Union nationale des étudiants de France

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UNEF
UNEF.JPG
Informer, défendre, organiser la solidarité.
Histoire
Fondation
à Lille (historique)
à Paris (réunification)
Cadre
Zone d'activité
Type
Siège social
127 rue de l'Ourcq
75019 Paris
Pays
Organisation
Présidente
Mélanie Luce[1]
Secrétaire générale
Juliette Chapelier
Positionnement
Affiliation
Site web

L'Union nationale des étudiants de France[2] (UNEF) est une organisation étudiante représentative fondée en 1907[3]. Elle est actuellement présente dans toutes les universités de France, à l'exception de la Corse et de Valenciennes. Elle se donne pour but de défendre les intérêts des étudiants, d'exprimer leurs opinions sur la gestion des infrastructures universitaires, que ce soit la recherche scientifique, la restauration universitaire, les logements étudiants. L'UNEF se considère et est considérée comme un syndicat étudiant. Durant plusieurs décennies, la tendance majoritaire est proche de la gauche socialiste. Aujourd'hui, elle affirme avoir pris ses distances avec le Parti socialiste.

Après une scission dans les années 1970, durant laquelle plusieurs organisations portent le nom « UNEF », l'UNEF est refondée en 2001 en réunissant une partie des deux organisations revendiquant ce nom. Hormis les trois décennies suivant la scission de 1971, l'UNEF est depuis plus d'un siècle l’une des organisations étudiantes les plus influentes. Elle est la deuxième organisation (derrière la FAGE) en nombre de sièges au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (deux élus étudiants sur onze) et la troisième au Centre national des œuvres universitaires et scolaires (un élu sur huit).

Historique depuis la réunification[modifier | modifier le code]

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  • 2001 : une assemblée générale de l'UNEF-ID et de l'UNEF dite Solidarité étudiante à Paris aboutit à la fusion de l'UNEF-ID et d'une partie de l'UNEF dite Solidarité étudiante menée par son ancienne direction nationale sous le nom d'UNEF. La majorité[interprétation personnelle] des AGE de l'UNEF dite Solidarité étudiante, désormais disparue, refuse cette « réunification » et se divise. Une partie se retrouve à la Fédération syndicale étudiante, une autre crée l'UNEF-Résistance syndicale, qui disparait rapidement.
  • 2002 : l'UNEF se positionne contre la réforme Licence-Master-Doctorat.
  • 2003 : la Tendance syndicale menée par Julie Coudry quitte l'UNEF pour fonder la Confédération étudiante.
  • 2006 : l'UNEF participe à la mobilisation contre le Contrat première embauche. Ce contrat instaurait une période d'essai de deux ans pour l'embauche des moins de 26 ans, période pendant laquelle il pouvait être mis fin au contrat sans justification. Devant la forte mobilisation des étudiants et des salariés (les manifestations du 28 mars et du 4 avril ont rassemblé entre 1 et 3 millions de personnes), le Premier ministre Dominique de Villepin est contraint d'annoncer le retrait du projet.
  • Octobre-novembre 2006 : l'UNEF lance une campagne contre les frais illégaux d'inscription. Certaines universités, comme celles de Grenoble II, Pierre Mendès-France, de Paris II Panthéon-Assas, sont forcées de les rembourser.
  • 2007 : scissions des AGE de Clermont-Ferrand (qui devient l'AGEC), de Paris IV (qui fonde l'AGEPS) et de Mulhouse qui rejoint la Confédération étudiante (création d'une nouvelle AGE, à Mulhouse, en 2014).
  • Mars 2007 : congrès des 100 ans à Lille. La TTE fusionne avec des militants dissidents de la majorité pour fonder la TUUD.
  • Octobre 2008 : la sensibilité « Syndicalisme pour l'égalité » fusionne avec le reste de la Majorité Nationale.
  • Février-mai 2009 : l'UNEF participe aux mouvements universitaires de 2007-2009 en France contre la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), la réforme du statut des enseignants-chercheurs (décret d'application de la loi LRU), la réforme des IUFM et les suppressions de postes.
  • Juillet-août 2010 : l'UNEF lance une pétition devant l'annonce gouvernementale de la suppression du cumul par les étudiants entre les APL (aides au logement) et la demi-part fiscale, suppression vue comme un facteur de dégradation des conditions de vie étudiantes. Le 26 août, le gouvernement annonce l'abandon du projet ainsi que la mise en place, en deux temps, du 10e mois de bourse pour les étudiants (9 mois et demi en 2010 et 10 mois en 2011), mesure que réclamait l'UNEF[4].
  • Septembre-novembre 2010 : l'UNEF s'engage dans le mouvement contre la réforme des retraites qui repousse l'âge légal de départ à 62 ans, l'âge de départ sans décote à 67 ans, et qui allonge la durée de cotisation à 41,5 ans à l'horizon 2020.
  • Mai 2019 : la Tendance unité et action syndicale (TUAS) scissionne de l'UNEF et fonde la Fédération syndicale étudiante. Elle emmène avec elle une dizaine d'AGE locales et deux élus CNOUS.

