Étienne Roda-Gil

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Etienne Roda-Gil)
Aller à : navigation, rechercher
Étienne Roda-Gil
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Estève Roda GilVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Mouvement

Étienne Roda-Gil, né Estève Roda Gil le à Montauban (Tarn-et-Garonne) et mort le [1] (Certaines sources indiquent un décès le 28 mai 2004[2]), à Paris, est un auteur de chansons et dialoguiste français. Il fut aussi un militant libertaire proche des anarcho-syndicalistes de la CNT.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le jeune Estève est issu d'une famille de combattants républicains espagnols exilés[3]. Son père, Antonio Roda Vallès, né à Vinaròs (Espagne), le , peintre en voiture, ouvrier typographe puis « militant libertaire de la CNT[4] », commissaire général, membre de la colonne Durruti, puis maquisard français[3], et sa mère, Leonor Gil García, née à Badalona (Catalogne, Espagne), le , sans profession, ont fui le franquisme début 1939. Sa langue maternelle fut le catalan, que parlaient ses deux parents.

Dès son arrivée en France, son père est interné au camp de Septfonds (Tarn-et-Garonne) où, dès février 1939, 16 000 hommes de l’ancienne armée républicaine sont internés[4] tandis que sa mère l'est dans les camps d'Argelès et de Gurs[3].

Au moment de la naissance d’Esteve, la famille est domiciliée à Réalville (Tarn-et-Garonne). On peut supposer que le père a été transféré du camp de Septfonds au 533e GTE (Groupement de travailleurs étrangers) à celui de Réalville.

« Vivant avec sa famille dans une grande précarité, le jeune Esteve est atteint par le scorbut et il ne doit qu’à la ténacité de sa mère de pouvoir conserver ses dents grâce à une petite ration de citron qu’elle obtient au prix d’autres privations[4]. »

Après avoir passé l'après-guerre à Montauban, la famille déménage, en 1953, à Antony où elle est confrontée pour la première fois à la xénophobie.[réf. nécessaire]

Faux ours, vrai buveur de whisky, licencié en lettres et visiteur médical, il fréquente la Fédération ibérique des jeunesses libertaires[5]. Il vit alors en HLM à Antony avec sa mère, en deuil, et sa compagne Nadine, jeune peintre issue de la grande bourgeoisie française[2]. Roda Gil rencontre Julien Clerc en 1967 dans le café L’Écritoire du Quartier latin de Paris et entame une collaboration fructueuse qui s'interrompt en 1980. Les deux complices collaborent à nouveau en 1992 pour l'album Utile, qui obtient le prix Vincent-Scotto l'année suivante. « À quoi sert une chanson si elle est désarmée ? », s'interrogent-ils, dans la chanson qui donne son nom à l'opus[6].

Il écrit en tout plus de 700 chansons[2].

Se vantant « d'avoir introduit la poésie dans le disco », Roda-Gil a également écrit pour France Gall, Claude François (Alexandrie Alexandra, Magnolias for Ever, Rubis)[6]. Un an après la mort de ce dernier, en 1978, il participe pour Gérard Lenorman à l'album Boulevard de l'océan. En 1984, il coécrit avec Pascal Danel plusieurs des synopsis de l'émission de variété scénarisée Macadam. Johnny Hallyday, Juliette Gréco, Vanessa Paradis, Barbara, Françoise Hardy, Gilles Dreux, Didier Marouani, Christophe, Léonie Lousseau, Catherine Lara, Richard Cocciante, Pascal Obispo ou Louis Bertignac ont également interprété ses titres.

Nadine Delahaye devient sa femme et l'amour de sa vie jusqu'à sa mort en 1990[6], d'une leucémie[2].

Il a publié au Seuil La Porte marine et a adapté pour le cinéaste Andrzej Zulawski L'Idiot de Dostoïevski, rebaptisé L'Amour braque (1985).

Roda-Gil s'était fait un dictionnaire des mots d'une et deux syllabes.

Ami de Roger Waters (ancien membre de Pink Floyd), il lui écrit en 1987 (avec sa femme) un livret d'opéra, sur le thème de la Révolution française, intitulé Ça Ira, que l'ex-membre de Pink Floyd va mettre en musique, et qui sera enregistré en 2005 (en versions française et anglaise). Ils caressaient l'espoir de l'avoir en commande pour les fêtes du bicentenaire de la Révolution de 1989, mais François Mitterrand s'y serait opposé, estimant qu'il était difficile de demander à un sujet britannique de composer la musique commémorative de la Révolution française.

