Professeur Choron

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Professeur Choron
Description de l'image Defaut.svg.
Nom de naissance Georget Bernier
Alias
Georges Bernier
Naissance
La Neuville-aux-Bois (Marne, France)
Décès (à 75 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Autres activités
Famille
Michèle Bernier (fille)
Charlotte Gaccio (petite-fille)

Compléments

Cofondateur des magazines Hara-Kiri et Charlie Hebdo

Le Professeur Choron, né le à La Neuville-aux-Bois (Marne) et mort le à Paris, de son vrai nom Georget Bernier[1],[2], dit également Georges Bernier[3], est un écrivain, journaliste satirique, humoriste et chanteur français. Créateur et animateur de plusieurs journaux, il est notamment le cofondateur des magazines Hara-Kiri et Charlie Hebdo. Son pseudonyme provient de la rue Choron où se trouvaient les premiers locaux de Hara-Kiri.

Il est le père de la comédienne et humoriste Michèle Bernier et le grand-père de la comédienne Charlotte Gaccio.

Biographie[modifier | modifier le code]

Orphelin de père à onze ans, le futur « professeur Choron » est issu d'une famille de condition modeste. Sa mère était garde-barrière à Aubréville dans la Meuse[4].

Il se lance dans la vie sans avoir fait beaucoup d'études, en exerçant divers petits métiers, puis s'engage pour vingt-huit mois comme parachutiste en Indochine, où il devient, entre autres, « enculeur de sergent » (selon ses propres termes) dans la Coloniale.

Au retour, il travaille comme colporteur, puis comme chef des ventes du journal satirique Zéro. C’est là qu’il rencontre François Cavanna et Fred, avec qui il fonde en 1960 le mensuel Hara-Kiri, auquel son nom, avec celui des dessinateurs Topor, Reiser, Gébé, Wolinski et Cabu, restera attaché.

En 1962, après une première interdiction, la rédaction du journal passe de la rue Choron à la rue de Montholon et adopte comme raison sociale Les éditions du Square.

Le Professeur Choron assumait dans l'équipe des éditions du Square le rôle de « patron » gestionnaire, mais s’investissait également dans le travail de la rédaction. Il créait ou participait aux fausses pubs, aux photo-montages, écrivait des textes, et jouait dans les romans-photos. Il se mettait lui-même en scène dans ses « Jeux de cons » et ses « Fiches-bricolages ».

À cette époque il a fait des apparitions dans l’émission de Jean-Christophe Averty Les Raisins verts.

En 1969, en plus du mensuel, l'équipe de Hara-Kiri créé Hara-Kiri Hebdo qui devient peu de temps après L’Hebdo Hara-Kiri.

Après la parution en novembre 1970 du titre « Bal tragique à Colombey : un mort », allusion à la mort du général de Gaulle et référence à l’incendie de la discothèque du 5-7 de Saint-Laurent-du-Pont qui avait fait 146 morts (et qui avait fait aussi l'objet d'un titre dans Hara-kiri hebdo : « Le bal continue pendant les travaux »), le titre est interdit. Choron et son équipe de rédaction décident alors de lui créer immédiatement un petit frère, Charlie Hebdo, pour passer outre l’interdiction de paraître. Le nouveau venu comporte quatre pages de bandes dessinées, imprimées sur fond de couleur pour les distinguer du reste du journal (elles disparaîtront vite au fil des numéros). On retrouve les mêmes rubriques, avec une typographie identique : seul leur nom a été changé.

Les éditions du Square éditaient également Charlie Mensuel, mensuel consacré à la bande dessinée, dirigé au départ par Delfeil de Ton puis pendant plus de 10 ans par Wolinski, la Gueule ouverte, un des premiers journaux écologistes, fondé par le dessinateur Pierre Fournier, puis Mords-y l'œil, Surprise, dirigé par le dessinateur Willem et BD, l'hebdo de la BD, dirigé par l'écrivain Jean-Patrick Manchette, Grodada premier journal pour enfants « non mièvre », les animaux y sont sexués[5].

Tombe du Professeur Choron.

