Sulaymān (calife omeyyade)
| Calife omeyyade | |
|---|---|
| - | |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
سُليمان بن عبد الملك بن مروان بن الحكم الأُموي القُرشي ou سلیمان بن عبد الملك |
| Surnom |
أبو أيُّوب |
| Activités |
Chef militaire, gouverneur, homme politique, calife |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Wallada bint al-Abbas ibn al-Jaz (d) |
| Fratrie |
Al-Walīd Ier ʿAbdallāh ibn ʿAbd al-Malik Maslama ben Abd al-Malik Yazīd II Hicham Muhammad ibn Abd al-Malik ibn Marwan (en) Fatima bint Abd al-Malik (en) Sa'id ibn Abd al-Malik (en) Marwan ibn Abd al-Malik (en) Bakkar ibn Abd al-Malik (en) |
| Enfants |
Sulaymān ou ʾAbū ʾAyyūb Sulaymān ibn ʿAbd Al-Malik (en arabe : أبو أيوب سليمان بن عبد الملك), né vers 674 à Médine et mort en 717 à Dabiq, est le septième calife omeyyade. Il succède à son frère aîné Al-Walīd Ier en 715, puis est remplacé par son cousin ʿUmar II en 717, après un règne de deux ans et cinq mois.
Il est le fils du calife ʿAbd al-Malik et de Wallada bint al-ʿAbbas. Il commence sa carrière comme gouverneur de la Palestine, tandis que son père ʿAbd al-Malik et son frère Al-Walid Ier règnent comme califes. Là, le théologien Raja ibn Haywa le forme, et il noue des liens étroits avec Yazid ibn al-Muhallab, un adversaire majeur d'Al-Hajjaj ibn Yusuf, le puissant vice-roi d’Irak et des provinces orientales sous Al-Walid. Sulayman déteste l’influence d’Al-Hajjaj sur son frère. Comme gouverneur, il fonde la ville de Ramla et y fait construire la mosquée Blanche. La nouvelle cité remplace Lydda comme capitale du district de Palestine. Lydda est au moins partiellement détruite et ses habitants peuvent avoir été déplacés de force vers Ramla, qui se développe comme un centre économique, accueille de nombreux savants musulmans et demeure le centre administratif et commercial de la Palestine jusqu’au XIe siècle.
Après son accession au califat, Sulayman révoque les gouverneurs et les généraux de son prédécesseur. Beaucoup ont été choisis par Al-Hajjaj et ont dirigé les campagnes qui portent le califat à son apogée territorial. Parmi eux se trouve Qutayba ibn Muslim, conquérant de la Transoxiane, tué par ses propres troupes lors d’une révolte avortée provoquée par la perspective de sa destitution, et Muhammad ibn al-Qasim, conquérant du Sind, qui est exécuté. À l’ouest, Sulayman démet Musa ibn Nusayr, conquérant de la Péninsule Ibérique (Al-Andalus) et gouverneur de l’Ifriqiya, et fait assassiner son fils Abd al-Aziz, gouverneur d'Al-Andalus. Bien qu’il poursuive les politiques militaristes de ses prédécesseurs, l’expansion s’interrompt largement sous son règne, en partie en raison de la résistance efficace sur les frontières d’Asie centrale et de l’effondrement du commandement arabe après la mort de Qutayba. Le protégé de Sulayman, Yazid, qu’il place à la tête de l’Est, envahit en 716 la côte méridionale de la mer Caspienne (Tabaristan), mais se retire et se contente d’un tribut après sa défaite face aux dynastes locaux. Sulayman intensifie la guerre contre l’Empire byzantin, axe principal de ses efforts militaires, qui culmine avec le siège de Constantinople (717-718), se soldant par un désastre pour les Arabes.
Sulayman meurt à Dabiq pendant le siège. Son fils aîné et successeur désigné, Ayyub, est déjà mort. Sulayman fait alors un choix inhabituel en désignant son cousin ʿUmar comme calife, plutôt qu’un fils ou un frère. La coïncidence de son règne avec la proximité du centième anniversaire de l’Hégire et le siège de Constantinople amènent plusieurs poètes contemporains à lui attribuer une dimension messianique.
