André Bernard (réfractaire)

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André Bernard
Naissance 11 avril 1937
Chevrier (Haute-Savoie)
Origine français
Type de militance insoumis
réfractaire au service militaire
Cause défendue libertaire
pacifisme

André Bernard, né le à Chevrier (Haute-Savoie), est un électricien puis correcteur de presse, insoumis, réfractaire au service militaire pendant la guerre d'Algérie et anarchiste non violent.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très jeune, il rencontre à Bordeaux le mouvement libertaire par l’intermédiaire du milieu anticlérical. Il lit La Calotte et assiste aux conférences de André Lorulot et de Georges Las Vergnas. Il fréquente le groupe Sébastien Faure de la Fédération anarchiste où il rencontre les frères Paul et Aristide Lapeyre, Joaquim Salamero, Jean Barrué.

Réfractaire à la guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Logo de l'Internationale des résistants à la guerre : le fusil brisé.

Le 1er octobre 1956, il refuse la conscription et la participation à la guerre en Algérie, et se déclare insoumis. Il s'exile en Suisse[1]André Bösiger s’active comme maître d’œuvre d’un réseau de soutien aux réfractaires avec l’aide de Pietro Ferrua, insoumis italien.

Il est parmi les fondateurs du Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne)) et contribue à la publication Ravachol[2].

Il participe au groupe Jeune Résistance (JR), lié au Réseau Jeanson d’aide aux indépendantistes algériens, qu’il quitte pour désaccords : il est autant antimilitariste et non violent qu’anticolonialiste.

En 1959, il rencontre sa compagne, Anita Ljungqvist, née le 4 septembre 1939 en Suède, dans une famille ouvrière peu politisée. À cette occasion, elle découvre l’anarchisme, la non-violence, les luttes sociales.

Ils quittent la Suisse pour la Belgique, où ils rencontrent le belge Hem Day. C'est de Bruxelles qu’ils prennent contact avec l’Action civique non violente (ACNV)[3].

Décidés à rentrer en France pour lutter avec l'ACNV contre la guerre d’Algérie, ils passent clandestinement la frontière fin mars 1961. Le 8 mai, André, qui a prévenu le ministre des Armées de son retour, s’enchaîne devant l’Arc-de-triomphe de la Porte d’Aix avec six autres militants « solidaires » qui ont adopté son identité. Le Canard enchaîné rapporte l'événement : « Nous sommes tous André Bernard ». Après avoir été identifié le 13 mai, il est incarcéré à la prison des Baumettes, puis transféré au fort du Hâ de Bordeaux.

Le 24 mai 1961, à Bordeaux, devant le tribunal militaire, qui l'avait déjà jugé par contumace, il est condamné à un an de prison avec sursis pour « insoumission en temps de paix »[4]. Sorti libre du tribunal, mais attendu par des militaires, il est arrêté et amené directement à la caserne. Lors d’un deuxième procès, le 25 octobre, il est condamné à dix-huit mois de prison avec confusion des peines[5],[6].

Libéré après 21 mois d’incarcération, il rencontre Louis Lecoin qui lui manifeste sa solidarité. Il devient correcteur d’imprimerie, parrainé par May Picqueray.

Anarchiste et non violent[modifier | modifier le code]

En avril 1965, avec notamment Marianne Enckell, il lance la revue Anarchisme et Non-Violence[7] qui adhère, en tant que publication, à l’Internationale des résistants à la guerre (IRG) en 1968[8].

Entre 1975 et 1977, il participe activement, en tant que correcteur, au conflit du Parisien libéré.

En pré-retraite depuis 1992, il participe à la confection et à la maquette de plusieurs publications du mouvement libertaire : Les Temps maudits, Le combat syndicaliste (Confédération nationale du travail) et Le Monde libertaire, l’hebdomadaire de la Fédération anarchiste.

Depuis 1997, il est membre du collectif de Réfractions, « revue de recherches et d’expressions anarchistes ».

Depuis 2003, il participe à un collectif d’anciens de l’ACNV, destiné à mieux faire connaître le trajet des réfractaires et leurs actions pendant la guerre d’Algérie. En 2005, ce groupe publie, sous le pseudonyme collectif de Erica Fraters, le livre Réfractaires à la guerre d’Algérie : 1959-1963.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Les auteurs du Monde libertaire : André Bernard.
  • "Vinoba", Anarchisme et non-violence, n°1, avril 1965, pp.7-16.
  • La presse anarchiste : articles en ligne.
  • La colère anarchiste, Alternatives non-violentes, n° 158, mars 2011, lire en ligne.
  • À propos de la revue Anarchisme et Non-Violence, Réfractions, n°5, printemps 2000, lire en ligne.
  • Avec Jean-Marie Muller, Agir ensemble contre le pouvoir militaire ?, S!lence, n°256, avril 2008,pp. 10–13, lire en ligne.

Sources[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • François Chouquet, Comme un seul homme, Association Réfractaires non violents à la guerre d'Algérie, 55 minutes, 2005.

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carole Reynaud Paligot, Parcours politique des surréalistes, 1919-1969, CNRS, 1995, page 198.
  2. Association pour l’étude de l’histoire du mouvement ouvrier, Contestations et mouvements, 1960-1980, Cahiers d'histoire du mouvement ouvrier, n°21, Éditions d'en bas, 2005, "André Bernard" page 154.
  3. André Bernard, dossier diffusé par l’ACNV, Réfractaires non-violents à la guerre d'Algérie, lire en ligne.
  4. Premier procès d’André Bernard, le 24 mai 1961, Réfractaires non violents à la guerre d'Algérie, lire en ligne.
  5. Deuxième procès d’André Bernard, le 25 octobre 1961, Réfractaires non violents à la guerre d'Algérie, lire en ligne.
  6. André Bernard, papiers militaires, Réfractaires non violents à la guerre d'Algérie, lire en ligne.
  7. « La revue Anarchisme et Non-Violence, créée par l'anarchiste André Bernard en 1965 », Jacques Weber, Les relations entre la France et l'Inde de 1673 à nos jours, Les Indes savantes, 2002, page 267.
  8. L'Éphéméride anarchiste : Anarchisme et Non-Violence.