Symboles de la paix

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Symboles de paix
Image du caractère
Unicode
Code U+262E
Nom Symbole de paix
Bloc Symboles divers
(U+2600 à U+26FF)
Tracé
Symétrie Axiale (1)
Trait Courbe et rectiligne

Plusieurs symboles de paix, dont le symbole , la colombe, la flamme, le rameau d'olivier, la grue en origami, et le calumet, ont été utilisés selon les cultures et contextes.

Significations[modifier | modifier le code]

Campagne pour le désarmement nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peace and love.

Le symbole de la paix «  » (unicode U+262E) est en fait, lors de sa création, l'emblème des opposants à l'armement nucléaire. Il est créé le par Gerald Holtom, un artiste membre de la Campaign for Nuclear Disarmament (Campagne pour le désarmement nucléaire) britannique (CND), à la demande de Bertrand Russell, organisateur et chef du mouvement. Il est actuellement toujours identifié comme tel en Grande-Bretagne mais, partout ailleurs sur la planète, il est l'emblème de la paix, de la non-violence et du pacifisme.

Son concepteur s'est basé sur le code sémaphore britannique pour créer ce symbole, où les deux branches qui pointent à gauche et à droite signifient « N » et la barre centrale « D », pour « Nuclear Disarmament »[1].

Colombe et rameau d'olivier[modifier | modifier le code]

La colombe tenant un rameau d’olivier est mentionnée dans le récit du Déluge dans la Bible, où Noé, voulant s’assurer de la fin du déluge, envoie une colombe qui revient tenant dans son bec un rameau d’olivier[2],[3]. Dans la mythologie grecque, la déesse Athéna, opposée à Poséidon pour devenir la protectrice d’Athènes, fut élue en faisant pousser un olivier sur l’Acropole[4]. La colombe tenant un rameau d’olivier a été rendue célèbre en tant que symbole de la paix au XXème siècle à travers la Colombe de la paix dessinée par Picasso en 1949. Parfois une simple branche verte est aussi un symbole de paix.

Flamme de la paix[modifier | modifier le code]

À côté du tribunal international de La Haye, se trouve, isolé, un petit monument contenant la flamme de la paix. Il est entouré de pierres, chacune représentant de façon symbolique l'un des cent quatre-vingt-dix-huit pays qui se sont engagés à construire la paix dans le monde.

Signe V[modifier | modifier le code]

Churchill sortant du 10 Downing Street le 5 juin 1943, arbore le signe V de la Victoire des Alliés.

Le signe V est un geste de la main, réalisé avec la paume tournée vers l'extérieur, l'index et le majeur ouverts, et les autres doigts fermés. Il fut utilisé pour symboliser la victoire lors de la Seconde Guerre mondiale. Durant les années 1960 aux États-Unis, les activistes contre la guerre du Viêt Nam l'adoptèrent comme symbole de paix, ainsi qu'à l'occasion de protestations anti-guerre ultérieures. Les deux utilisations symbolisent le désir de voir une guerre se terminer.

Origami de la grue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Légende des 1000 grues.

La légende des 1000 grues et l'histoire de Sadako Sasaki, liée à la bombe d'Hiroshima, ont fait de la grue pliée un symbole de paix.

Calumet de la paix[modifier | modifier le code]

Un calumet est une pipe utilisée par les Amérindiens pour décréter la paix entre deux tribus ou deux puissances ou dans le cadre de la médecine traditionnelle.

Drapeau de la paix[modifier | modifier le code]

Drapeau de la paix italien (Pace signifie « paix »).

Le drapeau de la paix aux couleurs de l'arc-en-ciel a été aperçu pour la première fois en Italie lors d'un défilé de la paix organisée à Perugia en 1961 par le pacifiste et philosophe Aldo Capitini (1899-1968). Inspiré par les drapeaux multicolores utilisés en Angleterre pendant les manifestations contre les armes nucléaires, Capitini réunit à la hâte plusieurs femmes de Perugia afin de coudre ensemble des bandes de différentes couleurs. Le drapeau de Capitini affiche les couleurs rouge, orange, blanche, verte, indigo, et lavande. De nos jours, le drapeau de la paix est habituellement composé de sept couleurs : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange et rouge de haut en bas avec le mot « PACE » (paix en italien) placé au milieu en lettres majuscules. L'arc-en-ciel représente le seau qui marque l'alliance que Dieu fait avec les hommes et la nature après le Déluge et qui devient le symbole de la paix de la terre jusqu'au ciel et, par extension, à tous les hommes.[5]

L'arc-en-ciel se retrouve aussi dans les paroles de la chanson de la romancière Joséphine D. Bacon, gagnante du concours américain de 1933 visant à la réalisation d'un Hymn of Nations à l'initiative de la League of Nations Association of America.

