Commandeur des croyants

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Le commandeur des croyants[1],[2],[3],[4] (en arabe : أمير المؤمنين / amīr al-mu‘minīn [5], mot pour mot prince des croyants, latinisé comme miramolinus, d'où en français aussi miramolin[6]), est un titre représentant un chef de musulmans.

Historique[modifier | modifier le code]

Chez les sunnites[modifier | modifier le code]

Chez les sunnites, le titre de commandeur des croyants (Amir Al Mouminine) est donné, à postériori, aux "rachidun" (خلفاء راشدون, al-Khulafā’u r-Rāshidūn) c'est-à-dire aux premiers califes qui succèdent au prophète de l'islam Mahomet à partir de 632.

Ce titre semble apparaître au milieu du Ier siècle de l'Hégire. Un des premiers cas est l’inscription du barrage de Muʿâwiya (58/677)[7]. Si la tradition fait d'Umar le premier à porter ce titre, un graffito de 644-645 ne lui donne ni le titre de khalîfa (calife), ni celui d’amîr al-mu’minîn (Commandeur des croyants).[7] Sur les monnaies, le titre semble avoir été introduit par le calife ommeyade Mu'awiya et se trouve, par exemple, sur une monnaie de 674[8].

De nos jours[modifier | modifier le code]

Selon la Constitution du Maroc, le roi Mohammed VI est aussi Commandeur des croyants[9].

Ce titre est aussi revendiqué depuis juin 2014 par Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'État islamique en Irak et en Syrie; ainsi que par le chef des talibans, le Mollah Haibatullah Akhundzada, à la suite de ses prédécesseurs (ce titre étant reconnu par Al Qaïda).

Chez les chiites[modifier | modifier le code]

Chez les chiites, le titre de commandeur des croyants (أمير المؤمنين) est donné au cousin et gendre du prophète, Ali, qui pour les chiites est le premier imam infaillible. Les autres imams n'ont pas le droit à ce titre. Les théologiens chiites rapportent un hadîth, où un homme est allé questionner le sixième imam Ja'far al-Sâdiq en lui donnant le titre de "Amir le Mouminin" ; la tradition chiite rapporte que l'imam le reprend pour lui indiquer que seul Ali est le prince des croyants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « commandeur » (sens B, 3) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 5 décembre 2015).
  2. « Commandeur », dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 5 décembre 2005)
  3. Entrée « commandeur » » dans la Base historique du vocabulaire français du laboratoire Analyse et traitement informatique de la langue française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 5 décembre 2015).
  4. Entrée « commandeur », (sens 3) [html] dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, t. 1 : A – C, Paris, L. Hachette, , in-4o (notice BnF no FRBNF30824717, lire en ligne), p. 679 [fac-similé (page consultée le 5 décembre 2015)].
  5. Georges Bohas, « Émir » [html], sur universalis.fr, Encyclopædia Universalis (consulté le 5 décembre 2015).
  6. Entrée « miramolin » [html] dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, t. 3 : I – P, Paris, L. Hachette, , in-4o (notice BnF no FRBNF30824717, lire en ligne), p. 572 [fac-similé (page consultée le 5 décembre 2015)].
  7. a et b Frédéric Imbert, « L’Islam des pierres : l’expression de la foi dans les graffiti arabes des premiers siècles », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 129,‎ (ISSN 0997-1327, DOI 10.4000/remmm.7067, lire en ligne, consulté le 22 octobre 2019)
  8. Jeremy Johns, « Archaeology and the History of Early Islam: The First Seventy Years », Journal of the Economic and Social History of the Orient, vol. 46, no 4,‎ , p. 411–436 (ISSN 0022-4995, lire en ligne, consulté le 22 octobre 2019)
  9. http://www.maroc.ma/fr/content/constitution-0

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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