Jeunesse
[modifier | modifier le code]Les sources médiévales livrent peu de détails sur les trente premières années de la vie de Sulayman[1]. Il naît probablement à Médine vers 675[1],[2]. Son père, Abd al-Malik ibn Marwan, appartient au clan umayyade de la tribu des Quraysh, tandis que sa mère, Wallada bint al-ʿAbbas ibn al-Jaz, est l’arrière-arrière-petite-fille de Zuhayr ibn Jadhima[3], éminent chef du VIe siècle de la tribu arabe des Banu Abs[4]. Sulayman passe une partie de son enfance dans le désert auprès de ses parents des Abs[5].
À sa naissance, le Califat est dirigé par son lointain cousin Muʿawiya Ier[6], fondateur de la dynastie omeyyade en 661[7]. Après la mort de ses successeurs Yazid Ier et Muʿawiya II en 683 et 684, l’autorité omeyyade s’effondre et la plupart des provinces reconnaissent le calife non omeyyade Abd Allah ibn al-Zubayr, basé à La Mecque[8],[9]. Les Omeyyades de Médine, dont Sulayman, sont expulsés et deviennent réfugiés en Syrie[1], où ils sont soutenus par des tribus arabes loyalistes[10]. Celles-ci élisent le grand-père de Sulayman, Marwan Ier, comme calife et forment la confédération yamaniyya (Yaman) en opposition aux tribus Qays, dominantes dans le nord de la Syrie et l’Al-Jazira[11]. En 685, Marwan rétablit le contrôle omeyyade sur la Syrie et l’Égypte[12], et ʿAbd al-Malik, son successeur, reconquiert le reste du califat en 692[13].
Gouvernorat de la Palestine
[modifier | modifier le code]À une date inconnue, ʿAbd al-Malik nomme Sulayman gouverneur de la Jund Filastin (district militaire de la Palestine), poste qu’il a lui-même occupé sous Marwan[1],[14]. La nomination de Sulayman intervient après les mandats de l’oncle du calife, Yahya ibn al-Hakam, et de son demi-frère Aban ibn Marwan[15]. En 701, Sulayman dirige les rites du Hajj à La Mecque[1]. Avant de mourir en 705, ʿAbd al-Malik désigne comme successeur son fils aîné al-Walid Ier, suivi de Sulayman[1]. Ce dernier demeure gouverneur de Palestine tout au long du règne d’al-Walid, jusqu’en 715[1],[16]. Il est alors en contact étroit avec les chefs yamani qui dominent le district[17]. Il noue une relation privilégiée avec Raja ibn Haywa al-Kindî, érudit local affilié aux Yamani, qui a supervisé la construction du Dôme du Rocher à Jérusalem[17]. Raja devient son mentor et son principal conseiller[17].
Sulayman déplore l’influence d’Al-Hajjaj ben Yusef sur al-Walid[18] et se rapproche de ses opposants[17]. En 708 ou 709, il accorde refuge à Yazid ben al-Muhallab, ancien gouverneur du Khorassan, fugitif et ennemi d’al-Hajjaj, ainsi qu’à sa famille[1],[17]. Yazid exploite ses liens tribaux avec les Azd locaux pour obtenir la protection de Sulayman[19],[20]. Al-Walid, irrité par la défiance de Yazid, exige des sanctions ; Sulayman offre de payer l’amende et envoie Yazid et son propre fils Ayyub enchaînés au calife, avec une lettre plaidant leur pardon, qui est accordé[18],[21]. Yazid devient un intime de Sulayman, qu’il influence profondément[22]. Hisham ibn al-Kalbî rapporte : « Yazid resta auprès de lui, lui apprenant à bien se vêtir, à préparer des plats raffinés, et lui offrant de grands présents »[22]. Yazid demeure neuf mois auprès de Sulayman, ou jusqu’à la mort d’Al-Hajjaj en 714, consolidant son hostilité envers ce dernier[23],[24].
