Observatoire de Lyon

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Observatoire de Lyon
Observatoire Lyon Coudee.JPG
Lunette coudée sur le site de Saint-Genis
Caractéristiques
Organisation
Code MPC
513Voir et modifier les données sur Wikidata
Type
Construction
Patrimonialité
Altitude
266 m
Site
Lieu
Adresse
9, avenue Charles-André 69561 Saint-Genis-LavalVoir et modifier les données sur Wikidata
Saint-Genis-Laval, Rhône
Flag of France.svg France
Coordonnées
Site web
Télescopes
1 mètre
60 cm
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L'observatoire de Lyon est un observatoire astronomique professionnel dont le site historique est situé à Saint-Genis-Laval, près de Lyon. Créé par décret en 1878 par le président Mac Mahon et fondé par l'astronome Charles André, c'est aujourd'hui un observatoire des sciences de l'univers ainsi qu'une école interne de l'université Claude Bernard Lyon 1 qui réunit le Centre de recherche astrophysique de Lyon (CRAL) et le Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes, environnement (LGL-TPE). Les locaux de l'Observatoire se trouvent sur son site historique de Saint-Genis-Laval ainsi que sur les campus universitaires de La Doua et de Gerland. Dans ses premières années, en plus de sa mission d'observation céleste, l'observatoire de Lyon assurait également un service horaire pour la ville de Lyon ainsi que des mesures météorologiques. Tout au long du XXe siècle, les astronomes qui y travaillent étudient des champs de recherche variés comme les étoiles variables, les comètes et la haute atmosphère. Parmi les chercheurs qui se sont succédé à l'observatoire de Lyon, on retrouve notamment Jean Dufay, François Gonnessiat, Émile Marchand, Michel Luizet, Marie Bloch, Agop Terzan, Roland Bacon et Hélène Courtois. Son code UAI est 513.

Depuis les années 1980, plus aucune observation directe du ciel n'est réalisée depuis le site historique à des fins de recherche, notamment à cause de la pollution lumineuse de la métropole de Lyon. Les activités du CRAL se concentrent maintenant principalement sur la recherche fondamentale et l'instrumentation : il a notamment piloté la création de MUSE, un spectrographe 3D grand champ qui équipe le Très Grand Télescope depuis 2014. Le LGL-TPE, lui, participe notamment à plusieurs missions d'exploration martienne comme le programme ExoMars de l'Agence spatiale européenne.

Depuis le , la lunette équatoriale coudée de l'observatoire, la dernière au monde encore dans son état d'origine, fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques. Le reste du site de Saint-Genis-Laval (parc, mur de clôture, bâtiments, mires astronomiques, piliers des instruments, montures équatoriales Eichens et Brünner, château d'eau avec moteur à gaz et pompe, sidérostat avec lunette fixe et galerie souterraine) faisait déjà l'objet d'une inscription depuis le [1].

Historique[modifier | modifier le code]

L'observatoire du collège de la Trinité[modifier | modifier le code]

Illustration par Joannès Drevet de la façade de la chapelle de la Trinité où l'observatoire occupe le dernier étage.

En 1604, une chaire de mathématiques, dont l'astronomie est l'une des composantes, est fondée au collège jésuite de la Trinité. Honoré Fabri occupe cette chaire de 1640 à 1646 et une petite communauté scientifique se forme ensuite autour des pères Gabriel Mouton et Claude François Milliet Dechales. Cependant, les observations astronomiques restent peu nombreuses durant une grande partie du XVIIe siècle[2].

L'observatoire du collège a proprement parler est fondé en 1702 sur l'initiative de Jean de Saint-Bonnet, alors professeur de mathématiques, membre fondateur de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon et correspondant de Giovanni Domenico Cassini[3]. Ce nouveau bâtiment construit au sommet de la chapelle de la Trinité est destiné non seulement à l'enseignement mais aussi à la réalisation de mesures géographiques, notamment des longitudes. Malheureusement, Saint-Bonnet meurt en chutant d'un échafaudage quelques semaines après le début des travaux. Ayant été le seul astronome du collège, l'observatoire, une fois achevé, est peu utilisé[2].

