Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (album)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Wikipédia:Bons articles Vous lisez un « bon article ».
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band.
Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band
Album de The Beatles
Sortie Drapeau : Royaume-Uni Drapeau : France
Drapeau : États-Unis Drapeau : Canada
Enregistré au
Studios EMI et Regent Sound, Londres
Durée 40 minutes (approx.)
Genre Rock psychédélique, pop, art rock, pop baroque, proto-prog
Format 33 tours
Producteur George Martin
Label Drapeau : Royaume-Uni Drapeau : France Parlophone
Drapeau : États-Unis Drapeau : Canada Capitol
Critique

Albums britanniques des Beatles

Albums nord-américains des Beatles

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band est le huitième album des Beatles, publié le en Grande-Bretagne et le jour suivant aux États-Unis. Enregistré sur une période de 129 jours, cet album est souvent considéré par les critiques comme leur plus grande œuvre et l'un des albums les plus influents de l'histoire de la musique populaire[1], figurant entre autres à la première place dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps du magazine Rolling Stone[2].

Par son retentissement, par la façon dont il a révolutionné l'industrie du disque, par sa durée de vie dans les hit-parades et par la force avec laquelle il a capté l'air de son temps, Sgt. Pepper reste encore à ce jour une pierre angulaire de l'histoire de la musique et de la culture populaire de la seconde moitié du XXe siècle.

Genèse et enregistrement[modifier | modifier le code]

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band est enregistré alors que les Beatles s'extraient de la pression liée à la Beatlemania. Le , les quatre musiciens donnent leur dernier concert au Candlestick Park de San Francisco. Après cette ultime tournée des États-Unis, où le décalage ne cesse de se creuser entre ce qu'ils veulent proposer à leur public et ce que celui-ci parvient à entendre au milieu des hurlements et dans des conditions de sonorisation encore balbutiantes, entre ce qu'ils produisent désormais en studio et ce qu'ils arrivent à délivrer sur scène, les quatre Beatles, même Paul McCartney qui est alors celui qui tient le plus à continuer les tournées, décident que c'en est assez[3].

Le groupe profite d'un long congé pour se ressourcer. Harrison se rend en Inde pour des cours de sitar avec Ravi Shankar et s'initie à la culture du pays[4]. Lennon joue dans le film How I Won the War réalisé par Richard Lester à Almería, en Espagne[5]. Ringo Starr, outre une escapade pour rendre visite à Lennon, reste à Londres et passe le plus clair de son temps avec sa femme et son fils. Quant à McCartney, il travaille sur la bande son du film The Family Way[6] puis part en safari au Kenya avec sa fiancée Jane Asher et son ami Mal Evans[7]. Dans l'avion du retour, Evans demande à McCartney de lui passer le sel et le poivre (« salt and pepper ») et ce dernier entend « Sergeant Pepper ». Ce malentendu les fait rigoler et sème l'idée du nouveau projet des Beatles[8].

À la fin de l'automne 1966, ils reviennent en studio à Abbey Road ; déterminés, les Beatles s'expliquent avec le producteur George Martin en des termes résolus : « C'est très simple. Nous en avons marre de jouer en public. Mais cela nous donne l'occasion d'un nouveau départ, ne le vois-tu pas ? », dit John Lennon au producteur. « Nous ne pouvons plus nous entendre sur scène à cause de tous ces cris », ajoute Paul McCartney. « Alors, où en sommes-nous ? Nous avons essayé de jouer sur scène des chansons de notre dernier album [Revolver] mais il y a tellement d'overdubs compliqués dessus que nous n'avons pu leur rendre justice. Maintenant, nous pouvons enregistrer tout ce que nous voulons, cela n'aura plus aucune importance. Ce que nous voulons, c'est placer la barre très haut, faire le meilleur album que nous ayons jamais réalisé » conclut-il. « Ce que nous disons » poursuit Lennon, « c'est que si nous ne tournons plus, nous pouvons enregistrer de la musique que nous n'aurons pas à interpréter live, et cela veut dire que nous pouvons créer quelque chose qui n'a jamais encore été entendu, un nouveau genre de disque avec de nouveaux genres de sons »[9]. C'est ainsi qu'ils ouvrent une nouvelle période dans leur carrière — qui sera connue plus tard sous le nom de The Studio Years (« les années studio ») — en commençant par le plus ambitieux des projets.

Le nom de l'album est lié à la tendance américaine de donner des noms « à rallonge » aux groupes, comme Quicksilver Messenger Service, Big Brother and the Holding Company ou Commander Cody and His Lost Planet Airmen[10]. Sur une idée de Paul McCartney, les Beatles décident de former un groupe fictif qui lui aussi aurait un nom très long et partirait en tournée à leur place[1]. Lors du séjour des Beatles à Toronto, le 17 août 1966, le policier responsable de leur sécurité était le sergent Randall Pepper. Bien que ceci n'a jamais été officialisé, on ne peut s'empêcher de penser que le lien d'amitié entre le sergent Pepper et le groupe ait pu influencer la genèse du titre de leur prochain album[11].

Pour la première fois dans leur carrière, les Beatles disposent de tout le temps nécessaire pour préparer leur album. En tant que groupe vedette et plus grand succès de la maison de disques EMI, ils ont un accès presque illimité à la technologie des studios Abbey Road où ils enregistrent tous leurs albums depuis le début de leur carrière. Les quatre membres du groupe ont une préférence pour les longues sessions de nuit et toute l'équipe d'ingénieurs du son dirigée par le producteur George Martin se tient à leur service, prête à soutenir toutes leurs expérimentations[3]. En tout, 129 jours (de décembre 1966 à avril 1967) seront nécessaires pour enregistrer les treize chansons de l'album ainsi que Penny Lane et Strawberry Fields Forever, sorties séparément en single en février 1967[12],[13]. Selon les sources, l'enregistrement a duré entre 300 et 700 heures, un total sans précédent à l'époque pour un album enregistré[14].

À partir des enregistrements des deux précédents albums, Rubber Soul (1965) et Revolver (1966), les goûts des Beatles ont évolué. Au rhythm and blues, à la pop et au rock 'n' roll de leurs débuts s'est ajouté une variété de nouvelles influences qui va de la musique indienne — sous l'impulsion du guitariste George Harrison — à la musique classique et même baroque, dont George Martin est un expert. Les musiciens sont par ailleurs devenus familiers d'un grand nombre d'instruments comme l'orgue Hammond et le piano électrique, sans oublier les instruments indiens comme le sitar, la tampura et diverses percussions. L'ajout de ces nouvelles sonorités dans la « musique occidentale »[3], marque les balbutiements du phénomène « musiques du monde » dans la pop. Leur palette instrumentale couvre maintenant les cuivres, les bois, les instruments à cordes, les percussions et tout ce qui peut leur apporter une sonorité recherchée. L'ensemble de ces évolutions, qui concerne aussi l'écriture des paroles, est arrivé à maturation au moment des sessions de Sgt. Pepper[1].

La période Pepper coïncide aussi avec l'introduction de quelques innovations musicales importantes. Le travail d'autres musiciens tels que Bob Dylan, Frank Zappa, Jimi Hendrix, Phil Spector et Brian Wilson[Note 1] redéfinit radicalement ce qui était possible pour les musiciens pop en termes d'écriture et d'enregistrement. Les technologies de studio ont atteint un haut degré de développement et de grandes innovations sont encore à venir. Les vieilles règles de l'écriture sont abandonnées et des thèmes lyriques complexes sont explorés pour la première fois dans la musique populaire. Les chansons deviennent plus longues, le point culminant étant atteint dans les années 1970 avec, par exemple, les groupes de rock progressif tels que Pink Floyd et ses titres s'étalant sur une face entière de 33 tours, comme le morceau Echoes[15].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Conceptualité[modifier | modifier le code]

Dans cet album, la « fanfare du club des cœurs esseulés du sergent Pepper » accueille le public à son concert et tout, jusqu'à sa pochette innovante et débordante de couleurs, fait de ce disque un pionnier de l'album-concept, ne serait-ce que par son retentissement. Le biographe Steve Turner écrit : « presque toutes les conventions régissant les 33 tours furent transgressées »[16].

Pourtant, au-delà du personnage de Billy Shears (interprété par Ringo Starr), qui fait le lien entre la chanson-titre et With a Little Help from My Friends, les chansons n'ont pour la plupart aucun rapport entre elles. Afin d'assurer la cohérence du projet, le groupe, sur une idée de son assistant Neil Aspinall, décide de reprendre la chanson-titre en avant-dernier morceau (« merci, nous espérons que vous avez aimé le show, nous sommes désolés mais il est temps de partir »), plus vite, plus rock et dans une autre tonalité[3]. Et parfois, le hasard fait bien les choses ; le cri du coq que l'on entend à la fin de Good Morning Good Morning est dans la même tonalité que le premier accord de la reprise de Sgt Pepper et permet donc, sur la version stéréo, de lancer celle-ci[12]. Le « concert » se termine avec A Day in the Life, tel un rappel.

Suite à une montée orchestrale, l'album est clôt par le long decrescendo d'un accord de mi majeur — joué simultanément sur tous les pianos disponibles dans les studios Abbey Road par John Lennon, Paul McCartney, Ringo Starr, George Martin et Mal Evans —, un sifflement à 20 kHz, inaudible par l'homme mais destiné à faire aboyer les chiens, et un « jingle » sans fin sur le sillon intérieur[Note 2].

