Homs

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Homs
(ar) حمص
Homs
Homs
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Mouhafaza Homs
Gouverneur Talal Barazi
Démographie
Gentilé Homsiotes
Population 900 492 hab. (2012)
Population de l'agglomération 1 000 000 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 34° 44′ 00″ nord, 36° 43′ 00″ est
Altitude 511 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte administrative de Syrie
City locator 14.svg
Homs

Homs (en arabe : حمص, ḥimṣ?) est une ville et un centre industriel et économique syrien de haute importance, en raison de sa situation géographique au centre du pays, sur l'Oronte, alors que les frontières de son district touchent le Liban et l'Irak. La ville compte en 2012 entre 900 000 et 1 000 000 habitants.

La vieille ville occupe approximativement l'emplacement de l'antique Émèse. La ville est également un des épicentres de la guerre civile syrienne commencée en 2011.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La ville est située à l'est d'une trouée entre, au sud, les chaînes du Liban et de l'Anti-Liban et, au nord, les montagnes des Alaouites et « les reliefs bordant à l'Est le fossé de l'Oronte »[1], permettant un accès facile à la côte[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Relevé météorologique de Homs
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 4 6 10 14 18 21 21 18 14 7 4 13
Température maximale moyenne (°C) 11 13 17 23 29 34 38 42 35 28 19 12 21,5
Précipitations (mm) 36 40 30 15 8 2 0 0 2 12 25 33 202
Source : Zoover[3]


Toponymie[modifier | modifier le code]

Plusieurs formes du nom d'Émèse sont attestées en latin (Emesa, Emesus, Emisa, Emissa[4], Emiza[5], Hemesa[6] et Hemisa[5]) ainsi qu'en grec (Ἔμεσα[5], Ἔμεσαι, Ἔμεσον[7], Ἐμέσσα, Ἔμισα et Ἐμίσα[5]). La ville est désignée par Χέμψ dans une œuvre écrite en grec au Xe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque pré-hellénistique[modifier | modifier le code]

D'après le comte du Mesnil du Buisson, « le monticule artificiel » de la citadelle de Homs « est certainement le piédestal d'une ville de haute époque : les coupes de terrain y font reconnaitre une stratification d'édifices en briques crues, parfois incendiés ; cette accumulation de ruines, qui s'est prolongée sur le dessus jusqu'à l'époque romaine et à l'époque arabe, remonte au moins au IIe millénaire avant notre ère[8]. »

Selon Augustin Calmet, « il vaut mieux chercher Emath, qui ſervoit de limites à la Terre-Sainte, dans Emeſe, ville fameuſe de la Syrie, ſur l'Oronte, & aſſez prés du mont Liban, comme on le voit par Avienus », que dans Antioche ou Épiphanie[9]. Mais selon Henri Seyrig, « la géographie historique de la Syrie avant l'arrivée des Grecs est aujourd'hui connue par des textes nombreux, et ceux-ci n'ont encore livré aucun nom que l'on puisse attacher vraisemblablement au site d'Émèse[10] » ; d'après Maamoun Abdulkarim, « l'occupation du tell » ne confirme pas « l'existence d'un vrai centre urbain dans la plaine » antérieur à l'époque romaine et des travaux archéologiques ont démenti l'existence d'un « vestige » antérieur à l'époque romaine « sous l’actuel tracé de la ville »[11].

Époque hellénistique puis romaine[modifier | modifier le code]

Dessin de Léon de Laborde lithographié et publié en 1837, montrant le mausolée d'Émèse, qui au XVIIIe siècle se trouvait encore « à 400 pas de la ville [de Homs], en tirant du côté de l'ouest[12] » et pourrait avoir été construit en « 78-79 de notre ère[13] » par un parent des Sampsigéramides[14].