Auteur de chansons, il les a interprétées sur scène, accompagné notamment par le dessinateur Philippe Vuillemin, Jackie Berroyer et Jean-Marie Gourio. Le groupe Odeurs, de Ramon Pipin l’invita à assurer sa première partie à l’Olympia.

Ses derniers titres de presse ont été La Mouise, vendu par des colporteurs, et Grodada, journal pour enfants, créé avec le dessinateur Charlie Schlingo. Il a par ailleurs participé à plusieurs publications se réclamant de Hara-Kiri, notamment ZOO et Yéti, ainsi qu'à Zéro, magazine lancé en 1986 par Henri-Claude Prigent, rédacteur en chef Gébé puis Gourio après la fin de Hara-Kiri.

En 1988, le Professeur Choron a adapté pour la télévision ses fiches bricolages, publiées dans Hara-Kiri. Il a également participé à l’émission de Jean-Michel Ribes, Merci Bernard.

Habitué des provocations publiques, le professeur Choron se livre régulièrement, lors de ses apparitions dans les médias, à des excentricités, à des déclarations salaces ou à des esclandres[6], invectivant parfois le public ou les autres invités, que ce soit sur le plateau de Droit de réponse[7] ou lors d'autres émissions[8].

En 1992, lors de la relance de Charlie Hebdo, Choron reçoit la visite de Cabu et de Philippe Val mais, au contraire de Cavanna, il refuse de participer à cette nouvelle formule du journal[9]. Choron intente ensuite une action en justice en revendiquant la propriété du titre Charlie Hebdo, et relance par ailleurs un Hara-Kiri hebdomadaire en 1992-1993 avec une équipe incluant Philippe Vuillemin, Charlie Schlingo, Stéphane Rosse, Bruno Blum et Patrick Eudeline.

Il est finalement débouté, plusieurs membres de l'équipe étant venus témoigner que Cavanna était l'auteur du titre du journal[10]. Choron participe en 2000 à une nouvelle relance d'Hara-Kiri, dont André Bercoff a fait l'acquisition. Cavanna intente alors un procès pour s'opposer à la sortie de cette nouvelle version, dont il conteste à la fois la ligne éditoriale et le fait que Bernard Tapie ait été annoncé comme collaborateur[11]. En 2002, la justice donne à nouveau raison à Cavanna, qui se voit reconnaître la propriété du titre Hara-Kiri[12]. Cavanna, qui projette de relancer Hara-Kiri avec une nouvelle équipe sous la direction de Val, tente de renouer avec Choron en lui proposant de réaliser un cahier interne au journal mais Choron refuse violemment[13].

Le Professeur Choron meurt à l'hôpital Necker d’une anémie réfractaire[14] le 10 janvier 2005. Il est enterré à Paris, au cimetière du Montparnasse (26e division) avec son épouse Odile Vaudelle (1934-1985).

En 2008, le réalisateur Pierre Carles et le dessinateur Martin lui ont consacré un documentaire intitulé Choron Dernière[15]. Pour le mensuel La Décroissance, « cette plongée réjouissante dans les années 1970 avec comme compagnon ce touchant « mystique de la subversion » permet de nous rendre compte à quel point notre époque contemporaine a écrasé toute transgression pour une fadeur bon teint dans laquelle on étouffe[16]. »

En 2014, Sylvia Lebègue, la dernière compagne du professeur Choron, publie un livre de souvenirs, intitulé Choron et moi : elle y décrit une histoire d'amour intense avec un homme au comportement souvent violent et abusif, qui battait et humiliait parfois sa compagne. Elle y écrit que, ruiné financièrement par la faillite de ses journaux successifs, Choron n'hésitait pas à lui demander de se prostituer pour subvenir aux besoins du couple[14],[17].

Engagements[modifier | modifier le code]

Hara-Kiri en 1960, puis Charlie Hebdo quelques mois après les événements de Mai 68, sont fondés par François Cavanna et Georges Bernier. Figure médiatique de « l'entre-deux-mai », Charlie Hebdo cesse de paraître en janvier 1982, quelques mois après la victoire de la gauche en mai 1981.

