Pic du Midi de Bigorre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Observatoire du Pic du Midi)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pic du Midi.
Pic du Midi de Bigorre
Vue de la face nord depuis le Pic du Monné
Vue de la face nord depuis le Pic du Monné
Géographie
Altitude 2 876 m
Massif Pyrénées
Coordonnées 42° 56′ 11″ N 0° 08′ 34″ E / 42.93639, 0.14278 ()42° 56′ 11″ Nord 0° 08′ 34″ Est / 42.93639, 0.14278 ()  [1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Ascension
Voie la plus facile Téléphérique
Géologie
Roches Schiste, calcaire
Type Pic pyramidal

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées

(Voir situation sur carte : Hautes-Pyrénées)
Pic du Midi de Bigorre

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Pic du Midi de Bigorre

Le pic du Midi de Bigorre est situé dans les Hautes-Pyrénées, et atteint une altitude de 2 876 mètres. Il est connu entre autres pour la présence d'un observatoire astronomique et d'un relais de télévision.

Ce site touristique fait partie du regroupement de stations N'PY.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le sommet est appelé pic de Mieidia de Bigòrra en occitan gascon.

Il a précédemment été nommé montagne d'Arizes, toponyme de massif signifiant « eau », en relation avec le vallon d'Arizes à ses pieds. Il est appelé pic de Midi de Bagnères, puis pic de Midi de Bigorre à la fin du XIXe siècle. Le choix de ce nouveau nom renvoie peut-être à une tradition alpine qui désigne des sommets situés au sud de leur principal point d'observation en utilisant le nom « midi ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Le pic du Midi de Bigorre (au fond) vu depuis le pic de Saint-Barthélemy (Ariège)

Il est situé dans les Pyrénées françaises, dans le département des Hautes-Pyrénées, à la limite des communes de Sers et de Bagnères-de-Bigorre, se référant comme la ville à l'ancien comté de Bigorre. Étant situé très en avant de la chaîne, le pic est connu pour son panorama sur la chaîne de montagnes franco-espagnole.

La proximité du pic vis-à-vis de la plaine a longtemps fait croire qu'il était, avec le pic du Canigou, l'un des plus hauts sommets des Pyrénées jusqu’aux travaux trigonométriques de MM. Rebout et Vidal entre 1786 et 1789 ainsi qu'aux travaux barométriques de M. Ramond[2].

Géologie[modifier | modifier le code]

Des schistes métamorphiques apparaissent sur le pic avec une inclinaison de 80 à 85° au nord-ouest tantôt feuilletés, micacés ou plissés ainsi que du calcaire primitif[Quoi ?]. L'uniformité et leur direction est identique au système cambrien[3].

Les roches contiennent de la tourmaline noire et de la pyrite magnétique, sous la forme de macle monochrome[2].

Climat[modifier | modifier le code]

Les conditions atmosphériques y sont assez pures et stables. Il peut y neiger en été. Le relevé des températures moyennes et des précipitations pour l'année 1980 nous donne un aperçu des conditions climatiques qui y règnent. Celles-ci sont assez rudes compte tenu de la déperdition de chaleur avec l'altitude.

Relevé météorologique du Pic du Midi, altitude : 2883 m (année 1980)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −10,2 −6,9 −10 −9,4 −6,5 −0,4 2,1 5,9 3,9 −3,5 −6,4 −10,5 −4,3
Température moyenne (°C) −8,2 −4,8 −7,4 −6,9 −4,1 1,8 5,1 8,4 6,1 −0,9 −3,8 −8 1,7
Température maximale moyenne (°C) −6,1 −2,3 −4,6 −4,5 −1,7 4,2 7,7 11,1 8,9 1,5 −1,5 −5,2 6,3
Précipitations (mm) 57 35 139 65 121 0 37 32 34 95 102 123 840
Source : TuTiempo.net


Biodiversité[modifier | modifier le code]

La présence d'Armeria alpina et de Geranium cinereum est relevée en 1863[4] puis celle de Gnaphalium supinum, Gallium cespitosum, Vicia pyrenaica, Oxytropis pyrenaica, Iberis spathulata, Biscutella cichoriifolia et Gregoria vitaliana en 1868[5].

Voies d'accès[modifier | modifier le code]

L'ancien téléphérique en 1963

Vers 1858 il fallait trois heures de cheval ou quatre heures de chaise pour atteindre le pic depuis le chemin du Tourmalet[6]. Une auberge était déjà présente près du sommet.