Ainsi que l'a expliqué Maurice Sartre, la principauté des Sampsigéramides fut constituée vers la fin de l'époque hellénistique[15]. Or, Strabon a mentionné seulement Aréthuse dans sa Géographie, comme « lieu très-fort » de « Sampsicéramus » et de son fils « Jamblique », « phylarques des Éméséniens », qui s'étaient alliés à Q. Caecilius Bassus contre César en 47 av. J.-C.[16] ; les traducteurs ci-avant cités ont noté qu'« il est singulier que Strabon ne dise pas un mot d'Émèse »[16]. D'après Maurice Sartre, la principauté des Sampsigéramides s'étendait, « à la veille d'Actium », « autour d'Émèse et de sa voisine Aréthuse, toutes deux situées sur l'Oronte[15] » et, selon René Dussaud, Émèse « doit figurer parmi les villes fondées en Syrie par Seleucus Nicator ou auxquelles il attribue un nom grec »[17], mais, d'après Henri Seyrig, « Émèse ne semble avoir reçu aucune colonie grecque et le silence complet des auteurs fait penser qu'elle n'atteignit aucune notoriété sous les rois Séleucides »[10]. Selon Henri Seyrig, il semblerait même que Posidonius, d'après lequel Strabon a « probablement » rapporté l'alliance susmentionnée des phylarques des Éméséniens à Q. Caecilius Bassus, « regardât les Éméséniens comme une simple tribu, gouvernée par ses cheikhs, et encore dépourvue d'une véritable existence urbaine »[18] ; d'après Maamoun Abdulkarim, « l'occupation du tell » ne confirme pas « l'existence d'un vrai centre urbain dans la plaine » antérieur à l'époque romaine et des travaux archéologiques ont démenti l'existence d'un « vestige » antérieur à l'époque romaine « sous l’actuel tracé de la ville » (voir supra) et « l'existence d’une dynastie émésénienne dans la région, probablement placée à Aréthuse, atteste le caractère secondaire de ce secteur à l'époque hellénistique »[11][a].

Émèse commença à frapper monnaie sous le règne d'Antonin le Pieux (138-161)[21], alors qu'elle se trouvait dans la province romaine de Syrie[20]. Or, d'après Carlos Chad, « les premières représentations monétaires qui nous soient parvenues de la pierre noire d'Emèse appartiennent à une frappe d'Antonin le Pieux et se prolongent dans les émissions de Marc-Aurèle[22]. » « Les renseignements que nous fournissent » ces monnaies attestent le culte d'une « pierre conique », que Carlos Chad a expliqué être un bétyle du soleil « dont le culte à Emèse doit être bien antérieur[23] ». Carlos Chad a en outre fait remarquer que « sur le monnayage de Marc-Aurèle, c'est le bétyle qui est représenté » et non pas un temple[23] – le « temple lui-même n'apparaît que dans les monnaies éméséniennes de Julia Domna et de Caracalla[22] » ; partant de cet indice, il a émis l'hypothèse d'une construction tardive, « c'est-à-dire sous les Sévères », du temple décrit par Hérodien comme ayant contenu la pierre à Émèse au temps de l'exercice par Héliogabale et par le cousin de celui-ci de la prêtrise du culte du dieu soleil ou « Élagabal »[24]. D'après Carlos Chad,

« Sans doute, avant de construire le temple qui nous est décrit par Hérodien, les Eméséniens se contentèrent-ils d'adorer leur bétyle au sommet d'une « haute tour d'oblation ». H. Seyrig a établi que la construction des grands temples de Damas et d'Héliopolis suppose une politique délibérée des premiers empereurs pour « romaniser » les cultes syriens[22]. »

Monnaie de Macrin (217-218) frappée en la cité d'Émèse.
Monnaie d'Uranius Antoninus frappée en la cité d'Émèse.