Il faut attendre l'arrivée de Laurent Béraud en 1740 pour que l'observatoire devienne réellement actif et acquiert une certaine notoriété. Béraud est nommé directeur de l'observatoire et aura notamment pour élèves Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande et Charles Bossut[4],[2]. Une nouvelle petite communauté scientifique se forme autour de Béraud et de Jean Dumas (qui rejoint le collège en 1746) mais cette période d'effervescence est de courte durée[2].

En 1762, les Jésuites sont bannis du royaume et ne laissent derrière eux presque aucun instrument à l'observatoire ce qui le plonge de nouveau en léthargie avant d'être en grande partie détruit en octobre 1793 durant le siège de Lyon. Les travaux de restauration ne débutent qu'en 1817 pour une durée de trois ans. Un nouveau directeur, François Clerc, collaborateur d'André-Marie Ampère, est nommé mais celui-ci ne parvient pas à redynamiser les activités de recherche de l'observatoire, sa localisation en centre-ville ne lui permettant plus de faire concurrence aux autres observatoires européens. En 1834, lorsque la faculté des sciences de Lyon est fondée, la direction de l'observatoire revient au titulaire de la chaire d'astronomie. Auguste Bravais, Charles Briot puis Jean Frédéric Frenet succèdent à Clerc mais seules des mesures météorologiques peuvent être réalisées. Dans les années 1860, l'observatoire déménage dans une nouvelle extension du palais Saint-Pierre, rendant impossible tout travail de recherche[4],[2],[5]. En février 1868, Antoine-Adrien Lafon est nommé directeur de l'observatoire[5].

En 1830, un particulier, François Ignace « Adolphe » Gouhenant, qui sera choisit plus tard par Étienne Cabet pour conduire les premiers colons Icariens au Texas, entreprend la construction d'une tour-observatoire sur les hauteurs de Fourvière. Sans lien avec l'observatoire de Lyon alors dirigé par François Clerc, il s'agît d'un « temple pour les Arts et les sciences » de quatre étages, comportant notamment des salles d'exposition artistique ainsi qu'un observatoire astronomique et terrestre, dessiné par Jean Pollet sur le modèle de la tour des Vents d'Athènes. Gouhenant s'endette considérablement pendant ce projet : il fait faillite en janvier 1833 et la tour est vendue. En 1857, le clergé la rachète et supprime les deux derniers étages pour que la chapelle de Fourvière soit de nouveau le plus haut bâtiment de la colline[6],[4],[2].

Création de l'observatoire de Lyon[modifier | modifier le code]

Charles André, fondateur de l'observatoire

En 1862, Urbain Le Verrier demande au maire de Lyon la création d'un observatoire astronomique et météorologique mais son appel n'est pas entendu[5]. En 1867, le doyen de la faculté des sciences fait une demande similaire au préfet mais sans plus de succès[2]. C'est la défaite à la guerre franco-allemande de 1870 qui va pousser le gouvernement à s'inspirer du modèle décentralisé allemand pour développer les facultés de province et redresser scientifiquement la France[7],[4]. En 1873, un décret relatif aux observatoires de l'État initie la création d'un réseau d'observatoires provinciaux. Deux jours plus tard, le 15 février, le conseil municipal de Lyon délibère sur la création d'un nouvel observatoire[4].

Le premier site choisi (par la faculté) est le couvent du Verbe Incarné mais il est finalement décidé qu'une « commission spéciale composée d'hommes compétents » sera en charge de trouver l'emplacement du futur observatoire. Le maire de Lyon anticléricaliste Désiré Barodet, propose une première commission mais la suppression de la mairie centrale l’empêche de se réunir. Le préfet conservateur Ducros compose alors une seconde commission totalement différente comprenant notamment l'historien Antoine Dareste de La Chavanne et l'architecte en chef de la ville Abraham Hirsch mais peu de scientifiques (à part Antoine-Adrien Lafon qui n'a publié que deux travaux en astronomie). Cette commission choisit un site sur la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon,[4].