George Martin indique que le disque « fut accepté comme le premier album conceptuel, même s'il n'en était pas réellement un »[17]. John Lennon minimisait l'approche conceptuelle en expliquant que les chansons avaient été juxtaposées fortuitement[18].

Écriture des chansons[modifier | modifier le code]

La réussite de Sgt. Pepper est encore largement le fruit de la collaboration entre John Lennon et Paul McCartney dans l'écriture de la plupart des chansons. Il y a celles entièrement coécrites, comme With a Little Help from My Friends en partant d'une simple idée de départ de Paul — la phrase « avec un peu d'aide de mes amis »[3]. Toute la chanson est développée dans l'idée de la confier à Ringo Starr et d'en faire un dialogue entre le personnage de Billy Shears et un chœur qui lui pose une série de questions[1].

Il y a celles composées par Paul avec un ajout décisif de John. Sur Getting Better, c'est ce dernier qui contrebalance l'optimisme de son partenaire, en ajoutant « it can't get no worse » (« ça ne peut pas être pire ») derrière les paroles de Paul « It's getting better all the time », et qui écrit le pont de la chanson[1]. Lorsque Paul part d'un fait divers pour composer She's Leaving Home, John ajoute le chœur grec en réponse des parents, incapables de comprendre la fugue de leur fille[3].

Il y a celles écrites par John avec le concours de Paul. Lorsque Lennon démarre avec un dessin de son fils Julian pour Lucy in the Sky with Diamonds, McCartney trouve des paroles, comme « cellophane flowers of yellow and green ». L'apport peut aussi être instrumental, comme par exemple les fameuses notes de mellotron composées par Paul pour l'introduction de Strawberry Fields Forever[3].

Le résultat le plus remarquable, et inédit, est constitué par A Day in the Life. Dans ce cas très particulier, il y a une chanson de John (« I read the news today oh boy ») et une autre de Paul (« woke up, fell out of bed... »). Les deux compères les assemblent, s'amusent à écrire la phrase de liaison sévèrement connotée « I'd love to turn you on », et les transitions entre les deux parties. Ce sera une rare fois, avec plus tard deux titres du medley d'Abbey Road et I've Got a Feeling sur Let It Be, que deux chansons distinctes des auteurs-compositeurs sont assemblées et enregistrées ensemble d'une seule traite[1].

L'inspiration, elle, prend des formes multiples : la lecture des journaux pour A Day in the Life ou She's Leaving Home, la reproduction du texte d'une affiche de cirque du XIXe siècle pour Being for the Benefit of Mr. Kite!, le souvenir du batteur temporaire des Beatles en juin 1964, Jimmy Nicol, pour Getting Better, la sonorité du mot « meter maid » pour Lovely Rita, les travaux de restauration d'une vieille ferme écossaise pour Fixing a Hole, un hommage musical de Paul à son père Jim pour When I'm Sixty Four, le dessin de Julian Lennon et les œuvres de Lewis Carroll pour Lucy in the Sky with Diamonds, une publicité télévisuelle vantant une marque de céréales pour Good Morning Good Morning, la musique de son ami Ravi Shankar pour George Harrison dans Within You Without You, ou encore, la nostalgie de l'enfance à Liverpool pour Paul dans Penny Lane et John dans Strawberry Fields Forever[19].

Chansons non incluses[modifier | modifier le code]

Alors que les Beatles poursuivent la conception et la réalisation de « Sgt Pepper », trois chansons enregistrées en vue de leur introduction dans l'album sont éliminées. Les deux premières, Strawberry Fields Forever et Penny Lane, sortent en single « double face A » le . À la demande de Brian Epstein, afin qu'un nouveau 45 tours soit disponible dans les bacs durant l'hiver, George Martin doit en effet livrer, à contrecœur, ces deux chansons puisqu'elles sont à ce point les plus abouties. Compte tenu du principe adopté depuis longtemps, qui veut que ce qui sort en single ne fasse pas ensuite partie des albums, les deux chansons de John Lennon et Paul McCartney, évoquant la nostalgie de leur enfance à Liverpool, connaissent ce destin. Martin qualifiera plus tard cette décision d'« épouvantable erreur »[3]. On a aussi considéré utiliser la chanson When I'm Sixty-Four, elle aussi déjà mise en boîte, comme face B de ce single[20].

La troisième chanson, intitulée Only a Northern Song et écrite par George Harrison, est enregistrée durant les séances d'enregistrement pour l'album. Rapidement on se rend compte qu'elle ne colle pas avec l'ambiance que l'on veut donner à l'album et sera remplacée par Within You Without You, une autre de ses compositions que le groupe juge meilleure. Only a Northern Song apparaît finalement dans la bande originale du film Yellow Submarine en 1969[21].

Un dernier morceau, Carnival of Light, est enregistré par les Beatles le , menés par Paul McCartney[12]. Il s'agit d'une improvisation avant-gardiste d'une durée de 14 minutes créée pour un spectacle son et lumière, A Million Volt Light and Sound Rave, ayant lieu à la Roundhouse de Londres les 28 janvier et 4 février 1967[22],[23] et jamais réentendue en public depuis.

Innovations techniques[modifier | modifier le code]

Les innovations en termes d'enregistrement sont nombreuses pour Sgt. Pepper et marqueront durablement l'industrie du disque et la façon de considérer le travail en studio.

Par exemple, les ingénieurs des studios Abbey Road inventeront pour les Beatles le vari-speed, un nouveau bouton sur le magnétophone qui permet de faire varier la vitesse de défilement de la bande. On enregistre ainsi la voix en faisant tourner le magnétophone plus lentement puis on le remet à vitesse normale. Ce procédé est notamment utilisé pour modifier le timbre de la voix de John Lennon sur Lucy in the Sky with Diamonds. On peut aussi s'en servir pour relier deux prises enregistrées à un tempo différent, comme sur Strawberry Fields Forever[24].

George Martin et son équipe technique ont également inventé la « synchronisation » de deux magnétophones 4-pistes, à travers une fréquence émise d'une machine vers l'autre, utilisée pour enregistrer l'orchestre symphonique exécutant la fameuse « montée » dans A Day in the Life, tandis que tourne la bande où jouent les Beatles[12]. Ils utilisent abondamment la reduction mixdown (également appelé bouncing), qui permet de transférer les quatre pistes — il faut se souvenir qu'en 1967, c'est le maximum dont ils disposent — enregistrées sur un magnétophone pour n'en faire plus qu'une seule sur un autre, libérant ainsi trois nouvelles pistes. On peut multiplier le procédé, mais avec une certaine limite : quatre fois (soit un 16 pistes virtuel) constituera le maximum permis pour ne pas avoir trop de dégradation du son[24].

Les Beatles utilisent des pédales wah-wah et un fuzzbox, qu'ils transforment avec leurs propres idées expérimentales, comme faire passer des voix et des instruments à travers une cabine Leslie. Une autre innovation sonore importante est la découverte de la technique de la boîte de direct par Paul McCartney, dans laquelle on peut enregistrer la guitare basse en la branchant directement dans un circuit amplifiant de la console d'enregistrement. Paul enregistre désormais toutes ses parties de basse à part, et souvent à la fin[24].

Instrumentation[modifier | modifier le code]

Les chansons de Sgt. Pepper comportent des arrangements musicaux très élaborés — par exemple, l'ensemble de clarinettes sur When I'm Sixty-Four — et des utilisations excessives d'effets audio comme l'écho, la réverbération et les bandes passées à l'envers. Beaucoup de ces effets ont été créés par George Martin et son équipe d'ingénieurs des studios Abbey Road[12].

L'un des quelques moments de discorde survient pendant l'enregistrement de She's Leaving Home. George Martin est indisponible à ce moment et Paul McCartney, impatient, engage le compositeur Mike Leander pour écrire les arrangements de la section des cordes. L'occasion se répétera lors de la composition de la musique du film Magical Mystery Tour, aussi avec Leander[12].

Un autre exemple sur la production de l'album est la chanson de John Lennon Being for the Benefit of Mr. Kite!, qui clôture la première face du 33 tours original. Les paroles ont été adaptées presque mot pour mot d'une vieille affiche de cirque du XIXe siècle que Lennon a achetée à un magasin d'antiquités dans le Kent le jour où les Beatles y ont filmé le clip promotionnel de Strawberry Fields Forever. Le collage sonore qui donne à la chanson son caractère distinctif est créé par George Martin et Geoff Emerick, qui amassent divers enregistrements d'archive de calliope (en), ensuite coupés en longueurs variées, jetés en l'air, collectés dans une boîte, mixés ensemble dans un ordre aléatoire, faisant une longue bande qui sera mixée avec la chanson lors de la production finale[1].

La chanson qui ouvre la deuxième face, Within You Without You, est inhabituellement longue pour une chanson pop à cette époque, et ne figure que George Harrison au chant, au sitar et à la guitare acoustique, tous les autres instruments étant joués par un groupe londonien de musiciens indiens et un orchestre classique. Ces déviations du rock 'n' roll traditionnel ont été facilités par la décision des Beatles de ne plus faire de concerts, par leur habileté à engager de bons musiciens et par l'intérêt grandissant de Harrison pour la musique indienne et la religion hindoue, qui l'ont mené à prendre des leçons de sitar avec le musicien indien Ravi Shankar. Sa fascination pour la musique et les instruments indiens est mise en évidence sur beaucoup de chansons, comme Lucy in the Sky with Diamonds et Getting Better, où il joue de la tambura[12].

