Claude François Milliet Dechales

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Claude François Milliet Dechales (ou Milliet de Challes, ou encore Deschales), né à Chambéry en Savoie, en 1621 et décédé à Turin (Italie), le , est un prêtre jésuite français et mathématicien de renom. Il publia un cours de Mathématiques et donna une traduction des œuvres d'Euclide fort populaire en France, quoique de moindre qualité que celle de Gilles Personne de Roberval.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Hector Milliet de Challes (1568-1642), futur baron d'Arvillars[1],[2]. Il fut conseiller d'État, premier président au Souverain Sénat de Savoie.

Entré chez les jésuites dès l'âge de quinze ans (le 21 septembre 1636), il participa à la mission des jésuites français dans l'Empire ottoman et y enseigna les lettres durant neuf ans. De retour en France, Louis XIV le fait nommer professeur d'hydrographie, à Marseille. Il y enseignait la navigation et le génie militaire. Il se trouve ensuite au collège de la Trinité, à Lyon (1674) où il enseigna simultanément la philosophie (4 ans) les mathématiques (6 ans) et la théologie (5 ans). C'est à Lyon qu'il publia son célèbre Cursus seu Mondus Matematicus bien éloigné de celui, plus moderne, de Pierre Hérigone. Enfin, il fut recteur à Chambéry.

À la fin de sa vie, Dechales enseigna les mathématiques au collège de Turin, dans le Piémont, où on le considéra comme un facteur d'instruments et de compas de proportions. Il était connu pour son amabilité et sa compétence pédagogique dans l'enseignement des mathématiques.

page de titre de son cours sur les mathématiques

Publications[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Dechasles, quoique complètes, sont rédigés dans un langage hérité de l'algèbre rhétorique et semblent méconnaître les avancées de son époque.

  • 1660 -1672 : Huict livres des Elemens d'Euclide rendus plus faciles par le R.P. Claude François Milliet Dechales, de la Compagnie de Jésus à Lyon, chez B. Coral.
  • 1674 : une seconde édition d'Euclide, Elementorum Euclidis libri octo, ad faciliorem captum accommodati à Lyon chez Anisson 'ce livre sera réédité plus de vingt fois).
  • 1674 : Cursus seu Mondus Matematicus Ex officina anissonina (Anisson) ; republié en 1682 chez Jacques Rohault (œuvres posthumes), puis en 1690 Editio altera ex manuscriptis authoris aucta et emendata, opera et studio R. P. Amati Varcin (1630-1702) à Lyon, ex officina anissonina. Il contient une partie historique où Dechalles soutient que James Hume de Godscroft est le réel inventeur de la notation décimale (contre Stevin).
  • 1677 : L'art de fortifier, de défendre et d'attaquer les places, suivant les méthodes françoises, hollandoises, italiennes et espagnoles (Paris), ainsi que L'art de naviger demontré par principes et confirmé par plusieurs observations tirées de l'experience (Paris).

Rééditions et éditions posthumes[modifier | modifier le code]

  • 1682 : Traité du mouvement local et du ressort dans lequel, leur nature, & leurs causes, sont curieusement recherchées, & ou les loix qu'ils observent dans l'acceleration & les pendules, & encore dans la percussion & la reflexion des corps, sont solidement establies, à Lyon chez Anisson et Posuel.
  • 1685 son Euclide est traduit en anglais sous le titre The elements of Euclid explain'd, in a new, but most easie method : together with the use of every proposition through all parts of the mathematicks.
  • 1690, une réédition de ses œuvres complètes à Lyon.
  • 1696 Reeve William, puis Schaap traduisent son cours en anglais.
  • 1709 : une édition de son Euclide est republiée, revue par Jacques Ozanam à Paris, chez Jombert.
  • Entre 1753 et 1778 : des rééditions d'Euclide via Ozananm sont encore publiées à Paris, chez Jombert.
Art de naviguer, 1677 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Grillet, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, tome 2, 1807, p. 125.
  2. Christian Sorrel Sorrel, Les savoyards dans le monde : recherches sur l'émigration : actes du colloque d'Annecy, 13 et 14 décembre 1991 (vol. 94), Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, , p. 64.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]