Abdülhamid II

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Abdülhamid II
Abdülhamid encore prince au château de Balmoral, 1867
Abdülhamid encore prince au château de Balmoral, 1867
Titre
34e Sultan Ottoman

32 ans 7 mois et 27 jours
Prédécesseur Murad V
Successeur Mehmed V
Biographie
Dynastie Dynastie ottomane
Nom de naissance İkinci Abdülhamit
Date de naissance
Lieu de naissance Constantinople
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Constantinople
Père Abdülmecit Ier
Mère Tirimüjgan Sultan
Conjoint 1 épouse
Enfants 4 enfants

Signature de Abdülhamid II

Abdülhamid II
Dynastie ottomane

Abdülhamid II  (autres transcriptions : Abd-ul-Hamid, Abdülhemit, Abdul Hamid, Abd al-Hamid II, Abdul-Hamid, Abdül-Hamîd)  (né le à Constantinople – mort le dans la même ville) fut sultan de l'Empire ottoman et calife des musulmans de la déposition de son frère Mourad V le à sa propre destitution par les Jeunes-Turcs le . Il fut remplacé par un autre de ses frères, Mehmed V. Il était le fils du sultan Abdülmecid Ier et d'une tcherkesse du Harem nommée Verjine.

Biographie[modifier | modifier le code]

À son accession au trône, Abdülhamid II passe pour être animé de principes libéraux, et les plus conservateurs de ses sujets ont tendance à le regarder avec méfiance comme un réformateur trop zélé. Mais la situation du pays à son accession est mal adaptée à une évolution libérale.

Qu'il s'agisse du manque de financement public et de la trésorerie vide, de l'insurrection de 1875 en Bosnie-Herzégovine, de la guerre avec la Serbie et le Monténégro, ou encore de l'émotion soulevée en Europe suite aux méthodes brutales employées pour réprimer la rébellion en Bulgarie, tout incite le nouveau sultan à ne pas entreprendre les réformes libérales promises lors du traité de Berlin de 1878 signé avec les puissances européennes. Cependant, la Sublime Porte entretient de bonnes relations avec le Royaume-Uni du fait de sa position de rempart face à l’Empire russe, et commence à voir l’Allemagne unifiée comme un allié potentiel.

Propagande Caricature du Sultan Abdülhamid II.
Propagande Caricature du Sultan Abdülhamid II, suite aux massacres hamidiens.

Vers 1890, les Arméniens commencent à réclamer les réformes libérales promises à Berlin. De vives tensions éclatent en 1892 et 1893 à Merzifon et Tokat. En 1894, une rébellion arménienne est sévèrement réprimée dans la région montagneuse de Sassun. Les Européens exigent une protection pour les Arméniens chrétiens, ce à quoi le sultan répond par une série de massacres, les massacres hamidiens perpétrés par l'armée hamidiyeh. Dans toute l'Anatolie, le Haut-plateau arménien et jusqu'à Constantinople, entre 1894 et 1896, ce sont plus de 200 000 Arméniens qui sont tués, quelque 100 000 islamisés de force et plus de 100 000 femmes enlevées pour être envoyées dans des harems[1]. La position turque diminue ces chiffres à quelques dizaines de milliers. Ces massacres, qui précèdent de deux décennies le génocide arménien, valent au sultan le surnom de Kızıl Sultan, le « Sultan Rouge » ou le « Grand Saigneur ». La fin du XIXe siècle voit l'émergence du mouvement sioniste et les premières implantations des colonies agricoles juives en Palestine auxquelles le sultan tentent de s'opposer.

Le Sultan Abdülhamid II vers la fin de sa vie.

L'humiliation nationale causée par la situation en Macédoine, couplée au ressentiment de l'armée à l'encontre des espions et indicateurs du Palais finissent par provoquer une crise. Pendant l'été 1908, la révolution jeune-turque éclate et Abdülhamid, apprenant que les troupes de Thessalonique menacent de marcher sur Constantinople, décide immédiatement de capituler, le 23 juillet.