Organisation[modifier | modifier le code]

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Assemblées générales des étudiants (AGE)[modifier | modifier le code]

Une Association générale d’étudiants (AGE) est une section locale de l'UNEF. En région parisienne il y a une AGE par université (AGE de Paris 1, AGE de Nanterre, etc.) alors que dans le reste de la France il y a une AGE par ville universitaire (AGE de Lyon, etc.), à quelques exceptions près (AGE de Lorraine (UDL), AGE d'Aix-Marseille, AGE de Lorient-Vannes).

Une AGE peut regrouper différents Comités d'action syndicale (CAS), en général un par site universitaire.

Les AGE sont dirigées chacune par un bureau composé d'un président, d'un secrétaire général et d'un trésorier élus tous les deux ans par le Congrès local, au cours duquel les adhérents de l'AGE choisissent l'orientation de l'UNEF en votant sur les différents textes proposés par les tendances.

Congrès[modifier | modifier le code]

L'organe souverain de l'UNEF est le Congrès national qui se réunit tous les deux ans. Les délégués qui composent le Congrès sont élus par les congrès locaux, qui ont lieu dans chaque AGE avant le Congrès national, à la proportionnelle des scores réalisés par les textes d'orientation proposés par les tendances.

Bureau national[modifier | modifier le code]

Le Bureau national est l'organe exécutif de l'UNEF. Il applique les décisions du Congrès et du Collectif national et assure le lien entre les AGE.

Le Bureau national est composé d'une quarantaine de membres issus des différentes tendances. C'est en son sein que siègent le président, le vice-président, le secrétaire général et le trésorier national.

Tendances[modifier | modifier le code]

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L'UNEF reconnaît la possibilité pour ses adhérents de se regrouper en « tendances », qu'elle considère comme un des fondements de la démocratie interne. Le but d’une tendance, est de proposer une orientation syndicale qu’elle pourra défendre à l’intérieur de l’UNEF. Pour avoir une existence officielle, une tendance doit être soutenue par au moins trois présidents d’AGE dans deux académies différentes. Lors des congrès, les tendances présentent des textes d’orientation entre lesquels les adhérents de l’UNEF doivent se prononcer. Le résultat de ce vote détermine l’orientation du syndicat, que chacun est censé respecter en externe quelles que soient ses opinions, et permet la répartition à la proportionnelle des postes dans les instances nationales et locales.

Positionnement[modifier | modifier le code]

Affiches de l'UNEF.

L'UNEF se réclame du syndicalisme de transformation sociale[5]. Elle a pris position sur de nombreux sujets concernant l'enseignement supérieur, les conditions de vie et d'étude des étudiants[6] mais ses principales revendications sont les suivantes:

Démocratisation de l'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

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Cette revendication part du constat qu'aujourd'hui[Quand ?] l'enseignement supérieur s'est plus massifié (il y a plus de 2,2 millions d'étudiants) que réellement démocratisé : l'échec reste très fort en premier cycle. Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) peuvent être considérées comme des voies de contournement des premiers cycles de l'Université, de même que des filières courtes réputées sélectives comme les IUT, où l'encadrement est plus important qu'en premier cycle universitaire et les taux de réussite bien plus élevés.