L'observatoire de Lyon est créé par décret le par le président Patrice de Mac-Mahon, en même temps que ceux de Besançon et de Bordeaux. Charles André, ancien astronome adjoint à l'observatoire de Paris qui occupe alors la chaire d'astronomie physique de la faculté de Lyon, est nommé directeur du futur observatoire[8],[9],[4] au détriment de Lafon[5]. Ce dernier ne tient pas compte des travaux de la commission et choisit d'installer l'observatoire sur la colline de Beauregard à Saint-Genis-Laval[4],[5].

Ce nouveau choix fait polémique[4],[5]. Charles André le justifie avec la possibilité d'installer deux mires lointaines : une sur le mont Verdun, 19 kilomètres au Nord, et une au signal de la Paume, 21 kilomètres au Sud. Cet argument semble anachronique car depuis le milieu du XIXe siècle, les astronomes préfèrent utiliser des mires proches pour régler leurs instruments. Il faut en fait voir ici l'influence des géodésiens, et de François Perrier en particulier, déjà présents sur la colline de Beauregard, qui souhaitaient profiter des installations du nouvel observatoire[4],[5]. Les mires lointaines furent construites mais peu ou pas utilisées[10]. André évoque aussi le problème de la pollution lumineuse en écrivant qu' « il convient d'établir l'observatoire de telle façon que les lumières et les fumées de la civilisation ne puissent le gêner dans aucun avenir prévisible » (moins d'un siècle plus tard, les observations astronomiques sont rendues quasiment impossibles à cause de la proximité de la métropole lyonnaise)[3].

La plupart des bâtiments sont construits entre 1880 et 1887 sous la supervision d'Abraham Hirsch qui, parallèlement, menait une campagne de restauration de la chapelle de la Trinité, faisant définitivement disparaître une partie de l'ancien observatoire[2]. En même temps que l'observatoire, deux stations météorologiques sont construites : une au parc de la Tête d'Or (aujourd'hui la ferme Lambert, dédiée à la botanique) et une autre au mont Verdun afin de faire des comparaisons avec les données recueillies à Saint-Genis[5],[11]. Les instruments sont transférés du palais Saint-Pierre au site de Saint-Genis et les premières observations sont réalisées dès 1880[7],[2],[5].

Premières observations astronomiques[modifier | modifier le code]

François Gonnessiat, premier astronome français à détecter les oscillation de Chandler

La mise en place des instruments sur le site de Saint-Genis et les premières observations sont réalisées par Charles André, François Gonnessiat, Émile Marchand, Michel Luizet, Georges Le Cadet et Joseph-Noël Guillaume dès 1880[12]. André défie rapidement l'autorité de Paris en préférant embaucher de jeunes étudiants de la région lyonnaise plutôt que les astronomes formés à la capitale. Gonnessiat, un des premiers élèves d'André, est par exemple issu d'une famille très modeste de l'Ain et sera nommé à la direction des observations méridiennes[12],[13],[14]. Les premières études du nouvel observatoire s'intéressent entre autres aux positions des étoiles doubles, aux comètes, à la surface du soleil, à la météorologie, au magnétisme terrestre et à l'électricité atmosphérique[7],[3].

À partir de 1884, l'observatoire assure un service horaire pour la ville de Lyon : il est chargé de déterminer l'heure exacte grâce à des observations méridiennes et de la transmettre par signal électrique au centre-ville. Ce service est assuré jusqu'en 1911, date à laquelle l'heure de Paris devient l'heure de la France métropolitaine[5].

