Assarhaddon

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Assarhaddon fut roi d'Assyrie de 680 à 669. Son nom, Assur-aha-iddina, signifie « Assur a donné un frère ».

Des débuts difficiles[modifier | modifier le code]

Assarhaddon est le fils du roi Sennacherib, et de son épouse Zakutu. C'est sans doute cette dernière qui arrive à le faire désigner comme son successeur par son père en 683, alors que celui-ci avait déjà d'autres fils plus âgés. Probablement en butte à l'hostilité de ses frères, il est envoyé en résidence dans l'ouest du royaume. Arad-Mulissu, l'ancien héritier présomptif, se révolte peu après contre son père Sennacherib, qu'il assassine avec l'aide d'autres de ses frères. Assarhaddon doit donc les vaincre pour monter sur le trône. C'est ce qu'il fait assez rapidement, une grande partie du royaume ayant visiblement refusé de suivre ses frères rebelles, qui s'exilent dans le petit royaume de Shubria.

Un souverain souffreteux[modifier | modifier le code]

Assarhaddon est une personne à la santé fragile, fréquemment victime de crises qui le plongent dans un état dépressif. Sans doute très craintif quant à son avenir, il se montre très inquiet de connaître son avenir et les risques qui planent sur lui et son royaume. De ce fait, il accorde une très grande place à ses devins et astrologues. Il a notamment souvent recours à la mesure exceptionnelle du substitut royal, craignant pour sa vie.

Œuvre politique et militaire[modifier | modifier le code]

Stèle représentant Assarhaddon après sa victoire à Memphis.

Il n'en demeure pas moins un souverain intelligent et connaît de grands succès politiques et militaires, dignes de ceux de ses aînés. Il réussit à apaiser la situation à Babylone saccagée par son père (sacrilège qu'il perçoit comme la raison de la triste fin de ce dernier), en restaurant la cité et en lui rendant la statue de son dieu Mardouk, déportée par Sennacherib en Assyrie. S'il doit encore mener quelques combats dans la région, il réussit à faire d'Urtaki, le roi d'Élam, un allié fidèle. En Phénicie, il envahit Sidon, et soumet Tyr. Il mène plusieurs expéditions vers le nord et le nord-est de son pays, et une de ses campagnes en Iran atteint le Patusharri, que l'on situe autour du mont Bikni. Mais, sous la menace des Cimmériens et des Scythes, il doit reculer dans cette région, tout en tentant un rapprochement avec les seconds en mariant une de ses filles à leur roi Bartatua. La plus grande campagne de son règne reste cependant celle menée en Égypte, en représailles au soutien apporté par Taharqa à des révoltes en Palestine. En 671, ses troupes prennent Memphis et la pillent. Aussitôt qu'il quitte ce pays, Taharqa reprend le pouvoir, ce qui nécessite une nouvelle intervention en 669. Mais celle-ci n'aura pas lieu, Assarhaddon mourant sur le chemin de l'Égypte.

Jean Bottéro rapporte qu'au vu de son important dossier pathologique, Assarhaddon aurait peut-être souffert et serait mort d'un lupus érythémateux disséminé[1].

Succession[modifier | modifier le code]

Pour éviter à ses fils les ennuis qu'il a connus au début de son règne, Assarhaddon a réfléchi sa succession, sans doute avec l'aide de sa mère Zakutu, qui joua un grand rôle tout le long de son règne (puisqu'elle lui survécut). Son premier choix, Sin-nadin-apli, mourut avant son père, qui dut désigner un autre de ses fils comme successeur. Il désigna Assurbanipal comme futur roi d'Assyrie, et fit le choix de placer un autre de ses fils, Shamash-shum-ukin, aîné d'Assurbanipal, sur le trône de Babylone, tout en précisant qu'il devrait allégeance à son cadet. Ce choix avait sans doute pour but de maintenir le calme en Babylonie. Assarhaddon fit jurer à ses sujets de respecter son choix, et après sa mort sa mère fit renouveler ce serment, la succession se passa sans heurts mais Shamash-shum-ukin se révolta contre son frère de nombreuses années plus tard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Bottéro, Au commencement étaient les dieux, Tallandier, Paris, 2004, 260 pages, p. 135


Précédé par Assarhaddon Suivi par
Sennacherib
Sargon II and dignitary.jpg
Rois d'Assyrie
681 - 669 av. J.-C.
Assurbanipal


Précédé par Assarhaddon Suivi par
Sennacherib
Souverains de Babylone
681 - 669 av. J.-C.
Shamash-shum-ukin


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) R. Borger, Die Inschriften Assarhaddons, Königs von Assyrien, AfO 9, Graz, 1956
  • (en) S. Parpola, Letters from Assyrian Scholars to the Kings Esarhaddon and Assurbanipal, 2 vol., AOAT 5, 1993
  • (en) H. Hunger, Astrological Reports to Assyrian Kings, SAA 8, Helsinki, 1992
  • (en) M. Lukko, G. van Buylaere, The Political Correspondance of Esarhaddon, SAA 16, 2002
  • (en) F. Reynolds, The Babylonian correspondence of Esarhaddon, and letters to Assurbanipal and Sin-Sarru-Iskun from Northern and Central Babylonia, SAA 18, 2004

Liens externes[modifier | modifier le code]