Cet album utilise aussi beaucoup de claviers. Un piano à queue est utilisé sur beaucoup de chansons, comme A Day in the Life et Lovely Rita, et un orgue Hammond est utilisé dans beaucoup d'autres chansons. Un clavecin peut être entendu sur Fixing a Hole et un harmonium est joué par George Martin sur Being for the Benefit of Mr. Kite!. D'autres instruments, comme le piano électrique, le glockenspiel et le mellotron sont utilisés sur l'album.

Le dans le studio n°1 d'Abbey Road, un orchestre classique de 41 musiciens enregistre la montée aléatoire pour A Day in the Life. George Martin exécute les instructions de Paul McCartney : en autant que la première et dernière note soit dans la tonalité du mi majeur, chaque musicien doit partir de la note la plus basse de son instrument, monter à la plus haute sur 24 mesures et à la vitesse qui sera choisie par chacun sans se soucier de ce que jouera son voisin[25].

Versions mono et stéréo[modifier | modifier le code]

Les Beatles étaient présents pendant le mixage de l'album en mono et le disque vinyle est originellement sorti dans cette version accompagnée d'un mixage stéréo préparé par une équipe d'ingénieurs du son des studios Abbey Road dirigée par Geoff Emerick[12].

Les deux versions en vinyle sont fondamentalement différentes : la bande est quelque fois lue à une autre vitesse. Par exemple, la chanson She's Leaving Home a été mixée à une plus grande vitesse que sur l'enregistrement original et joue donc sur un tempo plus rapide. De plus, la version mono de Lucy in the Sky with Diamonds est considérablement plus lente que sur la version stéréo et comporte beaucoup d'effets sonores.

Des variations apparaissent aussi sur la version en CD de l'album. Les cris de Paul McCartney à la fin de la reprise de Sgt. Pepper peuvent être très bien entendus dans la version mono, mais est presque inaudible dans la version stéréo. La version mono de la chanson comporte une batterie qui ouvre la chanson avec plus de présence et de force. Le fameux segue à la fin de Good Morning Good Morning où le cri du coq, qui devient un son de guitare sur la version stéréo, est placé à un temps différent sur la version mono et cet effet disparaît. D'autres variations entre les deux mixages incluent un rire plus fort à la fin de la version mono de Within You Without You et une fin froide et sans écho sur la version mono de Being for the Benefit of Mr. Kite!.

Sur les premiers pressages mono de l'album, juste après A Day in the Life, le dernier morceau, un sillon sans fin, c'est-à-dire revenant sur lui-même, pouvait être entendu sur les platines manuelles. Il l'est à nouveau depuis la réédition de l'album en disque compact où on l'entend se répéter une dizaine de fois avant de fondre en fermeture. Une fausse légende affirmait que les Beatles prononcent « I never know the end » (« je ne connais jamais de fin »). Le groupe prononce deux ou trois phrases. Une première phrase en premier plan pouvant être entendue aussi bien à l'endroit qu'à l'envers, disant quelque chose comme « He never kissed me any other way / is he any other way » ou encore « it will be like this again » dans un sens, dans l'autre « very soon ». La deuxième phrase, en arrière-plan, est enregistrée à l'envers et seule sa deuxième partie est compréhensible : Supermen. Ce sillon a alimenté de nombreuses spéculations participant de la légende des Beatles. C'est le premier album des Beatles qui est publié à l'identique en Amérique du Nord par Capitol Records mais le montage sonore du sillon final n'est pas inclus. La bande maîtresse monophonique est envoyée aux États-Unis le 21 avril pour commencer la production des disques, le jour même que le montage sonore est enregistré. Le lendemain, la bande stéréo est à son tour livrée mais le montage final n'est pas encore prêt[26]. Il sera éventuellement inclus sur la compilation américaine Rarities publiée en 1980.

Pochette[modifier | modifier le code]

La pochette de l'album est, sans doute, une des plus célèbres de l'histoire de la musique; le montage élaboré de la photo de couverture, la photographie des « Fab Four » s'étalant sur les deux à-plats intérieurs, le visuel du verso de la couverture avec les paroles des chansons et enfin la planche à découper uniface qui y est insérée. De plus, dans les premières éditions britanniques, on fabrique une pochette de protection du disque vinyle format 33 tours possédant un design inédit.

Le visuel de couverture[modifier | modifier le code]

Il ne s'agit pas ici d'un photomontage, mais bien d'une photo du groupe au milieu d'une assemblée de silhouettes en carton découpé et imprimées grandeur nature, de statues, d'objets, et devant un fond bleu ciel. Celle-ci se décompose en trois plans : le premier est constitué principalement d'un massif de fleurs dans lequel est inséré un assemblage d'objets (plantes vertes, instruments de musique, figurines, etc.); le deuxième, par la présence des quatre Beatles accompagnés de mannequins en cire, de « sculptures molles » et de figures cartonnées découpées en taille réelle; le dernier, par un assemblage sur plusieurs rangées de découpes grandeur nature d'une cinquantaine de portraits de personnages plus ou moins célèbres, ainsi qu'un palmier artificiel. Le tout constitue un diorama prenant la forme d'une installation.

Au centre de ce visuel, se trouvent les Beatles, chacun vêtu d'un uniforme de parade d'une couleur différente, se tenant debout, réunis derrière une grosse caisse de fanfare militaire. Sur sa peau figure le titre de l'album, prenant la forme d'un logo conçu par l'artiste Joe Ephgrave[Note 3]. Cet artiste de fêtes foraines, un ami de Jann Haworth et de son père[27], a conçu deux modèles disposés sur chacune des membranes de la caisse[28]. Sur le premier cliché pris lors de cette journée, celle-ci est inversée pour montrer le design de l'autre membrane. C'est la seule fois que l'on peut voir cette face lors de cette séance photo[29],[Note 4]. À leurs pieds, au milieu du massif paysagé, des jacynthes rouges forment le mot « Beatles » en lettres capitales[13].

Cette pochette présente une vraie rupture avec les précédents albums car ici, chaque Beatle a sa propre coiffure, son propre costume, sa propre identité mais tous portent la moustache[3]. Le contraste est d'ailleurs accentué par la présence, à leurs côtés, de statues de cire en habits sombres à l'effigie des « anciens Beatles », empruntés du musée Madame Tussauds à Londres. Le très fort décalage entre l'image classique des Fab Four et de leurs alter ego, concepteurs de cet album[13], est d'ailleurs vu par certains fans comme l'annonce d'une rupture proche, qui n'intervient cependant que trois ans plus tard[1].

C'est aussi la première fois qu'on voit, sur une pochette d'album officiel des Beatles, John Lennon porter des lunettes. Myope depuis de nombreuses années, il trouvait que les lunettes ne lui allaient pas. Il doit cependant porter des lunettes rondes pour son rôle dans le film How I Won the War tourné à la fin de l'année 1966 ; il en fait dès ce moment-là sa « marque de fabrique ».

La réalisation de la pochette nécessite donc un travail de composition important, due à Peter Blake, l'un des pères du « pop art »[30], et à Jann Haworth, alors son épouse et fille de Ted Haworth, important directeur artistique de studios cinématographiques qui l'a initiée aux techniques des décors de cinéma. La production est initiée par le collectionneur d'art Robert Fraser (en) (1937-1986), proche ami du groupe, et Michael Cooper (en) (1941-1973) est choisi pour prendre les photos de l'installation assisté de Nigel Hartnup, Trevor Sutton et Andrew Boulton[31]. La direction artistique est effectuée par Al Vandenberg (en)[32] (1932 - 2012). La préparation du décor nécessite deux semaines de travail. Le graphiste britannique Gene Mahon, celui qui dessinera quelques mois plus tard le logo d'Apple Corps, procède au montage des agrandissements photo que Nigel Hartnup et Jan Haworth coloriseront avec des teintures[31]. La session de photos elle même dure plusieurs heures, le au studio du 4 rue Chelsea Manor à Londres[33]. Le coût final de cette pochette s'élève à £2 868 5s 3d[34], soit environ cent fois le coût habituel à l'époque[13].

À l'instar de celle de leur précédent album, Revolver, l'année précédente, la pochette reçoit le prix Grammy dans la catégorie arts graphiques[35]. Jann Haworth et Peter Blake ne reçoivent qu'un forfait de 200 livres sans droits d'auteur prévus (en dépit de leur signature sur la planche à découper), fait qui contrarie toujours ce dernier[36]; « Même les responsables de l'arrangement floral furent mieux payés » a-t-il déclaré[37].

Célébrités présentes sur le visuel de couverture[modifier | modifier le code]

Lewis Carroll, source d'inspiration pour John Lennon, apparaît au troisième rang.

