L'Œuvre française

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L'Œuvre française
Image illustrative de l’article L'Œuvre française
Logotype officiel.
Présentation
Président Pierre Sidos (1968-2012)
Yvan Benedetti (2012-2013)
Fondation 1968
Disparition (dissolution)
Siège 4 bis, rue Caillaux 75013 Paris
Positionnement Extrême droite
Idéologie Ultranationalisme
Néofascisme
Antisémitisme
Couleurs Blanc, bleu et rouge
Site web oeuvrefrancaise.com

L'Œuvre française est un mouvement politique français d'extrême droite ultranationaliste fondé en 1968 par Pierre Sidos. À la suite de l'affaire Clément Méric, elle fait l'objet d'un décret de dissolution le .

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Se présentant comme « à la pointe du combat nationaliste, de l'action antisioniste et antimarxiste au sein de la nation française[1] », L'Œuvre française tient son premier congrès les 10 et 11 octobre 1970[2]. Elle participe habituellement à la fête traditionnelle de Jeanne d'Arc le deuxième dimanche de mai.

Dans la déclaration finale de son VIIIe et dernier congrès des 4 et 5 février 2012, L'Œuvre préconise « la primauté du politique sur l’économique, du spirituel sur le matériel, du national sur l’étranger, du qualitatif sur le quantitatif, de la sélection sur l’élection, du talent sur l’argent, de la beauté sur l’utilité[3] ».

Rapprochement avec d'autres groupes[modifier | modifier le code]

En février 1982, l'OF se lie avec le Mouvement nationaliste révolutionnaire de Jean-Gilles Malliarakis et le groupe Militant au sein du Regroupement nationaliste. Cependant, cette tentative de fédérer les petits groupes d'extrême droite extérieurs au Front national tourne court assez rapidement.

Relations avec le Front national[modifier | modifier le code]

Fin 1996, Pierre Sidos soutient le Front national et une rencontre à Orange entre ce dernier et Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence a parfois été évoquée[réf. nécessaire].

Pierre Sidos a déclaré que ceux désirant voter devaient préférer le candidat Jean-Marie Le Pen plutôt qu'un autre mais n'a pas donné de consignes strictes à ses militants ou sympathisants. Le mouvement rejette toute démarche électorale assimilée à une « normalisation » idéologique.

En octobre 2010, le FN a décidé de traduire Yvan Benedetti devant la commission de discipline du parti pour cause de double appartenance au Front national et à L'Œuvre française. Yvan Benedetti a assuré en avoir démissionné en août 2010. De fait, quelques militants ou cadres du FN ont appartenu aux deux organisations mais cette tendance est combattue par la direction du FN. Marine Le Pen, dans une déclaration à l'AFP, a ainsi dénoncé l'entrisme de L'Œuvre[4] ; cette dénonciation est également reprise par Steeve Briois durant l'entre-deux-tours des élections cantonales de 2011[5].

Accusé par Jean-Marie et Marine Le Pen d'être un ami de Pierre Sidos, Bruno Gollnisch dont Yvan Benedetti est un proche a contesté ce fait. Pierre Sidos a confirmé ne pas être l'ami de Bruno Gollnisch tout en expliquant avoir de l'« estime » pour ce dernier « au regard de ses qualités familiales, professionnelles, civiques » et sa « considération pour son calme et sa détermination ».

Yvan Benedetti a ensuite participé à la fondation des Jeunesses nationalistes en octobre 2011, avec Alexandre Gabriac. À la suite du VIIIe congrès de l'OF en février 2012 tenu dans la région lyonnaise, une nouvelle direction est nommée avec pour président Yvan Benedetti.

Ayant rejoint l'Union de la droite nationale, le mouvement soutient la tentative de candidature de Carl Lang à l'élection présidentielle de 2012.

Effectifs[modifier | modifier le code]

Selon le Journal du dimanche, les effectifs, en comptabilisant les Jeunesses nationalistes, seraient au maximum de 400 personnes[6].

Dissolution[modifier | modifier le code]

À la suite de l'affaire Clément Méric, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls annonce le 24 juillet 2013 la dissolution de l'organisation à l'issue du Conseil des ministres[7]. Il déclare que L'Œuvre française est une « association qui propage une idéologie xénophobe et antisémite, des thèses racistes et négationnistes, qui exalte la collaboration et le régime de Vichy, et qui rend des hommages réguliers au Maréchal Pétain, à Brasillach ou à Maurras »[8].

Un recours sur le fond est déposé en septembre 2013 devant le Conseil d'État contre ce décret de dissolution. Dans l'attente de cette décision, un recours en référé demandant la suspension du décret de dissolution est rejeté par le Conseil d'État en octobre 2013[9]. Le recours sur le fond est finalement rejeté en décembre 2014[10].

Rôle du fondateur[modifier | modifier le code]

L'Œuvre est parfois surnommée par ses détracteurs « l'Église de sidologie », du fait de la forte assimilation entre ce mouvement et son fondateur.

