istanbul)
Nationalité Ottomane
Père Abdülmecid Ier
Mère Tirimüjgan Sultan
Conjoint Nazikeda Kadın
Bedrifelek Kadın
Nurefsun Kadın
Bidar Kadın
Dilpesend Kadın
Mezidimestan Kadın
Emsalinur Kadın
Müşfika Kadın
Sazkar Hanım
Peyveste Hanım
Pesend Hanım
Behice Hanım
Naciye Hanım
Enfants liste ci-dessous
Religion Islam
Résidence Palais de Dolmabahçe,
palais de Yıldız

Signature de Abdülhamid IIالسلطان عبد الحميد الثاني

Abdülhamid II
Sultans de l'Empire ottoman
Califes de l'Islam

Abdülhamid II (en turc ottoman : عبد الحميد ثانی, `Abdü'l-Ḥamīd-i sânî ; en turc : İkinci Abdülhamit), né le 21 septembre 1842 à Constantinople et mort le 10 février 1918 dans la même ville, est sultan ottoman et calife de l'Islam de 1876 à sa déposition en 1909.

Trente-quatrième sultan ottoman, Abdülhamid est le dernier monarque à exercer une véritable autorité sur l'empire. Son règne est caractérisé par le déclin persistant de l'État ottoman malgré une politique de modernisation. La période hamidienne voit ainsi l'établissement d'une administration centralisée, la réforme du système judiciaire, l'ouverture de nombreuses écoles et universités, et l'extension massive des réseaux télégraphique et ferroviaire ottomans à l'image des célèbres ligne du Hedjaz et de Berlin-Bagdad. Mais ces transformations n'empêchent pas la perte de territoires en Europe, Asie et Afrique, le renforcement des influences étrangères au sein de l'empire et les révoltes de minorités. La répression brutale de ces rébellions (massacres hamidiens) valent à Abdülhamid les sobriquets de « Sultan rouge » et de « Grand Saigneur » en Europe.

Abdülhamid II accède au trône le 31 août 1876 dans une période troublée et fait promulguer la première constitution de l'histoire ottomane. Mais après la désastreuse guerre russo-turque de 1878, il la suspend et gouverne en autocrate durant les trente années qui suivent. En juin 1908 une mutinerie éclate à Salonique et s'étend rapidement à toute la Macédoine. Les renforts dépêchés sur place se rallient aux mutins et, pour sauver son trône, Abdülhamid est contraint de restaurer la constitution de 1876 en laissant le pouvoir au Comité Union et Progrès (dit « Jeunes-Turcs »). Après l'échec d'une contre-révolution monarchiste en avril 1909, le sultan est déposé et exilé à Salonique. Son demi-frère cadet lui succède sous le nom de Mehmed V.

Dernier monarque absolu de l'histoire ottomane, Abdülhamid II laisse derrière lui un État en modernisation mais toujours déclinant, de plus en plus agité par les nationalismes internes et ne pouvant compter à l'étranger que sur le soutien de l'Allemagne. De fait, l'empire ne lui survivra pas longtemps et prendra définitivement fin en 1922 avec la proclamation de la république de Turquie par Mustafa Kemal Atatürk.

Jeunesse

Abdülhamid naît 21 septembre 1842 au palais de Topkapi, à Constantinople. Il est le second enfant issu du mariage du sultan Abdülmecid Ier (1823-1861) et de Tirimüjgan Kadınefendi (1819-1855). Sa sœur Naime Sultan (1840-1843) et son frère Şehzade Mehmed Abid Efendi (1848) meurent tous deux en bas âge. Abdülhamid perd sa mère à l'âge de dix ans, victime de la tuberculose. Il devient alors le fils adoptif d'une autre épouse de son père, Perestu Kadın.

Le jeune Abdülhamid se distingue pour ses talents de menuisier, ayant réalisé plusieurs meubles de grande qualité encore observables aujourd'hui au palais de Yıldız et de Beylerbeyi. Prince cultivé, il s'intéresse à l'opéra et traduit en turc plusieurs classiques. Il compose également lui-même quelques morceaux pour le Mızıka-yı Hümâyun (Orchestre impérial ottoman), et reçoit nombre de compositeurs européens au palais de Yıldız.

