Mort Shuman

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Mort Shuman
Nom de naissance Mortimer Shuman
Naissance
Brooklyn (États-Unis)
Décès (à 52 ans)
Londres (Royaume-Uni)
Activité principale Chanteur, compositeur, acteur
Genre musical Pop, rock
Années actives 1959-1991

Mortimer Shuman, dit « Mort Shuman », né le à Brooklyn et mort le à Londres, est un compositeur, chanteur et acteur américain, d'expression anglaise et française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Brooklyn le [2], il étudie au New York Conservatory (en)[3]. Acteur, mais surtout compositeur, il commence à écrire des chansons à 18 ans[3].

De 1958 à 1965, Mort Shuman fait équipe avec Doc Pomus : le premier compose les musiques et le second écrit les paroles[4], pour des chansons destinées à des artistes pop-rock et qui sont des succès. Ce tandem parolier-compositeur devient célèbre et reconnu, écrivant notamment A Teenager in Love (en) pour le groupe Dion and the Belmonts en 1959, Sweets for My Sweet pour le groupe The Drifters en 1961, ainsi que A Mess Of Blues, Viva Las Vegas, His Latest Flame (Marie's the Name) et Suspicion pour Elvis Presley (cette dernière chanson est, notamment, adaptée en français par Pierre Saka sous le titre Obsession, pour les Chats Sauvages, en 1964). Installés au Brill Building, sur Broadway, ils composent ensemble plus de 500 chansons[4].

En 1965, Mort Shuman gagne l'Angleterre, puis, en 1966, la France, où il collabore avec la parolière Vline Buggy[5]. Dans les années 1960, il devient une référence écrivant et/ou collaborant (entre autres), aux titres My Baby et Get It While You Can pour l'album Pearl de Janis Joplin ; Andy Williams et The Small Faces. Il rencontre Jacques Brel et, quelque temps après, adapte en anglais Amsterdam, qu'interprète Scott Walker en 1967 (David Bowie la reprendra en 1973).

Séduit par l'Europe, Mort Shuman s'installe à Paris ; sa comédie musicale Jacques Brel Is Alive and Well and Living in Paris est alors jouée à l'Olympia[6]. Eddy Mitchell, avec qui il se lie très vite d'amitié, est l'un des tout premiers, si ce n'est le premier (dès 1962 avec Les Chaussettes noires), à adapter et chanter Shuman[7]. En 1964 et 1965 notamment, ils écrivent plusieurs chansons ensemble.

En tant qu'interprète, les chansons de Mort Shuman sont souvent des succès. Dans les années 1970, il enchaîne en particulier Papa Tango Charlie, Sorrow, Imagine et surtout Brooklyn by the sea et Le Lac Majeur, dont les textes sont écrits par Étienne Roda-Gil, jusque-là parolier attitré de Julien Clerc[8].

Mort Shuman continue la composition, écrivant, notamment, quelques titres pour Eddy Mitchell, Michel Sardou et Johnny Hallyday. Très affecté par la disparition de Jacques Brel en , il ralentit sa production musicale, mais surtout, il renonce définitivement à la scène et s'installe à Londres en 1982. Il revient épisodiquement en France, surtout pour séjourner dans sa villa de Caudéran en Gironde. Après 1982, Mort Shuman n'apparaitra plus dans les émissions de variétés françaises.

En 1991, il enregistre en duo avec Eddy Mitchell Vraiment bien ; diffusé en 45 tours, ce titre est le dernier enregistré par Mort Shuman.

Il meurt à 52 ans le dans un hôpital de Londres des suites d'un cancer du foie, laissant son épouse Maria-Pia Vezia et leurs trois filles, Barbara, Maria-Pia et Eva-Maria. Il est enterré dans le cimetière juif de Golders Green à Barnet, dans la banlieue de Londres. Johnny Hallyday et Eddy Mitchell sont parmi les quelques connaissances présentes lors de l’enterrement. Johnny Hallyday dépose sur sa tombe une cassette avec l'enregistrement de Dans un an ou un jour, sa dernière composition qu'il n'a pu écouter, la maladie l'ayant emporté avant la sortie de l'album Ça ne change pas un homme[9]. Mort Shuman va néanmoins connaître un dernier voyage car, quelques années plus tard, sa dépouille est transférée dans un caveau (vraisemblablement celui de sa belle-famille) au cimetière des Pins-Francs, sur la rue Soubiras à Caudéran.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le , Mort Shuman épouse Élisabeth Moreau, avec qui il a composé des chansons (La Lampe, My Name Is Mortimer, Comme avant, Le Nègre blanc) à Villiers-Saint-Benoît en Bourgogne. Il épouse Maria-Pia en secondes noces.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Comédies musicales[modifier | modifier le code]

Bandes originales de films[modifier | modifier le code]

45 tours (hors albums studio)[modifier | modifier le code]

  • 1975 : La Splendeur de Rome / La Muselière
  • 1976 : Sorrow / Botany Bay (en français)
  • 1980 : Machines / La Drôle de folie (que je vis)
  • 1982 : Nuit blanche / Cet ami-là
  • Il existe également trois 45 tours interprétés en allemand : Tage wie aus Porzellan (Un été de porcelaine) / Gestern (Sorrow) / Lago Maggiore im Schnee (Le Lac Majeur) ; un en anglais : Amsterdam/Mathilde (de Jacques Brel) ; et un en espagnol : Cuando me amas mas (Slave).

Comme auteur-compositeur[modifier | modifier le code]

  • Céline
  • Walking on Air

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Comme musicien[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « De New York à Londres, Paris et Caudéran : le parcours incroyable du musicien Mort Shuman », Le Bordeaux Invisible,‎ (lire en ligne)
  2. Les sources indiquent parfois une date de naissance le 12 novembre 1936 ou 1937, mais la pierre tombale de Mort Shuman indique qu'il est bien né le 12 novembre 1938[1]
  3. a et b (en) « Mort Shuman Dies, 52 ; Devotee of Jacques Brel », sur The New York Times, (consulté le 18 janvier 2015)
  4. a et b (en) The New York Times Guide to Essential Knowledge: A Desk Reference for the curious mind, St Martin's Press, , 1368 p. (ISBN 978-0-312-64302-7, lire en ligne), p. 163.
  5. Daniel Ichbiah, 50 ans de chansons françaises, , 174 p. (lire en ligne).
  6. (en) Graham Vickers, Pomus & Shuman: Hitmakers Together & Apart, Omnibus Press, , 280 p. (ISBN 9781780383071, lire en ligne).
  7. Daniel Lesueur, L'argus Eddy Mitchell discographie et cotations, Éditions Alternatives, page 42, citation : « Pour la première fois sans doute (en 1963), Eddy rencontre Mort Shuman, avec qui il sympathise. Leur amitié durera jusqu'au décès de ce dernier en 1991 ».
  8. (en) Bill Marshall et Cristina Johnston, France and the Americas: culture, politics, and history, a multidisciplinary encyclopedia, Volume 3, ABC-CLIO, , 444 p. (ISBN 978-1851094110, lire en ligne).
  9. Johnny Hallyday chante la dernière chanson de Mort Shuman / consulté le 17 avril 2015.
  10. http://richard-anthony.fr.gd

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]