Fondation de Ramla
[modifier | modifier le code]Comme gouverneur, Sulayman fonde la ville de Ramla pour y installer son administration[1],[25],[26], remplaçant Lydda comme capitale provinciale[1],[25] et première résidence de Sulayman en Palestine[27]. Ramla reste la capitale de la Palestine jusqu’à l’époque fatimide (Xe–XIe siècles)[28].
Les motivations de Sulayman sont à la fois personnelles et pratiques[29]. Lydda, ville ancienne et prospère, offre un site avantageux, mais son espace disponible est limité[26] et les accords conclus lors de la conquête musulmane interdisent formellement de saisir des propriétés convoitées[29]. Un récit attribué à Ibn Fadlallah al-Umari rapporte qu’un prêtre chrétien refuse obstinément de céder des terrains ; furieux, Sulayman veut l’exécuter, mais Raja l’en dissuade et propose de fonder une nouvelle ville[30]. Pour Moshe Sharon, Lydda est « trop chrétienne dans son ethos » pour les Omeyyades, surtout après les réformes d’arabisation et d’islamisation d’ʿAbd al-Malik[27]. Selon al-Jahshiyari, Sulayman cherche à inscrire son nom dans l’histoire comme grand bâtisseur, à l’image de son père et d’al-Walid[31]. La fondation de Ramla constitue pour lui un « chemin vers l’immortalité »[32]. Le site choisi permet ainsi de bénéficier des avantages de Lydda sans les contraintes urbaines[33].
Il érige d’abord un palais qui fait office également de siège administratif[33],[34]. Le centre de la ville est occupé par la mosquée Blanche, mosquée communautaire[35], achevée seulement sous le règne du calife Umar ibn Abd al-Aziz[36]. Ramla se développe rapidement comme pôle commercial, artisan (teinture, tissage, poterie) et centre d’érudition musulmane[37]. Sulayman y fait construire un aqueduc, al-Barada, acheminant l’eau depuis Tel Gezer[38]. Ramla supplante Lydda comme centre économique[34]. Une partie des habitants chrétiens, samaritains et juifs de Lydda y est transférée[39]. Les traditions divergent sur l’ampleur des destructions infligées à Lydda, mais plusieurs récits lui attribuent une démolition presque complète[25]. Al-Ya'qubi affirme que Sulayman rase les maisons pour forcer les déplacements et réprime les résistances[40],[41]. Pour al-Jahshiyari, Sulayman « fonde al-Ramla et sa mosquée, ruinant ainsi Lydda »[31].
Jérusalem, située à environ 40 km au sud-est[42], demeure le centre religieux de la région[43]. Une source arabe du VIIIe siècle[44] indique que Sulayman y fait bâtir plusieurs édifices publics, notamment un bain associé au Haram al-Sharif[30]. Le bain sert aux ablutions des fidèles se rendant au Dôme du Rocher[44]. Un chroniqueur syriaque du XIIIe siècle lui attribue également la construction d’arches, de moulins et de jardins à Jéricho, détruits ensuite par des inondations[45]. Il entretient enfin un domaine agricole près de Qutayfa, appelé « al-Sulaymaniyya »[5].
Califat
[modifier | modifier le code]Accession au pouvoir
[modifier | modifier le code]En 714, Al-Walid, encouragé ou soutenu par Al-Hajjaj, tente d’imposer son fils ʿAbd al-Aziz comme successeur, annulant ainsi les dispositions arrêtées par ʿAbd al-Malik qui faisaient de Sulayman l’héritier présomptif[46],[47]. Selon l’historien Umar ibn Shabba (mort en 878), Al-Walid propose à Sulayman d’importantes compensations financières pour qu’il accepte ce changement, mais Sulayman refuse[46]. Al-Walid envoie néanmoins des instructions à ses gouverneurs provinciaux pour qu’ils reconnaissent ʿAbd al-Aziz, mais il ne reçoit de réponses favorables que d’Al-Hajjaj et de Qutayba ibn Muslim, gouverneur du Khorassan et conquérant de la Transoxiane[46]. Un conseiller d’al-Walid, Abbad ibn Ziyad, recommande au calife de faire pression sur Sulayman en le convoquant à la cour de Damas, puis, lorsque Sulayman temporise, de mobiliser sa shurta (troupes d’élite) et de marcher contre lui à Ramla[46]. Al-Walid meurt peu après, le 24 février 715[1]. Sulayman apprend la nouvelle dans son domaine d’al-Sabʿ (près de Bayt Jibrin)[48] et accède sans opposition au califat[46].