En 187, Julia Domna, fille du grand prêtre du soleil[25] ou « grand prêtre d'Élagabal » à Émèse Julius Bassianus, épousa Septime Sévère, qui était alors gouverneur de la Gaule lyonnaise, mais qui deviendrait empereur romain[26] ; une série émésénienne de monnaies, « débutant sous Caracalla et se continuant jusque sous Macrin », associerait l'aigle impérial au « fameux bétyle Elagabal » ou à Hélios radié[27]. En 194, la province de Syrie fut divisée en deux nouvelles provinces, « la Syrie-Phénicie d'une part, et la Coelé-Syrie d'autre part », la province de Syrie-Phénicie, « très étendue », comprenant « des cités de l'intérieur comme Émèse, Damas et même Palmyre »[28]. D'après un texte d'Ulpien (Digeste 50.15.1.4) et un texte de Paul (Digeste 50.15.8.6), Caracalla et Héliogabale promurent chacun Émèse au rang de colonie et lui accordèrent le droit italique ; Eugène Albertini a émis l'hypothèse d'une révocation par Macrin des privilèges donnés par Caracalla et d'un rétablissement de ceux-ci par Héliogabale[29]. Sous le règne d'Héliogabale, proclamé empereur « Marcus [Aurelius] Antoninus » à Émèse à l'âge de 14 ans en 218, la ville fut en outre élevée au statut de métropole[30] et la « pierre sacrée d'Émèse » transportée à Rome[31][b]. Selon Albert Ten Eyck Olmstead, une inscription mentionne comme « héros » le « Samsiceramus » qui, selon Malalas, « défendit Émèse contre les Perses » au temps de Valérien (253-260) ; « ce personnage ne serait autre que l'usurpateur Uranius Antoninus, connu par ses monnaies[33] ».

En 272, après que les Palmyréniens « furent vaincus » par les Romains dans une bataille, « Aurélien alla se prosterner devant l'autel d'Élagabal à Émèse »[34]. Mais selon Henri Seyrig, Émèse, qui avait été, « sur la route de la côte, un entrepôt aussi nécessaire que Palmyre elle-même », « retomba dans l'insignifiance » « aussitôt que Palmyre, ruinée par Aurélien, cessa de tenir les nomades » et que les caravanes reprirent « l'ancien détour » qui leur avait permis jusqu'au Ier siècle av. J.-C. de contourner le désert syrien par le Nord[35]. La vie de la cité fut paralysée par une crise financière, ce que révèle bien selon Claude Lepelley une lettre de Libanius, « adressée en 388 à Eusebius, probablement magister officiorum », qui « intercède pour Émèse, que la ruine de ses bouleutes a réduite à « n'être plus une cité », à moins qu'un bienfait impérial « n'en fasse à nouveau une cité ». Toutefois, il ne semble pas que le statut juridique de cité ait été alors retiré explicitement à Émèse[36]. »

Époque byzantine[modifier | modifier le code]

À la fondation de l'Empire byzantin, Émèse était le siège d'un évêché, mais « l'introduction du christianisme dans cette ville farouchement païenne » a semblé à Vitalien Laurent « avoir été lente[37] » : son « premier évêque connu » n'était paru « qu'en 325, au concile de Nicée[37] ». Émèse devenait cependant « un centre chrétien important »[21]. Julien d'Émèse avait été un natif de la ville[38] ; Romain le Mélode en serait un autre[39]. Des églises y seraient construites : l'église Saint-Élian serait probablement érigée en 432[40] ; d'après Joseph Nasrallah, « un témoignage historique emprunté à la vie de Mâr Bassos atteste l'existence d'une église à Homs consacrée à Marie dès 478 »[41]. Vers la fin du IVe siècle, Émèse était « déjà » la métropole civile de la Phénicie libanaise (province créée par Théodose le Grand)[42].