L'UNEF avance plusieurs propositions pour permettre cette démocratisation de l'enseignement supérieur : la fin de la division entre Grandes Écoles et Universités, la multiplication des cours en petits groupes et des TD face aux cours magistraux, une plus grande interdisciplinarité des cursus permettant des changements de filière pour limiter les erreurs d'orientation...

L'UNEF a participé aux négociations sur la loi LRU dite Loi Pécresse et, après avoir obtenu (avec les autres organisations étudiantes) l'absence de la sélection à l'entrée en master 1 et le contrôle national des frais d'inscriptions, l'association a jugé le texte « équilibré »[7]. Toutefois, l'Unef a jugé à la rentrée que Valérie Pécresse n'avait pas tenu ses promesses budgétaires, a dénoncé "un budget en trompe-l'œil" qui pousserait les universités à se tourner vers le privé, et a appelé à prendre part au mouvement contre la loi. L'UNEF demande également au gouvernement de "revenir" sur la composition des Conseils (et notamment du Conseil d'Administration, où la représentation étudiante est fortement diminuée). Selon certains journalistes, elle ne souhaite pas se laisser déborder par des organisations plus radicales[8].

Liens avec d'autres organisations[modifier | modifier le code]

Structures associées[modifier | modifier le code]

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Au cours de son histoire, les différentes UNEF ont participé à la création de nombreuses structures de la vie étudiante, parmi lesquelles notamment la FSEF, la MNEF, la LMDE, l'ESIB, la FERUF, l'UCEF...

De plus, l'UNEF actuelle est aussi membre des structures suivantes:

L'UNEF est aussi associée à l'UNL, un syndicat lycéen[10].

Mutualisme étudiant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mutualisme étudiant en France.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'UNEF obtient auprès des pouvoirs publics la création d'un régime de sécurité sociale étudiant, distinct du régime général et géré par la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF).

Après la disparition de la MNEF, celle-ci a été remplacée comme mutuelle étudiante nationale par La Mutuelle des étudiants (LMDE). Depuis 2001, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) ne participe plus aux élections de LMDE et l'UNEF reste la seule organisation à siéger dans ses instances[11]. Les liens entre le syndicat et la mutuelle sont étroits. L'UNEF bénéficie d'aides financières de LMDE pour des évènements comme son congrès alors que des militants de l'UNEF participent aux campagnes de prévention ou de publicité de la mutuelle sur le terrain[12]. Il en est de même pour les organisations partenaires de l'UNEF, telles que l'UNL[13].

Alors que d'autres organisations étudiantes ou les préconisations de la Cour des comptes demandent que soit mis fin au régime étudiant spécifique de sécurité sociale[14], l'UNEF critique son manque de financement et demande au contraire des réformes pour permettre son maintien et son développement compte tenu des « missions particulières qu’il est censé remplir, notamment en matière de prévention »[15]. Elle demande la fusion de la LMDE et des SMER pour revenir à un seul opérateur, situation existante avant la création des SMER dans les années 1970.

Avec les syndicats de salariés[modifier | modifier le code]

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Cortège syndical à Marseille lors du mouvement contre le CPE (2006).

Longtemps apolitique, l'UNEF se rapproche des syndicats de salariés à l'occasion notamment de la guerre d'Algérie, lorsqu'avec la CGT et la CFTC elle organise des manifestations pour la paix ou, avec le SNESUP et le SGEN, elle participe à un « Front universitaire antifasciste »[16].

L'UNEF entretient aujourd'hui de bons rapports avec la majorité des grandes organisations syndicales généralistes et de l'enseignement supérieur (CGT, FO, UNSA, CFTC, FSU) avec qui elle édite parfois des documents comme le guide des étudiants salariés.

Elle a toutefois des rapports plus distants avec certaines organisations qui ont choisi d'accepter l'adhésion d'un syndicat étudiant comme l'Union syndicale Solidaires avec Solidaires étudiant-e-s ou qui ont eu un partenariat privilégié avec un syndicat étudiant comme la CFDT avec la FAGE. La CFE-CGC ne semble pas s'intéresser à l'enseignement supérieur.

