Vive la révolution

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Ce que nous voulons : TOUT !, affichette pour le no 13, 17 mai 1971.
TOUT !, no 14 du 7 juin 1971.

Vive la révolution (VLR) est un groupe maoïste-libertaire[1],[2] qui succède en juillet 1969 à Vive le communisme, apparu en 1968, dirigé par Roland Castro et Tiennot Grumbach et fondé par 40 personnes, venant en majorité de l'UJC (ml) maoïste et du Mouvement du 22 mars de Nanterre. À la différence de nombreux groupes révolutionnaires marxistes-léninistes, VLR se distingua par son aspect festif et libertaire.

Tout ![modifier | modifier le code]

VLR se dote d'un journal homonyme, lequel devient bientôt Tout ! (surtitré « Ce que nous voulons : TOUT ! »). La quinzaine de numéros publiés se signalent par une partie iconographique dominante et l'utilisation abondante d'à-plats d'encres de couleurs « psychédéliques » — usage issu de la presse underground britannique comme Oz —, qu'ils furent parmi les deux premiers, avec Actuel, à introduire en Europe continentale. Enfin, par un ton très libre et très virulent. Sont notamment abordés des thèmes polémiques pour l'époque, entre autres le féminisme radical et l'homosexualité « revendicative ».

Personnalités marquantes[modifier | modifier le code]

Parmi ses animateurs, il y eut l'architecte Roland Castro, l'écrivain militant de la cause homosexuelle Guy Hocquenghem, la féministe (actuelle sociologue) Nadja Ringart, François Bujon de l'Estang, Françoise Picq (également sociologue, les deux participeront à la création du MLF en 1970[3]), Marc Hatzfeld (aujourd'hui ethnologue), le préfacier et coauteur du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois, et Jean-Paul Ribes, le président du Comité de soutien au peuple tibétain[4].

En 1971, lors de la répression d'une manifestation interdite par la préfecture, un des jeunes militants de VLR, Richard Deshayes, qui portait secours à une manifestante à terre, fut aveuglé et défiguré par une grenade lacrymogène tirée par les brigades spéciales d’intervention. La photo de sa figure ensanglantée fit la une de Tout et le tour de la France sous forme d'affiche[5].

VLR s'est autodissous en avril 1971 mais Tout ! a continué de paraître jusqu'au début de l'été.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Beuvain, Florent Schoumacher, Chronologie des maoïsmes en France, des années 1930 à 2010, revue électronique Dissidences, n°3, printemps 2012, texte intégral.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Perrine Kervran, Anäïs Kien l'appellent « le maoïsme libertaire » dans Les années Actuel : contestations rigolardes et aventures modernes, Le Mot et le reste, 2010, page 47.
  2. Guy Gauthier, Le Cinéma militant reprend le travail, Corlet, 2004, page 82.
  3. Françoise Picq, MLF : 1970, année zéro, Libération, 7 octobre 2008.
  4. Olivier Penot-Lacassagne, Christophe Bourseiller, Contre-Cultures !, CNRS, 320 p. (livre numérique Google), n. p. : « militant de Vive la Révolution. »
  5. Roland Castro, La fabrique du rêve (livre numérique Google), Archipel, 2010, 302 p.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]