D'après Guillaume de Jerphanion, « on s'accorde à reconnaître que l'élévation d'Émèse » – d'abord suffragante de Damas selon Vitalien Laurent[37] – « à la dignité de « métropole autocéphale » aurait été due à une première invention et translation du chef de saint Jean Baptiste en 453[43] » ; il a été considéré que le titre de métropole civile avait prédisposé Émèse à recevoir l'autocéphalie[42]. En 570, quatre évêchés dépendaient d'Émèse[21]. Selon Vitalien Laurent, « l'érection de la métropole de plein titre se fit à une date incertaine. L'opinion du P. G. de Jerphanion [...] qui place l'événement soit vers la fin du VIIe s. soit après la vacance du siège patriarcal (702-742), semble préférable à celle du P. S. Vailhé (en 761, à l'occasion d'une seconde découverte de la tête du Baptiste) et à celle d'Honigmann (avant la conquête arabe)[37]. »

En 613, les Sassanides, en guerre avec l'Empire byzantin, s'emparèrent d'Émèse[44]. Ils durent cependant « évacuer toutes leurs conquêtes byzantines » en 629[45].

Époque arabe[modifier | modifier le code]

À partir de la conquête arabe, Homs (appelée alors Hîms) est devenue l'une des capitales des provinces syriennes (al-Cham). Elle jouait un rôle religieux considérable chez les musulmans car l'un des célèbres commandants de la conquête musulmane y était enterré (Khalid ibn al-Walid). La ville conserva son importance tout au long de l'époque omeyyade et jusqu'à l'époque abbasside.

Période abbaside[modifier | modifier le code]

Article connexe : Homs pendant les croisades.

Durant cette période, Homs perdit beaucoup de son importance en tant que ville-capitale. Elle subit durant un siècle les assauts des Croisades. Elle ne retrouva sa stabilité qu'avec l'État ayyoubide fondé par Saladin.

Époque ottomane[modifier | modifier le code]

Dessin de Louis-François Cassas gravé par Simon-Charles Miger montrant en arrière-plan le château et une portion de la ville au XVIIIe siècle.

Homs est conquise en 1516 par les Ottomans et est, par la suite, soumise à l'influence de l'émir Fakhr el-Dîn Al-Ma'ani, le chef druze indépendantiste, et ce jusqu'à son exécution à Istanbul.

La citadelle et la ville de Homs à la fin du XIXe siècle[46].

Au début du XIXe siècle, Homs a été annexée, comme toute la Syrie à l'État de Mohammad Ali d'Égypte. À l'époque, l'industrie dans la ville a connu une certaine prospérité.

La bonne entente entre les musulmans et chrétiens de la ville a fait échapper ces derniers aux massacres de 1860 que la Syrie et le Liban avaient connus (notamment à Damas, à Alep et à Beyrouth). À ce titre, l'historien Mounir Asaad (fils de l'historien le Père Issa Asaad) rapporte que les oulémas musulmans se sont réunis afin de rédiger une charte garantissant la protection de tous les chrétiens de la ville.

En août 1902 fut inaugurée la ligne ferroviaire Rayak-Homs construite par la « Société ottomane du chemin de fer de Damas-Hama et prolongements »[47].

Le mandat français et l'indépendance[modifier | modifier le code]

Homs passe dès 1920 sous le mandat français. Quelques années plus tard, la ville a été prise par les événements de la grande révolte syrienne de 1925 (appelée également la guerre des Druzes). Pendant les années 1930, certaines figures politiques ont été impliquées dans la lutte politique contre le mandat français, notamment Hachem al-Atassi, devenu à plusieurs reprises président de la république syrienne. À ce sujet, les Atasi, une célèbre famille homsiote, ont donné trois présidents : Hachem, Lou'ai (chef du Conseil de la révolution baasiste) et Nour ed-Din (président de 1966 à 1969).

Sur le plan religieux, le primat de l'Église catholique syriaque, Ignace Moussa Ier Daoud, est natif de Homs.

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Guerre civile syrienne et Siège de Homs.

Avant même le début de la guerre civile, Homs est un carrefour contrebandier notamment pour la drogue et les armes et connaît une criminalité importante[48].

Démographie[modifier | modifier le code]

1970
Densité
(nombre d'habitants/km2)
5 045[49]

Contrairement à ce que l'on peut penser, Homs n'est pas une ville très étendue : en effet le nombre considérable d'habitants est dû à la très forte densité de population, qui peut atteindre jusqu'à 20 000 habitants par km2.