En 1894, Gonnessiat publie deux articles concernant les oscillations de l'axe de rotation de la Terre, mises en évidence quelques années auparavant par l'américain Seth Carlo Chandler, en utilisant des données recueillies entre 1885 et 1893. Ces publications sont parmi les plus importantes du jeune observatoire car c'est la première fois que ces oscillations sont observées en France. Les travaux de Chandler ne faisaient alors pas encore l'unanimité parmi les astronomes français qui étaient particulièrement réticents à ces nouvelles idées. Chandler utilisera ces mesures pour ajuster son propre modèle et les articles de Gonnessiat auront un certain retentissement à l'international[12],[7],[13]. La même année, les chercheurs sont contraints d'abandonner les travaux sur le magnétisme terrestre qu'ils menaient dans un pavillon à l'écart des autres bâtiments et construit sans fer car la prolongation de la ligne de tramway Lyon-Oullins jusqu'à Saint-Genis-Laval perturbe grandement les mesures (bien que la ligne soit à un kilomètre de l'observatoire)[7],[3],[15].

Charles André décède subitement en 1912 et est remplacé par Jean Mascart (fils du physicien Éleuthère Mascart). La principale contribution de Mascart à l'observatoire est la création, en août 1913, du Bulletin de l'observatoire de Lyon. Cette publication destinée au grand public traite majoritairement de météorologie (mesures et prévisions) et donne à ses lecteurs de nombreux conseils sur l'agriculture, les articles d'astronomie générale étant largement minoritaires dans les sujets abordés. La publication est stoppée par la Première Guerre mondiale en juillet 1914 mais reprend en janvier 1920. Elle s'arrêta définitivement en décembre 1931[3].

En 1920, l'Office national de météorologie est créé ce qui conduit l'observatoire à abandonner son service météorologique au profit de la station de Bron en 1921[7],[3]. Cette dernière année est aussi celle de la création de l'Institut de physique du globe de Paris qui réduit les recherches de l'observatoire de Lyon dans les domaines du magnétisme et de l'électricité atmosphérique[7],[5].

Dès le début du XXe siècle, un des principaux sujets d'étude de l'observatoire est l'étude des étoiles variables : Michel Luizet réalise dès 1897 des mesures régulières de leurs magnitudes [7],[5]. Cependant, la quantité d'étoiles à observer est telle que les astronomes de l'observatoire demandent l'aide des astronomes amateurs de la région. Dans cette optique, Henri Grouiller et Mascart lancent en 1921 l'Association française des observateurs d'étoiles variables sur le modèle de l'Association américaine des observateurs d'étoiles variables[5]. Les observations des amateurs sont publiées dans le Bulletin de l'observatoire de Lyon puis dans le Bulletin de l'association française des observateurs d'étoiles variables à partir de 1932[7],[3].

Modernisation des recherches[modifier | modifier le code]

Le mandat de directeur de Jean Dufay (1933-1966) marque le passage d'une astronomie traditionnelle à une astrophysique plus moderne, il n'y avait eu alors que peu d'évolution dans les instrumentations et les champs de recherche depuis la création de l'observatoire, cinquante ans plus tôt[3]. Jean Dufay, arrivé à l'observatoire en février 1929 en tant qu'aide-astronome, est un spécialiste de la photométrie et de la spectroscopie. Il s'intéresse notamment à la haute atmosphère ainsi qu'aux comètes et aux étoiles variables[7]. À cette époque, l'observatoire compte seulement six personnels titulaires ainsi que plusieurs stagiaires et de nombreuses « petites mains », majoritairement féminines. Les principaux champs de recherche étaient alors l'étude des étoiles variables, la photométrie stellaire, la spectroscopie des comètes et du Soleil, la lumière du ciel nocturne, la diffusion de la lumière dans l'espace interstellaire, la météorologie, la climatologie ainsi que la géophysique. Environ une trentaine de publications scientifiques étaient rédigées chaque année par les astronomes de l'observatoire. Les relevés, les services météorologique et méridien, les catalogues d'étoiles doubles et variables ainsi que les perturbations magnétiques sont progressivement réduits durant le mandat de Dufay[7].