Sulayman obtient les serments d’allégeance à Ramla[49], puis à Damas, lors de sa seule visite attestée dans cette ville[5]. Il continue à gouverner depuis la Palestine, où il « est très aimé », selon l’historien Julius Wellhausen, plutôt que depuis Damas[50], capitale administrative traditionnelle des Omeyyades[5]. L’historien Reinhard Eisener estime que les « sources syriennes médiévales prouvent qu’il choisit manifestement Jérusalem comme principal siège de son gouvernement »[1], tandis que Wellhausen et l’historien Hugh N. Kennedy considèrent qu’il demeure à Ramla[51].
Politique provinciale
[modifier | modifier le code]Au cours de sa première année de règne, Sulayman remplace la plupart des gouverneurs nommés par Al-Walid et Al-Hajjaj par des responsables qui lui sont fidèles[1],[52]. Il n’est pas clair si ces changements résultent de la rancœur et de la suspicion à l’égard de ceux qui ont contesté son accession, d’un souci de mieux contrôler les provinces en y plaçant des fidèles, ou d’une volonté de mettre fin au pouvoir de gouverneurs anciens et puissants[1]. Pour Eisener, le « choix de gouverneurs de Sulayman ne donne pas l’impression d’un parti pris » en faveur du camp yamani[1], tandis que Kennedy estime que son règne marque le retour politique des Yaman et « reflète ses sympathies yamani »[17]. L’une de ses premières décisions est de nommer son protégé Yazid ibn al-Muhallab gouverneur de l’Irak[51]. Selon l’historien Muhammad Abdulhayy Shaban, Sulayman voit en Yazid « son propre Al-Hajjaj »[53]. Yazid gouverne avec une nette préférence pour les Yaman, mais, d’après Wellhausen, rien n’indique que Sulayman lui-même favorise officiellement un camp tribal contre un autre[54]. Wellhausen considère que, dès son gouvernorat de Palestine, Sulayman « peut avoir été convaincu » que l’administration d’Al-Hajjaj suscite davantage de haine envers les Omeyyades qu’elle ne renforce la loyauté des Irakiens[55]. Sulayman s’oppose donc à lui et à son influence, en révoquant ses protégés, non en raison de leur affiliation qaysi, mais en raison de leur lien personnel avec al-Hajjaj[55]. Il maintient toutefois des liens étroits avec les troupes qaysi de l’Al-Jazira[56].
Protégé d’Al-Hajjaj, Qutayba ibn Muslim, dont les relations avec Sulayman sont tendues, est d’abord confirmé dans ses fonctions par le calife, mais reste persuadé que sa destitution est imminente[57]. Au moment de l’accession de Sulayman, il mène une expédition vers la vallée du Jaxartes en Transoxiane. Lors d’une halte à Ferghana, il se révolte contre Sulayman, mais la plupart de ses troupes, épuisées par des campagnes incessantes dans des régions éloignées, se soulèvent contre lui[57]. Qutayba est tué en août 715 par une faction de l’armée dirigée par Waki ibn Abi Sud al-Tamimi[1]. Waki se proclame gouverneur du Khurasan et est confirmé par Sulayman, mais ce dernier limite son autorité aux affaires militaires[57]. Sulayman craint en effet que la nomination d’un gouverneur par les seules factions tribales de l’armée khurasanienne (plutôt que par lui-même) ne provoque l’instabilité dans la province[58]. De son côté, le parent d’Al-Hajjaj et conquérant du Sind, Muhammad ibn al-Qasim, ne se révolte pas, mais il est tout de même destitué, convoqué à Wasit et torturé à mort[59].