La population de Homs reflète la diversité religieuse en Syrie, peuplée essentiellement d'alaouites, de chrétiens, et sunnites. Elle abrite aussi de petites communautés d'Arméniens et des réfugiés palestiniens. En 2007, la population de la ville est de 1 000 000 habitants, banlieue comprise. Les musulmans sunnites représentent 65 % des habitants. Les alaouites sont également particulièrement nombreux, et représentent 25 % de la population de la ville, soit le double de leur part dans la population syrienne totale. Les chrétiens quant à eux représentent 10 % de la population. À noter que les chiffres sont différents dans la banlieue : en effet les chrétiens sont largement dominants dans de nombreux villages comme Fairouzeh ou Zaidal. Homs est à proximité d'une des plus grandes régions chrétiennes du Moyen-Orient, de Tartous à Homs où ils sont majoritaires dans de nombreux villages dans une région connue sous le nom de "Wadi al Nasara" ou "vallée des chrétiens" en français.

Certains quartiers regroupent une population à majorité sunnite tel Baba Amr ou al Khaldiyeh, tandis que d'autres regroupent des majorités alaouites, tel Akrama ou Al Zahra. Les chrétiens sont présents un peu partout. Les chrétiens sont majoritaires dans les quartiers d'Al Hamadiyeh, Bab Tadmor ainsi que dans la moitié sud du quartier de Wadi al Sayeh (le nord du quartier, à proximité avec la mosquée Khaled Ibn al Walid étant majoritairement habité par des musulmans sunnites). De nombreux chrétiens habitent également le quartier de Boustan Diwan.


Lors de la révolte de 2011-2012,on estime que 80 % des habitants de la ville ont fui la ville pour se réfugier ailleurs, notamment au Liban, dans la Bekaa et dans la région alentour. Les 200 000 habitants restants se débrouillent pour survivre au quotidien. Depuis la reprise de la totalité de la ville (excepté le quartier excentré d'Al Waer) par l'armée syrienne en 2014, les combats ont cessé dans la ville, et de nombreux habitants sont retournés s'installer dans la ville. En 2016-2017 l'armée syrienne reprend le quartier d'Al Waer. Fin 2017, aucun recensement officiel n'a été mené, mais il est possible d'estimer que la ville compte désormais autour de 600 000 habitants.

Économie[modifier | modifier le code]

Panneau d'autoroute

Homs est un centre agricole important. Elle constitue un point de marché pour les agriculteurs du district et même du Liban. Homs est également le lieu de plusieurs grandes industries lourdes comme la raffinerie de pétrole de l'ouest de la ville. Une croissance du secteur industriel privé s'est produite au cours de la dernière décennie et de nombreuses petites et moyennes entreprises occupent les zones industrielles du nord-ouest et le sud de la ville. Une nouvelle sucrerie est en cours de construction par une société brésilienne, et une usine automobile est en cours de construction par l'Iran Khodro. Aussi une nouvelle usine de phosphate et de raffinage du pétrole sont en cours de construction à l'Est de la ville. Le secteur des services est faible, mais croissant. Cependant, ce qui joue en faveur de la ville est sa situation géographique, comme étant au centre du complexe routier syrien. En effet, toutes les marchandises allant de la Méditerranée vers l'Irak, passent par la ville. De plus en plus de supermarchés et centres commerciaux apparaissent, comme TransMall sur l'autoroute de Damas.

Principales attractions[modifier | modifier le code]

Mosquée de Khalid ibn al-Walid.
Palais al-Zahrawi.