Une particularité remarquable de ce visuel réside dans la quantité et la diversité des personnages que l'on peut voir aux côtés et derrière les Beatles ; en effet, la pochette se présente comme un véritable « portrait de famille », sur lequel apparaissent les personnages à qui ils veulent rendre hommage « sans qui les Beatles n'auraient pas été les Beatles »[13]. Ainsi, on peut y retrouver tout en haut le portrait d'Edgar Allan Poe — à qui il sera plus tard fait référence dans les paroles de I Am the Walrus —, ou encore Bob Dylan — chanteur admiré par le groupe qui leur a fait découvrir la marijuana lors de leur tournée américaine de l'été 1964 —, et enfin Lewis Carroll — dont les écrits inspirèrent la rédaction des paroles de Lucy in the Sky with Diamonds. Poutant, Lennon et McCartney ne soumettent en tout qu'une vingtaine de personnages, Harrison, six gourous dont quatre sont retenus, tandis que Ringo Starr ne soumet aucune proposition[13],[Note 5],[34]. Le reste des personnages sont choisis par Blake, Haworth et Fraser. Curieusement, Elvis Presley (présence trop importante d'après McCartney[34]), Little Richard, Chuck Berry ni Buddy Holly, quatre influences majeures du groupe[38], n'y figurent pas.

Voici la liste des célébrités qui apparaissent sur le diorama de la pochette de l'album, rang par rang, de haut en bas, en partant de la gauche.

Au rang supérieur, on voit Sri Yukteswar Giri (gourou)[Note 6],[38], Aleister Crowley (occultiste), Mae West (actrice), Lenny Bruce (humoriste), Karlheinz Stockhausen (compositeur allemand), W. C. Fields (comédien), Carl Gustav Jung (psychologue), Edgar Allan Poe (écrivain), Fred Astaire (acteur et danseur), Richard Merkin (en) (artiste), une Vargas Girl (dessin de Alberto Vargas), Huntz Hall (acteur)[Note 7], Simon Rodia (concepteur des Watts Towers) et Bob Dylan (auteur-compositeur-interprète).

Au second rang, on trouve Aubrey Beardsley (illustrateur et dandy du XIXe siècle), Robert Peel (Premier ministre britannique du XIXe siècle), Aldous Huxley (écrivain), Dylan Thomas (poète gallois), Terry Southern (écrivain américain), Dion DiMucci (chanteur américain), Tony Curtis (acteur), Wallace Berman (en) (artiste plasticien américain), Tommy Handley (en) (humoriste), Marilyn Monroe (actrice), William S. Burroughs (écrivain), Sri Mahavatar Babaji (gourou immortel), Stan Laurel (acteur), Richard Lindner (artiste de New-York), Oliver Hardy (acteur), Karl Marx (philosophe politique), H.G. Wells (écrivain), Sri Paramahansa Yogananda (gourou), James Joyce (romancier et poète), pratiquement caché à côté d'une tête de mannequin anonyme portant un chapeau rayé.

On peut voir trois fois l'effigie de l'actrice Shirley Temple sur la pochette.

Au troisième rang, on aperçoit Stuart Sutcliffe (ex-Beatle), un autre mannequin non identifié portant un chapeau vert, Max Miller (comédien), une Petty Girl au chapeau mauve (par l'artiste George Petty (en)), Marlon Brando (acteur)[Note 8], Tom Mix (acteur de Western), Oscar Wilde (écrivain), Tyrone Power (acteur), Larry Bell (en) (artiste peintre), David Livingstone (explorateur)[Note 9], Johnny Weissmuller (nageur et acteur), Stephen Crane (écrivain américain) presque caché derrière la main levée de Issy Bonn (en) (comédien), George Bernard Shaw (écrivain), H.C. Westermann (en) (sculpteur) derrière la plume du chapeau d'Harrison, Albert Stubbins (footballeur de Liverpool), Sri Lahiri Mahasaya (gourou), Lewis Carroll (écrivain) et la tête en cire de T.E. Lawrence (officier et écrivain mieux connu sous le nom « Lawrence d'Arabie »)[Note 10],[34],[39].

Au devant, se trouvent : une statue de cire du boxeur américain Sonny Liston, une autre découpe de Petty Girl cette fois au chapeau bleu, les statues de cire des quatre Beatles habillés de noir[Note 11],[40],[41]avec, à peine visible derrière Lennon, le visage de Shirley Temple; les Beatles en chair et en os posant avec leurs costumes militaires colorés (Lennon, Starr, McCartney et Harrison chacun tenant respectivement un cor d'harmonie, une trompette, un cor anglais et un piccolo), puis, les figures découpées du chanteur d'origine canadienne Bobby Breen (en), de l'actrice allemande Marlene Dietrich habillée en jaune, et, en plus petit, de nouveau Shirley Temple devant la découpe d'un soldat anonyme de l'« Ordre des buffles (en) » [Note 12] et à côté de la statue de cire de l'actrice Diana Dors. À l’extrême droite on voit, pour la troisième fois, une représentation de Shirley Temple, mais sous la forme d'une poupée en chiffon[Note 13],[29]. Celle-ci porte le pull rayé d'Adam Cooper[39], le fils du photographe, où est inscrit sur le devant « Welcome The Rolling Stones » et sur les manches « Good Guys » (« Bienvenue les Rolling Stones - Bons gars »). Elle est assise sur les genoux d'une autre « sculpture molle » représentant une vielle dame (The Old Lady[42], 1965). Ces deux poupées ont été conçues par Jann Haworth[43],[Note 14].

Célébrités non incluses ou cachées[modifier | modifier le code]

Pour diverses raisons, d'autres célébrités initialement prévues sur la pochette furent retirées. Ce fut notamment le cas de trois personnages que John Lennon avait souhaité faire apparaître : Jésus-Christ (n'a pas été considéré après la célèbre phrase controversée prononcée à son sujet par le Beatle), Gandhi (présent dans la photo originale mais effacé parce que la maison de disques EMI pensait que sa présence choquerait la communauté indienne) et Adolf Hitler (son effigie a été produite mais rapidement retiré après discussion entre les personnes présentes lors de la séance photo)[44]. L'image de l'acteur Leo Gorcey, dans son rôle de Slip Mahoney des Bowery Boys (en)[45], a elle aussi été effacée en postproduction lorsqu'il a demandé d'être rémunéré[46]. Quant à Germán Valdés (es), dit « Tin Tan », il demanda lui-même à Ringo Starr qu'on le remplace par un Árbol de la vida, un arbre de vie mexicain (es) fabriqué par un potier metepec, qu'il envoie par la poste et qu'on a placé aux pieds de la statue de Diana Dors[47].

Présents dans le montage, les acteurs Timothy Carey et Bette Davis, cette dernière dans son rôle d'Élisabeth Ire du film The Virgin Queen[48], sont cachés par Harrison tandis que le physicien Albert Einstein, duquel on ne voit que les cheveux, est derrière l'épaule droite de Lennon[49]. Ces trois personnalités et les deux autres, qui ont été effacés en post-production, reprennent leurs places sur les pochettes des disques deux, trois et quatre de la réédition du 50e anniversaire. Mais une photo des acteurs Sophia Loren et Marcello Mastroianni tirée d'une scène du film Mariage à l'italienne reste cachée derrière les statues de cire des Beatles[29].

Les costumes[modifier | modifier le code]

Sur cette pochette, chacun des Beatles est vêtu d'un uniforme de parade d'inspiration militaire, période edwardienne en satin, d'une couleur extrêmement vive et personnalisée à la peinture fluorescente. John Lennon porte un costume vert et jaune, Paul McCartney est vêtu de bleu, George Harrison de rouge et Ringo Starr de rose. Ces uniformes, fabriqués par la firme M. Berman Ltd[34], mais conçus par Manuel Cuevas (en)[50] connu pour avoir dessiné des costumes de scène pour de nombreux chanteurs, comportent aussi des insignes particuliers à chaque membre : Lennon arbore les armes royales du Royaume-Uni sur sa manche droite et les médailles militaires du grand-père de Pete Best, empruntée de sa mère Mona, au devant, à gauche, à peine visibles. Harrison et McCartney portent leurs médailles de l'Ordre de l'Empire britannique, qui leur furent donnés par la reine Elizabeth en 1965[51]. Un écusson de la police provinciale de l'Ontario portant les initiales « O.P.P. » (pour Ontario Provincial Police), est apposé sur la manche gauche de McCartney. En 1969, lors de la propagation d'une rumeur supposant que ce dernier était mort, on avait prétendu que c'était « O.P.D. » qui était inscrit sur cet écusson, soit « Officially Pronounced Dead » (« officiellement déclaré mort »)[52],[53].

Les autres visuels[modifier | modifier le code]

Aux pieds des Beatles, on voit sur la pochette du disque un certain nombre d'objets parmi les fleurs et les plantes en pots. De gauche à droite, on distingue : un boa violet, un nain de jardin (devant un massif de jacinthes bleues), un narguilé, un fukusuke (en) (souvenir de Lennon de la tournée au Japon[54]), une figurine de Blanche Neige, un euphonium, un trophée, un buste (qui vient des jardins du domaine de Lennon[Note 15],[29]), un petit poste de télévision Sony (acheté par McCartney au Japon[54]), une figurine féminine, la céramique mexicaine dite de l'Arbre de vie, une petite statue de pierre (sous le pied gauche de la poupée en chiffon) et, enfin, au premier plan, la statuette d'une divinité indienne, Lakshmi entourée de fleurs rouges et blanches[55]. Des jacinthes rouges sont disposées de façon à écrire le mot « Beatles », des jaunes placées en forme de guitare et finalement un autre petit massif de fleurs blanches, bleues, rouges et jaunes en forme d'étoile.