Le gouvernement provisoire de Waki dure neuf mois[20] et s’achève à la mi-716[57]. Yazid parvient à convaincre Sulayman que Waki n’est qu’un Bédouin turbulent, dépourvu de compétences administratives[20]. Le Khorassan, ainsi que les autres provinces orientales du califat, sont alors rattachés au gouvernement irakien de Yazid[1]. Le calife ordonne à Yazid de s’installer au Khurasan et de laisser des lieutenants dans les villes de garnison irakiennes de Kufa, Bassora et Wasit, tandis qu’il confie les affaires fiscales de l’Irak à l’un de ses propres protégés, Salih ibn Abd al-Rahman, un mawla (affranchi ou client non arabe) expérimenté dans la gestion de la province[60].
Entre 715 et 716, Sulayman révoque Khalid ibn Abdallah al-Qasri et Uthman ibn Hayyan al-Murri, respectivement gouverneurs de La Mecque et de Médine, tous deux nommés grâce à al-Hajjaj[59]. Khalid, qui sera plus tard considéré comme un champion des Yaman[55], est remplacé par un membre de la famille omeyyade, beau-frère de Sulayman, ʿAbd al-Aziz ibn ʿAbdallah ibn Khalid ibn Asid[1].
À l’ouest, Sulayman démet Musa ibn Nusayr, gouverneur yamani d’Ifriqiya et conquérant de l’Hispanie (Al-Andalus), ainsi que son fils ʿAbd al-Aziz, gouverneur d’al-Andalus[1],[55],[61]. Musa est emprisonné par Sulayman dès son accession, et ʿAbd al-Aziz est assassiné sur ordre du calife en mars 716. L’ordre est exécuté par plusieurs commandants arabes de premier plan en al-Andalus, dont le principal lieutenant d’ʿAbd al-Aziz, Habib ibn Abi Obeida al-Fihri[62]. Al-Tabari rapporte qu’Habib apporte la tête d’ʿAbd al-Aziz au calife[63]. Sulayman nomme à la place de Musa un mawla des Quraych, et, sur ses ordres, le nouveau gouverneur confisque les biens de la famille de Musa en Ifriqiya et fait torturer et tuer plusieurs de ses proches[64]. Musa s’est déjà rendu coupable de détournements de fonds au cours de sa carrière, et Sulayman lui extorque d’importantes sommes pendant sa détention[65].
Efforts de guerre
[modifier | modifier le code]Bien qu’il remplace en grande partie leurs gouverneurs, Sulayman maintient les politiques militaristes de ses prédécesseurs. Toutefois, durant son règne relativement bref, l’expansion territoriale du califat, très forte sous al-Walid, s’interrompt presque totalement[1].
Transoxiane
[modifier | modifier le code]Sur le front oriental, en Transoxiane, aucune nouvelle conquête n’est réalisée pendant le quart de siècle qui suit la mort de Qutayba, et les Arabes commencent même à perdre du terrain dans la région[66]. Sulayman ordonne le repli de l’armée khurasanienne de Ferghana vers Merv et sa dissolution[57]. Sous Waki, aucune opération militaire d’envergure n’est menée. Sous l’autorité du fils de Yazid, Mukhallad, qui commande en Transoxiane, l’activité se limite à des razzias estivales contre des villages de Sogdiane[66]. L’historien H. A. R. Gibb attribue le recul militaire arabe en Transoxiane au vide de commandement et d’organisation laissé par la disparition de Qutayba[66]. Eisener souligne aussi la résistance accrue sur les frontières. Selon lui, l’arrêt des conquêtes ne signifie pas que « l’élan d’expansion et de conquête se relâche » sous Sulayman[1].
