Abu Lahab

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Abu Lahab
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Père
Mère
Fâtima bint ’Amr (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Safiyyah bint ‘Abd al-Muttalib (en)
Al Hârith Ibn 'Abd Il Muttalib (en)
Az-Zubayr ibn ‘Abd al-Muttalib (en)
Abû Tâlib
'Abdullah ibn 'Abdil-Mouttalib
Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib
Hamza ibn Abd al-MuttalibVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Dura bint Abu Lahab

`Abd al-`Uzza ibn `Abd al-Muttalib ibn Hicham al-Qurachî[1] (mort en 624) est l'un des oncles paternels de Mahomet, surnommé Abû Lahab (père du feu).

Biographie[modifier | modifier le code]

Lahab signifie feu, flamme. Sa condamnation est explicite dans la sourate 111 du Coran, intitulée Al-Massad (La Corde torsadée en fibres) :

« 
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Que les deux mains d'Abû Lahab périssent et que lui-même périsse !

Ses richesses et tout ce qu'il a acquis ne lui serviront à rien.

Il sera exposé à un feu ardent

Ainsi que sa femme, porteuse de bois,

Dont le cou est attaché par une corde de fibres
 »

Le Coran, « Abou-Lahab », CXI, (ar) المسد

Abû Lahab a été l'un des plus farouches opposants au prophète de l'islam. Il est mort de maladie peu après la défaite des Quraychites à Badr (624). Son corps a été abandonné sous les décombres de sa maison, démolie après sa mort par son fils.

Un ennemi du prophète de l'islam[modifier | modifier le code]

La tradition islamique donne quelques descriptions d'Abu Lahab. Selon Tabari[2], ce personnage était un oncle de Mahomet. Après avoir reçu le verset n°94 de la Sourate XV lui ordonnant de commencer la prédication publique, il se rend au temple de la Kaaba et le récite devant les hommes. C'est dans la mosquée qu'il leur adresse le premier appel. Ensuite il va au mont Çafà, élève la voix, et tous les habitants de la Mecque s'y réunissent. Mahomet leur parle ainsi: "Quelle conduite ai-je tenue parmi vous?" Ils répondent: "Tu es un homme véridique et sûr; nous n'avons jamais entendu de toi un mensonge". Mahomet reprend: "Maintenant je dis: Je suis l'apôtre de Dieu, envoyé vers vous. Adorez Dieu et abandonnez les idoles, sinon le châtiment descendra sur vous du ciel et vous serez exterminés". Abu Lahab, son oncle, qui se trouve dans l'assistance, se lève et dit: "Toi, Mahomet, tu veux nous appeler à une religion. Sois maudit, toi et ta religion". Il engage le peuple à se retirer, en disant: "Allez, ce Mahomet est fou". Alors celui-ci récite les versets de la Sur. CXI, vers. 1 et suivants. Abu Lahab, par hostilité, est réputé pour avoir eu l'habitude de mettre des épines sur son chemin et sur celui de ses amis, de sorte qu'ils se blessent les pieds. Et son épouse faisait de même.

Mahomed récite le verset suivant: "Adresse l'appel à tes proches parents." (Sur. XXVI, vers. 214.) Il dit: "Mes parents, ce sont les Beni-Haschim et les Beni Abd-Manâf". Il dit à Ali d'aller préparer un repas. Ali, ayant fait cuire dans le four un mouton sur du gruau, invite tous les Beni Hâschim et les Beni Manâf, de même qu'Abu Talib, Hamza, Abbas et un grand nombre d'autres personnes, et leur sert ce repas. Ils mangent beaucoup, cependant la quantité de la nourriture ne diminue pas. Abu Lahab dit: "Mahomet nous a invités aujourd'hui pour nous faire voir sa magie". Celui-ci, très affligé de ces paroles, ne leur parle point ce jour-là. Le lendemain, il fait préparer un nouveau repas et les invite. Pendant qu'ils mangent, il leur parle ainsi: "Ô mes oncles et mes cousins, je suis l'apôtre de Dieu, envoyé vers tous les hommes en général, et vers vous en particulier. Croyez en Dieu et à ma mission, et Dieu vous donnera le paradis éternel". Personne ne répond.

Puis Abu Talib dit: "Mon fils, tu as parlé et nous avons entendu; laisse-nous aller et réfléchir jusqu'à demain". Mahomet dit ensuite: "Mes oncles et mes cousins, si vous ne cherchez pas l'autre monde, au moins recherchez le bonheur de ce monde; car Dieu répandra ma religion, et l'empire de l'Arabie, de la Perse et de Rome m'appartiendra. Y a-t-il quelqu'un parmi vous qui veuille répondre à mon appel, et que je puisse nommer mon vicaire ?". Tous gardent le silence. Alors Ali dit : "Ô apôtre de Dieu, si personne ne croit, moi je suis croyant". Il répond : "Ô Ali, tu as cru, et tu es mon frère et mon vicaire". Les autres se lèvent et sortent. Ils se moquent d'Abu Talib, en lui disant: "Mahomet a fait de ton fils ton maître"[3].

Selon d'autres traditions, Abu Lahab est présent avec sa femme un jour où Mahomet s'adresse aux fidèles et aux compagnons. Un ange prend la forme d'un des fidèles pour s'interposer entre le regard de son épouse et lui, car elle souhaite fixer Mahomet avec ses yeux.

Abu Lahab avait une fille nommée Dura. Cette dernière se convertit à l'islam, et épousa Al-Harith ibn Abd al-Muttalib qui resta païen et et participa, contre les musulmans, à la Bataille de Badr où il perdit la vie.. Abu Lahab refusa à Dura le droit de partir à Médine. Quand Al Harith mourut en 624, veuve , Dura partit pour Médine rejoindre les musulmans exilés. Les musulmans s'interrogèrent sur la motivation réelle de Dura qui ne pouvait pas être religieuse ; ils lui demandèrent " Tu es la fille de Abu Lahab, l'homme destiné au feu ( de l'enfer ). À quoi donc peut te servir ton émigration?" . Le prophète disait que personne ne pouvait être blâmé pour les fautes d'un autre (S6 v164)[4].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. arabe : `abd al-`uzzā ben `abd al-muṭṭalib ben hišam al-qurašīy, عبد العزى بن عبد المطلب بن هاشم القرشي
  2. Dans ses Chroniques, traduit par Hermann Zotenberg, Al Bustane.
  3. Chroniques de Tabari pages 404-406.
  4. Abou Oussama et Malika Dif, Les premières femmes de l'islam, As-Sahabiyat, Tawhid, , 255 p., p125 à 127

Voir aussi[modifier | modifier le code]