La grosse caisse, sur laquelle est peint le titre du disque, est celle du Essex Yeomanry Regiment (en), un régiment de cavalerie, débarqué au Havre en décembre 1914, et qui aura tout de suite été plongé dans l’horreur de la Grande Guerre avec ses chevaux. Membre de cette unité, Henry Harrison, le grand-père de George Harrison[56], avait succombé au premier jour de la bataille de Loos-en-Gohelle, le 25 septembre 1915. Le nom de cette bataille, figure en toutes lettres sur le fût avec d'autres batailles de la Somme[57]. En 1964, Ringo Starr portait cette grosse caisse (probablement offerte par les descendants des soldats de ce régiment) pendant que le reste du groupe posait avec des cornemuses lors d'une séance photo dans les jardins du « Ambassador's Club » à Londres[58],[59].

Pour la seconde fois, après Beatles for Sale, la pochette du 33 tours est double et peut s'ouvrir comme un livre, faisant apparaître plein cadre sur fond jaune uni une photo plus resserrée du groupe toujours en uniforme et assis par terre, qui permet l'insertion d'un supplément[13]. À l'origine, le groupe avait pour projet d'y inclure plus d'images, des crayons de couleurs ou des pin's. Cependant, face au coût potentiel d'une telle opération, la production se résigna à n'inclure qu'une simple planche uniface d'accessoires à découper, signé par Blake et Haworth, et numérotés en un encadré descriptif intitulé Sgt. Pepper Cut-Outs. Parmi ces cinq accessoires, on trouve dans l'ordre énuméré : une moustache postiche, une carte postale figurant un militaire et légendée Sgt. Pepper, une paire de chevrons qui marquent le grade de sergent à appliquer sur ses manches, deux badges (le logo de l'album et le portrait du sergent), et enfin un portrait « présentoir » des Beatles. Sous cette photo du groupe, on voit une section de cercle (rattachée à la partie à plier) sur lequel est écrit « Sgt Peppers Band » (encore sans l'apostrophe du génitif) avec des lettres décorées d'anciennes photos de visages de femmes. Bien que la légende, présente sur les rééditions du disque, indique que le portrait de la carte postale est inspiré du buste placé aux pieds de Harrison sur la couverture du disque, ce personnage est en fait le major général James Melvin Babington, du 16th Queen’s Lancers (en) de la première cavalerie postée en Afrique du Sud lors de la seconde guerre des Boers, tel que vu sur son portrait officiel[60].

L'endos de la pochette comporte une autre innovation; aucun autre album n'avait auparavant inclus les paroles des chansons[13]. Sur cette face de la pochette, on retrouve une autre photographie des Beatles, où McCartney est vu de dos.

Enfin, pour les premières éditions, le disque vinyle lui-même était proposé dans une pochette de protection imprimée d'un motif dégradé de rouge[61] dessinée par The Fool (en). Ce design fut intégré au livret de la réédition du 20e anniversaire et on le retrouve aujourd'hui sur les pages collées à l'intérieur de la couverture rigide du livre accompagnant la réédition 50e anniversaire. Ce duo d'artistes, Marijke Koger et Simon Posthuma, avaient aussi créé un dessin pour l'intérieur de la pochette mais celui-ci a finalement a été abandonné. Ils créeront plus tard l'illustration psychédélique qui couvrira, pour quelques mois seulement, les trois étages de l'édifice abritant la boutique Apple (en) sur Baker Street à Londres[62].

Réception[modifier | modifier le code]

À sa sortie, Sgt. Pepper reçoit un accueil très favorable des critiques et du public. Beaucoup de revues de l'album apparaissant dans les journaux et magazines musicaux en , immédiatement après le lancement de l'album, étaient généralement positives. Le critique du Times Kenneth Tynan décrit Sgt. Pepper comme « un moment décisif dans l'histoire de la civilisation occidentale »[63].

Un critique notable qui n'a pas aimé l'album est Richard Goldstein, du New York Times, qui a écrit : « Comme un enfant attendu, Sergeant Pepper est gâché. Il présente des cors et des harpes, des quartets d'harmonica, plusieurs bruits d'animaux, et un orchestre de 41 musiciens » et a ajouté que « c'est un album d'effets sonores, superbe mais en définitive frauduleux »[63],[64]. Cette revue provoqua l'envoi de plusieurs lettres furieuses à Goldstein[63]. D'un autre côté, Goldstein a décrit la chanson A Day in the Life comme « une excursion morbide dans la musique émotive avec de bonnes paroles », et qu'elle « reste la plus importante chanson du couple Lennon/McCartney, et qu'elle est un évènement pop historique »[64].

Le musicien rock qui s'est moqué de l'album est Frank Zappa, qui a accusé les Beatles d'utiliser l'esthétisme du « Flower Power » à des fins mercantiles, mentionnant dans un article du magazine Rolling Stone qu'il sentait qu'ils « étaient là juste pour l'argent ». Cette critique est plus tard devenu le titre de l'album des Mothers of Invention We're Only in It for the Money, qui se moquait de Sgt. Pepper avec une pochette similaire[65]. Ironiquement, lorsque l'enregistrement de Sgt. Pepper a été terminé, Paul McCartney a dit : « Cet album sera notre Freak Out! », qui fait référence au premier album de Zappa (1966), considéré par beaucoup de personnes comme un des premiers albums-concept.

La durée de vie de l'album dans les charts britanniques et américains est phénoménale. En Grande-Bretagne, il entre à la 8e position avant même sa sortie et atteint la première place la semaine suivante où il reste pendant 23 semaines consécutives. Il est ensuite détrôné par la bande sonore du film La Mélodie du bonheur. Lors de la réédition en CD de l'album en 1987, il atteint la troisième place. En juin 1992, le CD est réédité pour le 25e anniversaire de l'album, et atteint la sixième position. En 2007, pour commémorer les 40 ans de sa parution, Sgt. Pepper entre à nouveau dans les charts à la 47e place. Il atteint les première et troisième positions en Angleterre et aux État-Unis suite à son remixage pour le cinquantième anniversaire de sa sortie en 2017[66]. En tout, à ce jour, l'album a passé 269 semaines dans les charts britanniques[67].

En 1968, Sgt. Pepper est le premier album rock à gagner le Grammy Award de l'album de l'année. Les ventes aux États-Unis totalisent 11 millions d'albums vendus. Il se vend à 32 millions d'exemplaires à travers le monde[68],[69]. L'album a figuré sur bon nombre de listes des meilleurs albums rock, comme le magazine Rolling Stone, Bill Shapiro, Alternative Melbourne, Rod Underhill et VH1. En 1997, Sgt. Pepper a été nommé plus grand album de tous les temps dans la liste Music of the Millennium. En 1998, le magazine Q l'a placé à la position n° 7. Selon le site Acclaimedmusic.net [70], l'album est 5e sur la liste des albums les plus acclamés de tous les temps par la critique.

Sgt. Pepper est sélectionné en 2004 pour figurer au Registre national des enregistrements (National Recording Registry) de la Bibliothèque du Congrès américain[71].

Pour un grand nombre de spécialistes en « beatlologie », Sgt. Pepper, reste le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre[72].

L'été de l'amour[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Summer of Love.

Les Beatles et leur évolution sur le plan personnel et artistique ont également joué un rôle dans la portée qu'a eu le Summer of Love. L'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band sortit le 1er juin 1967 en Europe et le lendemain aux États-Unis. Par ses influences psychédéliques, ses instruments indiens, sa pochette aux couleurs vives, l'album synthétisait l'essence même du Summer of Love, même si seules quatre chansons « font effectivement référence aux bouleversements dus à l'émergence de cette nouvelle culture au sein de la jeunesse » : Lucy in the Sky with Diamonds, She's Leaving Home, Within You Without You et A Day in the Life[1].

Une copie du disque, achetée en Europe et importée par une agente de bord le 1er juin 1967, a été présentée en boucle de 14 heures à 2 heures du matin, au Pavillon de la jeunesse lors de l'Expo 67 à Montréal. Des centaines de personnes ont pu l'écouter 24 heures avant sa sortie officielle en Amérique du Nord[73].

À cette époque, les Beatles ont dépassé leur image de « bons garçons », et le 25 juin 1967, leur chanson All You Need Is Love, écoutée dans le monde entier, insistait sur les idéaux d'amour, de paix et d'unité véhiculés par la contre-culture.

Allusions à la drogue[modifier | modifier le code]

Parallèlement au caractère excentrique des images de la pochette (costumes militaires extravagants entre autres) et le foisonnement exubérant des arrangements psychédéliques[74], l'allusion à la drogue qui apparaît évidente pour la plupart des observateurs de l'époque est le texte surréaliste et surtout les initiales (LSD) de la chanson Lucy in the Sky with Diamonds. Mais son auteur, John Lennon, explique qu'en fait il est parti d'un dessin que son fils Julian, alors âgé de quatre ans, a ramené de sa classe de maternelle en lui expliquant qu'il avait dessiné sa copine Lucy O'Donnell « dans le ciel avec des diamants »[1]. Le compositeur, qui cite aussi Lewis Carroll et son œuvre Alice au pays des merveilles comme source d'inspiration, est le premier étonné de l'interprétation qui est faite de son titre[3]. D'ailleurs, ce disque est sorti le 1er juin 1967, donc bien avant l'interdiction du LSD décrétée en 1971[Note 16].