Jurjan et Tabaristan
[modifier | modifier le code]En 716, Yazid tente de soumettre les principautés de Jurjan et du Tabaristan, situées sur la côte méridionale de la mer Caspienne et gouvernées par des dynasties iraniennes locales, protégées par la barrière naturelle des monts Alborz[67]. Malgré des tentatives répétées, ces régions sont restées largement indépendantes de la domination musulmane[67]. La campagne dure quatre mois et mobilise une armée de 100 000 hommes issue des garnisons de Kufa, Bassora, Rayy, Merv et de Syrie[1],[68]. C’est la première fois que des troupes syriennes, élite militaire du califat, sont déployées au Khurasan[69],[70]. Yazid bat les Turcs Chöl au nord de l’Atrek et assure le contrôle de Jurjan en y fondant une ville, l’actuelle Gonbad-e Kavus[71]. Dans une lettre, il félicite Sulayman pour la conquête de ces deux territoires, qui ont échappé aux califes précédents jusqu’à ce que « Dieu accorde cette victoire pour le compte » de Sulayman[72].
Ce succès initial est toutefois annulé par le souverain du Tabaristan, Farrukhan le Grand, à la tête d’une coalition venue du Daylam, du Gilan et de Jurjan[71],[73]. Battu, Yazid retire les troupes musulmanes de la région en échange d’un arrangement tributaires avec Farrukhan[73]. Le Tabaristan reste indépendant de la domination arabe jusqu’en 760, lorsque les Abbassides, successeurs des Omeyyades, le conquièrent[74],[75], mais la province demeure agitée et largement contrôlée par des dynasties locales[76].
Siège de Constantinople
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La priorité militaire de Sulayman reste la guerre, presque permanente, contre l’Empire byzantin[51], qui est non seulement le plus grand, le plus riche et le plus puissant ennemi du califat, mais aussi celui qui jouxte directement la Syrie, cœur du pouvoir omeyyade[77]. La première tentative omeyyade contre la capitale byzantine, Constantinople, sous Muʿawiya Ier, a échoué[78]. Certains historiens, comme Khalid Yahya Blankinship, considèrent d’ailleurs que ces premières opérations ne constituent pas un véritable siège et que le siège de 717-718 sous Sulayman et Umar II est la seule tentative véritable de ce type menée par les Arabes[79]. Quoi qu’il en soit, depuis 692, les Omeyyades sont à l’offensive : ils prennent le contrôle de l’Arménie et de la Transcaucasie, et grignotent progressivement les marches de l’empire. Des généraux omeyyades, souvent issus de la famille régnante, mènent chaque année des raids en territoire byzantin, prenant des villes et des forteresses[80],[81]. Profitant d’une longue période d’instabilité à Constantinople[80],[82], les Arabes poussent toujours plus loin leurs incursions en Asie Mineure et, vers 712, le dispositif défensif byzantin montre des signes d’effondrement[83],[84].
Après la mort d’Al-Walid Ier, Sulayman reprend avec une vigueur accrue le projet de s’emparer de Constantinople[85]. À la fin de 716, de retour du Hajj à La Mecque, il campe et concentre ses troupes à Dabiq, dans le nord de la Syrie[1]. De là, il dirige l’immense effort de guerre contre les Byzantins[1]. Trop malade pour commander lui-même la campagne[86], il confie à son demi-frère Maslama ben Abd al-Malik la mission d'assiéger la capitale byzantine par voie de terre, avec l’ordre de ne se retirer qu’après la prise de la ville ou un rappel formel du calife[87]. Dès le début de 716, le commandant arabe Umar ibn Hubayra al-Fazari a, en parallèle, lancé une campagne navale contre Constantinople[1]. Alors qu’une grande partie des forces est dirigée vers la capitale byzantine, Sulayman confie à son fils Dawud la direction d’une expédition estivale sur la frontière byzantine en 717[88], au cours de laquelle il s’empare de Hisn al-Marʾa (« forteresse de la Femme »), près de Malatya[89].