Avec les partis politiques[modifier | modifier le code]

Au cours de son histoire, l'UNEF a connu de nombreuses évolutions dans ses rapports aux partis politiques. Association apolitique à sa création, elle se transforme à partir de 1946 (Charte de Grenoble) et des années 1950 en un véritable syndicat étudiant.

Durant la guerre d'Algérie, l'UNEF s'engage nettement en faveur de la paix ce qui lui vaut des pressions de la part du pouvoir gaulliste qui lui impose la signature d'une « charte d’apolitisme » avant de créer une fédération concurrente[16].

Après 1968, l'UNEF devient le lieu d'affrontements de nombreux groupes communistes, maoïstes, trotskistes[16],[17]... Au début des années 1970, trois tendances, chacune dirigée par un groupe politique, se structurent : le bureau national est formé de membres du PSU et les deux minorités, « Renouveau » et « Unité syndicale », sont dirigées l'une par des communistes, l'autre par des trotskistes lambertistes. En 1971, la direction PSU renonce au syndicalisme étudiant et se retire, laissant face à face les deux tendances : chacune convoque alors un congrès, c'est l'origine de la scission[16]. Il y a alors deux UNEF et on prend l'habitude de les distinguer par les noms des anciennes tendances : l'UNEF Renouveau (ou UNEF-RE) et l'UNEF Unité syndicale (ou UNEF-US).

L'UNEF dite Renouveau puis SE (Solidarité étudiante), a constamment eu des dirigeants membres du Parti communiste alors que l’UNEF-ID (Indépendante et démocratique), issue de l'union de l'UNEF-US et de divers organisations étudiantes est d'abord dirigée par des étudiants lambertistes qui suivent Jean-Christophe Cambadélis et Philippe Darriulat au PS en 1986[18]. La crise de 1993, lors de laquelle une partie des dirigeants de la majorité (Tendance indépendance et action) sous la conduite d'Emmanuelle Paradis et de Pouria Amirshahi reproche au président, Philippe Campinchi, d'avoir mis l'UNEF-ID au service du ministère Jospin, conduit à un partage de la direction puis à l'élection au congrès de 1994 d'une direction proche de la Gauche socialiste de Julien Dray avec Pouria Amirshahi qui devient président de l'UNEF-ID.

Au début des années 2000, l'aile « réformiste », réputée proche de François Hollande au Parti socialiste, quitte l'UNEF pour la Confédération étudiante alors qu'à l'explosion de la Gauche socialiste Henri Emmanuelli est proche du président Yassir Fichtali[19]. Selon Les Inrockuptibles en 2013, la gauche du Parti socialiste, et notamment Pouria Amirshahi du courant Un monde d'avance, a une influence directe sur le choix du nouveau président de l'UNEF[20].

Du fait de ses liens étroits depuis les années 1980, le syndicat est qualifié, par certains journalistes comme « une écurie du Parti socialiste »[21],[22],[23], voire de « pouponnière » du Parti socialiste[24]. En 2013, les députés socialistes Pascal Cherki, Pouria Amirshahi et Mathieu Hanotin, tous trois anciens responsables de l'UNEF, ont fait bénéficier le syndicat d'une partie de leur réserve parlementaire[25].

Représentativité[modifier | modifier le code]

Affiches de l'UNEF pour une élection.

L'UNEF a un rôle de représentation des étudiants dans les instances locales et nationales.

Représentativité au CNESER[modifier | modifier le code]

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L'UNEF est la deuxième organisation étudiante au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche avec 4 élus sur 11[26].

L’UNEF au CNESER
Année 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2013[27] 2015[28] 2017
Voix 669 717 805 774 807 592 648 607 496
% 39,63 % 37,99 % 41,8 % 38,26 % 39,25 % 36,34 % 40,71 % 42,04 34 %
Élus 5 5 5 5 5 4 5 5 4

À la suite d'un recours de l'UNEF, les élections de 2012 ont été annulées par le tribunal administratif de Paris[29] ce qui a contraint le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche à redéfinir le corps électoral[30].