En 1934, Jean Dufay et Marie Bloch étudient la Nova Herculis et observent pour la première fois les bandes d'absorption du cyanogène[9]. Ces résultats très encourageants participent à la nouvelle dynamique de l'observatoire[7].

Dès 1939, l'observatoire est touché par les évènements de la Seconde Guerre mondiale. Ses activités sont maintenues mais les recherches sont officiellement orientées sur des « problèmes relatifs à la navigation aérienne » et les autres recherches sont suspendues. Parmi les astronomes, seule Marie Bloch, alors aide-astronome, est contrainte de quitter son poste en raison de ses origines juives. Le , les instruments sont démontés et le personnel quitte Saint-Genis-Laval pour l'observatoire de Bordeaux sur ordres de la direction du CNRS. Le site de l'observatoire est occupé par les troupes allemandes du 19 au . Quelques petits instruments et des documents sont volés mais les bâtiments ne sont pas dégradés. Le personnel regagne le site de Saint-Genis-Laval à partir de juillet. Les travaux scientifiques reprennent difficilement car le ravitaillement en matériel est compliqué et peu d'informations proviennent des observatoires étrangers. La situation redevient très délicate après le débarquement en Provence : le , 120 prisonniers sont massacrés au fort de Côte-Lorette à 300 mètres de l'observatoire et des combats entre le maquis et les soldats allemands ont lieu en contrebas du parc de l'observatoire. À la fin de la guerre, les activités scientifiques reprennent rapidement grâce à des collaborations avec l'observatoire de Haute Provence dont Jean Dufay est également directeur[7].

Durant la deuxième moitié du XXe siècle, l'observatoire de Lyon est reconnu pour ses travaux en photométrie et spectrophotométrie consacrés à la formation stellaire, au centre galactique, à la structure des galaxies, à la classification des nébuleuses ou, plus tard grâce aux premiers grands télescopes, au milieu extragalactique[5]. Agop Terzan découvre ainsi, durant ses 30 ans de carrière à l'observatoire de Lyon (de 1967 à 1998), plusieurs miliers de nouveaux objets célestes (étoiles, amas globulaires, nébuleuses et galaxies) comme Terzan 7[16].

Création du centre de recherche astrophysique de Lyon[modifier | modifier le code]

MUSE installé sur l'UT4 du VLT

Le centre de recherche astrophysique de Lyon (CRAL) est créé en 1995 et permet de donner un nouvel élan aux activités de l'observatoire. Le CRAL résulte de la fusion des activités de l'observatoire, du groupe d'astrophysique de l'École normale supérieure de Lyon (ENS Lyon) et d'une équipe parisienne spécialisée dans la haute résolution angulaire[5],[17]. Cette unité mixte de recherche (UMR 5574) se trouve sous les tutelles de l'université Claude Bernard Lyon 1, du Centre national de la recherche scientifique et de l'ENS Lyon. Il fait aussi partie de la COMUE Université de Lyon. Les conditions étant trop mauvaises pour faire des observations directes à partir du site de Saint-Genis-Laval depuis quelques décennies (pollution lumineuse, perturbations atmosphériques...), le CRAL se consacre principalement à la recherche fondamentale et à l'instrumentation (avec, par exemple, le pilotage de la construction du spectromètre MUSE de 2004 à 2014[5]). Les observations se font aujourd'hui lors de missions dans d'autres observatoires (comme le Très Grand Télescope au Chili) et les données sont ensuite analysées à Saint-Genis-Laval[18].