Les efforts de Sulayman échouent finalement[1]. Les Byzantins repoussent la flotte omeyyade devant Constantinople à l’été 717, tandis que l’armée de Maslama maintient le siège[90]. Les flottes envoyées en renfort à l’été 718 sont détruites par les Byzantins, et une armée omeyyade de secours est écrasée en Anatolie[91]. En août 718, ayant échoué à prendre la ville, Maslama lève le siège et se retire de Constantinople[92]. Les pertes considérables subies par les Omeyyades entraînent un repli partiel de leurs forces sur la frontière et l’abandon de certains districts conquis[93],[94]. Dès 720 toutefois, les raids omeyyades contre Byzance reprennent. Néanmoins, l’objectif de conquérir Constantinople est de facto abandonné, et la frontière entre les deux empires se stabilise le long des Monts Taurus et des Anti-Taurus, au-delà desquels les deux camps continuent, pendant des siècles, à lancer régulièrement raids et contre-raids[95],[96].
Mort et succession
[modifier | modifier le code]Sulayman meurt à Dabiq en septembre 717[1] et il y est enterré[97]. Le chroniqueur chrétien nestorien du XIe siècle Élie de Nisibe date sa mort des 20 ou 21 septembre, tandis que l’historien musulman du VIIIe siècle Abou Mikhnaf la place aux 23 ou 24 septembre[50]. Il tombe malade en revenant de la prière du vendredi et meurt quelques jours plus tard[98].
Sulayman désigne son fils aîné Ayyub comme successeur en 715 ou 716, après la mort de son frère et possible successeur Marwan al-Akbar[99]. Cet ordre de succession est partiellement corroboré par une ode du poète contemporain Jarir :
« L’imam, dont on espère les dons, après l’imam [Sulayman], c’est l’héritier choisi, Ayyub… Tu es le successeur du Miséricordieux [Sulayman], celui que reconnaissent ceux qui récitent les Psaumes, celui dont le nom est inscrit dans la Torah[99][note 1]. »
Mais Ayyub meurt au début de l’année 717[100], emporté par la peste dite ṭāʿūn al-Ashrāf (« peste des notables »), qui frappe la Syrie et l’Irak[101]. La même épidémie peut aussi avoir causé la mort de Sulayman[102]. Sur son lit de mort, Sulayman envisage de nommer son autre fils, Dawud, mais Raja s’y oppose, faisant valoir que Dawud combat alors devant Constantinople et que l’on ignore s’il est encore en vie[98]. Raja conseille à Sulayman de choisir pour successeur son cousin paternel et conseiller Umar ibn ʿAbd al-Aziz, qu’il décrit comme un « homme digne, excellent et un musulman sincère »[98]. Pour prévenir les conflits dynastiques entre Umar et les frères de Sulayman, Yazid ibn ʿAbd al-Malik est désigné comme successeur d’Umar[98]. En nommant Umar plutôt que ses propres frères, Sulayman contredit l’idée, largement admise au sein de la famille omeyyade, que la dignité califale doit rester réservée à la descendance directe de ʿAbd al-Malik[103]. Raja est chargé d’exécuter le testament de Sulayman ; il obtient l’allégeance à Umar de la part des frères du calife en les menaçant de recourir à la force, après leurs protestations d’avoir été écartés[104].
Selon Eisener, les liens personnels de Raja avec les traditions musulmanes rapportant la nomination d’Umar rendent probablement son rôle dans ces arrangements « exagéré »[100]. Selon Shaban, Sulayman choisit Umar parce qu’il est le prétendant « le plus proche de ses propres orientations politiques »[103].
Appréciation et héritage
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Selon Eisener, il est difficile « de se faire une image adéquate du règne de Sulayman », en raison de sa brièveté[1]. Shaban estime que la courte durée du règne de Sulayman « permet plus d’une interprétation » et qu’il est, pour cette raison, « une figure ambiguë pour l’historien »[103]. Shaban souligne que « l’importance du règne de Sulayman ne semble pas avoir été reconnue », tant les sources médiévales accordent une importance écrasante au règne de son successeur, Umar ibn Abd al-Aziz[106]. Alors que Shaban et Kennedy mettent en avant le soutien affiché par Sulayman à la faction yamani et son opposition aux Qays[103], Eisener considère que ses nominations provinciales et militaires répondent surtout à un objectif de consolidation du pouvoir, en plaçant des fidèles à des postes clés, indépendamment de leurs affiliations tribales[1]. Eisener et Shaban notent que Sulayman maintient globalement les politiques expansionnistes d’Al-Walid et d’ʿAbd al-Malik[1],[103].