En 1969, l'OF faillit avoir un candidat à l'élection présidentielle en la personne de son fondateur Pierre Sidos. Cependant, cette candidature fut rejetée par le Conseil constitutionnel aux motifs que « le nombre des présentations valablement émises en faveur de ce dernier est inférieur au minimum exigé par les dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance no 62-1292 du 6 novembre 1962[11] ».

Conformément à l'orientation antisémite du mouvement, ce refus fut considéré par Le Soleil, organe de L'Œuvre française, comme dû à la présence au Conseil constitutionnel de Gaston Palewski et René Cassin, « tous deux d'ascendances juives étrangères[12] ». Pour Joseph Algazy, accepter la candidature du fondateur de L'Œuvre aurait pu, dans une certaine mesure, être interprété comme un acte de réhabilitation du passé collaborationniste des Sidos durant l'Occupation[13].

Symbolique[modifier | modifier le code]

Emblème[modifier | modifier le code]

L’emblème du mouvement est la croix celtique, adoptée la première fois en politique par le mouvement Jeune Nation dont Pierre Sidos était un des cofondateurs. Cet emblème apparait sur le drapeau de L’Œuvre, une croix celtique blanche sur un écartelé rouge et bleu.

Uniforme[modifier | modifier le code]

L'Œuvre française dispose d'un uniforme réservé à ses membres, constitué d'une chemise bleue[14] sur laquelle est épinglé l'insigne du mouvement. Par ailleurs, lors de ses activités importantes, l'OF demande aux participants de revêtir une tenue aux couleurs nationales, c'est-à-dire, pour les hommes, une chemise blanche, une cravate rouge, un blazer ou autre veste de couleur bleue et un pantalon gris, et pour les dames et demoiselles, un chemisier blanc, un foulard de teinte rouge, si nécessaire un tricot ou une veste bleue ainsi qu'une jupe grise. Il est aussi demandé aux membres, notamment militaires, de porter leur insigne et leurs décorations et médailles.

Hymne[modifier | modifier le code]

L’Œuvre dispose de son propre hymne qu'elle souhaiterait voir remplacer l'actuel hymne national[réf. nécessaire]. Intitulé Nous voulons rester Français, il a été composé par Pierre Sidos en 1974 sur l’air des Dragons de Noailles[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Soleil, no 73, 6-13 novembre 1968.
  2. Joseph Algazy, L'extrême droite en France de 1965 à 1974, Éditions L'Harmattan, 1989, p. 75.
  3. Déclaration finale du VIIIe Congrès de L'Œuvre Française le 5 février 2012
  4. « Marine Le Pen dénonce “une opération d'entrisme” au FN pour lui nuire », Le Point, 23 septembre 2010.
  5. Alexandre Piquard, « Salut nazi, photo de SS... le FN face aux images gênantes de deux candidats », Le Monde, 25 mars 2011.
  6. L’Œuvre française et les Jeunesses nationalistes n'acceptent pas leur dissolution, Maxence Knepper, Le Journal du Dimanche, 24 juillet 2013
  7. « Manuel Valls annonce la dissolution des Jeunesses nationalistes et de L'Œuvre française », L'Express en ligne, 24 juillet 2013.
  8. Conférence de Manuel Valls sur le perron de l'Élysée, à l'issue du Conseil des ministres, « Nouvelles dissolutions de structures d'extrême droite », La Croix, 24 juillet 2013.
  9. Ordonnance du 25 octobre 2013, Association L’Œuvre française et M. B., no 372321.
  10. CE, 30 décembre 2014, association "L'Œuvre française" et autre, no 372322.
  11. Décision du 17 mai 1969 :

    « Considérant toutefois que des vérifications effectuées par le Conseil constitutionnel il résulte que quatre de ces présentations ne peuvent être regardées comme ayant un caractère authentique, qu'une autre avait été faite par une personne n'ayant pas qualité pour présenter valablement un candidat et qu'enfin dix autres émanaient, contrairement aux dispositions de l'article 4, premier alinéa, du décret n° 64-231 du 14 mars 1964 susvisé, de personnalités qui avaient également fait acte de présentation en faveur d'autres candidatures au moyen de lettres parvenues au Conseil constitutionnel antérieurement aux présentations concernant M. Sidos ; qu'ainsi le nombre des présentations valablement émises en faveur de ce dernier est inférieur au minimum exigé par les dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance no 62-1292 du 6 novembre 1962 susvisée ; que, dès lors, sa candidature ne pouvait être retenue. »

  12. Le Soleil, no 99, 2-15 octobre 1970.
  13. Joseph Algazy, L'extrême-droite en France de 1965 à 1984, Éditions L'Harmattan, p. 75.
  14. Les mouvements français favorables au fascisme et au national-socialisme, comme le PPF, le RNP et le Parti franciste — dont Pierre Sidos fut un sympathisant —, dotaient également leurs partisans d'un uniforme à chemise bleue.
  15. Fiammetta Venner, Extreme France, Grasset, 2006, 526 p. (ISBN 9782246666097) p. 403

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]