Johnny Weissmuller

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Johnny Weissmuller
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Johnny Weissmuller en 1925

Nom de naissance Johann Peter Weissmüller
Naissance
Freidorf (hu.: Szabadfalu), Autriche-Hongrie
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès (à 79 ans)
Acapulco, Mexique
Profession Acteur
(ancien champion olympique de Natation)

Johnny Weissmuller, né Johann Peter Weissmüller, ou en hongrois János Péter Weissmüller le à Freidorf, alors dans l'empire d'Autriche-Hongrie[1] (aujourd'hui en Roumanie), mort le à Acapulco au Mexique, est un nageur olympique américain ayant gagné cinq médailles d'or aux Jeux olympiques, et un acteur de cinéma célèbre pour avoir incarné le personnage de Tarzan dans plusieurs films des années trente et quarante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Johann Peter Weissmüller naît en 1904 à Freidorf (en hongrois : Szabadfalu), village actuellement rattaché aux faubourgs de la ville de Timișoara. Il est le fils de Peter Weissmüller et Elisabeth Kersch, une famille allemande du Banat. La famille émigre aux États-Unis en janvier 1905, quand l'enfant a sept mois. À la chute de l'Autriche-Hongrie, la famille devient apatride.

Le père, Peter, est mineur à Windber, en Pennsylvanie. C'est là que naît Peter Jr., son plus jeune fils, le 3 septembre 1905 : le bébé est américain de naissance, alors que le reste de la famille (qui déménage à Chicago où le père est embauché dans une fabrique de bière) reste apatride.

À l'âge de neuf ans, Johnny Weissmüller contracte la poliomyélite[2]. Son médecin lui suggère de pratiquer la natation pour aider à vaincre la maladie. Johnny guérit et continuera à exercer ce sport où il excelle. En 1924, son père signe l'autorisation pour établir un passeport au nom de son fils cadet, alors âgé de dix-neuf ans, afin qu'il puisse se rendre aux jeux olympiques de Paris, en France.

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Afin de pouvoir participer aux Jeux olympiques, Johnny Weissmüller falsifie ses papiers d'identité : il se fait passer pour son frère cadet, Peter, américain de naissance, car un apatride n'aurait pu participer aux jeux. Après ses succès olympiques, la nationalité américaine lui sera reconnue et il reprend sa propre identité.

Il est le premier homme à passer au-dessous de la minute au 100 mètres nage libre, le , avec un temps de 58 s 6. Aux Jeux olympiques de 1924 à Paris, il prive Duke Kahanamoku d'un troisième titre consécutif sur le 100 m nage libre. En trois jours, du 18 au 20 juillet, il s'octroie quatre médailles, l'or sur 100 mètres, 400 mètres et au relais 4 × 200 mètres, et même une médaille de bronze en water-polo. il réussit à conserver son titre du 100 m nage libre, quatre ans plus tard. En deux Jeux olympiques, il obtient cinq médailles d'or et une en bronze[3].

Au total, il remporte cinquante-deux titres de champion des États-Unis et établit vingt-huit records du monde[4]. La longévité de certains de ses records témoigne de sa grandeur pour la postérité. Son record du monde établit en 1927 sur le 100 yards nage libre subsiste durant dix-sept ans, celui du 100 m nage libre, qu'il abaisse à 57 s 4, restera dix ans. Johnny Weissmuller n'a jamais perdu une seule course, en compétition, jusqu'à sa retraite sportive[3].

Une des particularités de Johnny Weissmuller est de nager le crawl avec la tête hors de l'eau, méthode utilisée dans le water polo..

Palmarès[modifier | modifier le code]

  • Jeux olympiques
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au 100 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1924
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au 400 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1924
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au relais 4 × 200 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1924
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au 100 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1928
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au relais 4 × 200 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1928
    • médaille de bronze, Jeux olympiques Médaille de bronze de water-polo lors des Jeux olympiques d'été de 1924

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

Tarzan the Ape Man (1932) Trailer - Johnny Weissmuller

En 1929, Johnny Weissmüller signe un contrat avec une société de marque de sous-vêtements masculins, la BVD (Bradley, Voorhees & Day) qui l'emploie comme mannequin et représentant. Johnny voyage dans le pays entier et se produit dans des spectacles de natation, distribuant des publicités pour une marque de maillot de bains, signant des autographes et participant à des programmes de radio. La même année, il fait sa première apparition dans le film Glorifying the American Girl : il y apparaît en Adonis, ne portant qu'une feuille de vigne en guise de vêtement.

En 1932, il est choisi pour incarner Tarzan, le célèbre héros créé par Edgar Rice Burroughs. Sixième Tarzan[5] et le premier parlant à l'écran[6], « Son impressionnante musculature et ses talents de nageur (de nombreuses séquences sous-marines illustrent certains Tarzan) l'ont rendu très populaire[7], les cinq premiers films produit par la MGM, comptant parmi les plus réussis du genre. Pour la suite, c'est sous contrat avec la RKO qu'il continu à être le « seigneur de la jungle ». » Il tient le rôle dans douze films et demeure, pour en avoir créé tous les stéréotypes (cri - ce dernier sera toujours utilisé ou imité dans les adaptations ultérieures - langage), le Tarzan le plus célèbre de l'histoire du cinéma.

