Les Enragés (mai 68)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les Enragés est le nom, donné en hommage aux plus radicaux des Sans-culottes[1], d'un petit groupe d'agitateurs créé en février 1968 autour des figures de René Riesel, Gérard Bigorgne, Patrick Cheval, Pierre Carrère, Patrick Negroni, Pierre Lotrous, Bernard Ager et Angéline Neveu entre autres. Il participa à la contestation révolutionnaire à la faculté de Nanterre puis à Paris au cours de Mai 68.

Influencés par l'Internationale situationniste dont ils contribuèrent à disséminer les idées au sein de l'Université et avec qui ils se fédérèrent le 14 mai 1968[2] pour créer le comité Enragés-Internationale situationniste, ils anticipèrent avec le groupe anarchiste de la L.E.A. (Liaison des étudiants anarchistes où l'on trouvait notamment Jean-Pierre Duteuil) la contestation étudiante qui allait se cristalliser autour du Mouvement du 22-Mars et de la figure de Daniel Cohn-Bendit. Ils rompirent toutefois violemment avec ce mouvement fraîchement créé lors de la soirée d'occupation du bâtiment administratif de la faculté de Nanterre principalement à cause de la présence de membres de l'Union des étudiants communistes (UEC). Avant de quitter Nanterre pour participer à une contestation plus globale, ils laissèrent quelques graffitis devenus, par la suite, célèbres : « Professeurs, vous êtes vieux... votre culture aussi », « les syndicats sont des bordels, l'UNEF est une putain », « Ne travaillez jamais », « Prenez vos désirs pour la réalité », « L'ennui est contre-révolutionnaire », « Le savoir n'est pas un bouillon de culture ». René Riesel fit partie des huit étudiants nanterrois appelés à comparaître devant le conseil de discipline de la Sorbonne le 6 mai 1968[3]. Le jugement ne fut jamais rendu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « SPECIAL MAI 68. Le témoin du jour. René Riesel, 18 ans, étudiant en philosophie à Nanterre, prosituationniste. «La rage au ventre contre les groupuscules et l'Etat». », Libération.fr,‎ (lire en ligne) :

    « C’est en février qu’en hommage aux plus radicaux des sans-culottes j’ai donné le nom d’«Enragés» au groupe qui prend forme autour de Gérard, Patrick Cheval et moi. Le mot fait fortune dans la presse, mais pour désigner le «22 mars» et son œcuménisme «gauchiste». Nous en rions. »

  2. Greil Marcus, Lipstick traces une histoire secrète du vingtième siècle, Allia, 1998, p. 493.
  3. (en) Michael Seidman, The Imaginary Revolution: Parisian Students and Workers in 1968, Berghahn Books, 2004, p. 99-100.