Entre juin et août 1867 Abdülhamid accompagne son oncle le sultan Abdülaziz dans son grand voyage en Europe. Il visite notamment Paris, Londres et Vienne[1].

C'est un jeune homme calme et solitaire[2], poète talentueux en turc, arabe ou persan.

Après l'accession au trône de son demi-frère Mourad V, cet inconnu du grand public âgé de trente-quatre ans devient son héritier présomptif[2].

Premières années de règne (1876-1878)

Accession au trône

Depuis le 30 mai 1876 le pouvoir est aux mains d'une coalition de ministres réformistes menée par Midhat Pacha et le grand vizir Mütercim Mehmed Rüsdi Pacha (en). Après avoir renversé le sultan Abdülaziz avec l'appui de l'armée, ils placent son neveu Mourad sur le trône. Proche des milieux libéraux, ce dernier leur apparaît alors comme un souverain capable de répondre à leurs attentes en promulguant une constitution pour l'empire. Midhat Pacha, membre proéminent du mouvement Jeunes-Ottomans, est l'homme fort de Constantinople. Mais il entre vite en désaccord avec Rüsdi Pacha, dont les positions plus modérées trouvent la faveur du sultan. Cependant, l'état mental de Mourad devient préoccupant après la mort brutale et suspecte d'Abdülaziz, le souverain présentant des signes de démence et de paranoïa. Convaincu que la mise en place des réformes est compromise avec Mourad V, les Jeunes-Ottomans se décident à le remplacer. Abdülhamid est l'héritier naturel du sultan et passe pour un prince libéral et favorable à une constitution ottomane, mais avant de le placer sur le trône Midhat Pacha organise une entrevue secrète. Au cours de celle-ci, Abdülhamid aurait promit de faire rédiger et promulguer une constitution immédiatement après son intronisation[3],[2].

Le 31 août 1876 Mourad V est déposé après seulement 93 jours de règne pour cause d'incapacité mentale, et passe le restant de ses jours enfermé au palais Çırağan. Abdülhamid est immédiatement proclamé sultan, et reçoit symboliquement l'épée d'Osman Ier le 7 septembre en la mosquée Eyüp Sultan[4].

À son accession au trône, Abdülhamid II passe pour être animé de principes libéraux, et les plus conservateurs de ses sujets ont tendance à le regarder avec méfiance comme un réformateur trop zélé. Mais la situation du pays à son accession est mal adaptée à une évolution libérale.

Vers la période constitutionnelle (septembre-décembre 1876)

Qu'il s'agisse du manque de financement public et de la trésorerie vide, de l'insurrection de 1875 en Bosnie-Herzégovine, de la guerre avec la Serbie et le Monténégro, ou encore de l'émotion soulevée en Europe suite aux méthodes brutales employées pour réprimer la rébellion en Bulgarie, tout incite le nouveau sultan à ne pas entreprendre les réformes libérales promises lors du traité de Berlin de 1878 signé avec les puissances européennes. Cependant, la Sublime Porte entretient de bonnes relations avec le Royaume-Uni du fait de sa position de rempart face à l'Empire russe, et commence à voir l'Allemagne unifiée comme un allié potentiel.

Propagande Caricature du Sultan Abdülhamid II.
Abdulhamid II en 1908.

Vers 1890, les Arméniens commencent à réclamer les réformes libérales promises à Berlin. De vives tensions éclatent en 1892 et 1893 à Merzifon et Tokat. En 1894, une rébellion arménienne est sévèrement réprimée dans la région montagneuse de Sassun. Les Européens exigent une protection pour les Arméniens chrétiens, ce à quoi le sultan répond par une série de massacres, les massacres hamidiens perpétrés par l'armée hamidiyeh. Dans toute l'Anatolie, le haut-plateau arménien et jusqu'à Constantinople, entre 1894 et 1896, ce sont plus de 200 000 Arméniens qui sont tués, quelque 100 000 islamisés de force et plus de 100 000 femmes enlevées pour être envoyées dans des harems[5]. La position turque diminue ces chiffres à quelques dizaines de milliers. Ces massacres, qui précèdent de deux décennies le génocide arménien, valent au sultan le surnom de Kızıl Sultan, le « Sultan rouge » ou le « Grand Saigneur ». La fin du XIXe siècle voit l'émergence du mouvement sioniste et les premières implantations de colonies agricoles juives en Palestine, auxquelles le sultan tente de s'opposer.