Dans les années 2010, les principaux axes de recherches des différentes équipes du CRAL concernaient la physique fondamentale, l'astrophysique stellaire, la formation planétaire, la matière noire, la morphologie du fond diffus cosmologique, la formation et évolution des galaxies, la cosmologie observationnelle, l'optique adaptative, l'interféromètre optique, les disques protoplanétaires, les exoplanètes, etc.[18]

En 2011 est créé le laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes, environnement (LGL-TPE) suite à la fusion de l'UMR 5125 « Paléoenvironnements et paléobiosphère » et de l'UMR 5570 « Laboratoire des sciences de la Terre »[19]. Rattaché à l'observatoire de Lyon depuis 2013 (il partage une unité mixte de service, COMET, avec le CRAL), le LGL-TPE s'intéresse à de nombreuses thématiques de recherche regroupée en quatre axes : les dynamiques de la Terre et des autres planètes, l'étude de la lithosphère, de la vie primitive ainsi que des paléoenvironnements et de la paléobiodiversité[20]. Le LGL-TPE participe également au programme ExoMars de l'Agence spatiale européenne et c'est une de ses équipes qui a découvert Oxia Planum, le lieu d’atterrissage du Rover ExoMars[21].

Liste des directeurs successifs et personnalités liées[modifier | modifier le code]

Début Fin Nom Qualité
1878 1912 Charles André Fondateur de l'observatoire[9],[8]

Prix Lalande de l'Académie des sciences (1874)[8]

Prix Trémont de l'Académie des sciences (1876)[8]

Titulaire d'une chaire d'astronomie physique à la faculté des sciences de Lyon (1877)[9],[8]

Membre d'honneur de la Société française de photographie (1877)[8]

Membre émérite de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon (1878)[8],[22]

Membre de la Société d'anthropologie de Lyon (1881)[8]

Correspondant du Bureau des longitudes (1889)[8]

Membre de la Société de géographie de Lyon (1892)[8]

Prix Valz de l'Académie des sciences (1901)[8]

Correspondant de l'Académie des sciences (1902)[23],[8]

Membre correspondant de l'Académie de Vaucluse (1903)[8],[24]

Officier de la Légion d’honneur (1906) [11],[8]

1912 1933 Jean Mascart Membre fondateur de l'Association française des observateurs d'étoiles variables[25]
1933 1966 Jean Dufay Vice-président de la Société astronomique de France[26]

Membre du conseil de la Société française de physique[26]

Membre de la Société royale des sciences de Liège[26]

Prix Camille Flammarion de la Société astronomique de France (1932)[27]

Prix Valz de l'Académie des sciences (1932)[27]

Directeur de l'observatoire de Haute-Provence (1936-1965)

Membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon (1946)[22]

Correspondant du Bureau des longitudes (1946) [26],[27]

Associé de la Royal Astronomical Society (1954)[26],[28]

Titulaire d'une chaire d'astronomie à la faculté des sciences de Lyon (1955) [26],[27]

Prix Dorothea Klumpke - Isaac Roberts de la Société astronomique de France (1958)[27]

Commandeur dans l'Ordre des palmes académiques (1958) [26],[27]

Officier de la Légion d'Honneur (1960)[27]

Correspondant (1961) puis membre non résident (1963) de l'Académie des sciences[23],[26],[27]

Prix Jules Janssen de la Société astronomique de France (1963)[27]

1966 1976 Joseph-Henri Bigay Maître de recherches au CNRS (1953)[9]
1976 1986 Guy Monnet Directeur de l'observatoire de Marseille[29]

Directeur de l'observatoire Canada-France-Hawaï[29]

Membres émérites de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon (1978)[22]

Prix Kodak-Pathé-Landucci de l'Académie des sciences (1993)[30]

Responsable de l'instrumentation de l'Observatoire européen austral (1995-2009)[29]

Directeur de l'observatoire astronomique australien (2010-2011)[29]

1986 1995 Jean-Claude Ribes Président de la Société astronomique de France (1993-1997)
1995 2005 Roland Bacon Directeur de recherche au CNRS[29]

Directeur du Centre de recherche astrophysique de Lyon (1995-2005)[29]