Représentativité au CNOUS[modifier | modifier le code]

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Elle est la deuxième organisation étudiante au Conseil d'administration du Centre national des œuvres universitaires et scolaires avec 3 élus sur 8.

L’UNEF au CNOUS
Année 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016
Voix 74 91 42 82 75 80 81 67
% 37,76 46,43 21,43 41,84 38,27 43,48 41.84 35.82
Élus 4 5 2 4 4 4 4 3

En 2006, on note une forte régression de l'UNEF dans les conseils d'administration des CROUS et du CNOUS. En effet, en raison du blocage des universités consécutif à la mobilisation contre le CPE auquel elle participait, l'UNEF a annoncé le boycott de ces élections (tout en maintenant ses listes de candidats, leur retrait n'étant plus possible). L'UNEF affirme avoir été victime d'un chantage du gouvernement qui lui demandait de faire débloquer les facs en échange du report de l'élection. On note par ailleurs que des dizaines d'incidents ont été répertoriés en cette journée d'élections avec plus de 60 universités sur 84 perturbées voire occupées par des étudiants grévistes. Les résultats du CNOUS ont été confirmés par le rejet d'un recours de l'UNEF demandant l'invalidation de cette élection. En revanche, les élections des CROUS des académies de Versailles, Poitiers, Paris, Dijon, Nancy, Toulouse, Lyon, Aix-Marseille, Clermont-Ferrand et Montpellier ont été annulées (paradoxalement, cela n'a pas remis en cause la composition du CNOUS alors que les élus CNOUS sont élus par les élus CROUS). L'UNEF obtient donc deux élus sur huit au CNOUS, derrière la FAGE (quatre élus) et devant PDE et l'UNI (un élu chacun).

En , le résultat des quatre académies (dont celle de Paris) dont le scrutin est refait est favorable à l'UNEF, qui arrive en tête dans chacune d'entre elles. L'UNEF reste toutefois seconde force au CNOUS, dont le résultat a été maintenu.

En 2008, l'UNEF, en tête, obtient au CROUS 81 sièges sur 196[31].

En 2010, l'UNEF confirme sa 1re place malgré une baisse de son score aux élections du CNOUS. Elle conserve ses 4 sièges au CNOUS occupés par Jean-Arnaud Munch, Malvina Pelay, David Dobbels et David Marchandise. Elle obtient 75 voix au CNOUS contre 65 pour la FAGE et 29 pour PDE et y conserve ses quatre sièges. L'UNI, devenue le Mouvement des étudiants, perd quant à elle son élu au CNOUS au profit de la FAGE[32],[33]. Mais l'UNEF améliore son score aux élections du CNESER, battant un « record historique »[34]. En 2016, la FAGE remporte pour la première fois les élections du Crous face à l’UNEF, s’imposant avec 76 élus contre 66[35].

Représentativité locale[modifier | modifier le code]

Dans les instances locales (Conseils centraux d'Université, Conseils d'UFR, et Conseils d'Administration des CROUS), l'UNEF a aussi un grand nombre d'élus. Présente dans de nombreuses Universités de France, elle est l'organisation la mieux représentée dans ces conseils, comme en témoignent les résultats des dernières élections au CNESER de 2013 (voir plus haut). Elle n'est toutefois pas présente dans la totalité des UFR de chacune de ces Universités.

L'UNEF disposerait, selon le journal Le Bretzel[36], d'une forte notoriété nationale basée en grande partie sur « la discipline de ces militants qui se répartissent les sites universitaires le jour des élections et diffusent massivement des milliers de tracts, quelle que soit la réalité de l'implantation locale de l'UNEF »[37]. Cette méthode a ensuite été imitée par d'autres organisations étudiantes.

Anciens responsables[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

En un siècle d'histoire, l'UNEF a vu passer de nombreuses personnalités. La majorité de ces responsables ont depuis poursuivi une carrière en politique (Philippe Séguin[39], Jack Lang, Olivier Besancenot[17], Lionel Jospin, Jean-Marie Le Pen ou Clémentine Autain[40] par exemple).