Le 21 juillet 1905 il est la cible d'un attentat à la bombe à Istanbul (en) perpétré par l'anarchiste belge Édouard Joris (nl) en soutien des Arméniens[6]. L'attentat fait 26 morts, mais Abdülhamid II s'en sort sans blessure[6].

Le Sultan Abdülhamid II vers la fin de sa vie.

L'humiliation nationale causée par la situation en Macédoine, couplée au ressentiment de l'armée à l'encontre des espions et indicateurs du Palais finissent par provoquer une crise. Pendant l'été 1908, la révolution jeune-turque éclate et Abdülhamid, apprenant que les troupes de Thessalonique menacent de marcher sur Constantinople, décide immédiatement de capituler, le 23 juillet.

Le 24 juillet, un irade (décret) annonce le rétablissement de la Constitution ottomane de 1876, suspendue depuis 1878. Dès le lendemain, un autre irade abolit l'espionnage et la censure et ordonne la libération des prisonniers politiques. Le 17 décembre, après les élections législatives, le sultan ouvre la session du Parlement ottoman avec un discours du Trône dans lequel il déclare que le premier parlement avait été « temporairement dissout en attendant que l'instruction du peuple ait été amenée à un niveau suffisamment élevé par l'extension de l'enseignement à travers l'empire ».

L'attitude apparemment complaisante du sultan ne l'empêche pas de rallier les éléments réactionnaires au sein de l'État. Ce rôle devient manifeste lors de la contre-révolution ottomane de 1909, quand une mutinerie des soldats soutenue par une révolte populaire conservatrice, au nom du sultan et de la charia, renverse le gouvernement des Jeunes-Turcs.

Mais dès sa restauration une armée d'action rassemblée à Thessalonique par les Jeunes-Turcs marche sur Constantinople pour étouffer la contre-révolution. Le jeune Enver Pacha se signale comme instigateur de ce mouvement. Le , Abdülhamid est déposé au profit de son frère Reşat, qui prend le nom de Mehmed V. Ce changement réduit encore l'influence et le rôle du Sultan dans les affaires du pouvoir. L'ex-sultan est conduit en captivité à Thessalonique et mis en résidence surveillée dans la demeure des Allatini.

De retour à Constantinople en 1912, Abdülhamid passe les dernières années de sa vie à étudier, à faire de la menuiserie et à écrire ses mémoires en résidence surveillée au palais de Beylerbeyi, où il meurt le .

Mariages et descendance

Notes et références

  1. (tr) « Sultan Abdülaziz-Avrupa Seyahati », sur milliyet.com.tr, (consulté le 25 octobre 2018)
  2. a b et c Ercümend Kuran, « Aspects de la crise d'Orient 1875-1878 », Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine,‎ janvier-mars 1980 (lire en ligne)
  3. (en) Niyazi Berkes, The Development of Secularism in Turkey, C. Hurst & Co. Publishers, , 537 p. (lire en ligne), p. 228-229
  4. (en) Alan Palmer, The Decline and Fall of the Ottoman Empire, , 352 p. (ISBN 978-0-87131-754-4)
  5. Jacques de Morgan (préf. Constant Vautravers et Edmond Khayadjian), Histoire du peuple arménien, Académie de Marseille, 1981, p. 269.
  6. a et b Mathilde Larrère, Félix Chartreux, Maud Chirio, Vincent Lemire et Eugénia Palieraki, Révolutions : quand les peuples font l'histoire, Paris, Belin, coll. « Beaux-livres Histoire », (ISBN 978-2-7011-6275-1, présentation en ligne), « La révolution des Jeunes-Turcs, entre Orient et Occident », p. 112.

Bibliographie

  • (en) François Georgeon, Abdülhamid II. Le sultan calife, Paris, Fayard, .
  • Michel de Grèce, Le Dernier Sultan, Paris, Pocket, .

Articles connexes

Liens externes

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