John Lennon et Paul McCartney écrivent ensemble la dernière phrase avant la montée orchestrale dans A Day in the Life, « I'd love to turn you on » (qui se traduit soit par « J'aimerais te brancher » (socio-politique), « J'aimerais t'allumer » (séducteur), ou « J'aimerais t'initier ») (prosélyte), qui fait scandale pour ses connotations et provoque son interdiction sur la radio britannique[1] (en plus du caractère révolutionnaire de sa structure, totalement inédite sur les ondes jusqu'alors).

L'héroïne joue également un rôle dans l'interdiction de deux autres chansons de l'album à l'antenne : Fixing a Hole — dont le titre supposerait que le chanteur se fait un « fix », alors que Paul McCartney parle seulement de « boucher un trou » dans le plafond d'une ferme en mauvais état — et Being for the Benefit of Mr. Kite! — à cause du personnage Henry the Horse, puisque « horse » signifie « héroïne » en argot anglais. Ce sont pourtant des interprétations totalement erronées de la part des « autorités compétentes »[1].

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par John Lennon et Paul McCartney, sauf mention contraire. 

Personnel[modifier | modifier le code]

The Beatles

Musiciens additionnels

Rééditions[modifier | modifier le code]

Édition 20e anniversaire[modifier | modifier le code]

Ce disque a été réédité en CD la première fois simultanément à son 20e anniversaire, le 1er juin 1987. Lors de cette réédition de tous les disques du groupe en ce format durant l'année, l'album est le seul qui possède des suppléments. Une jaquette de carton tient le boîtier « jewel » et un livret accompagnateur. Celui-ci comprend une citation de George Martin, un texte et des notes sur l'enregistrement de toutes les chansons par Mark Lewisohn (non crédité à l'époque; seul son livre (en), d'où le texte est tiré, l'est), un texte de l'artiste Peter Blake, une légende pour identifier les personnages, plusieurs nouvelles photos, les paroles des chansons et finalement, les dessins de la planche à découper placés sur quatre pages repliées de la couverture. Inséré dans la partie avant du boîtier sur une feuille recto-verso, on revoit la photo de la pochette et à l'endos, une reproduction de celle-ci mais n'affichant que le contour des personnages numérotés pour accompagner la légende[75]. Sur l'endos du boîtier et de la jaquette, on voit la photo du groupe, où McCartney est de dos, sous la liste des chansons et à gauche des détails techniques de la publication. On utilise de l'encre rouge pour l'identification sur le disque lui-même.

Édition de 2009[modifier | modifier le code]

Comme tous les autres disques cette fois, la rematérisation du 9 septembre 2009 élimine les boîtiers en plastique pour des pochettes cartonnées qui s'ouvrent en trois parties; à droite se trouve une pochette pour y insérer le disque et à gauche un repli pour le livret. Toutes les photos de la version originale s'y trouvent en plus de plusieurs autres. Paul McCartney est l'auteur d'un texte d'introduction et les autres de l'édition précédente y sont inclus (cette fois Lewishon est crédité). On y retrouve encore la légende pour la photo de couverture, les paroles et la planche à découper, cette fois reproduite à l'identique de l'originale. Comme sur tous les autres titres de la réédition, deux nouveaux textes sont inclus, un sur l'historique du disque (par Kevin Howlett et Mike Heatley) et l'autre sur l'enregistrement de l'album (par Allan Rouse et Howlett) et l'étiquette du label original, celle-ci « Parlophone », est imprimée sur le disque.

Éditions 50e anniversaire[modifier | modifier le code]

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band Anniversary Editions
Réédition de The Beatles
Sortie
Producteur Giles Martin
Label Apple Records

Albums de The Beatles

Le , des éditions du 50e anniversaire sont publiées[76]; une version Super Deluxe avec six disques (comprenant un DVD et un Bluray) et un livre à couverture rigide de 114 pages, une version Deluxe comprenant deux disques et finalement l'album seul remixé par Giles Martin et Sam Okell[77]. Ce disque a retrouvé la première position des palmarès britannique pour la semaine du 2 au 8 juin 2017[78] et la troisième place du Billboard aux États-Unis[66].

Album original remixé[modifier | modifier le code]

L'album original est remixé par le producteur Giles Martin (le fils du producteur des Beatles) et l'ingénieur de son Sam Okell aux studios Abbey Road, les mêmes qui ont remastérisé et modernisé le son de la compilation 1 en 2015. Cette nouvelle version stéréo est calquée en grande partie sur la version originale mono qui a été effectuée par George Martin en 1967 en présence du groupe[79]. On utilisa cette fois les bandes maîtresses quatre pistes originales, qui avaient dues être recopiées à l'époque sur une ou deux pistes d'un autre magnétophone pour permettre des enregistrements supplémentaires; la technique dite du « bouncing down ». Ceci permettait de rajouter d'autres voix ou instruments mais avait comme résultat de dégrader la qualité du son[80].

La nouvelle version de cet album est mise en marché en CD ou en téléchargement. Deux versions en vinyle 180 grammes, noir ou en « picture-disc », seront aussi disponibles le 15 décembre 2017[81].

Version Deluxe[modifier | modifier le code]

Cet album double inclut l'album original remixé en plus d'un second disque avec des versions primitives de ces séances d'enregistrement présentées dans le même ordre que les chansons sur l'album y compris un montage inédit de A Day in the Life qui inclut des voix fredonnant à l’unisson la note mi en finale. De plus, les chansons Strawberry Fields Forever et Penny Lane, enregistrées à la même époque mais sorties en single, ont été rajoutées. La première avec le mixage qui accompagnait la réédition du film promotionnel sur le disque 1+, publiée en 2015, et l'autre avec un tout nouveau mixage sur lequel les quatre partitions de piano ont été séparées[82]. On y retrouve aussi les deux versions originales de Strawberry Fields Forever et l'enregistrement des quatre partitions de piano de Penny Lane.

Cette collection est disponible en CD, en vinyle 180 grammes ou en téléchargement.

Un fac-similé de l'affiche qui inspira les paroles de Being for the Benefit of Mr Kite! fait partie de la réédition.

Version Super Deluxe[modifier | modifier le code]

Cette version en six disques comprend encore l'album original remixé avec, cette fois, les versions inachevées sur deux disques. Tous les enregistrements du disque inédit précédent s'y retrouvent mais de nombreux autres ont été rajoutés. Cette fois, ces chansons sont présentées en ordre chronologique des enregistrements en studio. Le dernier CD renferme une remastérisation des mixages mono originaux avec des suppléments. Finalement, le disque Blu-ray possède des mixages audio son « DTS HD Master Audio 5.1 », « Dolby TrueHD 5.1 » et « LPCM Stéréo » et une version haute résolution audio (en) (96KHz/24bits). Le DVD possède un mixage « DTS 5.1 », « Dolby Digital 5.1 » et « LPCM Stéréo »[83]. Tous deux incluent un documentaire sur l'enregistrement du disque et trois vidéoclips. Une version en téléchargement sera disponible le 15 décembre 2017[81].

Les quatre CD possèdent des pochettes différentes; le premier avec les photos recto-verso originales et les trois autres avec des clichés alternatifs. Les deux pochettes des DVD arborent chacune un des deux designs effectués par l'artiste Joe Ephgrave sur la peau de la grosse caisse. Les six disques, insérés dans une pochette dans le style du 33-tours original, un livre de 144 pages, la reproduction du poster promotionel de l'époque, un fac-similé de l'affiche qui inspira la chanson Being for the Benefit of Mr. Kite! et les illustrations à découper du disque original sont placés dans un boîtier simulant la boîte de rangement de la bobine de la bande maîtresse de l'album. Sur l'édition canadienne du moins, des notes manuscrites en encre rouge y sont écrites en français. La boîte est recouverte d'une jaquette cartonnée avec la photo de la pochette présentée en trois dimensions par imagerie lenticulaire. Le boîtier de la version japonaise inclut un diorama en carton à monter et un poster supplémentaire[Note 17],[84].

Le montage sonore Carnival of Light, enregistré lors des séances de Penny Lane, et la chanson Only a Northern Song, enregistrée après A Day in the Life[25] et qui n'a été publiée qu'en 1969 sur la bande son Yellow Submarine, n'ont pas été inclus.

Documentaire[modifier | modifier le code]

Apple Corps a produit le documentaire Sgt. Pepper’s Musical Revolution écrit et présenté par le compositeur et animateur de télévision Howard Goodall[86]. Celui-ci est aussi l’auteur du chapitre du même nom du livre accompagnateur de la réédition Deluxe. L'émission télé d'une heure, réalisée par Francis Hanly, a été présentée sur la BBC au Royaume-Uni, sur la chaîne franco-allemande Arte en Europe continentale et sur PBS en Amérique du Nord mais n'a pas été incluse avec les rééditions.