Aujourd'hui il est possible d'accéder au pic à pied, par des sentiers de randonnée, ou bien en téléphérique, au départ de La Mongie. Ce téléphérique est composé de deux tronçons :

  • le premier tronçon, entre La Mongie (1 785 m) et le Taoulet (2 341 m), comporte plusieurs pylônes ;
  • le deuxième tronçon, entre le Taoulet et le pic du Midi (2 872 m), ne comporte qu'un seul pylône, près de la gare d'arrivée. Il présente une travée de câble de 2 550 m de long (3e rang français) entre le Taoulet et ce pylône.

L'observatoire[modifier | modifier le code]

Le pic par Hacault (1872)
Gros plan sur l'observatoire, en hiver. On distingue les coupoles de l'observatoire, l'antenne de télévision, et la cabine du téléphérique.

L'observatoire astronomique est un haut lieu d'observation et de recherche. La météorologie puis l'astronomie ont été les principales motivations de la création de cet observatoire.

L'astronomie est encore à l'heure actuelle le domaine d'investigations scientifiques le plus important au pic du Midi. L'observatoire est rattaché à l'Observatoire Midi-Pyrénées. C'est une UFR de l'université Paul-Sabatier (Toulouse III). Depuis 135 ans, chercheurs et techniciens de l'espace y scrutent la galaxie à la recherche de phénomènes célestes inconnus.

Histoire[modifier | modifier le code]

Nansouty
Le général Nansouty et l'ingénieur Vaussenat.

Le pic est connu depuis l'Antiquité. Les plus anciens témoignages sur le pic du Midi se retrouvent dans les récits de la mythologie pyrénéenne, qui est un mélange des panthéons locaux et grecs. Ainsi les Pyrénées seraient le tombeau de Pyrène, morte de trop avoir aimé Héraclès. Celui-ci lui fit le plus beau et le plus grands des tombeaux : les Pyrénées. De leurs amours était né Python, serpent mythique qui garde le tombeau de la belle Pyrène, sa tête se trouve à Gavarnie et sa queue au Pic du Midi de Bigorre, que les strates de gneiss permettent, parfois, d'imaginer.

En même temps que les habitants du Haut-Adour vénéraient le dieu solaire Abellio, le pic du Midi de Bigorre devenait pour eux un élément essentiel de leur espace vécu. Au pied de la montagne, dans le val d'Arizes vivaient les légendaires pâtres de 999 ans, Milharis et Béliou.

Au-delà de ces légendes, la pointe de flèche découverte par le général de Nansouty aux environs du col de Sencours prouve que le pic du Midi de Bigorre était déjà fréquenté au Néolithique[7].

Dès le tout début du XVIIIe siècle, le sommet du pic est connu pour être un lieu d'observations astronomiques. On sait que François de Plantade[8] monte au pic à plusieurs reprises : il étudie pour la première fois de façon scientifique la couronne solaire lors de l'éclipse de 1706. il remonte en 1741 pour y effectuer des mesures barométriques dans le but de dresser une carte des diocèses du Languedoc. Le 26 août, gravissant à nouveau la montagne, il meurt au col de Sencours, sextant au poing, en s'exclamant : « Ah ! que tout ceci est beau ! »[9]

Ces mesures sont suivies, dès 1774, par celles de Monge et d'Arcet qui montent au pic pour y étudier la pression atmosphérique.

La construction de l'observatoire a débuté dans les années 1870, sous la direction du général Charles du Bois de Nansouty, et de l'ingénieur Célestin-Xavier Vaussenat. Les premiers terrassements au sommet commencent en 1875. Les premiers locaux sont achevés le 8 septembre 1882.

En 1907, Baillaud y fait installer un premier télescope de 50 cm de diamètre, l'un des plus grands au monde pour l'époque, qui permit en 1909 de démentir l'existence de canaux sur Mars que défendait Percival Lowell et propulsa l'observatoire à la pointe de la recherche.

Par la suite, ces locaux ont été grandement complétés : nouvelles terrasses, nouvelles coupoles, nouveaux bâtiments d'habitation.

L'électricité arrive au sommet en 1949. Auparavant, les équipements électriques étaient alimentés par un ensemble de batteries et un groupe électrogène.

Un premier téléphérique, affecté au transport du personnel, est installé en 1952, ce qui permet d'atteindre le sommet en toute saison.

En 1959-1962 est installé le bâtiment interministériel, qui regroupe les activités d'astronomie, de météorologie, de télévision et de navigation aérienne.

En 1994, l'État envisage la fermeture de l'observatoire. La région Midi-Pyrénées se mobilise, et crée un syndicat mixte pour la réhabilitation du site. Le projet prévoit une réhabilitation des installations scientifiques, ainsi que l'ouverture au public d'une partie du site. Ainsi, le téléphérique de service est remplacé par un nouveau téléphérique capable d'accueillir le grand public. D'importants travaux sont engagés à partir de 1996 ; le site, dans sa version rénovée, ouvre en l'an 2000.