Group Achievement Award de la Royal Astronomical Society avec l'équipe SAURON (2013)[31]

Prix Deslandres de l'Académie des sciences (2017)[32]

Médaille Manne Siegbahn de la Fondation Nobel (2018)[33]

Médaille Jackson-Gwilt de la Royal Astronomical Society (2020)[34]

2005 2015 Bruno Guiderdoni Directeur de recherche au CNRS

Chargé de mission à l'Institut national des sciences de l'univers (2017-)

Directeur du Centre de recherche astrophysique de Lyon (2005-2015)

2015 en cours Isabelle Daniel[35] Professeure à l'université Claude Bernard Lyon 1

D'autres personnalités scientifiques ont également fréquenté l'observatoire de Lyon en tant qu'étudiant ou chercheur :

Activités scientifiques et projets instrumentaux[modifier | modifier le code]

Champs d'études des équipes de recherche du CRAL[modifier | modifier le code]

Projets instrumentaux du CRAL[modifier | modifier le code]

Thématiques de recherche du LGL-TPE[modifier | modifier le code]

Base de données LEDA[modifier | modifier le code]

La Lyon-Meudon Extragalactic Database (LEDA) est une base de données et un ensemble d'outils destinés à l'étude des galaxies et de la cosmologie. Ce projet a débuté en 1983 et il est le résultat d'une collaboration entre l'observatoire de Lyon et l'observatoire spécial d'astrophysique en Russie. En 2017, la base de données renfermait plus de cinq millions d'objets[38]. Le LEDA est devenu le HyperLEDA au cours de l’année 2000 après avoir fusionné avec le HyperCAT.

Principaux instruments[modifier | modifier le code]

Lunette équatoriale coudée[modifier | modifier le code]

Conçue par Maurice Lœwy et mise en service en 1887, la lunette coudée de l'observatoire de Lyon est l'une des sept qui furent construites dans le monde et la dernière encore dans son état d'origine[15]. Ce modèle offrait notamment de meilleures conditions d'observation (l'oculaire était fixe, les observations se font depuis l'intérieur d'un bâtiment) et une meilleure stabilité (avec un point d'appui au milieu du tube). Malheureusement, ces avantages étaient contrebalancés par des inconvénients optiques (les lunettes coudées possèdent deux miroirs qui rendent les alignements plus difficiles à obtenir que sur une lunette classique) et une grande complexité mécanique. Cependant, la lunette coudée de l'observatoire a permis de faire de nombreuses mesures pendant plus de 50 ans, notamment sur les surfaces planétaires, les étoiles doubles et les taches solaires (on projetait alors l'image sur une surface blanche)[3].

Caractéristiques techniques : objectif de 350 mm (diaphragmé à 320 mm[7]), doublet achromatique, distance focale de 7,8 m, moteur à poids.

Télescope de 1 mètre[modifier | modifier le code]

Financé grâce à une dotation du conseil général du Rhône, ce télescope Ritchey-Chrétien destiné à des études de photométrie a été construit par les Chantiers de l'Atlantique (pour la structure porteuse), l'observatoire de Marseille (pour la partie optique) et l'observatoire de Lyon (pour les parties cinématique et électronique). Dans les années 70, la pollution lumineuse du site de Saint-Genis-Laval était déjà suffisamment importante pour empêcher de bonnes observations même avec un télescope de cette taille. De 1976 à 1983, le télescope est donc déplacé à l'observatoire de Gornergrat, en Suisse. Si le site semble prometteur, les observations sont rendues très mauvaises à cause de l'humidité et des perturbations atmosphériques dues aux activités hôtelières qui créent d'importantes sources de chaleur. Le télescope est donc transféré de nouveau à Saint-Genis-Laval où il est utilisé un temps pour tester les photomètres développés par l'observatoire. Aujourd'hui il sert principalement à l’enseignent et à la diffusion des savoirs auprès du grand public[3].

