Comité d'action lycéen

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Les premiers "comités d'actions lycéens" (CAL) apparaissent fin 1967. Ils joueront un rôle essentiel en mai 1968  : on comptera alors près de 400 CAL dans les lycées occupés. Après une scission qui donne naissance à l’UNCAL, les comités d’action lycéens dépérissent. Ils renaîtront sous diverses formes, sous la forme de coordinations a l’occasion des mobilisations de 1986 contre la loi Devaquet, en 1990 pour obtenir des moyens pour l'éducation, en 1998 contre Claude Allègre, en 2005 contre la loi Fillon, et plus récemment en 2016 contre la loi El-Khomri.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les lycées connaissent une certaine effervescence en 1966 et 1967 avec l’essor des comités Vietnam lycéens, la mobilisation contre l’exclusion de Romain Goupil du lycée Condorcet. Ces mobilisations contre « les lycées-casernes » et pour la « liberté d'expression » sont animées par de jeunes « pablistes » dissidents des Jeunesses communistes et des militants protestants de l’Alliance des Equipes Unionistes, bientôt rejoints par des militants de la Jeunesse communiste révolutionnaire. C’est au lycée Jacques Decour qu’est créé, en décembre 1967, le premier comité d’action lycéen.

À la veille de mai 1968, il y a une cinquantaine de CAL, dont une trentaine en Province. L’assemblée générale des CAL appelle le 5 mai 1968 à la manifestation du 10 mai. Près de 400 lycées sont occupés en mai et juin. Des commissions se mettent en place dans les établissements pour organiser l’occupation, débattre de la « condition lycéenne », critiquer la pédagogie et proposer une nouvelle organisation de l’enseignement. Le premier congrès des CAL (19 et 20 juin 1968 à la Sorbonne) débouche sur une scission : les Jeunes communistes créent l’UNCAL, qui affiche une vocation plus nettement syndicale.

Malgré le rapprochement avec les Comités d’action des établissements techniques (CAET) et une tentative de relance, avec une campagne contre le Baccalauréat, les CAL disparaissent fin 1969 comme organisation nationale.

Outre Maurice Najman, on peut relever les noms de Michel Recanati, Romain Goupil, Maurice Ronai, Marc Coutty, Antoine Valabregue, Patrick Fillioud, qui en firent partie.

Le film de Romain Goupil, Mourir à 30 ans, contient plusieurs séquences consacrées aux Comités d'action lycéens.

La reprise du concept de coordination[modifier | modifier le code]

C'est l'outil « coordination » qui sera utilisé ultérieurement lors des grandes mobilisations ponctuelles des lycéens, à l'initiative des organisations d'extrême gauche d'abord, avant de devenir une forme quasi-naturelle du répertoire d'action lycéen.

Sans forcément de référence à Mai 68, lors de mobilisations lycéennes des groupes reprennent le nom de CAL, en 1986 contre la loi Devaquet, en 1990 pour obtenir des moyens pour l'éducation, en 1998 contre Claude Allègre... Depuis 2000, des CAL apparaissent plus fréquemment d'abord en province à Montpellier et à Rennes, pour protester contre la guerre en Irak et la montée du Front national, puis à Paris à l'initiative de militants d'extrême gauche.

En 2005, les CAL et la Coordination nationale des lycéens ont conduit, avec la FIDL et l'UNL, le mouvement contre la loi Fillon.

En , à la suite du mouvement contre la loi LRU, les lycéens de Nantes se retrouvent pour former le Comité d'action lycéen - Nantes 44. Composé d'indépendants et de membres d'associations lycéennes, il organise la mobilisation contre les suppressions de postes dans l'Éducation nationale à partir d'avril 2008.

Les CAL n'ont pas d'existence légale ou formelle, même s'il peut arriver qu'ils se maintiennent sur plusieurs années. Ce fut le cas à Chartres où le CAL fut lancé en 2006 lors du mouvement contre le CPE notamment par Eloi Simon, Elian Moreau, Anthony Brondel et Camille Posé.

Certains se coordonnent, notamment en période de mouvement, mais on ne peut pas parler de structuration nationale permanente.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le mouvement des lycéens[1], Revue Partisans, Editions Maspéro, 1969
  • François Récanati, Les Lycéens gardent la parole, Seuil, Paris, 1968
  • Robi Morder, Les comités d'action lycéens[2], Cahiers du Germe No 22-23-24, 2002
  • Robi Morder, Autogestion et autogestionnaires dans les mouvements étudiants et lycéens après 1968, in Autogestion, la dernière utopie, Publications de la Sorbonne, 2003.
  • Robi Morder, Le lycéen, nouvel acteur collectif de la fin du XXème siècle, dans Lycées, Lycéens, deux siècles d'histoire, INRP publications 2005
  • Robi Morder, Jeunesse scolarisée in La France des années 1968, Syllepse, 2008
  • Robi Morder, Grèves et mouvements lycéens in P. Artières et M. Zancarini-Fournel (Dir), 68, une histoire collective, La Découverte, 2008.
Sur le CAL du Lycée Michelet (Vanves)
  • Freddy Gomez, Éclats d’anarchie. Passage de mémoire. Conversations avec Guillaume Goutte, Rue des Cascades, 2015.

Vidéo[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Ronai, Le mouvement des lycéens, Revue Partisans, François Maspero, , 180 p. (notice BnF no FRBNF33106877)
  2. « Les comités d’action lycéens », sur Groupe d'études et de recherche sur les mouvements étudiants et lycéens

Liens externes[modifier | modifier le code]