Jacques Sauvageot

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Jacques Sauvageot
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Jacques Sauvageot est un homme politique et historien français de l'art, né le à Dijon et mort le à Paris[1],[2].

Il fut, avec Alain Geismar et Daniel Cohn-Bendit, l'un des leaders de la période de Mai 68, nom donné à l'ensemble des mouvements de révolte survenus en France en mai-juin 1968. Il était alors vice-président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF)[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

En mai 1968, Jacques Sauvageot est un militant syndicaliste étudiant actif. Licencié en droit et en histoire de l'art à Dijon, il est membre de la branche étudiante du Parti socialiste unifié (PSU)[3], et vice-président de l'UNEF[4] exerçant de fait le rôle de président sans en avoir le titre. L’UNEF joue un rôle prépondérant dans la jonction des mouvements ouvrier et étudiant lors de la grande manifestation du et le 27 mai lors du rassemblement au stade Charléty de la gauche non communiste contestataire.

Le 3 mai, il est arrêté, parmi plusieurs centaines d'étudiants, lors de la première nuit de révolte au Quartier latin. Sa notoriété croît rapidement, et il joue dès lors, avec notamment Alain Geismar et Daniel Cohn-Bendit, un rôle important dans l'expression des revendications et l'organisation du mouvement. Le 13 mai, il est, avec les autres dirigeants syndicaux, en tête de la manifestation parisienne qui rassemble plusieurs centaines de milliers de personnes[5].

En juillet, l'UNEF fait un premier bilan des événements et s'interroge sur la poursuite du mouvement, mais lors de son congrès de décembre, l'organisation étudiante se divise entre plusieurs tendances. En 1969, Jacques Sauvageot en devient président, mais en 1971, mis en minorité[6], il quitte le syndicat. Il milite dans la gauche du PSU puis le quitte en 1972, la Gauche ouvrière et paysanne, d'abord tendance du PSU, scissionne en 1973 puis fusionne avec d’autres petites organisations au sein de l’Organisation communiste des travailleurs. En 1976, il abandonne ce militantisme qu’il qualifie de « groupuscule de plus ».

Il fait son service militaire à la base aérienne 126 Solenzara[3], puis, se voyant refuser tous les emplois auxquels il postule, devient ouvrier spécialisé[3].

À la suite d'un concours, il entre à l'école des beaux-arts de Nantes comme professeur d'histoire de l'art[7].

De 1983 à octobre 2009, il est directeur de l'école régionale des beaux-arts de Rennes[8]. Entre 2006 et 2009, il est président de l'Association nationale des écoles supérieures d’art. Il est aussi membre de l'Institut tribune socialiste[9] qui gère les archives du PSU. Il est auteur ou coauteur de plusieurs ouvrages sur l’art et les idées héritées de mai 1968. En 2013, il a dirigé la publication de Le PSU : des idées pour un socialisme du XXIe siècle ? (Presses universitaires de Rennes). Il collabore occasionnellement avec la Fondation Gabriel-Péri[10].

Jacques Sauvageot meurt le à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, des suites d'un accident de la circulation survenu le 12 septembre précédent[11].

Un hommage lui est rendu le jeudi 16 novembre 2017, au funérarium du Père-Lachaise par ses parents et amis. L'avocat Henri Leclerc y prononce un éloge émouvant.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Mai-juin 1968, directives d'action. Brochure réservée aux travailleurs et aux étudiants, avant-propos de Jacques Sauvageot, Paris, Au joli mai, 1968
  • La Révolte étudiante, les animateurs parlent, J. Sauvageot, A. Geismar, D. Cohn-Bendit ; présentation d'Hervé Bourges, Paris, Éd. du Seuil, 1968
  • Association Presse information jeunesse, La Presse à l'école, postface de Jacques Sauvageot, Paris, Éditions du Cerf, 1974
  • Architecture monumentale et reconstruction, actes du colloque de Rennes, décembre 1994, directeur de la publication Jacques Sauvageot, Rennes, École régionale des beaux-arts, 1995
  • Des écoles d'art en Europe, séminaire sur l'enseignement de l'art en Europe, introduction par Martial Gabillard et Jacques Sauvageot, Rennes, École régionale des beaux-arts, 2004
  • Carte blanche à la Galerie Serge Le Borgne, catalogue par François Perrodin, responsable de la publication : Jacques Sauvageot, Rennes, École des beaux-arts, 2008
  • De l'espace construit à l'espace imprimé, actes de la journée d'étude de Rennes, novembre 2008, sous la direction de Jacques Sauvageot, Rennes, École des beaux-arts, 2009
  • Au cœur des luttes des années soixante : les étudiants du PSU : une utopie porteuse d'avenir ?, ouvrage coordonné par Roger Barralis et Jean-Claude Gillet ; introduction par Jacques Sauvageot, Paris, Publisud, 2010
  • Le PSU : des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?, ouvrage dirigé par Jacques Sauvageot, éd. Presses universitaires de Rennes, 2013 (ISBN 978-2753521834)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de Jacques sauvageot », sur germe-inform.fr, (consulté le 29 octobre 2017)
  2. « Décès de Jacques Sauvageot - Institut tribune socialiste - ITS », sur www.institut-tribune-socialiste.fr (consulté le 29 octobre 2017)
  3. a, b, c et d « SAUVAGEOT Jacques - Maitron », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 29 octobre 2017)
  4. « Trois contestataires et deux mandarins : Daniel Cohn-Bendit, Alain Geismar, Jacques Sauvageot, Pierre Grappin, Jean Roche. », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  5. « L'UNEF pendant Mai 68 », sur le site des 100 ans de l'UNEF.
  6. « Une jeunesse centenaire : brève histoire de l’UNEF », sur unef.fr
  7. « SAUVAGEOT Jacques - Maitron », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 29 octobre 2017)
  8. Fiche de Jacques Sauvageot sur escaledulivre.com.
  9. « France: décès de Jacques Sauvageot, l'une des figures de Mai 68 », Atlasinfo.fr,‎ (lire en ligne)
  10. Grégory Marin, « Disparition. Jacques Sauvageot, militant jusqu’au bout », sur humanite.fr, (consulté le 31 octobre 2017).
  11. Patrick Roger, « Mort de Jacques Sauvageot, figure de Mai 68 », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]