Caractéristiques techniques : Télescope de type Cassegrain (modèle Ritchey-Chrétien), diamètre du miroir : 1 mètre, monture en fourche.

Autres équipements[modifier | modifier le code]

  • Télescope de 60 cm
  • Lunettes méridiennes de 15 cm (Eichens) et de 6 cm (Rigaud)
  • Sidérostat
  • Lunette de 32 cm
  • Deux lunettes équatoriales de 16 cm (Brünner et Eichens Gautier)

En plus de ces instruments, l'observatoire possède une galerie souterraine de 130 m de long construite vers 1882. Cette galerie voutée permettait de réaliser des expériences d'optique sur la diffraction.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monuments historiques, « Observatoire de Lyon sur la plateforme ouverte du patrimoine du ministère de la Culture », sur www.pop.culture.gouv.fr, (consulté le 1er avril 2020).
  2. a b c d e f g h et i Emmanuel Pécontal, « L'observatoire du Collège et son rôle dans l'astronomie lyonnaise », dans Pierre-Jean Souriac (dir.), Du collège de la Trinité au lycée Ampère : Cinq siècles d'Histoire, Lyon, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, , 160 p. (ISBN 2841473473), p. 95-113.
  3. a b c d e f g h i et j L'Observatoire de Lyon : histoire, instruments, recherche, astronomie, Brignais, Éditions des Traboules, , 33 p. (ISBN 291149150-5).
  4. a b c d e f g h i et j Emmanuel Pécontal, « Un exemple de la décentralisation scientifique dans la France des années 1870 : la création de l'observatoire astronomique de Lyon », Archives internationales d'histoire des sciences, vol. 65, no 174,‎ , p. 253-274 (lire en ligne).
  5. a b c d e f g h i j k l m n o et p Alain Brémond, Gilles Adam, Bernard Rutily et Emmanuel Pécontal, « De l'observatoire astronomique municipal à l'observatoire de l'université de Lyon (1862-1899), puis au Centre de recherche astrophysique de Lyon (1900-2012) », dans Olivier Aurenche, Christian Bange, Georges Barale, Guy Bertholon, Nicole Dockès-Lallement, Philippe Jaussaud et Daniel Moulinet, Lyon, une université dans sa ville, Lyon, Libel, (ISBN 978-2-917659-72-4), p. 77-84.
  6. Paula Selzer et Emmanuel Pécontal, « Chapter 1: A Temple for the Arts and Sciences », dans Adolphe Gouhenant, French Revolutionary, Utopian Leader, and Texas Frontier Photographer, UNT Press, (ISBN 9781574417692), p. 3-35
  7. a b c d e f g h i j k l m et n Yves Gomas, Jean Dufay (1896-1977), professeur, astrophysicien et directeur d'observatoires, Lyon, Université de Lyon (thèse de doctorat en Histoire des sciences), 2017, 627 p..
  8. a b c d e f g h i j k l m et n « ANDRÉ Charles Louis François », sur Comité des travaux historiques et scientifiques http://cths.fr/hi/index.php (consulté le 24 août 2018).
  9. a b c d et e « Dictionnaire des Astronomes Français 1850-1950 », sur Observatoire de Haute-Provence (consulté le 23 août 2018).
  10. Emmanuel Pécontal, « Les mires méridiennes lointaines de l'observatoire de Lyon : Recherches bibliographiques, archivistiques et archéologiques », Nuncius, no 28,‎ , p. 276-312 (lire en ligne).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Observatoire de Lyon : histoire, instruments, recherche, astronomie, Brignais, Éditions des Traboules, , 33 p. (ISBN 291149150-5)
  • Yves Gomas, Jean Dufay (1896-1977), professeur, astrophysicien et directeur d'observatoires, Lyon, Université de Lyon (thèse de doctorat en Histoire des sciences), 2017, 627 p.

Liens internes[modifier | modifier le code]

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