When I'm Sixty-Four

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When I'm Sixty-Four (« Quand j'aurai 64 ans ») est une chanson des Beatles, parue en 1967 dans l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band.

Écrite par Paul McCartney, elle est cependant créditée Lennon/McCartney, comme toutes les chansons composées au sein du groupe par John Lennon et Paul McCartney, en collaboration ou non.

Genèse[modifier | modifier le code]

Paradoxalement, vu le thème de la chanson, When I'm Sixty Four est une des toutes premières compositions de Paul McCartney. Il la compose en 1957 ou 1958, à l'âge de quinze ou seize ans, sur le piano familial du 20 Forthlin Road[1],[2]. Au sujet du choix de l'âge, McCartney explique : « Mon père devait avoir 56 ans lorsque je l'ai écrite. L'âge de la retraite, en Angleterre, est 65 ans, et j'ai dû penser que 64 ans était un bon prélude. Mais je crois que j'ai surtout choisi cet âge pour la sonorité du mot sixty-four[1]. »

Les Beatles l'interprètent dès leurs premiers concerts au Cavern Club et à Hambourg, au piano, sur un air de chanson de cabaret, lorsqu'ils doivent continuer à jouer malgré les amplificateurs défectueux ou les coupures d'électricité[1],[3]. John Lennon suggère cependant que c'est à cette époque que la chanson aurait été composée[4].

Paul McCartney ressort la chanson lors des premières sessions d'enregistrement de Sgt. Pepper, probablement en hommage à son père, qui avait eu 64 ans en juin 1966[5]. Il peaufine le morceau avec Lennon en rajoutant quelques paroles[2]. Ce dernier explique sa minime contribution à la chanson : « J'ai juste ajouté quelques paroles comme « grandchildren on your knee, Vera, Chuck and Dave »[4]. » Dans son interview pour Playboy en 1980, il déclare également : « Je ne rêverais même pas d'écrire une chanson comme celle-là »[6]. La chanson est probablement une satire de l'époque où Jim McCartney, le père de Paul, jouait dans des groupes de ragtime.

L'enregistrement[modifier | modifier le code]

When I'm Sixty-Four est la première chanson enregistrée pour l'album Sgt. Pepper[7]. L'enregistrement a lieu en décembre 1966, entre les sessions de Strawberry Fields Forever et celles de Penny Lane[7], qui ne sont pas sur cet album.

Dans ses « regrets éternels » d'avoir publié Strawberry Fields Forever et Penny Lane sur un single sorti en — ce qui empêcha ces titres d'être présents sur l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club BandGeorge Martin a estimé a posteriori que c'est When I'm Sixty-Four qui aurait dû se trouver en face B d'un de ces deux titres[4].

Le travail commence le 6 décembre, jour où les Beatles enregistrent un message de vœux pour les auditeurs de plusieurs radios londoniennes. Ce jour-là, Paul enregistre seul deux prises instrumentales avec un trio de clarinettes : la guitare basse, deux clarinettes et une clarinette basse. Paul ajoute sa partie vocale à la seconde prise dans l'après-midi du 8 décembre. Deux autres prises sont enregistrées le 20 décembre avec tous les autres instruments. Le tout est finalement mixé par les ingénieurs du son Geoff Emerick, Phil McDonald et David Harries[7].

Remarque technique : certains tourne-disques des années 1960 ne permettaient pas de remarquer le son du piano sur cette chanson. La découverte par les fans de nouveaux détails de ce genre lorsqu'ils ont modernisé leur matériel — la haute fidélité commençait à se démocratiser en 1967 — a contribué pour ceux qui ont connu cette époque à leur fascination pour l'album, et pour la Hi-Fi[7].

Les interprètes[modifier | modifier le code]

L'équipe de production[modifier | modifier le code]

Les paroles et la musique[modifier | modifier le code]

Les paroles prennent la forme d'une lettre écrite par un jeune homme socialement inepte, qui semble vouloir persuader une jeune fille qu'il connaît à peine de lui promettre un dévouement éternel. La phrase « Drop me a line stating point of view » (« Faites-moi connaître votre position par écrit ») permet de dresser un portrait convaincant du jeune homme formaliste qui veut que tout soit écrit avant de s'engager. George Martin a déclaré : « C'était une sorte de pastiche, une parodie des chansons de l'époque. Le texte est assez moqueur. C'était aussi un peu de la musique du père de Paul qui refaisait surface, parce qu'il avait été musicien dans les années 1920. Paul a toujours un fond de respect pour les vieux airs de bastringue »[1].

La partition pour les clarinettes fut écrite par George Martin, à la demande de McCartney, celui-ci lui sifflant la mélodie à écrire. La chanson est en do dièse majeur et en quatre temps (4/4). Malgré le fait que le groupe l'ait enregistrée en do majeur, la bande enregistrée a été accélérée à la demande de McCartney pour qu'elle soit élevée d'un demi-ton. George Martin se souvient que McCartney a aussi suggéré cet effet pour que sa voix ait l'air plus jeune[8],[9].

Reprises[modifier | modifier le code]

Parmi les artistes ayant repris cette chanson, on cite :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Steve Turner 2006, p. 151–152
  2. a et b (en) « Playboy Interview with Paul and Linda McCartney » (partie II), Joan Goodman, 1984, Playboy. Consulté le 2 avril 2011.
  3. François Plassat 2010, p. 60
  4. a, b et c George Harrison, John Lennon, Paul McCartney, Ringo Starr, The Beatles Anthology, Paris, Seuil,‎ (ISBN 978-2-02-041880-5)
  5. Mark Lewisohn 1988, p. 89
  6. (en) David Sheff, All We Are Saying: The Last Major Interview with John Lennon and Yoko Ono, New York, St. Martin's Press,‎ , 1e éd., poche (ISBN 978-0-312-25464-3, LCCN 00047037)
  7. a, b, c et d (en) Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions: The Official Story of the Abbey Road Years, Londres, Hamlyn,‎ , poche (ISBN 978-0-600-55784-5, OCLC 20564691)
  8. (en) George Martin, William Pearson, With a Little Help from My Friends: The Making of Sgt. Pepper, Boston, Little Brown,‎ , 1e éd. (ISBN 978-0-316-54783-3, LCCN 95075251)
  9. (en) [vidéo] "When I'm Sixty-Four" (Original Speed) sur YouTube

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les ouvrages listés ici sont ceux ayant servi à la rédaction de l'article. Pour une bibliographie plus complète sur les Beatles, consultez celle de l'article principal.
  • The Beatles (trad. Philippe Paringaux), The Beatles Anthology, Paris, Seuil,‎ , 367 p. (ISBN 978-2-02-041880-5)
  • (en) Mark Lewisohn (préf. Ken Townsend), The Beatles : Recording Sessions, New York, Harmony Books,‎ , 2e éd., 204 p. (ISBN 978-0-517-57066-1, LCCN 92171226)
  • François Plassat, Paul McCartney : l'empreinte d'un géant, Paris, JBz & Cie,‎ , 544 p. (ISBN 978-2-7556-0651-5)
  • Steve Turner (trad. Jacques Collin), L'intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection,‎ (1re éd. 1994, 1999), 288 p. (ISBN 978-2-258-06585-7)