Ismaël Emelien

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Ismaël Emelien, né le à Grenoble[1],[2], est un conseiller politique français.

Conseiller en communication d'Emmanuel Macron au ministère de l'Économie, il participe au lancement d'En marche ! et poursuit ses activités de conseil auprès d'Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle de 2017.

Une fois celui-ci élu président de la République, il devient son conseiller spécial au palais de l'Élysée[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'une institutrice et d'un ingénieur. Issu d'une fratrie de quatre frères et sœurs, il vit à Grenoble avant d'entamer ses études à Paris. Il a été scout[4].

Formation[modifier | modifier le code]

Ismaël Emelien est diplômé de Sciences Po en 2010[5],[6].

Débuts auprès de Dominique Strauss-Kahn en 2006[modifier | modifier le code]

Encore étudiant à l'Institut d'études politiques de Paris, il rejoint avec Cédric O, Benjamin Griveaux ou encore Stanislas Guérini[4] l'équipe de Dominique Strauss-Kahn, alors son professeur d'économie, pour sa campagne de la primaire présidentielle socialiste de 2006 : occupant d'abord un rôle restreint, il aide finalement Gilles Finchelstein pour la rédaction des discours[7],[8],[9]. En 2006, il prend sa carte au PS afin de pouvoir voter pour le candidat, non pour militer[10].

En 2007, il passe son année d'étude au Caire, où il apprend l'arabe. Il se rend en Syrie pour installer une succursale de l'entreprise que son père a fondée avec Stanislas Guérini[4].

Passage à la Fondation Jean-Jaurès[modifier | modifier le code]

Peu de temps après, il rejoint la Fondation Jean-Jaurès, où il travaille pour Gilles Finchelstein, directeur général du think tank, et coordonne l'ouvrage collectif Repenser l'action publique avec Julia Cagé[11].

Carrière chez Havas[modifier | modifier le code]

Recruté par Gilles Finchelstein, directeur des études d'Euro RSCG (devenu entretemps Havas Worldwide) en parallèle de ses fonctions à la Fondation Jean-Jaurès, Ismaël Emelien devient consultant senior en 2009. Il participe à préparer la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la primaire socialiste de 2011, avant qu'elle n'avorte avec l'affaire du Sofitel[4].

Il décroche notamment une mission de conseil auprès de Pierre Moscovici lorsque celui-ci est ministre de l'Économie[10]. En 2013, il fait partie de l'équipe de Havas chargée de la communication de Nicolás Maduro, président du Venezuela après la mort d'Hugo Chávez, pendant sa campagne présidentielle[12],[13], ce qui soulève a posteriori, malgré son rôle limité à l'époque[10], un vif débat dans les dernières semaines de la campagne présidentielle française[14]. En 2017, il confie avoir compris pendant la campagne que Maduro n'était pas « un vrai réformiste » comme il le croyait, précisant que « le contrat n'a pas été renouvelé »[5].

Devenu directeur-conseil de l'agence en 2013, il quitte Havas l'année suivante pour rejoindre le cabinet d'Emmanuel Macron[15],[16].

Mediapart indique que « sa compagne, Hélène Ribault, travaillait elle aussi jusqu’en mars dernier [2017] pour Havas, où elle était chargée de la filiale organisant des événements de luxe pour les VIP »[16]. Ils sont séparés depuis juin 2017[réf. nécessaire].

Passage à Bercy auprès d'Emmanuel Macron[modifier | modifier le code]

À l'été 2014, il commence à créer une start-up avec Julien Denormandie et Emmanuel Macron, jusqu'à ce que ce dernier soit nommé ministre[17],[18]. Il le rejoint donc en septembre 2014[19] au ministère français de l'Économie et des Finances, comme conseiller chargé de la stratégie, de la communication et des discours[8],[20],[21], après avoir fait une première fois sa rencontre en 2009[1]. Il met alors en place, à l'occasion notamment des débats sur la loi activité et croissance, une méthode de communication basée sur la "pédagogie en temps réel"[22]. En 2016, il quitte son emploi au ministère et participe au lancement d'En marche ![23].

Lancement d'En marche ! et campagne présidentielle de 2017[modifier | modifier le code]

Dès l'automne 2015, il travaille en secret avec Julien Denormandie au lancement d'En marche ![24]. Il travaille avec Emmanuel Macron au cours de la campagne présidentielle française de 2017 en tant que « conseiller communication et affaires stratégiques »[1]. Pour ce faire, il s'appuie en particulier sur la start-up de stratégie électorale Liegey Muller Pons, et sur la start-up d'analyse linguistique Proxem[1].