Les anciens de l'UNEF sont regroupés dans l'association des anciens de l'UNEF[41], elle est ouverte à tous les anciens membres de l'UNEF ayant eu une responsabilité dans l’organisation.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Violences sexuelles et sexistes[modifier | modifier le code]

En novembre 2017, une enquête du Monde a souligné la « violence sexiste » et le « harcèlement sexuel » qui ont été des pratiques courantes sous diverses présidences. Interrogé par le quotidien, l'ancien président de l'UNEF Jean-Baptiste Prévost a reconnu que l'organisation n'était « sans doute pas exempte de reproches »[42],[43].

Cette enquête est complétée quelques semaines plus tard par un nouveau volet qui est accompagné d'une tribune signée par plus de 80 anciennes et actuelles militantes de l'UNEF dénonçant « une expression exacerbée de la domination physique et sexuelle »[44]. Il met notamment en valeur le « système de prédation » sexuelle qui s'est développé sous le mandat de Jean-Baptiste Prévost et « généralisé » sous celui de son successeur Emmanuel Zemmour[45].

Les violences n'auraient commencé à diminuer qu'avec l'élection de William Martinet à la présidence du syndicat étudiant[46]. Dans le prolongement des révélations du journal Le Monde, l'UNEF a ouvert une boîte mail afin de recueillir les témoignages[47].

Bien que l’actuelle présidente de l’UNEF Lilâ Le Bas ait assuré que « le silence et l’omerta, aujourd’hui, ne sont plus la loi »[48], une étudiante a déposé en décembre 2017 à Nice une plainte pour viol à l'encontre d'un masseur recommandé par la section locale de l'UNEF, plainte que le syndicat avait tenté d'étouffer. Le président de l’antenne de l’UNEF, Paul Morançay a depuis démissionné. Il a reconnu que l'Association générale d'étudiants (AGE) avait « essayé de se couvrir de la peur de poursuites »[49],[50],[51]. Le « silence » de la section locale aurait entrainé le départ d’une grande partie de ses membres[52].

Laïcité[modifier | modifier le code]

Selon une enquête du journal Le Monde, l'UNEF a ouvert en 2015 une salle de prière lors d’un collectif national à la demande de quelques militants musulmans[53].

Concernant le port du voile, l’UNEF, syndicat historiquement féministe et laïc, se prononce en 2013 contre ce port dans l'enceinte de l'université. Il opère par la suite un volte-face, à mesure que son nombre d'adhérents chute et que des accords se nouent avec les Étudiants musulmans de France lors de plusieurs élections étudiantes. En 2018, alors que la responsable voilée de l'UNEF à l'université Paris IV est critiquée, certains voyant une contradiction avec les valeurs féministes du syndicat et l’affichage d’un symbole religieux, celui-ci prend sa défense[54]. L'ancien président de l'UNEF, Bruno Julliard, estime pour sa part que « le discours de l'UNEF pour défendre le voile, ce sont des décennies de combat piétinées[55]. ».

Questions ethniques[modifier | modifier le code]

En 2017, l'UNEF prend position concernant les modes d'action pour les réunions en non-mixité[56].

En janvier 2018, aux côtés du syndicat Solidaires étudiant-e-s de l'université Paris VII, le syndicat essaye d'empêcher une représentation de la pièce Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes tirée du livre de Charb au motif que cet événement « participe à ce mouvement de construction raciste d'un ennemi de l'intérieur d'une catégorie racialisée dangereuse le/la musulman-e[57]. » Raphaël Enthoven commente l'action du syndicat de la manière suivante : « les censeurs de Charb ne l’ont pas lu eux-mêmes[58]. » Pour Jack Dion, directeur adjoint de la rédaction de Marianne, le syndicat réhabilite le blasphème[59].