Parodies, pastiches et reprises[modifier | modifier le code]

Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2012, où il est fait référence à cet album des Beatles.

En 1968, Frank Zappa parodie la pochette de Sgt. Pepper avec son album We're Only in It for the Money (« Nous ne faisons ça que pour l'argent. »), créé avec son groupe les Mothers of Invention.

Un autre pastiche est réalisé pour The Rutles, une émission d'Eric Idle des Monty Python qui entreprend de caricaturer la carrière des Beatles à la manière du fameux groupe d'humoristes, avec la bénédiction — et en partie le financement — de son ami George Harrison, plus le concours de Paul Simon et Mick Jagger, qui y jouent leur propre rôle. Les pastiches des chansons des Beatles, créés pour l'émission, sont autant de clins d'œil aux « tics » musicaux de leurs modèles — Ouch! imité de Help!, Cheese and Onions qui a les accents de A Day in the Life, Piggy in the Middle évoquant I Am the Walrus, Doubleback Alley qui est le cousin de Penny Lane, et plusieurs autres.

Les Bidochons pastichent aussi cette pochette pour leur album The Beadochons. Elle l'est également pour l'album Tropical Tribute to the Beatles. Le dessinateur Pierre Ouin en fait un pastiche dans le numéro 21 du journal Les Allumés du Jazz, avec Carla Bruni, Nicolas Sarkozy et leurs amis autour de la grosse caisse. Autre pastiche avec l'album Golden Throats (en), compilation de tubes interprétés (souvent de façon involontairement hilarante) par des acteurs (Mae West, Leonard Nimoy ou son compère William Shatner, qui chante justement Lucy in the Sky with Diamonds). Toutefois, ce n'est pas cette pochette qui sera la plus pastichée, mais celle d'Abbey Road (1969).

Cet album a souvent été imité, voire repris dans sa totalité. Dès 1967, l'album est entièrement adapté par l'arrangeur et compositeur anglais de musiques de films Peter Knight, pour être joué par son orchestre, Peter Knight and His Orchestra, en conservant exactement le même titre. Auparavant, il avait sorti un simple avec la chanson Within You Without You. En 1988, le journal New Musical Express édite un album intitulé Sgt. Pepper Knew My Father, où les chansons sont interprétées par différents artistes tels Sonic Youth, The Fall ou Wet Wet Wet. En 1992, c'est le groupe américain Big Daddy (en), spécialisé dans la parodie, qui reprend le disque dans son intégralité, sous le titre abrégé de Sgt. Pepper, sur le label Rhino Records. En 2009, les Easy Star All-Stars reprennent la totalité du contenu de Sgt. Pepper, en reggae, sous le titre Easy Stars Lonely Hearts Dub Band. Enfin, en 2017, le duo Palette-Swap Ninja (Dan Amrich et Jude Kelley) enregistre une version combinant les mélodies du disque avec le scénario du film Star Wars[87].

À noter également, la chanson La Génération du sergent Poivre de Michel Berger, sortie en 1976 sur son album Mon piano danse. Dans la version enregistrée en 1980 en public (Michel Berger au Théâtre des Champs-Élysées), l'introduction et le final de la chanson reprennent brièvement (instrumentalement) des chansons des Beatles (respectivement Eleanor Rigby et Yesterday).

Il est également fait référence à cet album lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2012 mise en scène par Danny Boyle.