Shaban insiste sur les efforts supposés de Sulayman pour intégrer davantage les mawālī dans la hiérarchie militaire[103]. L’historienne Patricia Crone rejette toutefois l’idée qu’il ait initié une quelconque réforme dans ce domaine[107]. Plusieurs sources traditionnelles musulmanes attribuent à Sulayman la suppression de certaines mesures prises par Al-Hajjaj contre les convertis musulmans non arabes, notamment en permettant le retour à Bassora soit des Mawali urbains ayant soutenu la révolte anti-omeyyade d’Ibn al-Ash'ath (700–701), soit des paysans irakiens convertis à l’islam et installés ensuite à Bassora pour éviter la Djizia[108]. Crone estime cependant que ces récits relatifs aux paysans convertis sont « mal attestés »[108].
Dans les panégyriques composés par les poètes contemporains Al-Farazdaq et Jarir, Sulayman est présenté dans une perspective messianique, comme le Mahdi (« le bien guidé ») envoyé pour rétablir la justice après une période d’oppression[100],[109]. Al-Farazdaq le loue pour avoir répondu à toutes les doléances et pour être « celui que prêtres et rabbins ont annoncé »[109]. Ces représentations messianiques peuvent être liées à l’approche du centenaire de l’Hijra et aux attentes des musulmans, selon lesquelles la conquête de Constantinople pourrait survenir sous son règne[100]. Plusieurs hadiths associant la conquête de la ville au Mahdi contribuent à renforcer cette image de Sulayman, engagé dans cette entreprise[110]. « Avec prudence », selon Crone, Sulayman ne mentionne jamais publiquement la croyance répandue selon laquelle la communauté musulmane ou le monde seraient détruits au premier centenaire de l’Hégire[110].
Les sources traditionnelles retiennent que Sulayman mène une vie licencieuse et qu’il est glouton et débauché[111]. Al-Ya‘qubi le décrit comme « un grand mangeur… séduisant et éloquent… un homme grand, à la peau claire, dont le corps ne supportait pas la faim »[112]. Il est néanmoins très habile dans l’art oratoire arabe[100]. Malgré son mode de vie, ses sympathies politiques vont aux hommes pieux, comme l’illustre sa déférence envers les conseils de Raja[113]. Il entretient également des relations avec les opposants religieux d’Al-Hajjaj en Irak. Il fait preuve de générosité financière envers les Alides (les plus proches parents survivants du prophète Mahomet). Il nomme au poste de gouverneur de Médine Abu Bakr ibn Muhammad al-Ansari, membre des cercles pieux de la ville, malgré le rôle de sa famille dans la révolte ayant conduit à l’assassinat du calife Uthman — événement fondateur de l’idéologie omeyyade[114].
À l’inverse de la poésie élogieuse contemporaine, la tradition islamique tardive considère Sulayman comme cruel et injuste, et interprète ses gestes envers les pieux comme la compensation d’une conduite morale défaillante[100].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- Eisener 1997, p. 821.
- ↑ Bosworth 1982, p. 45.
- ↑ Hinds 1990, p. 118.
- ↑ Fück 1965, p. 1023.
- Bosworth 1982, p. 90.
- ↑ Kennedy 2002, p. 127.
- ↑ Hinds 1993, p. 265.
- ↑ Kennedy 2004, p. 90–91.
- ↑ Hawting 2000, p. 48.
- ↑ Kennedy 2004, p. 91.
- ↑ Kennedy 2004, p. 91–93.
- ↑ Kennedy 2004, p. 92–93.
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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Articles connexes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :