Qasr Ibrim

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Qasr Ibrim
Ville d'Égypte antique
Qasr Ibrim
Localisation de Qasr Ibrim.
Administration
Pays Drapeau de l'Égypte Égypte
Région Nubie
Géographie
Coordonnées 22° 39′ 01″ nord, 31° 59′ 30″ est
Localisation
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Qasr Ibrim
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Qasr Ibrim

Qasr Ibrim (arabeقصر ابريم) est un site archéologique de Basse-Nubie situé à 240 km d'Assouan et 50 km du Soudan. La ville fortifiée occupe une falaise surplombant le Nil et domine le site d'Aniba, siège du gouverneur de la province.

La mise en eau du lac Nasser, après la création du haut barrage d'Assouan, a transformé le lieu en île et a noyé ses abords. Qasr Ibrim est le seul site archéologique majeur en Basse-Nubie à avoir survécu aux crues du Nil.

Histoire[modifier | modifier le code]

Influence égyptienne[modifier | modifier le code]

Ruines de la cathédrale représentative de l'Architecture nubienne.

L'influence de l'Égypte en Nubie a débuté vers 2000 avant notre ère, lorsque les Égyptiens ont envahi la région et revendiquer sa souveraineté. De nombreux artefacts égyptiens et des preuves de l'utilisation de l'architecture égyptienne ont été trouvés à Qasr Ibrim. La première inscription sur le site est une stèle datant du règne d'Amenhotep Ier, deuxième souverain de la XVIIIe dynastie. La stèle a été trouvée dans une cathédrale byzantine maintenant en ruine, où elle avait été réutilisée dans l'une des cryptes de l'église. Elle se trouve maintenant au British Museum.

Les vice-rois de Nubie y creusent des spéos lors des règnes d'Hatchepsout, Thoutmôsis III, Amenhotep III et Ramsès II. Le pharaon Taharqa, de la XXVe dynastie, construisit un temple en terre crue dédié à Isis vers -680[1].

Occupation romaine[modifier | modifier le code]

Vers 25 av. J.-C., la cité nubienne de Méroé lança une attaque contre la province romain d'Assouan. En 21 av. J.-C., les Nubiens construisirent des temples sur le site, faisant de Qasr Ibrim un important centre religieux ayant des liens étroits avec Philæ. Qasr Ibrim a joué un rôle clé dans la défense de la province d'Assouan et a probablement été détenu jusqu'à 100 ou même plus tard. Le gouverneur romain Publius Petronius riposta en mettant à sac Napata et laissa une garnison en poste à Qasr Ibrim[2]. La forteresse, construite par les ingénieurs militaires romains, était la plus forte de la vallée du Nil à cette époque.

Des moines coptes s'installèrent sur le site au VIe siècle, transformant les temples en églises. Les évêques nubiens y ont leur cathédrale jusqu'au XIVe siècle, construite au milieu de Qasr Ibrim.

À la fin du XVe siècle, les ottomans transformèrent la cathédrale en mosquée et renforcent les murailles. Une garnison y est maintenue jusqu'en 1811 où elle est chassée par les Mamelouks, eux-mêmes chassés en 1812 par Ibrahim Pacha.

À partir de 1840, le site est abandonnée.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Page provenant d'un manuscrit en ancien nubien du Liber Institutionis Michaelis Archangeli à Qasr Ibrim, IXeXe siècle

Le site a été fouillé pour la première fois en 1911 par David Randall-MacIver et Leonard Woolley pour l'université de Pennsylvanie[3]. Les cimetières trouvés à l'est et à l'ouest des habitations ont été excavés en 1932 et 1961. Il y a encore des zones autour du complexe qui n'ont pas encore été excavées, bien que certains sites, y compris ceux près de la rivière, aient été détruits par des inondations causées par la construction du barrage d'Assouan. En 1963, des fouilles ont été entamées par la Société d'exploration de l’Égypte et ont continué périodiquement jusqu'à aujourd'hui.

Une stèle, utilisée en réemploi dans la crypte de la cathédrale byzantine est désormais conservée au British Museum[4].

Plusieurs chapelles commémoratives ont été creusées sur le versant ouest de la colline, dédiées à diverses divinités par les vice-rois[5]. Pendant les opérations de sauvegarde lancées lors de la construction du haut barrage d'Assouan, ces chapelles ont été déconstruites et transférées à proximité de Ouadi-es-Seboua, sur le site de la nouvelle Seboua (en)[6].

Une grande stèle de pierre dédiée Séthi Ier à son vice-roi du royaume de Koush, Aménémopé, qui était localisé au sud de la forteresse de Qasr Ibrim, a été transférée à proximité d'Assouan[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. John Baines and Jaromír Málek, Atlas of Ancient Egypt, Facts on File Publications New York, 1982. p. 183.
  2. Rosalie David, Discovering Ancient Egypt, Facts on File, 1993. p. 106.
  3. David., op. cit., p. 106-107.
  4. Qasr Ibrim in Ancient Nubia.
  5. David, op. cit., p. 106.
  6. a et b Baines & Málek, op. cit., p. 183.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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