Selon Stéphane Mazurier, qui y consacre une thèse en 2007, « Charlie Hebdo occupe une position particulière dans le champ médiatique des années soixante-dix : héritier de plusieurs titres de la presse satirique, il entretient des relations complexes avec les journaux de son temps, tout en étant un défenseur acharné de la liberté de la presse. Le positionnement politique de Charlie Hebdo est celui d'un journal de gauche critique, mais certainement pas d'un journal gauchiste. »[18]

Dans une société profondément marquée par les événements de Mai 68, Charlie Hebdo est à le porte-voix des combats du moment : contre la société de consommation, pour l'écologie, le féminisme, l'antimilitarisme ou la contre-culture[18].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Disques[modifier | modifier le code]

  • Cot-cot-codet et Caca chocolat, production Editions du Square, direction artistique Bob Mathieu
  • Les pages rouges du bottin accompagné par "Los Carayos" et produit par Chris Van Hamme (Klébar Records/Musidisc)
  • Boum boum badaboum le Professeur Choron chante ses chansons

Livres[modifier | modifier le code]

Opérette[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bête et méchant par Cavanna, 1983
  • Moi, Odile la Femme à Choron par Christian Bobet, Éditions Mengès, 1983
  • Nabe's dream et Tohu-Bohu par Marc-Edouard Nabe, journaux intimes, Éditions du Rocher, 1992
  • Choron et moi par Sylvia Lebègue, Editions de l'Archipel. 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Professeur Choron, le rire qui fait mal, L'Obs, 21 octobre 2015
  2. Cavanna, dans Bête et Méchant (p. 153), explique que ce prénom rare a été voulu par sa mère, « mais faut pas lui en vouloir : elle est bête  ».
  3. . Lui-même, au début de sa vie professionnelle, se faisait appeler « Georges » plutôt que « Georget » ; la majorité des sources (par exemple la notice d'autorité de la BNF) lui attribuent comme véritable nom « Georges Bernier ».
  4. Sur les liens du professeur avec Aubréville, voir : Daniel HOCHEDEZ et Catherine SCHUSTER, « Une journée culturelle éclectique en Argonne meusienne en juin 2014 », revue Horizons d’Argonne, n° 92, 2015
  5. http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1589 Professeur Choron.
  6. Professeur Choron - Docteur ès provocation, Arte, 22 février 2011
  7. « Les lycéens sont des merdeux, des trous du cul, des cons ! », en réponse à un jeune invité qui venait de critiquer Charlie Hebdo, en 1981. Michel Polac: les meilleurs moments de Droit de réponse, L'Express, 7 août 2012
  8. Clash avec l'intervieweuse Aure Atika dans une émission de Paris Première, en 1996 : alors qu'Aure Atika s'entretenait avec Jackie Berroyer, Choron s'invite dans la conversation puis qualifie l'animatrice, à qui il reproche le niveau de ses questions, de « femme de ménage » et de « connasse de merde ».
  9. Denis Robert, Mohicans, connaissez-vous Charlie ?, Julliard, 2015, pages 103-104
  10. Charlie Hebdo : le testament spirituel de Cavanna, L'Obs, 1er juillet 2015
  11. Querelle tragique à «Hara Kiri»: un procès, Libération, 7 mars 2000
  12. «Charlie Hebdo» retrouve «Hara-Kiri», Libération, 8 mai 2002
  13. Sylvia Lebègue, Choron et moi, Editions de l'Archipel, 2015, pages 188-189
  14. a et b « Choron et moi ». Une union chaotique !, sur Le Télégramme,‎
  15. Voir Le site Choron dernière
  16. La Décroissance, no 56, février 2009, p. 14.
  17. Le professeur Choron, bête et méchant, Le Parisien, 5 avril 2015
  18. a et b Stéphane Mazurier, L'Hebdo Hara-Kiri/Charlie Hebdo (1969-1982) : un journal des années soixante-dix, Thèse de doctorat en Histoire sous la direction de Anne-Marie Sohn, Lyon, École normale supérieure Lettres et sciences humaines, 2007, résumé en ligne.