À l'intérieur de la ville, il y a très peu de traces archéologiques ou vestiges importants. En plus, durant les années 1970-1990 la politique de la ville a été catastrophique sur le plan archéologique. Elle a anéanti tout ce qui pourrait manifester la particularité historique de la ville. On peut citer par exemple la destruction de deux célèbres bâtiments. Le premier fut celui du palais d'Abdolhamide Droubi, gouverneur homsiote de la ville à l'époque ottomane (XIXe siècle). Le deuxième fut le lieu où le général de Gaulle s'est adressé à la population à la fin de la Deuxième Guerre mondiale (certains Homsiotes racontent que dans ce bâtiment, l'indépendance de la Syrie a été signée) ; le lieu où le président Nasser a prononcé l'un de ses discours populaires. Les deux bâtiments abolis sont devenus des centres commerciaux. Contrairement aux gouverneurs précédents, le gouverneur actuel du district essaie d'améliorer les choses. Ainsi, un vaste plan touristique a été mis en place. Les monuments restants sont restaurés (palais al-Zahrawi). La ville devient sensiblement plus propre et plus active. La bonne volonté du nouveau directeur de l'archéologie commence à donner ses fruits notamment à l'intérieur de la ville. Signe de ce changement, Homs devient de plus en plus une ville attrayante.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Faculté de Médicine à l'Université d'Al-Baath

Homs est le siège de l'Université Al-Baath. L'université abrite plusieurs facultés, y compris la médecine, l'ingénierie, les arts libéraux et les sciences et nombre de formations professionnelle de 2 ans. L'Université syrienne de Wadi al-Nasarah a ouvert en 2004 et est située à 30 km à l'ouest de la ville. Enfin, l'École internationale de Choueifat a récemment ouvert une succursale à l'extérieur de la ville.

Sports[modifier | modifier le code]

Homs possède deux stades à l'ouest de la ville et le siège d'Al-Karama Sports Club. Le plus grand des deux est le stade de Khaled bin Walid qui peut contenir jusqu'à 35 000 spectateurs. L'équipe de football d'Al-Karama a remporté plusieurs championnats nationaux et régionaux. Elle termine deuxième de la Ligue des Champions d'Asie 2006. Homs est également le siège d'Al-Wathba sports Club.

Cuisine[modifier | modifier le code]

La cuisine de Homs est réputée en Syrie. Les plats les plus connus sont le kibbeh Homsi, beitenjan mehshi (aubergines farcies), shakriah, et halawet al-jubn.

Transports[modifier | modifier le code]

  • La ville est desservie par une gare, située dans le sud-ouest de la ville, dans le quartier d'Al Mahatta.
  • La ville est parcourue par un grand nombre de minibus.
  • Les taxis sont omniprésents à Homs. Ils y occupent une place importante dans la circulation. C'est le moyen de transport le plus pratique et le plus efficace pour éviter les bouchons quotidiens et pour parcourir de grandes distances, pour beaucoup de Homsites ne possédant pas de voiture.
  • Comme à Damas, des bus verts font désormais leur apparition avec un dépôt à la sortie nord de la ville sur l'autoroute de Hama dans le quartier du Sinaa.
  • La plupart des rues de Homs sont insalubres et peu soignées. Pour cette raison, la mairie de Homs s'est lancée dans une opération de renouvellement de ses rues. Ainsi entre 2007 et 2009, on a pu assister à la renaissance de tous les axes importants de la ville, qui ont été refaits à neuf.

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Julien d'Émèse, guérisseur martyr (mort vers 284)
  • Romain le Mélode
  • Abu Firas al Hamdani, prince et poète arabe (932-968)
  • Hachem al-Atassi, président de la Syrie (1875-1960)
  • Nassib Arida, poète, l'un des fondateurs de la ligue de la plume (avec Gibran Khalil Gibran)
  • Abdel Basset As-Soufi, un poète connu par sa littérature fine et pleine d'humanité, il est mort jeune en Afrique.
  • Sami Droubi, grand penseur syrien, il a laissé beaucoup d'essais et de traductions. Il a été également ambassadeur dans plusieurs pays.
  • Kourjieh Haddad : une immigrée en Amérique. Elle a fait un don important à la ville afin de bâtir une nouvelle horloge dans la place publique de la ville

