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Jean-Baptiste Prévost

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Jean-Baptiste Prévost, né le [1] à Rouen, est un militant syndical et politique français, président de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) du au et membre de différents cabinets ministériels durant la présidence de François Hollande. Il a été mis en cause dans des enquêtes du Monde et de Libération parues respectivement en novembre 2017 et février 2018 sur des situations de « prédation sexuelle » à l'UNEF[2],[3],[4].

Biographie

Études

Jean-Baptiste Prévost a bénéficié durant sa scolarité d'une bourse de mobilité pour un lycée français de l'étranger[5] qui l'a amené au lycée français de Vienne.

Il a fait ses études en master « Affaires publiques » à Sciences Po Paris et en master d’histoire à l’université de Paris 1. Il a été élu au conseil de direction de l'Institut d'études politiques de Paris[6] puis à son conseil scientifique[7].

Engagement politique

En avril 2002, alors élève au lycée Corneille de Rouen, Jean-Baptiste Prévost participe aux manifestations spontanées contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, ce qui l'amène à militer au Mouvement des jeunes socialistes (MJS)[1].

De 2003 à 2004, il a été assistant parlementaire du député PS du Val-d’Oise Jean-Pierre Blazy[8].

En 2014, il a fait campagne pour la réélection du maire socialiste de Rouen, Yvon Robert sur la liste duquel il figurait en 33e position[9].

Union nationale des étudiants de France et Parti socialiste

Membre du bureau national de l’UNEF depuis 2004, Jean-Baptiste Prévost en a été élu vice-président au début du mois de novembre 2007. Il est issu de la tendance majorité nationale.

Seul candidat, il a été élu à l'unanimité président de l'UNEF, par le conseil national, le 8 décembre 2007, et succède ainsi à Bruno Julliard[10].

En avril 2011, lors du 82e congrès national de l'UNEF qui se déroule à Montpellier, Jean-Baptiste Prévost est remplacé par Emmanuel Zemmour, seul candidat à sa succession.

Autres mandats et fonctions

Jean-Baptiste Prévost, qui présente l'UNEF comme une « ENA buissonnière »[11],[12],[13], siège de 2010 à 2013 au Conseil économique, social et environnemental (CESE) à la suite d'un décret pris sur le rapport du ministre chargé de l'Enseignement supérieur, sur proposition de l'UNEF[14].

Proche de Benoît Hamon[15],[16],[17], qui s'est longtemps appuyé sur les réseaux de l'UNEF[18],[19], Jean-Baptiste Prévost accède à différentes fonctions au sein de cabinets ministériels sous la présidence de François Hollande. Ainsi, il est nommé en 2013 membre du cabinet de Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, en qualité de conseiller pour les relations entre l'enseignement supérieur et l'emploi[20],[21]. À partir de 2014, il est le conseiller en charge du social et et de la vie étudiante dans le cabinet de la ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Najat Vallaud-Belkacem[22],[23]. Enfin, de 2015 à 2017, il occupe une fonction similaire au sein du cabinet du secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Thierry Mandon[11],[24],[25].

En 2017, il devient conseiller de coopération et d’action culturelle à l'Ambassade de France à Malte[26],[27].

Mises en cause pour « prédation sexuelle  »

En novembre 2017, une enquête du Monde qui prolonge les révélations de Libération sur les cas d'agressions sexuelles au sein du Mouvement des jeunes socialistes (MJS)[28],[29],[30], a révélé la « violence sexiste » et le « harcèlement sexuel » qui étaient des pratiques courantes durant le mandat de Jean-Baptiste Prévost à la présidence de l'UNEF. Interrogé par le quotidien, il a reconnu que l'organisation n'était alors « sans doute pas exempte de reproches »[2],[31]. Une étudiante a assuré à l'antenne de France Télévisions qu’« il y a eu des plaintes » entre 2007 et 2013 mais que les « victimes ont été dissuadées de porter plainte »[32].

Cette enquête est complétée quelques semaines plus tard par un nouveau volet qui est accompagné d'une tribune signée par plus de 80 anciennes et actuelles militantes de l'UNEF dénonçant « une expression exacerbée de la domination physique et sexuelle »[33]. Il met notamment en valeur le « système de prédation » sexuelle qui s'est développé sous le mandat de Jean-Baptiste Prévost et « généralisé » sous celui de son successeur Emmanuel Zemmour[3].

En dépit de multiples « pressions »[34], un article de Libération approfondit en février 2018 ces révélations. Se fondant sur les témoignages de seize femmes victimes déclarées de harcèlement, d’agressions sexuelles et de viols, il souligne que Jean-Baptiste Prévost « pioch[ait] des numéros de téléphone dans les fichiers du syndicat pour multiplier les relations sexuelles ». Sa présidence a été « marquée par une multitude de dérives » qui ont transformé l’UNEF en un « terrain de chasse sexuelle »[4].

Les violences n'auraient commencé à diminuer qu'avec l'élection de William Martinet à la présidence du syndicat étudiant[35]. Si l’actuelle présidente de l’UNEF Lilâ Le Bas a pu assurer que « le silence et l’omerta, aujourd’hui, ne sont plus la loi »[36], elle a plus tard tempéré la responsabilité du syndicat étudiant estimant que « blâmer l’organisation c’est trop facile : il s’agit de comportements individuels »[4].