Étienne Roda-Gil est enterré à Paris, au cimetière du Montparnasse (6e division)[7] auprès de sa femme.

Il a deux fils, Numa (qui a animé une émission de BD sur La Cinq en 1991 puis tenu une librairie manga rue Soufflot) et Vladimir (compositeur de musique électronique), qui contestent l’utilisation commerciale de la mémoire de leur père, refusant les hommages et stoppant des projets de livres ou de disques le concernant[2]. Il a également une fille (Alma) avec sa dernière compagne, Nathalie Perrette, qui travaillait dans la publicité[2].

Il meurt en mai 2004 d'un accident vasculaire cérébral[2].

Devise[modifier | modifier le code]

Libertaire, Roda-Gil participe régulièrement aux manifestations de la CNT, notamment à celles organisées, chaque 1er mai à Paris, pour la journée internationale des travailleurs[8].

« Ni Dieu ni maître » était sa devise et celle de ses parents, avec une exception, disait-il, pour le poète andalou Antonio Machado et pour Manuel Azaña (le dernier président de la République espagnole, mort et inhumé à Montauban, en novembre 1940).

Prix[modifier | modifier le code]

1989 : Grand prix de la chanson de la SACEM

Chansons (principales collaborations)[modifier | modifier le code]

Chanson anarchiste[modifier | modifier le code]

Étienne Roda-Gil a aussi contribué à la chanson anarchiste. En particulier par Makhnovchtchina sur la musique du chant des partisans russes Les Partisans[9]. Cette chanson figure dans l’album Pour en finir avec le travail. Elle a également été reprise par les Bérurier noir puis par Barikad, Serge Utgé-Royo (dans Contrechants… de ma mémoire), René Binamé (qui en a modifié quelque peu les paroles) et par le chanteur espérantiste JoMo.

Citation[modifier | modifier le code]

« La Pensée libertaire n'est pas un fourre-tout où n'importe quel médiocre peut trouver un onguent pour les plaies que la société autoritaire lui inflige. C'est une forme de messianisme sans Dieu qui croit que l'homme est capable de se reconnaître dans son semblable et d'établir par là, avec lui et elle, une communauté solidaire capable d'en finir avec toutes les idéologies. Essayer le paradis, ici... » - Préface à Paroles libertaires, 1999.

Fonctions[modifier | modifier le code]

  • Administrateur de la SACEM (1996-1999 et 2000-2003).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Julien Clerc (avec Danièle Heymann et Lucien Rioux), Seghers, 1971
  • La Porte marine, Seuil, 1981
  • Mala Pata, Seuil, 1992
  • Moi, Attila, 1993
  • Ibertao, Stock, 1995
  • Paroles libertaires, illustré par Ricardo Mosner, Albin Michel, 1999
  • Terminé, Verticales, 2000

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lemonde.fr/culture/article/2005/09/15/les-fils-d-etienne-roda-gil-opposes-a-julien-clerc_689391_3246.html / consulté le 12 juillet 2017
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Sophie des Déserts, « Roda-Gil, l’héritage sous clé », Vanity Fair n°21, mars 2015, pages 170-177 et 209.
  3. a, b et c http://tavernedespoetes.lesdemocrates.fr/2011/09/04/les-paroliers-2/
  4. a, b et c Max Lagarrigue, « In memoriam Étienne Roda-Gil », revue Arkheia, Montauban, no 17-18, 2006.
  5. Edwy Plenel, Voyage en terres d'espoir, Éditions de l'Atelier, 2016, page 159.
  6. a, b et c Ludovic Perrin, « Si on chantait… », sur Libération.fr,
  7. RODA-GIL Etienne (Esteva Roda-Gil : 1941-2004), Cimetières de France et d'ailleurs.
  8. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  9. https://www.youtube.com/watch?v=bB4MFiHH1qw

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Crocq et Alain-Guy Aknin, Étienne Roda-Gil, le maître enchanteur, Flammarion, 2005.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Croq et Alain-Guy Aknin, Étienne Roda-Gil, le maître enchanteur, Flammarion, 2005.

Sources[modifier | modifier le code]