« Rends hommage au soleil de la paix qui se lève, Garde entre eux les nuages de la guerre : Unis tes bannières, ô mon frère, Dans l’arc-en-ciel du monde ![6] »

Outre la référence à l'épisode biblique de la Genèse à l'origine du symbole, la romancière se réfère à la réalité physique de l’arc-en-ciel qu’elle érige en métaphore : le mélange des différentes couleurs formant les drapeaux nationaux donne naissance à un arc-en-ciel puis, par la magie du prisme, à la « blanche lumière de la vérité », c’est-à-dire à la paix.

En 2002, le drapeau a été largement réupéré lors de la campagne Pace da tutti i balconi (« la paix sur tous les balcons ») comme signe de protestation contre la guerre d'Irak imminente planifiée par les États-Unis et les pays alliés. En 2003, le quotidien italien Corriere della Sera cite des responsables publicitaires qui déclarent que le drapeau de la paix est plus populaire que le drapeau tricolore national.[7]

Fusil brisé[modifier | modifier le code]

Le fusil brisé, symbole de l'Internationale des résistant(e)s à la guerre

Le fusil brisé est un symbole utilisé par l'Internationale des résistant(e)s à la guerre (IRG) et ses groupes affiliés mais précède la fondation de l'IRG en 1921. La première représentation du symbole se trouve dans l'ours de De Wapens Neder (A bas les armes) de janvier 1909, le journal mensuel du l'Union antimilitariste internationale des Pays-Bas. En 1915, il apparaît sur la couverture du tract Under det bruine Gevær (Sous le fusil brisé), publié par l'Association des Jeunesses Sociales Démocratiques Norvégiennes. La Ligue allemande pour les Victimes de Guerre, fondée en 1917, utilisa également le fusil brisé sur une bannière en 1919.

En 1921, des ouvriers belges manifestant dans la ville de La Louvrière le 16 octobre 1921, portaient des drapeaux montrant un soldat brisant son fusil. Ernst Friedrich, un Allemand qui avait refusé le service militaire, fonda le Anti-Kriegs-Museum à Berlin, lequel possédait un bas-relief en forme de fusil brisé au-dessus de sa porte. Le musée proposait des badges, broches, boucles de ceinture et épingles à cravate à l'effigie du fusil brisé.[8]

Pavot blanc[modifier | modifier le code]

Un pavot blanc parmi les pavots rouges — cénotaphe de Waitati (en) (Otago) lors de la journée de l'ANZAC de 2009

Alors que des fleurs de pavot rouges étaient distribuées par la Royal British Legion (en) pour commémorer les soldats morts pendant la première guerre mondiale, la Women's Co-operative Guild (en) commença en 1933 à distribuer des fleurs de pavot blanches. Elle fut rejointe dès 1934 par la Peace Pledge Union (en) comme gage pour la paix et afin que la guerre n'ait plus lieu.

Autres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ruedi Baur and Vera Baur Kockot, Signs for peace : An impossible visual encyclopedia, Baden, Lars Müller,‎ , 600 p. (ISBN 978-3-03778-243-9)

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Time Magazine
  2. Jean Ferré, Dictionnaire des symboles, des mythes et des mythologies, Editions du Rocher,‎ , p. 82.
  3. Dictionnaire des symboles, Editions Robert Laffont,‎ , p. 559.
  4. Branche d'olivier
  5. (it) « La bandiera della Pace »
  6. Carl Bouchard, « Formons un chœur aux innombrables voix… », Relations internationales, no 155,‎ (ISBN 9782130618263, présentation en ligne)
  7. (it) RCS Corriere della Sera, « "Bandiera della pace più popolare del tricolore", ''Corriere della Sera'', 20 February 2003 (Italien) », Corriere della Sera
  8. Bill Hetheringon, Symbols of Peace, Housmans Peace Diary 2007,' London: Housmans, 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]