Conseiller spécial du président de la République[modifier | modifier le code]

Après l'élection d'Emmanuel Macron, il devient son conseiller spécial au palais de l'Élysée, un poste précédemment occupé par Jacques Attali auprès de François Mitterrand ou par Henri Guaino auprès de Nicolas Sarkozy[7]. Réputé très discret et méfiant envers les journalistes[16], il est décrit par le quotidien Le Monde comme faisant partie, avec le président de la République et le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, des trois hommes qui « dirigent la France »[25]. Il invente le slogan « Make Our Planet Great Again », en réaction à la décision du président américain Donald Trump de quitter l'accord de Paris sur le climat, en référence à son propre slogan de campagne « Make America Great Again »[4].

En juillet 2018, dans le cadre de l'affaire Benalla, il est soupçonné d'avoir été en possession d'images de vidéosurveillance remises illégalement à Alexandre Benalla par trois officiers de police mis en examen : Guillaume Larrivé, corapporteur de la commission d'enquête, indique vouloir l'auditionner[26].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Cédric Pietralunga, « Ismaël Emelien, le bras droit d’Emmanuel Macron », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. « Ismaël Emelien, de petite main à bras droit », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. Raphaël Legendre, « Kohler, Strzoda, Etienne, Emelien : premières nominations pour le président Macron », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  4. a, b, c, d et e Sophie des Déserts, « Le casse du siècle », Vanity Fair n°53, décembre 2017, pages 108-115 et 154-155.
  5. a et b Corinne Lhaïk, « De DSK à Macron, l'étonnant parcours d'Ismaël Emelien », L'Express,‎ (lire en ligne)
  6. Nathalie Raulin, « Ismaël Emelien Le spécialiste de l’opinion », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. a et b Remy Dodet, « 10 choses à savoir sur Ismaël Emelien, l'intrigant stratège de Macron », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le 7 août 2017).
  8. a et b « A Bercy, Emmanuel Macron recrute son équipe de com' dans les réseaux DSK », La Lettre A,‎ (lire en ligne)
  9. Ludovic Piedtenu, « Les marcheurs d'Emmanuel Macron », France Culture,‎ (lire en ligne)
  10. a, b et c Julien Martin, « L'homme qui murmure à l'oreille de Macron », L'Obs,‎ , p. 47-50 (lire en ligne)
  11. Marion Lagardère, « Bayrou - Macron : à deux c'est vraiment mieux ? », europe1.fr, (consulté le 6 septembre 2017)
  12. Le bras droit de Macron a pris part à l’élection du président vénézuélien , sur mediapart.fr (consulté le 14 mai 2017).
  13. Corinne Lhaïk, « De DSK à Macron, l'étonnant parcours d'Ismaël Emelien », L'Express,‎ (lire en ligne)
  14. Mathieu Magnaudeix, « Le bras droit de Macron a pris part à l’élection du président vénézuélien », mediapart.fr, (consulté le 30 mai 2017)
  15. Raphaël Legendre, « Ismaël Emelien : Emmanuel Macron choisit un communicant de l'écurie Fouks », L'Opinion,‎ (lire en ligne)
  16. a, b et c Mathieu Magnaudeix et Ellen Salvi, « Havas tisse sa toile autour de Macron », sur Mediapart, (consulté le 5 septembre 2017).
  17. Carl Meeus, « Julien Denormandie, dans le sillage de Macron », Le Figaro Magazine, semaine du 3 novembre 2017, pages 24-25.
  18. Vincent Nouzille, « Les hommes du président », Le Figaro Magazine, semaine du 17 novembre 2017, pages 46-54.
  19. Arrêté du 1er septembre 2014 portant nomination au cabinet du ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique (lire en ligne)
  20. « Ismaël Emelien, d'Havas Paris, pourrait rejoindre Bercy », Stratégies,‎ (lire en ligne)
  21. Cyrille Lachèvre, « Pour Macron, Ismaël Emelien invente la pédagogie politique en temps réel », L'Opinion,‎ (lire en ligne)
  22. « Pour Macron, Ismaël Emelien invente la pédagogie politique en temps réel », L'Opinion,‎ (lire en ligne)
  23. Charlotte Chaffanjon, « Le chargé de communication de Macron quitte Bercy pour se mettre "En marche !" », Le Point,‎ (lire en ligne)
  24. Elsa Freyssenet, « Comment Macron prépare son offensive d’octobre », sur lesechos.fr, (consulté le 7 août 2017).
  25. Solenn de Royer, « Emmanuel Macron, Alexis Kohler, Ismaël Emelien : ce trio qui dirige la France », sur lemonde.fr, (consulté le 7 août 2017).
  26. RMC, « Guillaume Larrivé veut auditionner Ismaël Emelien, conseiller spécial d'Emmanuel Macron », sur RMC (consulté le 26 juillet 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]