En 1948, Johnny Weissmuller n'a plus l'age ni le physique du personnage (il a alors 44 ans et sa prise de poids est importante) ; Lex Barker de quinze ans son cadet luis succède. Weissmuller tente alors de poursuivre sa carrière, sans toutefois parvenir à changer de registre, devenant le héros d'une autre saga cinématographique, Jungle Jim. Sur une période de six ans et dans seize films (auquel s'ajoute une série télévisée), il est le personnage, jusqu'à ce que (là encore), arrivé à la « limite d'age physique », il ne puisse plus incarné l'aventurier.
Johnny Weissmuler a cinquante et un ans, lorsque sa carrière cinématographique s'achève[3] (il ne fera plus que deux brèves apparitions au cinéma durant les années 1970).

L'après Tarzan[modifier | modifier le code]

Malgré deux millions de dollars de gains estimés pour ses films[3], Johnny Weissmuller accumule dettes et procès à cause de ses cinq mariages, et se retrouve vite ruiné par les nombreuses pensions alimentaires de ses ex-épouses. Devenu représentant pour une marque de piscine[8] et sa santé s'étant fortement dégradée au fil des années, il finira fou et sera interné dans un asile psychiatrique, où, parait-il, il faisait retentir le cri de Tarzan[9]. Johnny Weissmüller est mort d'un œdème pulmonaire, à l'âge de 79 ans[7].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Johnny Weissmuller dans les années quarante

Weissmüller s'est marié cinq fois : avec la chanteuse Bobbe Arnst (de 1931 à 1933), l'actrice Lupe Vélez (de 1933 à 1938), Beryl Scott (de 1939 à 1948), Allene Gates (de 1948 à 1962) et Maria Baumann (de 1963 à sa mort en 1984).

Avec sa troisième femme, Beryl, il a trois enfants : Johnny Weissmuller, Jr. (1940-2006), Wendy Anne Weissmuller (1942), et Heidi Elizabeth Weissmuller (1944–1962).

Le « cri de Tarzan » : légendes et réalités[modifier | modifier le code]

Il semble que ce cri caractéristique lancé par Johnny Weissmüller dans Tarzan, provienne en réalité de l'enregistrement audio d'un yodel autrichien, monté à l'envers et en accéléré[3].

Selon David Wallechinsky dans son livre Complete Book of the Olympics, la fameuse légende du « cri de Tarzan » (qui raconte que le cri aurait été lancé en 1934 lors du tournage d'une scène du film Tarzan et sa compagne, dans laquelle l'acteur, huilé pour mieux briller à la caméra, s'élançait accroché à sa liane et qu'alors Maureen O'Sullivan qui l'enlaçait, aurait glissé et se serait malencontreusement retenue à la seule partie de l'anatomie de son partenaire qui n'avait pas été huilée), est inventée de toutes pièces et n'est qu'une blague de l'équipe de tournage.

En revanche, Wallechinsky assure qu'en 1958, Weissmüller, participant à un tournoi de golf à Cuba, fut pris avec ses compagnons en otage par des combattants castristes : plein de sang froid, il parvînt à radoucir leurs ravisseurs en lançant le « cri de Tarzan ». Les combattants, parfaits connaisseurs de la culture américaine, lui lancèrent alors : Tarzan ! Welcome to Cuba ! (Tarzan ! Bienvenue à Cuba !). Non seulement Weissmüller et ses compagnons ne furent pas kidnappés, mais ils furent escortés par les castristes.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Freidorf — en hongrois Szabadfalu — qui faisait alors partie de la Monarchie des Habsbourg, a été rattaché à la ville de Timişoara, Roumanie.
  2. Des années 1880 jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, la poliomyélite a sévi dans le monde entier sur un mode épidémique et a handicapé ou tué plusieurs millions de personnes.
  3. a, b, c, d et e « Weismuller a gardé son secret », article de Sylvie Josse, publié dans le quotidien L'Équipe du lundi 15 juillet 2013.
  4. « Les Jeux olympiques d'Athènes à Pékin », dans "Les collections de l'Histoire", no 40, juillet 2008, issn:01822411, p. 65
  5. Jean Tulard Dictionnaire du cinéma : Les Acteur, Robert Lafont collection Bouquins.
  6. http://fluctuat.premiere.fr/Cinema/News-Videos/La-reprise-du-mois-Tarzan-l-homme-singe-1932-3231970 / consulté le 19 mars 2015.
  7. a et b Dictionnaire du cinéma - Acteurs, producteurs, scénaristes, techniciens, de Jean Tulard, Éditions Robert Laffont, Collection Bouquins, 1985. (page 954)
  8. Jean Tulard "Dictionnaire du cinéma Les Acteurs, Robert Lafont collection Bouquins, 2001.
  9. Jean Tulard citation : « il devint fou et fit, dit-on, retentir l'asile où il était interné du fameux cri de Tarzan. Il mourut dans la gêne, après avoir été représentant d'un fabriquant de piscines ». "Dictionnaire du cinéma Les Acteur, Robert Lafont collection Bouquins, 2001.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire du cinéma - Acteurs, producteurs, scénaristes, techniciens, de Jean Tulard, Éditions Robert Laffont, Collection Bouquins, 1128 pages, mars 1985.
  • (en) Tarzan My Father, de Johnny Weissmuller Jr. , Toronto: ECW Press, 2002.

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