Diola

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Diola
joola
Pays Gambie, Sénégal, Guinée-Bissau
Région Casamance au Sénégal
Nombre de locuteurs plus de 3 millions (tous dialectes compris)[réf. nécessaire]
Classification par famille
Codes de langue
Glottolog nucl1345 – diola nucléaire
bayo1255 – bayot

Le diola, aussi appelé jola, joola ou djola, est un continuum linguistique de langues nigéro-congolaises parlées en Gambie (1,2 million de locuteurs), au Sénégal (Casamance : 1,2 million de locuteurs) et en Guinée-Bissau (0,8 million de locuteurs). C'est la langue des Diolas présents dans ces trois pays. C'est une langue du groupe bak, différente de celle des Dioulas qui est mandingue. Le terme « Diola » est un exonyme attribué par les autres peuples (notamment les Mandingues) ainsi que par les colonisateurs anglais, français et portugais. Les endonymes par lesquels ils se désignent eux-mêmes sont Ajamat, Ajamaat, Adjamat ou Adjamaat dérivant du mot ajamaat qui signifie « humain » (par opposition à l'animal). Mais il existe d'autres noms comme Felipes, Flup ou Floups en Guinée-Bissau.

La variante diola-fogny de Casamance est l'une des langues nationales du Sénégal, avec le wolof, le sérère, le mandingue, le peul et le soninké.

Variétés[modifier | modifier le code]

On peut distinguer plusieurs variétés de la langue diola en fonction des groupes de villages de la Casamance, de Gambie et de la Guinée-Bissau :

  • Le boulouf, bluf, huluf ou encore eblufayi en Diola (singulier : Abluf ou Ejugutayi), vers le barrage d'Affiniam, par exemple dans les villages Elana, Affiniam, Mangagoulack, Kartiack, Bessire,Tendouck, Boutégol et d'autres.
  • le diola-fogny, foñi, gufoñay ou goufognyaye dans la région du Fogni (Bignone et Gambie), par exemple dans les villages de Bignone, Batinñé, Koubalar, Finthiok, Mampalago, Tendimane, Tanghori, Soutou et d'autres.
  • Le cassa, kassa ou kaasa (dans le département d'Oussouye), par exemple dans les villages de Mlomp, Kañoute, Oussouye, Sigalène, Oukout, et d'autres.
  • L’ajamat, ajamaat, adjamat, adjamaat, ejamat ou éjamaat dans le parc de la Basse-Casamance et en Guinée-Bissau, par exemple dans les villages Youtou, Éffock, Kaguitte (au Sénégal), Suzana, Éjatène, Éramé, Kasolol, Katon, Karuhey, Bujin, Yall et d'autres (en Guinée-Bissau).
  • l’essouke kuring ou mof ayi, dans les villages Enampor, Essyl, Kamobeul, Badiatte, Eloubaline, Banjal, Etama et Séléki.
  • Le kusilaay ou goussilaye.
  • Le gurunay ou 'gouronaye dans les îles de Caron.
  • L’essoukoudiack.

Construction[modifier | modifier le code]

La langue est basée sur l'utilisation d'un radical déclinable grâce à des suffixes et des préfixes. L'utilisation de la répétition du radical permet de l'utiliser comme un adjectif.

Par exemple en goussilaye :

  • Le radical soup signifie chaud, chaleur, et devient :
    • Soussoup = c'est chaud, il fait chaud
    • Soupout = suffixe out pour signifier le contraire, ce n'est pas chaud
    • Essoupor = transpirer
    • Gassoupen = chauffer.

Patronymes[modifier | modifier le code]

Beaucoup de Diolas portent les noms de famille suivants :

Adioye, Assine, Biagui, Badiane, Badiate, Badji, Bassène, Bodian, Batendeng, Batiga, Coly, Deme, Diabone, Diamacoune, Diatta, Diadhiou, Diamé, Diandy, Diassy, Diédhiou, Diémé, Djiba, Djibalène, Djiboune, Djicoune, Djihounouck, Ehemba, Goudiaby, Himbane, Lambal, Mané, Manga, Niassy, Ngandoul, Nyafouna, Sadio, Sagna, Sambou, Sané, Senghor, Sonko, Tamba, Tendeng, etc.

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot Traduction Prononciation standard
terre yintam moff, moffam
ciel émite émiteyi
eau moumélam mou mel
feu sambunass samboun
homme a niné aniné
femme a naré a sèk
manger é tign / futign / fouri fouri
boire ka hob / baran baran
grand ka baak yeumeuk
petit titi dia titi
nuit fou dionarafou fou dionarafou
jour funak / hounak funak
  • Safoul !  : bonjour
  • Masumé ! : bonjour (réponse à Safoul)
  • Kasumay ?  : Comment ça va ? (littéralement: que la paix soit sur toi)
  • Kasumay balay ou Kassumay Kéb! : Ça va bien. (littéralement: que la paix soit sur toi aussi)
  • Iyo !  : Merci.
  • Aw pop kasumay ? : Et toi, ça va ?
  • Kate bolul ? : Comment va la famille ?
  • KuKu Bo (mais se prononce Coucou Bo)! : Elle est là-bas. (comprendre : Elle va bien)
  • Pé ! karessi bu ? : Parfaitement. Comment t'appelles-tu ?
  • Karessom Kristof ! : Je m'appelle Christophe.
  • Aw pop Karessi bu ? : Et toi, Comment t'appelles-tu ?
  • Karessom Franswa ! : On m'appelle François !
  • Aw bay ? (ou: Bay nu kinè ?) : D'où es-tu ?
  • Monpelié ! : De Montpellier !
  • Aw Bébay ? (ou: Aw é djow bay ?) : Où vas-tu ?
  • Bé Husuy ! : À Oussouye !
  • Yo ! Ujow kasumay ! : Merci, bonne route ! (littéralement : Va en paix !)
  • Susum ! : entendu, c'est bon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Sina Diatta, Parlons jola - Langue et culture diolas, L'Harmattan, 1998, (ISBN 2-7384-7169-2)
  • Paul Diédhiou, « L'identité joola en question : La bataille idéologique du MFDC pour l'indépendance ». Édition Karthala, 2011.
  • Pierre-Marie Sambou, Diola Kaasa esuulaalur : Phonologie, morphophonologie et morphologie, Dakar, Université de Dakar, 1979, 211 p. (Thèse de 3e cycle)
  • Pierre-Marie Sambou et J. Lopis, « Le trait atr et ses manifestations en joola et en noon », Bulletin de l'IFAN, 1981, vol. 43, série B, no 1/2, p. 203-214
  • Pape Chérif Bétrand Akandijack Bassène, « Histoire authentique de la Casamance ». Édition Injé Ajamaat / La Brochure, 2011.
  • R.P. Édouard Wintz, Dictionnaire français-dyola et dyola-français, précédé d'un essai de grammaire, Elinkine, Paris, 1909, 190 p. (réimprimé en Angleterre, Gregg Press Ltd en 1968)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]