Notes et références

  1. a et b « Mais qui est Jean-Baptiste Prévost ? », Le Figaro, .
  2. a et b « Harcèlement sexuel  : la parole se libère à l’UNEF », Le Monde, 17 novembre 2017.
  3. a et b « Enquête sur un système de violences sexistes au sein du syndicat étudiant UNEF », Le Monde, 28 novembre 2017.
  4. a, b et c Laure Bretton et Ismaël Halissat, « Abus sexuels : les témoignages qui accablent l'Unef », Libération, 19 février 2018.
  5. Bourses d'études dans un lycée français à l'étranger
  6. Séance du 30 janvier 2006 du Conseil de direction de l'IEP Paris
  7. Séance du 21 juin 2007 du Conseil scientifique de l'IEP Paris
  8. Pierre Laberrondo, « Jean-Baptiste Prévost voit ses attributions élargies », Acteurs Publics, 13 novembre 2013, Consulté le 29 novembre 2017
  9. Benoît Floc'h, « L'UNEF, pouponnière politique », Le Monde, 21 mars 2014.
  10. « Jean-Baptiste Prévost succède à Bruno Julliard à la tête de l'UNEF », Le Monde, 8 décembre 2007.
  11. a et b « L'Unef, un bon plan de carrière », Le Point, 4 mars 2016
  12. « UNEF: Coopte moi si tu peux », La Péniche. Le Journal des Étudiants de Sciences Po, 6 février 2015, Consulté le 29 novembre 2017
  13. Delphine Bancaud, « Pourquoi l’Unef est-t-elle toujours une écurie du parti socialiste? », 20 Minutes, 9 avril 2015, Consulté le 3 décembre 2017
  14. Présentation de Jean-Baptiste Prévost sur le site du CESE, Consulté le 28 novembre 2017
  15. « Pour Jean-Baptiste Prévost, la présidence de l'UNEF, c'est le choix de l'action », Le Monde, 21 octobre 2010, Consulté le 2 décembre 2017
  16. Catherine Nay, L'impétueux, Paris, Grasset, 2012.
  17. « La vérité sur la faillite d'une mutuelle étudiante », Challenges, 8 mars 2015, Consulté le 2 décembre 2017
  18. Hélène Bekmézian, J'irai dormir à l'Assemblée: Les secrets du Palais-Bourbon, Paris, Grasset, 2017.
  19. Abel Mestre et Sylvia Zappi, « La crise à l’UNEF et au MJS déteint sur Benoît Hamon », Le Monde, 1 décembre 2017, Consulté le 3 décembre 2017
  20. Isabelle Rey-Lefebvre, « Alliance tactique entre la ministre de l’enseignement supérieur et l’UNEF », Le Monde, 20 avril 2013
  21. Arrêté du 7 mai 2013 portant nomination au cabinet de la ministre, Journal Officiel de la République Française, 11 mai 2013, Consulté le 28 novembre 2017
  22. « De présidents de l’Unef à apparatchiks du Parti socialiste», Le Figaro, 22 septembre 2016
  23. Arrêté du 1er septembre 2014 portant nomination au cabinet de la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, Journal Officiel de la République Française, 10 octobre 2014, Consulté le 28 novembre 2017
  24. Arrêté du 18 juin 2015 portant nomination au cabinet du secrétaire d'État chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, Journal Officiel de la République Française, 11 juillet 2015, Consulté le 28 novembre 2017
  25. Arrêté du 6 décembre 2016 portant nomination au cabinet du secrétaire d'État chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, Journal Officiel de la République Française, 11 décembre 2016, Consulté le 28 novembre 2017
  26. Organigramme de l'Ambassade de France à Malte, Consulté le 28 novembre 2017
  27. Capture du profil Twitter de Jean-Baptiste Prevost réalisée par Assma Maad, journaliste à BuzzFeed, Consulté le 28 novembre 2017
  28. «Harcèlement sexuel au MJS: ‘‘J’ai dû le masturber pour m’en débarrasser’’», Libération, 14 novembre 2017.
  29. Laure Bretton, « Au MJS, des années d’omerta et de duplicité », Libération, 14 novembre 2017
  30. «"Castorisation" à l'Unef et au MJS : une blague sur un système qui n'a rien de drôle», L'Obs, 17 novembre 2017.
  31. «Harcèlement, pressions, sexisme… D’anciennes membres de l’UNEF témoignent »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Ouest-France, 17 novembre 2017.
  32. « Harcèlement sexuel à l'Unef : "Il y avait un contrôle à la fois sexuel et politique" », France Télévisions, 18 novembre 2017.
  33. « Militantes, nous dénonçons les violences sexistes et sexuelles à l’UNEF », Le Monde, 28 novembre 2017.
  34. Laure Bretton et Ismaël Halissat « Unef : trois mois d’enquête et une publication reportée », Libération, 19 février 2018.
  35. « L'Unef: derrière le syndicat étudiant, une "machine de prédation" sexuelle », Les Inrocks, 29 novembre 2017.
  36. « Lilâ Le Bas, présidente de l’UNEF : « Le silence et l’omerta ne sont plus la loi » », Le Monde, 29 novembre 2017.

Bibliographie

Jean-Baptiste Prévost, Qu'est-ce que l'UNEF? [2e éd. revue et augmentée], Paris, L'Archipel, 2010, 134 p. (ISBN 978-2-8098-0237-5) (br.)

Voir aussi

Liens internes