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ainsi que l'a expliqué Maamoun Abdulkarim, « la dynastie des Sampsigéramides a joué un rôle politique important dans les dernières années du royaume séleucide et les premières années de l'occupation romaine[19] ». En effet, « Pompée soumit Sampsicéramus » à la République romaine[16]. Et comme l'a expliqué Maurice Sartre, « à la veille d'Actium, Antoine avait fait exécuter le prince client du moment, Iamblichos, un fils du Sampsigéramos qui avait trempé dans les ultimes règlements de compte entre rois séleucides, qu'il soupçonnait de trahison, et l'avait remplacé par son frère Alexandre. Après la victoire d'Octave, celui-ci déposa Alexandre et confisqua la principauté, mais il la rendit finalement en 20 av. J.-C. à un autre Iamblichos, fils du Iamblichos exécuté en 31[15]. » La principauté fut finalement annexée par Rome, « à une date inconnue, mais avant 78 » d'après Maurice Sartre, à la province de Syrie[20].
  2. Mais « Damascius a encore vu à Emèse (Homs) un bétyle sphérique qu'un prêtre enveloppait de linges[32] ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Eddé.
  2. Antoine Abdel Nour, p. 325.
  3. « Homs Weather forecast ».
  4. Félix Gaffiot, p. 585.
  5. a b c et d August Pauly, p. 2496.
  6. Félix Gaffiot, p. 740.
  7. « Ἔμεσα ».
  8. Comte du Mesnil du Buisson, p. 207.
  9. Augustin Calmet, p. 372.
  10. a et b Henri Seyrig, p. 186.
  11. a et b Maamoun Abdulkarim.
  12. Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phœnicie, de la Palæstine, et de la Basse Ægypte, p. 1.
  13. Carlos Chad, p. 92.
  14. Fergus Millar, p. 84.
  15. a b et c Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie : Histoire du Levant antique.
  16. a b et c Strabon, p. 209 ; Henri Seyrig, p. 187.
  17. René Dussaud, p. 103.
  18. Henri Seyrig, p. 187.
  19. Maamoun Abdulkarim, p. 265.
  20. a et b Maurice Sartre, Le Haut-Empire romain : Les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères.
  21. a b et c Louis Jalabert et René Mouterde, Inscriptions grecques et latines de la Syrie, 1959, p. 107.
  22. a b et c Carlos Chad, p. 75.
  23. a et b Carlos Chad, p. 123.
  24. Carlos Chad, p. 123 ; Hérodien 5.3.
  25. L. E. du Pin, p. 107.
  26. Mémoires de la Société impériale des antiquaires de France, p. 10 ; Joël Schmidt.
  27. S. Ronzevalle, p. 166.
  28. Pierre-Louis Gatier, p. 107.
  29. Eugène Albertini, p. 24-26.
  30. Andrew Beattie et Timothy Pepper, p. 51.
  31. Préhistoire.
  32. Robert du Mesnil du Buisson, p. 100.
  33. Louis Jalabert et René Mouterde, Inscriptions grecques et latines de la Syrie, 1955, p. 279.
  34. Jean Yanoski et Jules David, p. 81.
  35. Henri Seyrig, p. 185.
  36. Claude Lepelley, p. 225.
  37. a b c et d Vitalien Laurent, p. 380.
  38. Virgil Cândea, p. 214.
  39. Joseph Ledit, p. 18.
  40. Guntram Koch, p. 461 ; Ivan Mannheim, p. 208-209.
  41. Joseph Nasrallah, p. 65.
  42. a et b Échos d'Orient.
  43. G. de Jerphanion, p. 663.
  44. Edward Luttwak.
  45. Pierre Maraval, p. 80.
  46. Geoffrey R. D. King.
  47. Richard Thoumin, p. 178.
  48. Frédéric Pichon, p. 23.
  49. Mouna Liliane Samman, p. 20.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]