Désiré Barodet

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Désiré Barodet
Image illustrative de l'article Désiré Barodet
Fonctions
Député
1873 - 1896
Sénateur
1896 - 1900
Gouvernement IIIe république
Groupe politique Extrême-Gauche
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 82 ans)
Résidence Seine

Claude-Désiré Barodet est un homme politique français, né à Sermesse en Saône-et-Loire le et mort à Vincelles dans le Jura le . Il personnifia l'anticléricalisme[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’instituteur, Désiré Barodet effectue ses études au petit séminaire d’Autun, puis à l’École normale de Mâcon en 1842 et est nommé à Frébuans dans le Jura. Rapidement, il crée les premières cartes de géographie en relief, les premiers "cartons mobiles" pour l'acquisition de l’orthographe. Il est temporairement précepteur, gérant d’une usine chimique à Vernaison, agent d’assurances.

En 1848, il est favorable aux idées nouvelles portées par la révolution. Néanmoins, l'année suivante, convoqué par le ministre Falloux pour propagande républicaine, il est révoqué. Il devient alors instituteur libre à Cuisery. Après le coup d'État du 2 décembre 1851, il rejoint Lyon où il milite aux côtés des républicains. Il y devient commerçant et rejoint la franc-maçonnerie. Il fréquente également un club républicain, le cercle de la Ruche où il rencontre Jacques-Louis Hénon.

Le 4 septembre 1870, il fait partie du comité de Salut public lyonnais et est élu conseiller municipal de Lyon, puis nommé adjoint au maire par Hénon. À ce poste, il participe à la répression de la Commune de Lyon menée par Bakounine en décembre 1870, puis des mouvements communalistes qui naissent en soutien à la Commune de Paris. Il est à la tête de la délégation envoyée à Paris pour rencontrer Thiers et tenter de concilier la Commune de Paris et le gouvernement versaillais.

Le , à la mort de Hénon, Désiré Barodet est élu maire de Lyon. Néanmoins son mandat est de courte durée. Le gouvernement d'Ordre moral supprime l'élection du maire par le conseil municipal et renvoie Barodet en avril 1873, en même temps que la mairie centrale de Lyon est supprimée.

Le renvoi de Barodet scandalise les républicains et la législative partielle consécutive à la mort de François Clément Sauvage, à laquelle il est candidat prend la tournure d'un enjeu national. Il mène campagne contre le candidat du gouvernement, Charles de Rémusat, et devient le 27 avril 1873 député de la Seine, où il sera réélu six fois. Sa première élection a été très suivie car Adolphe Thiers avait engagé dans ce scrutin une forte valeur symbolique, l'amenant à démissionner ensuite au cours de la soirée du samedi, ce qui entraîne une forte activité à la Bourse de Paris, durant la journée de dimanche, sur le trottoir devant le Palais Brongniart[2].

Ses discours enflamment l'Assemblée. En 1877, il est l'auteur de la première proposition de loi sur l'instruction primaire gratuite, obligatoire et laïque, reprise par Jules Ferry en 1882. En 1890, il propose le principe de la publication des programmes et engagements électoraux des députés afin que chaque citoyen puisse vérifier si les engagements sont tenus ; cet ouvrage nommé "le Barodet" est toujours d'actualité à l'Assemblée Nationale. En 1896, il quitte la Chambre des députés pour le Sénat, où il reste jusqu'en 1900.

Hommages[modifier | modifier le code]

Inhumation[modifier | modifier le code]

Buste de Désiré Barodet sur sa tombe.

Désiré Barodet est inhumé au cimetière de la Croix-Rousse. ses obsèques se déroulent à Vincelles puis son inhumation au cimetière de la Croix-Rousse à Lyon en présence d'Édouard Herriot. En 1908, à Paris, une partie de la rue d'Enfer change de nom pour Désiré Barodet. En 1910, à Lyon, un monument est érigé sur sa tombe. En 1931, 2 plaques sont déposées dans le Jura, l'une à Frébuans à l'école (son 1er poste d'instituteur) rue Désiré Barodet, l'autre à Vincelles à l'entrée de la mairie.

Sources[modifier | modifier le code]

  • B. Benoit, P. Beghain (dir.), Dictionnaire historique de Lyon, éditions Stéphane Bachès, Lyon, 2009
  • Alain Dessertenne, Désiré Barodet (1823-1906), revue « Images de Saône-et-Loire » n° 118 (juillet 1999), pp. 2-3.
  • « Désiré Barodet », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]
  • « Désiré Barodet », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Jean-Louis Debré, Les oubliés de la République, éditions Fayard 2008, (ISBN 978-2-213-63709-9).
  • Notice biographique de l’Assemblée nationale, [1], consultée le 4 juillet 2010.
  • Voir aussi le plus complet, en ce qui le concerne, site de son village natal de Sermesse.
  • Alfred Colling, La Prodigieuse Histoire de la Bourse, . 

Références[modifier | modifier le code]