Le 24 juillet, un irade (décret) annonce le rétablissement de la constitution ottomane de 1876, suspendue depuis 1878. Dès le lendemain, un autre irade abolit l'espionnage et la censure et ordonne la libération des prisonniers politiques. Le 17 décembre, après les élections législatives, le sultan ouvre la session du parlement ottoman avec un discours du Trône dans lequel il déclare que le premier parlement avait été « temporairement dissout en attendant que l'instruction du peuple ait été amenée à un niveau suffisamment élevé par l'extension de l'enseignement à travers l'empire ».

L'attitude apparemment bienveillante du sultan ne l'empêche pas de servir de figure de ralliement aux éléments réactionnaires présents au sein de l'État, rôle qui devient manifeste lors de la contre-révolution ottomane de 1909, quand une mutinerie des soldats soutenue par une révolte populaire conservatrice, au nom du sultan et de la charia, renverse le gouvernement des Jeunes-Turcs.

Dès sa restauration par les troupes de Thessalonique, le gouvernement se décide à déposer Abdülhamid, et le 27 avril son frère Reşat est proclamé sultan sous le nom de Mehmed V. L'ex-sultan est conduit en captivité à Thessalonique et mis en résidence surveillée dans la demeure des Allatini.

De retour à Constantinople en 1912, il passe les dernières années de sa vie à étudier, à faire de la menuiserie et à écrire ses mémoires en résidence surveillée au Palais de Beylerbeyi, où il meurt le .

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Abdülhamid II eut seize épouses et près d'une vingtaine d'enfants :

1. Bedrifelek Kadin (4 janvier 1851 - 6 février 1930) dont il eut trois enfants: Şehzade Mehmed Selim Osmanoğlu (1870 - 1937), Zekiye Sultan (1870 - 1950) et Şehzade Ahmed Nuri (1878 - 1944).
2. Biydâr Kadin (5 mai 1858 - 1er janvier 1918) dont il eut deux enfants: Naime Sultan (1875 - 1945) et Şehzade Mehmed Abdul Kadir (1878 - 1944).
3. Dilpesend Kadın (16 janvier 1865 - 5 octobre 1903) dont il eut un enfant: Naile Sultan (1884 - 1957).
4. Mezide Mestan Haseki Kadın (3 mars 1869 - 21 janvier 1909) dont il eut un enfant: Şehzade Mehmed Burhaneddin (1885 - 1949).
5. Peyvesti Osman Haseki Kadın (10 mai 1873 - 1944) dont il eut un enfant: Şehzade Abdurrahim Hayri (1894 - 1952).
6. Behice Maan Haseki Kadın (10 octobre 1882 - 22 octobre 1969) dont il eut deux enfants: Şehzade Ahmed Nureddin (1901 - 1944) et Şehzade Mehmed Badreddin (1901 - 1903).
7. Saliha Naciye Haseki Kadın (1887 - 1923) dont il eut deux enfants: Şehzade Mehmed Abid (1905 - 1973) et Samiye Sultan (1908 - 1909).
8. Nazikedâ Kadın (? - ?) dont il eut un enfant: Ulviye Sultan (1868 - 1875).
9. Une femme inconnue dont il eut un enfant: Seniha Sultan (1885–1885).
10. Emsalinur Kadın (2 janvier 1866 - ?) dont il eut un enfant: Sadiye Sultan (1886 - 1977).
11. Müsfikâ Kadın (10 décembre 1867 - juillet 1961) dont il eut un enfant: Ayşe Sultan (1887 - 1960).
12. Sazkâr Haseki Kadın (8 mai 1873 - ?) dont il eut un enfant: Refia Sultan (1891 - 1938).
13. Fatma Pessend Hanoum (? - ?) dont il eut un enfant: Hadice Sultan (1897 - 1898).
14. Une femme inconnue dont il eut un enfant: Aliye Sultan (1900 - 1900).
15. Gwaschemasch'e Kadın (21 juin 1877 - ?) dont il eut un enfant: Cemile Sultan (1900 - 1901).
16. Safinaz Kadın (? - ?) sans postérité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques de Morgan (préf. Constant Vautravers et Edmond Khayadjian), Histoire du peuple arménien, Académie de Marseille, 1981, p. 269.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) François Georgeon, Abdülhamid II. Le sultan calife, Paris, Fayard,
  • Michel de Grèce, Le Dernier Sultan, Paris, Pocket,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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