Le 20 mars 2008, 4 alpinistes trouvèrent la mort dans un accident suite à une avalanche dans un couloir jugé « dangereux » du pic du Midi.

Vue panoramique vers le sud depuis l'observatoire du pic.

Télescopes[modifier | modifier le code]

En 1908 la première coupole est installée, la coupole Baillaud, de 8 m de diamètre. Elle est équipée d'une monture équatoriale mécanique. Elle abrite une lunette et un télescope réflecteur. Hors service depuis 2000, elle fait désormais partie du musée.

En 1946, M. Gentilli offre à l'observatoire une coupole et un télescope de 60 cm.

Un spectrographe est installé en 1958.

En 1963, la NASA finance l'installation d'un télescope de 106 cm. Il est utilisé pour prendre des clichés précis de la surface lunaire dans le cadre de la préparation des missions Apollo.

Une tour haute de 28 m et de 2 m de diamètre est construite à partir de 1972. Elle est installée à l'écart des autres bâtiments, de façon à minimiser les perturbations atmosphériques. En 1980, elle abrite un télescope de 2 m : le télescope Bernard Lyot.

L'observatoire dispose d'un coronographe, qui permet l'étude de la couronne solaire.

Autre instrument, installé depuis 1961, la Coupole Tourelle (rebaptisée lunette Jean Rösch en 2004, en l'honneur de son créateur). Cette coupole à la forme caractéristique abrite une lunette de 50 cm de diamètre destinée à l'étude du Soleil (imagerie de la surface, étude de la granulation). L'instrumentation s'est vue complétée en 1980 par un spectrographe.

On dénombre actuellement au sommet :

  • le télescope de 60 cm (coupole du T60, accueillant des astronomes amateurs via l'Association T60) ;
  • le télescope de 106 cm (coupole Gentilli) affecté aux observations du système solaire ;
  • le télescope de 2 m ou Télescope Bernard Lyot (utilisé avec le spectropolarimètre NARVAL[10]) ;
  • le coronographe CLIMSO (étude de la couronne et du disque solaire) ;
  • la lunette Jean Rösch (étude de la surface solaire).

Figurent également :

  • la coupole Charvin, ayant abrité un coronomètre photoélectrique (étude du Soleil) ;
  • la coupole Baillaud, réaffectée au musée en 2000 et abritant une maquette à l'échelle 1:1 du coronographe ;
  • la coupole du Télescope DIMM (instrument nocturne destiné à mesurer le niveau de turbulence atmosphérique), qui a remplacé en 2009 la coupole Robley qui abritait le T55.

Radio et télévision[modifier | modifier le code]

L'antenne de 103 m dressée sur le bâtiment interministériel

En 1926-1927 sont installées au pic deux pylônes de 25 m de haut, qui supportent une antenne de radiodiffusion.

Un émetteur de télévision est installé en 1957. Il commence ses émissions le 14 septembre.

Lors de la construction du bâtiment interministériel, un nouvel émetteur est installé. Il dispose d'une antenne de 104 m de haut. Ses émissions commencent en 1963.

Cet émetteur diffuse des émissions de radio FM et de télévision numérique. Il dessert une importante partie du sud-ouest de la France, soit un septième du territoire national.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Géoportail, site de l'IGN
  2. a et b Johann von Charpentier, Essai sur la constitution géognostique des Pyrénées, Levrault, 1823 [lire en ligne]
  3. Annales des mines, ou Recueil de mémoires sur l'exploitation des mines, et sur les sciences qui s'y rapportent, Treuttel et Wurtz, 1844 [lire en ligne]
  4. Claude-Casimir Gillet, Jean Henri Magne, Nouvelle flore française: descriptions succinctes et rangées par tableaux dichotomiques des plantes qui croissent spontanément en France et de celles qu'on y cultive en grand, Garnier Frères, 1863 [lire en ligne]
  5. Alexandre Bautier, Flores partielles de la France comparées, Volumes 1 à 2, P. Asselin, 1868 [lire en ligne]
  6. Adolphe Laurent Joanne, Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la Méditerranée, Librairie de L. Hachette et Cie, 1858, 683 pages [lire en ligne]
  7. « Nous pouvons affirmer que nos ancêtres préhistoriques ont chassé l'isard jusqu'à la cime du Pic du Midi », général de Nansouty in Bulletin de la Société Ramond, 1879, p.12
  8. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, vol. 11, éditeur Vve Duchenne, 1776, Archive de Bibliotheque cant. et univ. Lausanne, lire en ligne
  9. François Boissier de Sauvages, « Éloge de M. de Plantade », Assemblée publique de la société royale des sciences, tenue dans la grande salle de l'Hôtel de ville de Montpellier, le 21 novembre 1743, éditeur Jean Martel, 1743, lire en ligne
  10. NARVAL

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]