A l'occasion de la Fête de la musique 2017 et du 50e de sa sortie, la radio FIP a invité, pour un concert en direct, le groupe-tribute The Rabeats, accompagné d'un orchestre classique, afin de rendre un hommage à ce disque, ainsi qu'à Magical Mystery Tour survenu la même année[88].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul McCartney a affirmé : « Pet Sounds fut une source d'inspiration essentielle lors de l'élaboration de Sgt. Pepper... une influence majeure. Il reste l'un de mes albums préférés, simplement à cause de ses innovations musicales. Je pensais simplement : « Bon Dieu. C'est le meilleur album de tous les temps. Qu'allons-nous faire ? » » Source : David Leaf, 1990, p. 9, cité dans Christophe Pirenne, Le Rock progressif anglais (1967-1977), Paris, Librairie Honoré Champion, coll. « Musique - Musicologie », , 354 p. (ISBN 9782745312006), p. 69.
  2. Les possesseurs de platines automatiques n'entendront pas ce passage, puisque le bras se relève précisément avant d'atteindre cette position. Seuls les audiophiles possesseurs de platines manuelles le découvriront.[réf. nécessaire]
  3. Il omet l'apostrophe du génitif dans le mot « Pepper's ».
  4. On peut maintenant voir les deux designs, une par pochette des disques vidéo de la réédition du 50e anniversaire.
  5. Haworth affirme que le batteur aurait suggéré quelques personnages dont Issy Bonn.
  6. À part Babaji qui est un personnage mythique et immortel, les trois autres gourus sont liés entre eux; Giri avait comme maître Lahiri et comme disciple Yogananda.
  7. Dans son rôle de Sach Jones des films des Bowery Boys (en).
  8. Sous les traits de Johnny Strabler du film The Wild One.
  9. D'après une photo prise lors de cette journée, on semble voir la tête en cire de Livingstone dans une caisse à côté de celle de T.E. Lawrence.
  10. On croit que neuf têtes de cire du musée Mme Tussauds ont été utilisées lors de cette journée; les quatre Beatles, Sonny Liston, Diana Dors, T.E. Laurence, possiblement David Livingstone et une dernière dont l'identité reste inconnue. On peut voir sur une photo prise durant la journée, la statue d'un nageur non identifé.
  11. Les têtes ont ensuite été entreposées au musée mais perdues pour plus de vingt ans. Mises en enchères en 2005, elles ont été adjugées pour £81,500.
  12. Avec le numéro 1197 sur son couvre-chef.
  13. Certaines sources affirment qu'elle n'est pas une représentation de la jeune actrice mais simplement une poupée anonyme créée par l'artiste.
  14. Une autre de ses « sculptures molles » grandeur nature et en pieds, celle d'un cow-boy vêtu d'habits pâles, est visible hors-cadre dans les marges de certains clichés préparatoires, mais n'apparaît pas sur la pochette.
  15. On peut voir ce buste sur un cliché pris lors de la séance photo qui illustrera la pochette du disque Hey Jude
  16. L'acide Lysergique ne fut proscrit qu'à partir de la Convention sur les Substances Psychotropiques, convoquée par l'Organisation des Nations Unies, qui fut ratifiée le 21 février 1971 et fut mise en application en 1976. Exceptée dans certains pays (comme le Canada ou aux U.S.A.) qui n'attendirent pas la convention pour réglementer (à la fin des années 1960). Avant son interdiction par l’ONU, la firme suisse Sandoz le distribue légalement sous la forme d’une préparation liquide, de la fin des années 1940 à 1966 ; période durant laquelle la question de l'utilisation de cette substance fit l'objet de débats démocratiques, certains médias étant « pour » (ex : Time Life), ainsi que des universitaires ; sans parler de l'Armée américaine, qui espérait en faire un sérum de vérité...(Cf. [1])
  17. Une version couleur de l'affiche publicitaire « Remember, Sgt. Pepper is the Beatles ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Steve Turner, L'Intégrale Beatles : Les Secrets de toutes leurs chansons [« A Hard Day's Write: The Stories Behind Every Beatles Song »], Hors Collection, (ISBN 2-258-06585-2), p. 133-156.
  2. (en) « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band - The Beatles », sur Rolling Stone, (consulté le 11 mars 2008).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Collectif, The Beatles Anthology, Seuil, (ISBN 2-02-041880-0).
  4. (en) « George and Pattie Harrison travel to India », sur The Beatles Bible (consulté le 13 août 2017).
  5. (en) « John Lennon films How I Won The War in Spain », sur The Beatles Bible (consulté le 13 août 2017).
  6. https://www.beatlesbible.com/people/paul-mccartney/albums/the-family-way/
  7. (en) « Paul McCartney meets Mal Evans in Bordeaux, France », sur The Beatles Bible (consulté le 13 août 2017).
  8. (en) « You Gave Me the Answer: Sgt. Pepper Special », sur Paul McCartney, (consulté le 13 août 2017).
  9. (en) Geoff Emerick, Here, There and Everywhere: My Life Recording the Music of The Beatles, Gotham Books, , 400 p. (ISBN 1592401791), p. 132.
  10. « L'origine du Sgt. Pepper », sur Yellow-Sub (consulté le 13 août 2017).
  11. (en) Josh K. Elliott, « Real Sgt. Pepper was straitlaced Canadian cop, no fan of The Beatles », sur CTV News, (consulté le 13 août 2017).
  12. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions: The Official Story of the Abbey Road Years, Londres, Hamlyn, (ISBN 0-600-55784-7).
  13. a, b, c, d, e, f, g et h Notes à l'intérieur de la pochette de l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, 1987.
  14. (en) Aaron Krerowicz, « Did it Really Take 700 Studio Hours to Create Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band? », sur Aaron Krerowicz, professional Beatles scholar, (consulté le 29 mai 2016).
  15. Elian Jougla, « La musique pop et son histoire », sur Piano Web (consulté le 14 mars 2008).
  16. Steve Turner, op. cit., p. 134.
  17. (en) George Martin et William Pearson, Summer of Love: The Making of Sgt. Pepper, Londres, MacMillan, , 192 p. (ISBN 033034210X), p. 157. Cité dans Christophe Pirenne, Le Rock progressif anglais (1967-1977), Paris, Librairie Honoré Champion, coll. « Musique - Musicologie », , 354 p. (ISBN 9782745312006), p. 71.
  18. Christophe Pirenne, Le Rock progressif anglais (1967-1977), Paris, Librairie Honoré Champion, coll. « Musique - Musicologie », , 354 p. (ISBN 9782745312006), p. 71-72.
  19. (en) Dave Rybaczewski, http://www.beatlesebooks.com/, Beatles Music History, pages variées à consulter, DKR Products Toledo, Ohio. Consulté le 18 novembre 2017
  20. http://www.beatlesebooks.com/sixty-four.
  21. (en) Dave Rybaczewski, http://www.beatlesebooks.com/only-a-northern-song, The Beatles ebook, DKR Products Toledo, Ohio. Consulté le 7 août 2017
  22. http://apeuk.org/a-million-volt-light-and-sound-rave/
  23. https://recordmecca.com/item-archives/the-beatles-million-volt-light-sound-rave-poster/
  24. a, b et c (fr) « Révolution en studio », sur Lucy in the Web, (consulté le 12 mars 2008).
  25. a et b (en) Dave Rybaczewski, http://www.beatlesebooks.com/a-day-in-the-life, BEATLES MUSIC HISTORY, DKR Products Toledo, Ohio. Consulté le 23 juillet 2017
  26. Kevin Howlett, « Sgt. Pepper Arrives », tiré du livre accompagnateur de l'édition Deluxe du 50e anniversaire.
  27. (en) « Jann Haworth: The forgotten creator of the Sgt. Pepper cover », BBC Arts,‎ (lire en ligne).
  28. http://www.shada.plus.com/ephgrave.html
  29. a, b, c et d (en) Michael Mason, « The Sgt Pepper Album Cover Shoot Dissected », sur fab4art.com (consulté le 11 juin 2017)
  30. Cf. l'article de Sarah Etlinger, en bibliographie.
  31. a et b https://sgtpepperphotos.wordpress.com/
  32. (en) « Al Vandenberg's Vibrant Celebration of London », AnOther,‎ (lire en ligne).
  33. (en) Joe ?, « 'Cover shoot for Sgt Pepper », sur beatlesbible.com (consulté le 11 juin 2017)
  34. a, b, c, d et e https://issuu.com/daviddunnico/docs/pop_art_the_cover_of_sgt._pepper_by
  35. « Grammy Awards 1967 », infoplease.com (consulté le 23 mai 2008).
  36. Charlotte Higgins, « It was 37 years ago today, and Sgt Pepper cover has still failed to pay », The Guardian (consulté le 9 mai 2008).
  37. ABIGAIL CAIN, « How The Beatles Immortalized the Legacy of Pioneering British Pop Artist Peter Blake », ARTSY (consulté le 7 août 2017)
  38. a et b Jonathan Gould, Can't Buy Me Love: The Beatles, Britain and America, 2007, Crown Archetype. (ISBN 0-307-3533-70)
  39. a et b http://www.vintag.es/2014/06/photos-of-making-cover-for-sgt-peppers.html#more
  40. http://www.cnn.com/2005/SHOWBIZ/Music/10/28/beatles.waxworks/index.html
  41. https://new.liveauctioneers.com/item/1269353_273-the-beatles-waxwork-heads-from-sgt-peppers-cover
  42. (en) Document photographique de la sculpture originelle, dans BBC Programmes Archives.
  43. (en) Ariel Scotti, « Beatles book goes behind the scenes of 'Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band' 50 years after album's release », NEW YORK DAILY NEWS,‎ (lire en ligne).
  44. Kevin Howlett, « The Cover Story », tiré du livre accompagnateur de l'édition Deluxe du 50e anniversaire.
  45. (en) Rush Evans, « Sgt. Pepper – The album cover », goldmine Magasine,‎ (lire en ligne).
  46. (en) Olivia B. Waxman, « The Story Behind the Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band Album Cover », http://time.com,‎ (lire en ligne).
  47. (es) Carlos Ibarra, « LA EXTRAÑA RELACIÓN ENTRE THE BEATLES Y TIN TAN », http://Gritaradio,‎ (lire en ligne)
  48. (en) « 'BETTE DAVIS: 'THE VIRGIN QUEEN' (KOSTER, 1955) », sur [2], (consulté le 22 août 2017).
  49. (en) raul, « The 5 Removed & Obscured Famous People On The Beatles “Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band” Album Cover », Feel Numb,‎ (lire en ligne).
  50. https://wearemitu.com/mitu-world/the-guy-who-made-elvis-wear-a-jumpsuit-was-mexican/
  51. (en) http://www.dailymail.co.uk/news/article-459090/Revealed-The-REAL-Sergeant-Pepper.html.
  52. (en) « Paul is Dead » - Sgt. Pepper's Front Cover Clues.
  53. http://www.costumersguide.com/cr_pepper.shtml
  54. a et b http://www.japantimes.co.jp/news/2010/07/10/national/beatles-sgt-pepper-album-cover-mystery-a-piece-of-japanese-history/#.WUG9W2jhDcs
  55. http://www.peppercover.com/
  56. The Beatles: All These Years, Volume 1 – Tune In, Mark Lewisohn, Harmony Books, 2013, page 27
  57. Gael Rivallain, « Amiens sur la grosse caisse de Sergent Pepper’s », Courrier Picard,‎ (lire en ligne)
  58. Hubert Féret, « Quand la Grande Guerre rapproche Arras et les Beatles ! », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  59. illustration découverte par Jean-Claude Hocquet
  60. (en) Steve Marinucci, « Book Unveils Identity of Soldier Seen on Album Cover », Variety.com,‎ (lire en ligne).
  61. (en) L'ensemble de la pochette est visible sur The Beatles-Collection, avec agrandissements possibles.
  62. Marijke Koger Dunham, « The Cover Story », tiré du livre accompagnateur de l'édition Deluxe du 50e anniversaire.
  63. a, b et c (en) « Reactions to Sgt. Pepper », sur Icons (consulté le 14 mars 2008).
  64. a et b (en) Richard Goldstein, « We Still Need the Beatles, but... », The New York Times,‎ ..
  65. La pochette parodique de l'album We're Only in It for the Money.
  66. a et b (en) Daniel Kreps, « On the Charts: 50 Years Later, Beatles' 'Sgt. Pepper' Back in Top Three », Rolling Stone,‎ (lire en ligne)
  67. http://www.officialcharts.com/chart-news/the-beatles-sgt-pepper-at-50-12-awesome-facts-about-the-iconic-record__19201/
  68. (en) Lee Zimmerman, « This Month in Music History: The Greatest Album Ever Made makes its debut », Goldmine,‎ (lire en ligne).
  69. (en) Keiron Pim, « Peter Blake and the Art of Rock and Roll », Eastern Daily Press,‎ (lire en ligne).
  70. http://www.acclaimedmusic.net/
  71. (en) « 'Sgt. Pepper' enshrined », Associated Press, .
  72. Pierre Merle et Jacques Volcouve, Les Beatles, Paris, Solar, 1987.
  73. Vanessa Guimond, « Expo 67: le lieu de toutes les découvertes », journaldemontreal,‎ (lire en ligne).
  74. https://www.ouest-france.fr/culture/sgt-pepper-s-et-les-10-disques-psychedeliques-qui-ont-marque-1967-5032360
  75. http://albumlinernotes.com/Sgt_Pepper__Beatles_.html.
  76. http://www.mirror.co.uk/news/uk-news/two-iconic-beatles-songs-finally-9970665.
  77. https://www.axs.com/the-beatles-raid-the-vaults-for-sgt-pepper-s-lonely-hearts-club-band-a-116951.
  78. http://www.officialcharts.com/search/albums/sgt%20pepper's%20lonely%20hearts%20club%20band/
  79. (en) Tom Landy, « The Beatles' 'Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band: Super Deluxe Edition' Blu-ray Announced », High-Def Digest,‎ (lire en ligne).
  80. (en) Chris Morris, « The Beatles’ ‘Sgt. Pepper’s’ Revisited: Giles Martin Takes on ‘Humbling’ Task », Variety.com,‎ (lire en ligne).
  81. a et b http://www.thebeatles.com/news/we-are-ringing-holidays-new-global-beatles-releases
  82. Livre accompagnateur de l'édition Super Deluxe.
  83. Pochette des disques.
  84. http://www.cdjapan.co.jp/feature/The_Beatles_Sgt_Pepper_Japan_Exclusive_SHM_Set
  85. http://www.beatlesonfilm.rocks/documentaries_3.html
  86. https://www.pbs.org/program/sgt-peppers-musical-revolution/
  87. (en) ROBIN HILTON, « 'Sgt. Pepper's' Becomes A 'Star Wars' Parody In Comical New Album », NPR Music,‎ (lire en ligne).
  88. http://www.fipradio.fr/emissions/live-fip/2017/live-fip-the-rabeats-06-21-2017-20-00
Cet article est reconnu comme « bon article » depuis sa version du 14 mai 2008 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.
La version du 14 mai 2008 de cet article a été reconnue comme « bon article », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.