En mars 2019, l'UNEF s'associe aux actions de blocage et aux critiques par des activistes se réclamant de l’antiracisme (Ligue de défense noire africaine, Brigade antinégrophobie, CRAN) de la pièce Les Suppliantes, d’Eschyle présentée à la Sorbonne[60]. La raison de ces critiques est le fait que les actrices qui interprètent les Danaïdes (des Égyptiennes dans la pièce) ont le visage grimé en sombre et portent des masques cuivrés. Ce maquillage est assimilé à la pratique du blackface par les activistes antiracistes[60]. L'UNEF y voit la « perpétuation de schémas racistes »[60]. Des personnalités du monde de la culture qualifient ces attaques de « logique de censure intégriste et identitaire »[60]. Les ministres de l'Enseignement supérieur et de la Culture « condamn[ent] fermement cette atteinte sans précédent à la liberté d'expression »[61]. Pour Pierre Jourde, ancien responsable de l’UNEF à Paris XII, le syndicat est devenu « idiot, totalitaire, analphabète et obscurantiste » et est un « syndicat de talibans »[62].

Le 15 avril 2019, Édouard Le Bert, membre du bureau national de l’UNEF, et Hafsa Askar, vice-présidente à Lille, moquent l'émotion qui accompagne l’incendie de Notre-Dame de Paris, la qualifiant de « délire de petits blancs »[63]. Hafsa Askar s'était déjà fait remarquer en décembre 2017 en estimant qu'il fallait « gazer tous les blancs, cette sous-race »[64]. De son côté, la présidente de l’UNEF, Mélanie Luce, a été critiquée pour ne pas avoir condamné dans un premier temps les messages de ses militants[65],[66]. Le lendemain, le syndicat s’est finalement désolidarisé de ses deux membres. L’association Avocats sans frontières France a annoncé qu’elle allait porter plainte[63].

La journaliste Alba Ventura accuse ensuite l’UNEF « communautarisme anti-blancs », indiquant en mai 2019 : « Cette situation, c'est l'un des dommages collatéraux de l’effondrement du Parti socialiste. […] L’Unef a connu un problème de débouchés, de recrutement et a été obligé de recruter hors de ses bases traditionnelles. Et c’est comme ça qu’un syndicat laïc, républicain, féministe, a versé dans un combat idéologique racialiste, antisémite et indigéniste[67]. »

Incendie de Notre-Dame de Paris[modifier | modifier le code]

À la suite de l'incendie de Notre-Dame de Paris, en 2019, la vice-présidente de l'Unef Lille, Hafsa Askar, sucite l'indignation d'internautes en commantant sur Twitter : « Je m’en fiche de Notre-Dame car je m’en fiche de l’histoire de France ». Peu de temps avant, un autre membre de l'Unef, Edouard Le Bert, commentait avec ironie « Ca y est drame national, une charpente de cathédrale brûle »[68]. Gilles-William Goldnadel, président de l'association Avocats sans frontières annonce alors vouloir porter plainte[69].

En réponse aux propos d'Édouard Le Bert et de Hafsa Askar, la présidente de l'Unef, Mélanie Luce, déplore l'incendie et essaye de calmer le déferlement de critiques. L'Unef se désolidarise officiellement via Twitter des propos des deux membres de l'organisation[70]. Melanie Luce précise que ces propos sont inacceptables mais défend les deux individus en expliquant que l'objectif de l'Unef reste l'éducation populaire[71].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Qui est Mélanie Luce, la nouvelle présidente de l'Unef ? », sur 20minutes.fr.
  2. Direction de l'information légale et administrative, « Journal officiel de la République française », sur journal-officiel.gouv.fr, (consulté le 11 janvier 2017).
  3. Voir Histoire de l'Union nationale des étudiants de France.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • Les archives de l'UNEF jusqu'à sa scission de 1971 sont conservées essentiellement aux Archives nationales sous la cote 46 AS, et à la BDIC où elles ont fait l'objet de programmes BDIC/GERME, cotes F delta 1151, 1154, 1157, 1159, 1161, 1174, 1183 et F delta 1081. Les archives UNEF unité syndicale (1971-1980) sont également conservées à la BDIC. Les archives de l'UNEF ID (1980-2001) sont en cours de traitement à la Cité des mémoires étudiantes

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]